Concarneau
Histoire de Concarneau
Concarneau est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 20 607 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Cuncheto en 1235-1239, Conca au, Chonc vers 1330. Le premier élément Conc- est issu du latin concha « coquillage, coquille », lui-même d’origine grecque et qui a également donné le français conque qui qualifiait des ports dont l’anse abritée était une garantie de protection pour les navires. Concha devient en breton (anciennement graphiés conc ou concq) « anse, abri, port, baie, petit golfe ».
Ce terme désigne également une grande coquille selon Grégoire de Rostrenen, un coin ou une pointe selon Louis Le Pelletier. Les formes anciennes montrent que l’adjonction du second élément -[c]arneau est tardive. Il s’agit du breton ‘, la « Cornouaille », dont la finale -eo a été rendue par la terminaison -eau en français.
En breton moderne, le nom se note ‘ ou. Ainsi, Concarneau signifie « havre ou anse en Cornouaille » et peut être comparé à Konk-Leon, la forme bretonne pour Le Conquet, dans le nord du département, et dont le sens est « havre ou anse situé dans le pays de Léon ». Le toponyme correspond bien à la situation de la ville, bâtie originellement sur une île dans un aber.
Une autre théorie indique la fondation d’une ville par Concar, que l’on nomma Concar-Keronéos (Concar, fils d’Urbien).
La ville de Concarneau est construite et se développe autour de la Ville close. Des faubourgs se sont développés sur le continent autour de cette « île-cité ». Ce n’est que récemment dans l’histoire de Concarneau que la ville est sortie de ses remparts. Les premières traces de civilisation à Concarneau n’ont pas été retrouvées dans la Ville close mais autour de la baie. La densité de l’habitat et les profonds remaniements de sols créés par les différentes constructions peuvent expliquer cette absence d’artéfacts. Autour de Concarneau, des mégalithes attestent de la présence de civilisation au Néolithique, comme le dolmen de Keristin-Beuzec (ou de Keristin-ar-Hoat-Milieu), une sépulture en V du millénaire av. Ce monument, représentant de la transition entre les dolmens à couloir et les allées couvertes, a conservé tous ses piliers mais aucune table. Sa partie orientale est envahie par la végétation.
Un souterrain de l’âge du fer a été découvert à Stang-Vihan (entre la plage des Sables Blancs et l’anse Saint-Laurent) en 1966; il est formé de quatre salles rectangulaires, sont les côtés mesurent entre 1,4 et, dont une seule a conservé sa voûte. La hauteur des salles est d’environ; on y accédait par deux puits, découverts entièrement comblés. Des poteries, meules et objets divers, dont de nombreux tessons, y ont été découverts. Des vestiges datant de l’âge du fer, notamment un enclos imposant de m, daté de La Tène finale, ont été découverts au niveau de la zone d’activités de Colguen en 2021 lors d’une fouille de sauvetage. Un petit établissement thermal gallo-romain a été mis au jour, dans les années 1964-1965, près du lieu-dit du Questel. Une voie peut-être d’époque romaine qui relie Concarneau à Carhaix, appelée « le chemin des Poissonniers », permet l’acheminement rapide (12 à 18 heures) en poisson frais et en coquillages de la capitale de Osismes. L’acte le plus ancien dans lequel est fait mention de Concarneau est le cartulaire de l’abbaye de Landévennec. Cet acte écrit aux alentours de 1050 ne cite pas directement Concarneau (ou tout autre nom désignant Concarneau), on y lit: Ego Gradlonus do sanclo Uuingualeo…, locum sancli Uuingualet in Buduc, V villas Traduit en Moi, Gradhlon, je donne à Saint-Guénolé, le lieu de Saint-Guénolé, en la paroisse de Beuzec, cinq maisons.
Saint Guénolé (461-532) est le fondateur de l’abbaye de Landévennec. À l’époque, la paroisse de Beuzec regroupe l’actuel quartier de Beuzec et l’îlot de Conq. Les maisons dont il est fait référence furent constituées en prieuré sur la partie la plus haute de l’île. Aujourd’hui on peut situer cet endroit sur la place Saint-Guénolé. Les moines de Landévennec vont donc construire leur prieuré, et aider au développement de la cité. Selon d’autres sources, Concarneau aurait été fondée par Concar fils d’Urbien et petit-fils du roi Judicaël. Il aurait chassé les Pictes présents et se serait donc installé sur l’îlot rocheux de Concarneau. Concar baptise en 692 la ville Concar-Keroneos ou Conkerneos qui se traduirait par Concar, fils d’Urbien.
Concarneau est pris par les Francs en 799, mais reprise par les Bretons en 809. L’îlot rocheux de Conq, actuelle Ville close, dépendait alors de la paroisse de Beuzec. Il est possible qu’il était défendu par des fossés profonds avec retranchements de terre surmontés de fortes palissades en troncs d’arbres entourant une motte castrale portant le château, mais on n’en a pas retrouvé de traces archéologiques lors des fouilles menées en 1997. La base d’une tour du et un mur du retrouvés près de la tour du Fer à Cheval confirment toutefois l’existence d’une enceinte médiévale. La région de Fouesnant – Concarneau formait au haut Moyen Âge le pagus Konk, un pays historique, c’était un pagus, c’est-à-dire une subdivision administrative de la Cornouaille. La population a beaucoup augmenté. Une église est construite, la chapelle du prieuré étant devenue trop petite, cette église étant toujours dans la paroisse de Beuzec. Conc est chef-lieu d’une châtellenie ducale.
À cette époque il y a un sénéchal et les officiers ordinaires d’une justice, procureurs, sergents, notaires, etc. Une communauté constitué de bourgeois, de négociants et de pêcheurs vit dans la cité, protégée semble-t-il par un donjon ou une tour fortifiée. L’îlot fortifié (actuelle Ville Close) fut alors classé comme quatrième place forte de Bretagne. Bastion placé en avant-garde pour la défense du duché puis du royaume, la ville devint l’enjeu de nombreux combats et rivalités entre les Anglais et les Français, notamment pendant la guerre de Succession de Bretagne pendant laquelle les Anglais, venus au secours de Jean de Montfort, investirent la ville. En 1373, après trente années d’occupation anglaise, le connétable Du Guesclin, avec l’aide des troupes des ducs de Rohan, de Maury, de Beaumanoir et du sire de Vaucouleurs, prend la ville pour le compte du roi de France Charles V, soutien de Jeanne de Penthièvre. Tous les Anglais furent passés au fil de l’épée, à l’exception du chef auquel. Le duc de Bretagne Pierre II fait reconstruire la muraille et les travaux sont poursuivis par ses successeurs Arthur III et François II.En 1488, la Ville close, après la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier, passe aux mains du roi de France Charles VIII, avant d’être reprise par les Bretons. En 1489, le vicomte de Rohan, aidé de Jean IV de Rieux, assiège la ville, qui ne tarde pas à succomber, repassant momentanément sous contrôle français. La duchesse Anne, tentant d’empêcher l’assujettissement du duché de Bretagne au royaume de France fait appel aux Anglais qui occupent la ville jusqu’en 1495. Pendant les guerres de la Ligue, le, trente gentilshommes du pays, commandés par messires de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, qui professaient la religion réformée prirent par ruse la ville. La garnison fut mise à mort et Louis de Lézonnet, le gouverneur de la ville, dut s’enfuir. Les réformés firent alors appel aux Rochellois qui expédièrent une escadre commandée par Du Vigean. Les habitants des paroisses voisines, commandés par de Pratmaria et Jean de Tyvarlen s’assemblent au son du tocsin et se dirigent vers Concarneau. On eût peine à les forcer sans Charles Le Bris, un marchand de Concarneau, qui poignarda dans leurs lits les sieurs de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, saisit les clefs qu’il avait autour des bras, et s’en fut ouvrir les portes de la ville.
Les calvinistes furent tous égorgés. Les vaisseaux de Du Vigean, arrivés trop tard, s’enfuirent en apprenant la chute de la place. Louis de Lézonnet reprit le gouvernement de Concarneau; de même que la majeure partie de la noblesse bretonne, il s’était d’abord rangé du côté des Ligueurs, et fut l’un des premiers nobles bretons à se rallier au duc de Mercœur qui lui confia la défense de Concarneau, mais après la conversion du roi Henri IV au catholicisme en 1593, ce dernier lui laissa le gouvernorat de Concarneau. Louis de Lézonnet meurt en 1595 des suites d’une blessure reçue. Concarneau devint une juridiction royale avec droit de prévôté et fut une des de Bretagne qui députèrent désormais aux États de la province. Jean Jegado, seigneur de Kerollain, alors gouverneur de Concarneau pour le compte de son neveu Lézonnet, orphelin en bas âge, se rend à Quimper en compagnie de sept ou huit soldats armés, comme il en avait l’habitude, au moment même où des brigands dirigés par La Fontenelle attaquent la ville. Il aida les Quimpérois à les repousser (1783): Concarneau et ses environs.
Le roi Louis XIII, mécontent des agissements du gouverneur de Concarneau, le sieur de Lézonnet, ordonna au gouverneur de Bretagne, alors César de Vendôme, d’aller prendre le contrôle de la ville, ce qui nécessita la levée d’une armée consistant, lesquels embarquèrent à Tours le pour descendre la Loire, puis parvinrent par voie de terre jusqu’à Quimperlé où César de Vendôme les rejoignit pour entreprendre le siège de la ville, établissant son quartier général à Chef-du-Bois. Le sieur de Lézonnet finit par capituler et se rendit, le gouvernorat de la ville fut alors attribué au sieur de l’Isle Rouhé. Concarneau est décrit ainsi en 1636 par François-Nicolas Baudot, sieur du Buisson et d’Aubenay (l’orthographe a été respectée), construit en 1746, et l’un des blockhaus de la seconde guerre mondiale situé à proximité. La Ville close, bardée de canons et de couleuvrines, continua à protéger le port. Dans un premier temps propriété de Fouquet, Concarneau connût de nombreux changements puisque sa défense fut améliorée, des navires construits et de nombreux canons fondus pour armer la forteresse de Belle-Isle et pour aider le Surintendant des finances dans ses plans. Vers 1680, Vauban visite Concarneau et ordonne des travaux dans l’objectif d’améliorer le système de défense.
Les toits des tours disparaissent permettant ainsi l’installation de l’artillerie sur des plates-formes. Ces travaux sont achevés en 1694, Vauban vient les inspecter le de la même année. Jusqu’à la Révolution française, Concarneau compte, en plus de la garnison, une population de pêcheurs qui arment quelques dizaines de chaloupes. En 1665, le port abrite trois grands navires, six barques et sardinières (la sardine était pêchée dans la baie, pressée, séché ou fumée, et expédiée ensuite par bateau vers Saint-Malo, Nantes, La Rochelle, voire Bordeaux et par charrette vers les villes de l’intérieur). Le port, en aval de la « Ville close », n’est alors qu’une vasière abritée par la masse des remparts de la « Ville close » où les chaloupes viennent hiverner, une digue sommaire protégeant toutefois les bateaux de la houle venant du large. Il n’y avait aucun quai: pour décharger le poisson, il fallait sauter à l’eau le long de la grève. Le Mémoire de Concarneau du 31 rend compte de la situation difficile des pêcheurs: le prix du baril de rogue était fixé selon le bon plaisir des mareyeurs, oscillant entre 27 et, et les mareyeurs, coalisés, absorbent toute la pêche au prix de misère qu’ils imposent Concarneau était le siège d’une petite sénéchaussée dont le ressort s’étendait de la vallée de l’Odet jusqu’à l’anse de Belon; elle avait pour principaux fiefs Bodigno et Le Mur, dans le quartier de Fouesnant; le Hénan, Coetconq et Kergunus, près de Pont-Aven; Coetcanton et Coetlorec, près de Rosporden; Trévalot et Tréanna, en direction de Scaër.
Le décret de l’Assemblée nationale du précise que hors la ville, les paroisses du district de Quimper sont réduites à 18. Parmi elles, « Beuzec-Conq, qui aura pour succursale Concarneau ». Ce découpage ne fut que provisoire et non repris lors de la création des communes par le décret de la Convention nationale du. En 1807, plusieurs navires anglais mouillent dans l’archipel des Glénan et harcèlent la côte proche. Dans la nuit du, la batterie de Beg Meil est attaquée par une soixantaine d’Anglais. L’assaut provoque la mort du commandant du fort, mais les Anglais sont repoussés. En février, des chaloupes anglaises volent du bétail sur l’île Saint-Nicolas et en juillet Le Vétéran, armé de, commandé par Jérôme Bonaparte, pourchassé dans la baie de la Forêt par l’escadre de l’amiral Keith, doit se réfugier à Concarneau. Un navire corsaire anglais, le Strennous, mouille aux Glénan et attaque des chaloupes de Concarneau.
Sous la Révolution française, en 1795, la flottille de pêche concarnoise compte. En comparaison, en 1792, Lesconil et Le Guilvinec n’avaient qu’une chaloupe, Sainte-Marine 3, Treffiagat et Kérity 4 chacun, L’Île-Tudy 8, Concarneau 250 et Douarnenez 275 environ). Concarneau fait aussi le commerce du vin, du blé et surtout du poisson, envoyé par charrette aux monastères et aux villes de l’intérieur du pays. Cette relative aisance est stoppée au début du siècle par les guerres de l’Empire et le blocus des côtes. Avec la révolution industrielle, la ville se transforme. Au début du XIXe siècle, une nouvelle jetée est construite pour mieux protéger le port, ainsi que le long quai joignant celle-ci à l’entrée de la « Ville close ». Ce port, peu profond, abrita toutefois jusqu’à 600 chaloupes pendant la saison de la sardine et, par la suite, les thoniers vinrent s’y ajouter. Des maisons bourgeoises sont édifiées le long des quais hors de la « Ville close ».
Cette dernière devient, en cette période, un quartier populaire abritant matelots et sardinières. La Station de biologie marine de Concarneau est fondée par Victor Coste en 1859. Il s’agit de la plus ancienne station marine du monde encore en activité. À partir de 1851, les premières conserveries, remplaçant progressivement les fritures et les presses à sardines, apparaissent. Elles sont spécialisées dans la mise en boite de sardines et de thon. Elles feront la fortune de quelques négociants et permettront une élévation du niveau de vie de la population. En 1877, la ville compte dont l’usine Béziers et en 1900 employant (qui portent la coiffe penn sardin) sur une population de. La conserverie Courtin est créée en 1883 au Moros par Achille et Camille Courtin.
À partir de 1902, la disparition des grands bancs de sardines plonge Concarneau dans la misère. En 1866, sur Concarnois, 850 vivent de la pêche de la sardine et 957 sont employés par l’une des quatorze conserveries de la ville. En 1894, 21 conserveries sont recensées dans le canton de Concarneau, employant et. La pêche à la sardine, qui se pratique de mai à septembre, sur des bateaux montés par trois ou quatre hommes, est ainsi décrite par Victor Pierre (1834-1906) dans un livre publié en 1867 Les aménagements portuaires restaient très sommaires à l’époque: les patrons-pêcheurs échouaient leurs bateaux sur le quai Nul pour profiter des retenues d’eau construites en pierres debout sur la grève Rödel afin de laver et trier les sardines avant de les ranger dans des paniers destinés aux conserveries; d’autres accostaient dans le bassin de la demi-lune (situé côté ouest de la ria du Moros, juste en aval de la Ville close et comblé en 1935 lors des aménagements portuaires alors effectués). Le travail dans les conserveries a été décrit en 1877 par Pierre-Frédéric Bainier La Station marine de Concarneau ouvre en 1859. C’est le plus ancien laboratoire de biologie marine encore en activité au monde.
La création du quartier maritime de Concarneau date de 1882. Il est devenu en 2010 le quartier d’immatriculation CC. La ligne ferroviaire Rosporden – Concarneau construite par l’État, mais rétrocédée à la Compagnie d’Orléans, parvient à Concarneau en 1883, la gare terminus s’appelant pour cette raison Concarneau-État elle se trouvait en fait sur le territoire de la commune de Beuzec-Conq). La construction en 1908 d’un chemin de fer à voie métrique, la ligne de Quimperlé à Concarneau, ligne ferroviaire exploitée par la compagnie des Chemins de fer départementaux du Finistère venant de Quimperlé via Pont-Aven, Trégunc et Lanriec, entraîne la création de remblais allant jusqu’au quai Carnot, proche de la gare terminus, dénommée Concarneau-ville, ainsi que la construction du quai du Lin. Jusque-là, le fond de la ria du Moros, en amont de la « Ville close », restait inexploité, formant à marée basse un vaste cloaque aux contours vaseux et marécageux, la mer inondant à marée haute les deux vastes zones humides de l’Anse du Roudouic et de l’Anse du Lin. En 1868, la congrégation des Filles du Saint-Esprit achète une maison avec jardin dans le but d’y construire quatre classes et des dortoirs; une chapelle est construite en 1880. Cette école fête en 2020 ses. Gustave Flaubert séjourna à deux reprises à Concarneau, une première fois en 1847 (à son retour, il écrit un carnet de voyages: Par les champs et par les grèves), en compagnie de Maxime Du Camp, une seconde fois en 1875 (il commença alors l’écriture de La Légende de saint Julien l’Hospitalier), en compagnie de Georges Pouchet, directeur de la Station marine, séjournant à chaque fois à l’Hôtel des Voyageurs.
Dès 1873, Concarneau est recensée comme l’un des trois « Établissements de bains de mer » du département du Finistère, même si, à l’époque, les touristes se contentaient de regarder les vagues sans oser s’y aventurer. Vers la fin du XIXe siècle, les pâtures et landes qui occupaient jusque-là le front de mer sont achetées par quelques investisseurs avisés qui les lotissent et les revendent aux bourgeois et rentiers aisés, la plupart venant de la région parisienne, qui font construire des villas cossues, souvent de style original – la construction était libre, sans aucune contrainte architecturale – et assez élevées pour pouvoir jouir du paysage marin, dans le style des stations balnéaires de l’époque, dans les quartiers de Coat-Pin, du Minez, des Sables-blancs; les acheteurs s’engageaient à ne construire dans ce secteur aucune conserverie. Charles Fromuth écrit en 1890:. Grâce à une pétition signée par de nombreux peintres, les remparts de la ville close sont sauvés de la vente et classés à l’inventaire des monuments historiques en 1899. « La vogue artistique de Concarneau a coïncidé avec l’apogée de l’industrie sardinière. Des légions de peintres exultaient à la vue de ce port rutilant, de sa magnificence (.), du grouillement des chaloupe aux voiles brunes ou rouges, aux longs mâts entre lesquels flottaient selon le rite immémorial du séchage, des guirlandes de lièges et de souples tulles ». Concarneau est « un passage obligé pour les jeunes peintres américains de l’époque » qui viennent vivre quelque temps à Paris et séjourner l’été à Concarneau comme Howard Russell Butler (1856 – 1934), Arthur Wesley Dow (1857 – 1922), Walter Gay (1856 – 1937), William Lamb Picknell (1853-1897), Thomas Alexander Harrison (1853 – 1930), Edward Emerson Simmons (1852 – 1931), Eugène Lawrence Vail (1857 – 1934), Charles Fromuth (1858 – 1937), Cecilia Beaux, mais aussi pour des peintres d’autres nationalités comme le Danois Peder Severin Krøyer (1851 – 1909), le Canadien James Wilson Morrice (1865-1924), l’Irlandais William John Leech (1881 – 1968), l’Italo-Anglais Achille Granchi-Taylor (1857 – 1921), les Autrichiens Max Kurzweil (1867 – 1916) et Carl Moser (1873 – 1939), le Néo-Zélandais Sydney Lough Thompson (1877 – 1973), les Finlandaises Amélie Lundhal et Helene Schjerfbeck (qui séjourne à Concarneau pendant l’été 1881), le russe Maurice Grün, etc. De nombreux peintres ont alors représenté Concarneau et sa région, les plus connus ayant vécu à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle.
Parmi eux Alfred Guillou (1844 – 1926), Henri Guinier, François-Alfred Delobbe, Paul Signac, Émile Schuffenecker, Michel Bouquet, Per Ewert, Colin Campbell Cooper, William Lamb Picknell, Alexandre Cabanel, Fernand Cormon, Jean-Bertrand Pégot-OgierJean, William Bouguereau, Jozef Pankiewicz, Théophile Deyrolle (1844 – 1923), Fernand Legout-Gérard (1854 – 1924), Alfred-Victor Fournier (1872 – 1924), Emil-Benediktoff Hirschfeld (1867 – 1922, russe), Emmy Leuze (1884-1976), Emma Herland (1855 – 1947), Eugène Labitte (1858 – 1935), etc. représentent la première génération de peintres concarnois; Henri Barnoin (1882 – 1940), Léon Broquet (1869 – 1935), Mathurin Janssaud (1857 – 1940), Lucien-Victor Delpy (1898 – 1967), Paul Eschbach (1881 – 1961), John Recknagel (1870 – 1940), Maurice Grün (1870 – 1947, estonien), Mathurin Méheut (1882 – 1958), (1881 – 1968, irlandais), Zinaïda Serebriakova (1884 – 1967), Maurice Ménardeau (1897 – 1977), Pierre Savigny de Belay, Jean Le Merdy (né en 1928), etc. sont les plus connus des peintres de la deuxième génération concarnoise, une troisième génération est représentée notamment par Yan Robert (1901 – 1994), René Le Forestier (1903 – 1972), Jean-Marie Martin (1922 – 2012), Jean-Claude Carsuzan (né en 1938), Jean Le Merdy, de son vrai nom Michel Donnart (1931, décédé récemment). Une liste plus complète des peintres ayant fréquenté Concarneau et sa région est disponible pour les peintres français et étrangers. Le livre d’Henri Belbéoch: Les peintres de Concarneau et le DVD Concarneau et ses peintres, une belle histoire d’amour permettent d’en savoir plus sur les peintres de Concarneau. D’autres livres sont cités dans la bibliographie consacrée à Concarneau à la fin de cet article. Par ailleurs, au, quelques écrivains se sont intéressés à Concarneau: Georges Simenon a situé dans le « Grand Hôtel » l’intrigue de son roman Le Chien jaune et l’écrivaine Benoîte Groult a résidé à « Ty Bugale », une villa face à la plage des Dames. Le musicien Jules Massenet a séjourné dans une villa face à la plage des Sables blancs.
Un canot automobile faisant le service entre Concarneau et Bénodet tombe en panne; les qu. Vers 1900, le quartier de la Croix est la principale zone d’activité des pêcheurs qui, rentrant de mer, échouaient leurs barques sur le rivage proche, bordé de dunes et d’un embryon de mur, et devaient grimper péniblement le sable pour apporter rapidement leur poisson à la dizaine de conserveries qui s’alignaient sur le front de mer et se trouvaient ainsi tout près du lieu de débarquement, afin qu’il soit travaillé sans attendre. Près de et mousses travaillaient alors sur les immatriculés à Concarneau. La flottille concarnoise comptait alors une centaine de chaloupes; pour faciliter leur mouillage, une jetée brise-lame fut construite entre 1882 et 1901, formant un port artificiel qui s’avéra peu efficace les jours de tempête, ce qui explique que les Concarnois le surnommèrent le « Quai nul ». Aujourd’hui ce petit port sert à l’école de voile concarnoise qui y amène ses élèves débutants pour leurs premières navigations.
En 1902, il existe à Concarneau et Beuzec-Conq 28 fabriques de conserves de poisson, occupant, pour les seuls ferblantiers. En 1904, l’ Emilija, un trois-mâts de Riga (Lettonie) [alors en Russie] s’échoua au sud de l’archipel des Glénan; il contenait une cargaison de plus de de ciment devenus inutilisables car ayant pris l’eau. La municipalité de Concarneau décida de les récupérer, ces cylindres de ciment durci formant un rempart providentiel contre la mer, et de s’en servir pour construire un mur de protection contre l’érosion marine, dénommé depuis le « Quai russe ». Les conditions de vie étaient alors difficiles et l’alcoolisme sévissait, particulièrement dans les ports (la consommation d’alcool par habitant était vers 1900 dix fois plus élevée à Concarneau qu’au Huelgoat) Entre 1880 et 1911, Concarneau connaît de nombreux conflits sociaux, exacerbés par la raréfaction de la sardine. En 1896-1897, la grève des ouvriers soudeurs, qui s’opposent à la mise en place de machines à sertir dans les usines, est soutenue par les marins-pêcheurs ( sont en grève en juin 1897), qui protestent contre la baisse du prix d’achat de leurs sardines pêchées par les usiniers en raison de son abondance (en 1903, 35 usines fonctionnent employant près de, femmes et enfants. Le bureau de bienfaisance créé en 1880 tente d’aider les populations touchées par ces crises; des souscriptions sont organisées, même au niveau national et les dons se multiplient. Dans le contexte d’une opposition entre républicains et catholiques, la « Fête des Filets bleus», créée en septembre 1905 sur une suggestion du maire et usinier Louis-Marie-Samuel de Billette de Villeroche a pour but de « soulager l’immense misère ».
La victoire aux élections municipales de février 1911 de la liste socialiste, dominée par les marins, est perçue comme la victoire des travailleurs contre la bourgeoisie locale ( chantent L’Internationale dans les rues de la ville pour fêter cette victoire, renouvelée lors des élections de 1912 et gage d’une politique sociale plus généreuse). L’« Union Sportive Beuzec-Concarnoise » (USBC) est fondée le et devint, après la fusion des deux communes en 1945, l’« Union Sportive Concarnoise » (USC). La chapelle-hôpital de la Trinité, située dans la Ville close, fut victime d’un incendie en 1917, mais une riche américaine, Katerine Wylie finança sa reconstruction en 1924 comme hôpital-dispensaire; le bâtiment devint par la suite une maternité jusqu’à la construction de la maternité du Porzou au début de la décennie 1970. L’église Saint-Cœur-de-Marie, de style romano-byzantin, inspirée de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, est construite par l’architecte diocésain Charles Chaussepied à la demande du curé de Concarneau en raison de l’essor démographique que connaît la ville à l’époque (elle passe de en 1886 à plus de en 1906). Le chantier commence en 1912, est interrompu par la Première Guerre mondiale, reprend ensuite. Capable d’accueillir, l’église est inaugurée en 1922, mais n’est pas encore totalement achevée et elle ne reçut ses premiers fidèles qu’en 1929. La tempête de 1987 fragilise l’édifice, qui était déjà en mauvais état, et qui dut être fermé au culte, les cérémonies religieuses se déroulant dans un ancien cinéma, le « Vox ». En dépit de l’opposition de l’« Association des Amis de l’église », la démolition de l’église commence en novembre 1994 pour s’achever le 19 janvier 1995, seule la tour-clocher étant préservée.
Une nouvelle église, dédiée à saint Guénolé, est consacrée en septembre 1996. Après la Première Guerre mondiale, les petits bateaux de pêche cèdent la place aux pinasses montées. Le moteur supplante peu à peu la voile. La pêche au chalut se pratique alors toute l’année. À partir de 1925, l’arrière-port est aménagé, avec la création du quai d’Aiguillon et, perpendiculairement à celui-ci, du quai de la Criée créant un vaste terre-plein gagné sur l’estran marécageux. La nouvelle criée, remplaçant celle de la Croix, est construite en 1938 et desservie par un embranchement ferroviaire facilitant le travail des mareyeurs. Le quai Pénéroff, dans l’avant-port, est également construit pendant la décennie 1930 et devient le lieu d’accostage privilégié des thoniers. Sur la rive gauche de la ria du Moros (qui fait alors partie de la commune de Lanriec), des travaux d’aménagement sont également effectués pendant la décennie 1930, en particulier l’aménagement de l’anse du Roudouic en 1936-1967.
La tempête du 17 au 21 septembre 1930 provoqua le naufrage de 4 thoniers (47 marins disparurent) immatriculés dans le quartier maritime de Concarneau. Cette tempête a été la plus forte et la plus meurtrière du XXe siècle en France. Le patronage catholique « L’Hermine Concarnoise » ouvre au début de la décennie 1920. Les années 1920 sont aussi marquées par les salons de l’Union Artistique des Amis de Concarneau qui sont un temps fort des saisons estivales. Paul Nédellec décrit ainsi le port de Concarneau en 1936 En 1935, Concarneau fait partie des cinq communes du département du Finistère à avoir une municipalité à majorité communiste (les autres étant Douarnenez, Beuzec-Conq, Guilvinec et Treffiagat). Un décret du entraîne le déclassement, donc la fermeture, de la ligne de chemin de fer à voie métrique allant de Concarneau à Quimperlé; la « Petite gare » fut démolie en 1959. Une description de la « Fête des Filets bleus » de 1939 est consultable dans un numéro du journal Le Matin.
En 1930, sept employés, dont plusieurs Concarnois de l’entreprise havraise « La Langouste française » assurent le gardiennage de la pêcherie de l’Île de Saint-Paul dans l’Océan Indien et y restent sans ravitaillement, livrés à eux-mêmes, pendant neuf mois; trois d’entre eux périrent victimes du scorbut, un quatrième disparut en mer, les trois autres survécurent. Une association « Faire vivre le souvenir des oubliés de Saint-Paul » perpétue leur souvenir. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Bretagne, donc Concarneau, fait partie de la zone occupée dès l’armistice du 22 juin 1940, et ce jusqu’en. La kommandantur est installée dans une villa du boulevard Bougainville et son annexe se trouve à l’Hôtel de la Mer. Quatre aviateurs anglais de la escadrille de la Royal Air Force qui étaient à bord d’un Bristol Beaufort sont abattus au-dessus de la baie de Concarneau; l’un d’entre eux, le lieutenant John R. Bendell, pilote, a sa tombe dans le cimetière de Lanriec (deux autres aviateurs sont inhumés à Trégunc: les sergents Woolnaught et Macnaughton, et un autre, Charles Masson, à Fouesnant). François Péron, un marin-pêcheur de Saint-Guénolé, arrêté en novembre 1940 par une patrouille allemande au café de l’Océan à Saint-Guénolé, victime de son insolence, fut fusillé le 25 février 1941 au château de Keriolet; ce fut le premier fusillé de la région de Concarneau. La ville est aussi le théâtre d’un naufrage, celui du Pietro Orseolo, un cargo italien de tonneaux, transportant des conserves provenant du port de Concarneau, ainsi qu’une cargaison de matériels divers à destination du Japon.
Dans les cales, se trouvaient des centaines de fraiseuses, des étaux-limeurs, des barres d’acier-nikel, du gas-oil, et même plusieurs véhicules blindés. Mouillé dans l’anse du Cabellou en baie de Concarneau, il fut attaqué le 18 décembre 1943 par une vingtaine d’avions anglais et, tentant de s’échapper, coula au nord de l’île de Penfret. Les chalutiers à voile Fleur de Lisieux et Pierre Marcel rentrent à Concarneau en ayant à leur bord quatre aviateurs américains recueillis en mer la veille, à quatorze mille marins à l’ouest de l’archipel des Glénan. Ils sont confiés à la police locale. Le cadavre d’un aviateur anglais est découvert à Lanriec. Le chalutier à vapeur Ter, de Concarneau, appartenant à l’armement Boutet, est coulé sur ses lieux de pêche à environ au large de Penmarch par un avion de nationalité inconnue; une bombe tombée sur le poste avant du chalutier tue quatre hommes et sur les dix survivants, six périssent sur le radeau de survie avant de pouvoir être secourus par un autre chalutier de Concarneau, La Flandre. Des bateaux de pêche assurèrent au départ du port de Concarneau le transbordement de résistants à bord de sous-marins anglais au large des Glénan: ce fut le cas par exemple le pour le Veac’h Vad, de Saint-Guénolé dont le patron était Sébastien Briec, qui assura le transport de quatre résistants dont Paul Vourc’h. Marc Bourhis, instituteur (à Trégunc) et militant communiste trostkiste, détenu au camp de Choisel, est fusillé lors des représailles après la mort de Karl Hotz.
Pendant l’, plusieurs réseaux de résistance se créent à Concarneau, l’un Libération-Nord, est animé par le docteur Pierre Nicolas, Pierre Coroller, Jeanne Le Bastard, Louis Le Bourhis; un autre, le groupe Vengeance, animé par Georges Martin, Louis Krebs et Albert Gloaguen; un autre est le réseau FTPF formé initialement par Henri Joncourt, Marcel Lancien, Pierre Le Rose et Baptiste Pascal. Yves Daoudal, fusillé le au Mont Valérien, Alfred Le Ray et Georges Beaujean, deux Concarnois âgés tous les deux de, fusillés le à Kerguérizit (en Melgven), Henri Cevaer. Le 5, le capitaine allemand Otto, à la tête des de la garnison de Concarneau, organise la défense de la ville. Les civils reçoivent l’ordre d’évacuer la ville, ce que fait environ le tiers des habitants. L’attaque d’un convoi allemand par une trentaine de résistants du réseau Vengeance lors de l’embuscade de Kernaourlan (en Nizon le, qui fait une quarantaine de morts côté allemand et provoque la mort du résistant Yves Berth, entraîne une violente réaction des Allemands qui prennent alors deux résistants (Joseph Pézennec et Joseph Limbourg) en otages pour s’en servir de boucliers humains avant de les tuer (leurs corps furent retrouvés à la Pointe du Cabellou par la suite). Le capitaine Otto reçoit l’ordre de faire sauter le port de Concarneau; il décrète l’état de siège le. Les compagnies de résistance de Rosporden, de Pont-Aven et les deux de Concarneau font mouvement vers la ville; elles sont dirigées par le commandant Rincazaux et Jean Le Bourhis, instituteur à Trégunc et comprennent des résistants FTP commandés par Yves Furic, une trentaine de résistants rospordinois du bataillon FFI du capitaine Mercier, d’autres du groupe Vengeance commandés par Bertrand Le Barillec, et des résistants du réseau Libération-Nord avec la 1re compagnie (Nerzic) et la 2e compagnie (Martin) et à leur tête le maire de Lanriec, Louis Krebs (qui avait succédé au docteur Pierre Nicolas) et qui fut assassiné le par les troupes allemandes. Le commandant Rincazaux, dirigeant des FFI du secteur, fait une offre de reddition à la garnison allemande, mais leur chef répond qu’il ne traitera pas avec des troupes irrégulières à Beuzec-Conq, y compris dans le centre de la ville, mais ils doivent se replier le soir; le même jour, le capitaine Otto et une partie des troupes allemandes se rendent le, le capitaine de corvette allemand Notholt prend la tête du reste des troupes occupantes.
Dès le, les troupes américaines partent en direction de la poche de Lorient, laissant les résistants achever la libération de la ville. Les Allemands commencent à évacuer le, les derniers quittant le poste de Kerviniou, situé à l’entrée de la presqu’île du Cabellou, le, s’enfuyant par la mer en direction de la poche de Lorient. Un billet de banque « Billet de 20 francs Pêcheur » a représenté un pêcheur de Concarneau, avec en arrière-plan la Ville close; il a été imprimé entre 1942 et 1950. La commune de Beuzec-Conq, qui compte, est rattachée à celle de Concarneau. En 1959, la commune de Lanriec, qui comptait au recensement de 1954, est également rattachée. En 1949, est fondé le « Club cycliste Concarnois » (CCC). Après la Deuxième Guerre mondiale, les chalutiers en bois sont progressivement remplacés par des chalutiers en acier (appelés malamoks en Pays Bigouden). En 1968, (sans compter les nombreux petits bateaux pratiquant la pêche côtière), presque tous en acier, immatriculés dans le quartier maritime de Concarneau, débarquent régulièrement leur pêche à Concarneau.
Les conserveries de sardines, maquereaux et thons étaient alors nombreuses, une quarantaine environ. José Le Goff recense à Concarneau même les usines Béziers (en Ville close), Provost-Barbe, Teyssonneau, Billette de Villeroche, De Servigny, Palmer (fermée en décembre 1965), Tertrais (devenue ensuite Saupiquet), Azemor-Farman, Chancerelle, Amieux, Ramel (devenue ensuite Compagnie générale), Courtin Frères, Bouvais-Flon, Rödel, Leroy, Ravilly (devenue ensuite Conserverie de Cornouaille, puis Pêcheurs de France), Le Touze Frères, Conserverie océane, Graciet, Fleury Michon, Balestrié; en plus quatre usines se trouvaient au Passage en Lanriec: Delory, Vermillard, Gonidec, Cassegrain; l’usine Delorme-Ravallec se trouvait à la pointe de Trévignon, l’usine Madimpex à Trégunc et cette liste reste incomplète). Le même auteur recense environ à l’époque et trois fabriques de boîtes de conserves (Chatelard, Carnaud, Boîtes métalliques d’Arvor). La pêche au thon tropical dans le golfe de Guinée se développe à partir de la décennie 1950 et dans la décennie 1970 la majorité de la flotte française de thon tropical (principalement la Cobrecaf) est concarnoise; dans les années 1980 le thon tropical est aussi pêché dans l’océan Indien, autour des Seychelles, ce qui suscite aussi l’essor de la construction navale concarnoise (chantier Jacques Piriou) avec la construction de thoniers congélateurs. Les industries portuaires se déplacent progressivement côté Passage-Lanriec, sur la rive gauche, avec la construction des trois premiers garages du slipway en 1946, trois autres étant construits en 1960, permettant l’essor de la construction et de la réparation navale. Un élévateur à bateaux y est construit entre 1978 et 1980. La voie ferrée Rosporden-Concarneau est fermée au trafic voyageurs le et totalement désaffectée. La gare est toutefois toujours ouverte et des autocars SNCF TER Bretagne assurent des navettes jusqu’à la gare de Rosporden.
La démolition le du petit pont en pierres sur le Moros, qui permettait au chemin de fer à voie métrique de franchir la ria, permit un agrandissement et un aménagement de l’arrière-port vers l’amont de la ria du Moros. Deux remorqueurs portuaires ont porté le même nom: le Cdt Van der Kemp I (à partir de 1962) et le Cdt Van der Kemp II(à partir de 1987) et ont été en service jusqu’en 2021 et remplacés par le remorqueur Le Moros. Dans la nuit du 25 au 26 novembre 1963, le Saphir, un chalutier flambant neuf, se retourna dans le sud de l’Irlande; le naufrage fit 9 rescapés, recueillis grelottant sur des bateaux pneumatiques, et un disparu. Le 17 janvier 1965, le chalutier concarnois l’Adamastor sombra corps et biens; l’épave n’a jamais été retrouvée. Au cours du, des ateliers de vannerie se développent (principalement autour de la gare) pour faire face à la demandes des conserveries en paniers d’osier pour la manutention et le nettoyage des sardines et du thon. À partir des années 1950, ce sont surtout la confection de « mannes à chalut » pour les pêcheurs qui occuperont ces ateliers. Aujourd’hui, ces produits sont importés d’Indonésie. Le dernier atelier (l’atelier Roger Le Gall) a fermé en 1991.
À Concarneau, 24 conserveries existaient encore en 1952; la moitié d’entre elles ferment entre 1952 et 1965; en 1972, elles ne sont plus que trois. Les années 1973-1978 sont marquées par une nouvelle crise de la pêche avec l’épuisement des fonds marins et la concurrence des autres pays communautaires. La partie du port de pêche située en aval de la « Ville close » est transformée en port de plaisance. En 1975 Concarneau possédait encore 87 chalutiers semi-industriels; il en reste trois en 2014. Il y avait environ 200 dockers et trieuses professionnelles. Il ne reste pratiquement plus rien. En 2018, la criée de Concarneau a commercialisé tonnes de poissons pour une valeur de euros; tonnes seulement en 2020; Concarneau n’est plus en 2020 que la criée de Cornouaille, devancé par Douarnenez, Le Guilvinec et Saint-Guénolé, en raison de la chute de la bolinche. Le début de la décennie 2020 voit un grave déclin de la flotte thonière concarnoise, qui frappe les trois armements subsistant: Via Ocean (anciennement Saupiquet et désormais contrôlé par le groupe italien Bolton) cesse son activité début 2024, la CFTO (Compagnie française du thon océanique, issue de la fusion en 2011 de la Cobrecaf avec Chevannes Merceron Ballery) est contrôlée depuis 2016 par des capitaux néerlandais et la Sapmer, le 3e armement concarnois, a vendu entre 2021 et 2023 six de ses bateaux à des armements étrangers et privilégie désormais sa base de La Réunion pour ses trois thoniers encore possédés
En 2015, un établissement de thalassothérapie ouvre à Concarneau près de la plage des Sables Blancs. Concarneau et les autres communes de la Baie de La Forêt sont confrontées, surtout depuis les années 2000, à des échouages massifs d’algues vertes, même si la situation s’améliore dans la décennie 2020. Des travaux de modernisation du port et de la criée de Concarneau sont entrepris entre 2020 et 2023; ces travaux vont aussi permettre d’installer des pontons destinés à accueillir des bateaux pratiquant la course au large; l’arrivée de François Gabart est prévue. Concarneau reste un port à activités multiples: construction et réparation navales avec les Chantiers Piriou, pêche, plaisance, course au large. En raison du changement de l’entreprise chargée du remorquage portuaire, deux nouveaux remorqueurs, le Toulonnais V et le Portzic, remplacent début 2021, à l’occasion de l’arrivée d’un nouveau concessionnaire pour la gestion du port, les Van der Kemp I et II, les deux remorqueurs historiques de Concarneau.
Patrimoine religieux
Concarneau a reçu le label « Ville et Pays d’Art et d’Histoire » en 2002. au Passage-Lanriec (par Yves Hernot fils).