Brie-Comte-Robert
Histoire de Brie-Comte-Robert
Brie-Comte-Robert est une commune de 19 213 habitants située dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France. Le nom de la ville est attesté très tôt, sous la forme in Bradeia, puis in pago Briegio en 632, Braia vers 1142, Braye en 1284 et Braie en 1328. Les graphies se précisent au XIVe siècle avec Braya Roberti Comitis et Braye Conte Robert en 1333, puis Bry Comte Robert en 1678. Pendant la Révolution française, la commune porte un temps le nom de Brie-sur-Hyères avant de retrouver son appellation actuelle le 10 juin 1814. L’étymologie est généralement rattachée au gaulois bracu, « fond de vallée humide » devenu « marais », bien qu’une autre hypothèse fasse remonter le toponyme au gaulois briga, « plateau, hauteur ». Le déterminant Comte-Robert renvoie au seigneur du XIIe siècle qui donna son nom à la cité.
L’occupation du site est ancienne: lors des travaux d’aménagement de la zone d’activité du Midi de la Plaine, les fouilles archéologiques préventives menées de février à plusieurs mois plus tard ont mis au jour deux ensembles distincts d’établissements ruraux, étalés de la Préhistoire à la fin de l’Antiquité. Une première zone, marquée par des structures en creux destinées au stockage et par des trous de poteaux, a livré des fragments de torchis, des tessons de poterie, des monnaies, des fusaïoles et des ossements d’animaux; le mobilier céramique abondant permet de dater l’occupation du début du second âge du Fer. Une seconde zone, plus vaste, regroupe les structures antiques d’un établissement rural bordant une ancienne voie romaine venue de Chevry-Cossigny et Presles-en-Brie, en direction du nord de la commune actuelle. On y trouve de grands bâtiments à fondations en pierre, un petit édifice à abside dont la fonction reste indéterminée, et au moins neuf bâtiments sur poteaux affectés à des usages variés: habitats, artisanat, élevage et stockage. Une construction en matériaux légers a été repérée pour sa forme particulière et son état de conservation. Le site portait alors le nom de Bradeia et constituait un vicus, petit village organisé autour d’un grand marché agricole, d’une église dédiée à Notre-Dame et de son cimetière.
Vers le XIIe siècle, la localité se nomme Braia. Le roi Louis VI en acquiert la plus grande partie et lègue ces terres avant sa mort à son fils puîné Robert, qui reçoit également le comté de Dreux. Robert Ier de Dreux participe à la deuxième croisade aux côtés de son frère aîné Louis VII et contribue à transformer le village en ville vers 1153. Il meurt en 1188 et laisse son nom à la cité, désormais Brie-Comte-Robert. Pour défendre la place, Robert fait édifier un château qui devient au début du XIIIe siècle l’une des principales forteresses de la région: élevé au nord de la ville sur la route de Paris, il présente une enceinte carrée protégée par un fossé d’eau vive, avec une tour ronde à chaque angle, un donjon carré commandant l’entrée et trois autres tours fortifiant le quadrangle. Malgré son rattachement royal, la châtellenie demeure dans la mouvance de l’évêché de Paris, auquel ses possesseurs doivent foi et hommage. En 1147, Robert II de Dreux succède à sa mère Agnès de Baudement comme second seigneur de Brie-Comte-Robert. Il entreprend la construction de l’église Saint-Étienne et fonde un hôtel-Dieu en 1207, avant de mourir en 1218; sa seconde épouse Yolande de Coucy le suit dans la tombe en 1222. Cette continuité seigneuriale et religieuse a façonné durablement le bourg médiéval autour de son château, de son église paroissiale et de ses institutions hospitalières. Le château de Brie-Comte-Robert, l’une des principales places fortes du sud de l’Île-de-France au XIIIe siècle, atteste l’importance accordée à la cité par les premiers Capétiens dans la défense des approches de Paris. L’hôtel-Dieu fondé en 1207 témoigne quant à lui du rôle joué par les seigneurs de Dreux dans le développement des institutions charitables médiévales, à une époque où ces établissements assuraient à la fois l’assistance aux malades, l’accueil des pèlerins et le soutien aux indigents. L’archéologie préventive conduite dans la zone d’activité du Midi de la Plaine confirme par ailleurs l’ancienneté de l’occupation rurale du territoire, depuis les premiers établissements protohistoriques associés à des structures de stockage et à un mobilier céramique abondant, jusqu’aux établissements gallo-romains organisés autour de bâtiments à fondations en pierre et de constructions sur poteaux affectées à l’habitat, à l’artisanat, à l’élevage et au stockage. Bradeia, vicus antique du carrefour de Chevry-Cossigny et de Presles-en-Brie, prolongeait ainsi l’occupation du second âge du Fer en s’organisant autour d’un grand marché agricole, d’une église dédiée à Notre-Dame et d’un cimetière, schéma villageois qui s’imposera durablement dans la région. La donation des terres par Louis VI à son fils Robert, comte de Dreux, a marqué le début d’une lignée seigneuriale dont l’influence s’est exercée pendant plusieurs générations sur la cité briarde. La construction de l’église Saint-Étienne et la fondation de l’hôtel-Dieu en 1207 par Robert II de Dreux, second seigneur de Brie-Comte-Robert, ont contribué à structurer la vie paroissiale et hospitalière du bourg, dont la châtellenie demeurait subordonnée à l’évêché de Paris malgré son rattachement royal. Cette double tutelle, à la fois royale et épiscopale, a façonné l’identité administrative et religieuse de la commune jusqu’à la Révolution française.