Landerneau

Histoire de Landerneau

Landerneau est une commune de 16 206 habitants située dans le département du Finistère, en région Bretagne, à l’embouchure du fleuve côtier de l’Élorn qui sépare le pays de Léon de la Cornouaille. Le nom de la localité est attesté sous les formes Lan Terneo, Lan Erno et Lan terne. En breton, langue dont est issu le toponyme, la ville se nomme Landerne. Le nom se décompose en lann, signifiant « ermitage » ou « lieu sacré », ici associé à un certain Ternoc ou Terne qui aurait fondé son oratoire sur place. Les toponymes commençant par lann correspondent à des lieux sanctifiés. Aristide Mathieu Guilbert, dans son Histoire des villes de France de 1844, estime cependant que le nom de Landerneau précède la construction du monastère de saint Ernoc et provient « comme toutes les cités commençant par lan, de l’établissement politique des Kimris », peuplade celto-gauloise. Une parenté avec saint Edern, patron de Plouédern, voisine de Landerneau, est également envisagée par certains chercheurs.

Le site de Landerneau abritait sans doute une agglomération dès la période romaine, comme le suggèrent les inventaires archéologiques signalant de nombreux vestiges entre la ville et les environs de Traon-Elorn. Au haut Moyen Âge, plusieurs petites cellules monastiques, ou lan, s’établissent dans la vallée. La toponymie permet d’en localiser une à Saint-Ernel, dont le nom dérive de Ternoc-Terneo, et une autre à Lanrinou, le lan de Rinou. Les églises de Beuzit-Conogan et de Saint-Houardon, mentionnées dans un acte du milieu du XIe siècle, ont peut-être également pour origine des établissements de ce type. Le nom de Landerneau apparaît en 1206, alors que l’agglomération est en plein développement. Elle constitue alors la principale ville de la seigneurie de Léon, fief né du démembrement de la vicomté du même nom, et compte deux sanctuaires: l’église Saint-Houardon, déjà mentionnée, et Saint-Thomas, prieuré de l’abbaye de Daoulas érigé avant 1218 sous le patronage de Thomas Becket récemment canonisé. En 1336, un hôpital dédié à saint Julien est bâti près du pont. Après la mort d’Hervé VIII de Léon en 1363, la ville passe dans le domaine des vicomtes de Rohan, dont l’influence ne cesse de croître. À la fin du Moyen Âge, Landerneau est une cité active dont la bourgeoisie s’enrichit grâce au commerce maritime. Quatre paroisses la composent: Saint-Houardon, Saint-Julien et Beuzit-Conogan, rattachées à l’évêché de Léon, ainsi que Saint-Thomas, sur la rive gauche, qui relève de l’évêché de Cornouaille. En 1543, Ambroise Paré, qui accompagne René Ier de Rohan venu défendre la province, trouve la population en armes et le tocsin sonnant face à une menace de débarquement anglais finalement écartée; il en profite pour décrire le jeu de la lutte bretonne. La ville connaît une période de forte prospérité aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce au commerce du lin: on produisait dans la région de fines toiles appelées crées, et Landerneau était, après Morlaix, le deuxième port d’exportation des crées du Léon. À partir de 1736, un bureau des toiles contrôle la qualité et la longueur des pièces, dont la fabrication est régie par des règlements établis par le Conseil du Roi: ces textes forment de précis cahiers des charges, ils précisent le nombre de fils de chaîne pour chaque type de voile, leur longueur au sortir du métier, la qualité des fibres et des lisières, ainsi que le pliage. Le règlement comprend 53 articles, et chaque année les anciens coins de marquage sont détruits pour éviter les fraudes. Cette organisation rigoureuse de la production explique la réputation des toiles de Léon sur les marchés européens et la richesse durable des familles bourgeoises de Landerneau, qui s’illustre dans les demeures à pans de bois et les hôtels particuliers de la rive droite, ainsi que dans le rayonnement du pont de Rohan et de son ancien moulin-prison, évoqué par l’historien Louis Le Guennec.

Patrimoine religieux

Quinze monuments de la ville sont classés ou inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Le bâtiment le plus marquant est un ancien couvent d’Ursulines édifié de 1701 à 1792, vaste construction en forme de U flanquée d’une chapelle, qui servit de lieu d’éducation pour les jeunes filles nobles et bourgeoises des environs et d’hôpital militaire pendant les épidémies et les guerres du XVIIIe siècle, accueillant les blessés brestois. Les Ursulines en sont expulsées à la Révolution en 1792 et les bâtiments sont successivement transformés en prisons, hôpitaux, dépôts, ateliers, puis en siège de l’Administration du Finistère lorsque Landerneau devient chef-lieu de département. Jusqu’en 1946, l’ensemble sert de caserne, occupé tour à tour par la Marine, les Allemands et les FFI, et de prison ou de bagne. Après la Libération, le couvent redevient un lieu d’enseignement: un lycée, un CET puis un CES s’y installent et de nombreux bâtiments sont édifiés ou rénovés autour du cloître entre 1956 et 1966, avant que l’ensemble ne devienne lycée de l’Élorn en 1985. En 2006, le cloître et la chapelle sont restaurés pour accueillir le centre de documentation, l’administration pédagogique et l’intendance. Landerneau est membre de l’Union des villes d’art et d’histoire de Bretagne.

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Population

16.206 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
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