Fécamp

Histoire de Fécamp

Fécamp est une commune française de Seine-Maritime, en région Normandie, qui compte environ 18 016 habitants. Située sur la côte d’Albâtre, à l’embouchure d’un valleuse débouchant sur la Manche, la ville s’est développée autour de son port naturel encastré entre de hautes falaises de craie. Son nom est attesté dès 875 sous la forme super fluvium Fiscannum, puis Fiscannus en 990. Les linguistes proposent deux pistes étymologiques: Auguste Longnon a vu dans Fécamp un Fisci campus, soit le « champ du fisc » impérial, tandis qu’Albert Dauzat et plus tard Ernest Nègre ont proposé un composé germanique fisk-hafn associant fisk (« poisson ») et hafn (« port »), explication partiellement reprise par François de Beaurepaire.

L’occupation humaine du site est ancienne: un oppidum gaulois, dont le rempart a donné son nom au type architectural « Type Fécamp », a été identifié au lieu-dit Côte du Canada, au sud-est de la ville. Sous l’époque gallo-romaine, une voie reliait Fécamp à Étretat, dont l’actuelle route départementale a repris le tracé. En 1852, l’abbé Cochet met au jour un cimetière gallo-romain dans le quartier de la Vicomté. En 1872 est découverte la « sépulture des Capucins », tombe d’une femme de l’aristocratie germanique datée à partir d’une silique de l’empereur Eugène (392-394), témoignage d’une possible garnison germanique installée par le pouvoir romain à la fin de l’Antiquité.

Le destin de Fécamp bascule au haut Moyen Âge. Saint Léger, déporté dans le premier monastère de la ville, alors abbaye aux dames, y aurait recouvré la parole. Au IXe siècle, un raid viking détruit le monastère et la tradition rapporte que les nonnes se mutilèrent volontairement le visage pour échapper aux pillards. Après le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, la région devient zone d’implantation massive des Nortmanni, comme l’atteste la toponymie. Guillaume Longue-Épée s’y installe dès 932. Fécamp devient ville natale de plusieurs ducs de Normandie: Richard Ier dit Sans Peur y naît en 933, Richard II y meurt en 996 et Richard III en 1027. Un trésor de pièces franques, anglo-saxonnes et méditerranéennes enfoui vers 970-980, retrouvé en 1963, illustre la place de la ville dans les circuits monétaires du jeune duché.

Richard II fait venir Guillaume de Volpiano pour refonder l’abbaye de la Trinité selon la règle bénédictine en usage à Cluny, après que Maïeul, abbé de Cluny, eut refusé d’aller, dit-on, « chez les pirates ». L’abbatiale est consacrée en 1106 par l’archevêque de Rouen Guillaume Bonne-Âme. Sous les Plantagenêt, le scriptorium de Fécamp produit de nombreux manuscrits enluminés. Les reliques du Précieux Sang attirent pèlerins et pénitents, faisant de l’abbaye la plus opulente de Normandie: « De quelque côté que le vent vente, l’abbaye de Fécamp a rente », disait le dicton. Après l’incendie de 1168, l’abbatiale est reconstruite en style gothique sous l’abbatiat de Raoul d’Argences, achevée au début du XIIIe siècle. En 1202, Jean sans Terre accorde un régime communal à la ville, peu avant son annexion au royaume de France par Philippe Auguste.

La guerre de Cent Ans frappe durement Fécamp. Les Anglais incendient la ville en 1410, puis l’occupent durablement après le débarquement d’Henri V à Chef-de-Caux en 1415. Placée sous l’autorité de John Fastolf, la ville subit la pression fiscale anglaise sur le pays de Caux. La mort du régent Bedford en 1435 déclenche une révolte des Normands: Charles des Maretz libère Dieppe, puis les paysans se soulèvent et libèrent Fécamp et Harfleur, avant la riposte anglaise. La ville n’est définitivement libérée qu’en 1449. Pendant les guerres de Religion, le capitaine Henri Goustimesnil de Bois-Rosé rallie Fécamp à Henri IV après sa conversion au catholicisme, et l’abbatiale passe sous l’autorité de Charles de Lorraine, l’un des trois Guise.

Fécamp est avant tout une ville de port. Fondé vers le haut Moyen Âge, le port nourrit une double économie de construction navale et de pêche. Le 16 octobre 1651, Charles II d’Angleterre y débarque en fuyant Cromwell. À partir du XVIe siècle, et plus encore aux XVIIIe et XIXe siècles, Fécamp devient l’un des grands ports de la pêche morutière à Terre-Neuve: les Terre-Neuvas y équipent leurs goélettes pour des campagnes de plusieurs mois sur les bancs. Cette activité, longtemps dominante, a façonné le paysage urbain, les quais et la mémoire ouvrière de la cité.

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Population

18.016 habitants

Région

Normandie

Département

Seine-Maritime
(76)

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