Guipavas
Histoire de Guipavas
Guipavas est une commune de 15 460 habitants située dans le département du Finistère, en région Bretagne, à l’est de Brest. Le nom de la localité est attesté sous des formes très variées: Ploebenez, Ploebeuez et Poebenez en 1282, Guic Bavoez vers 1330, Ploeavaz en 1336 ainsi qu’en 1394, Ploebavas, Guichbavatz, Plouavaz, Ploeavaz, Guipavas, Guipaval ou encore Guipavoez selon les époques. Le toponyme provient du breton gwic, « bourg », mot emprunté au latin vicus, associé à un anthroponyme. Gwipavas constituait le centre, le bourg de la paroisse médiévale de Ploe Bevoez, située dans la forêt de Bevoez, qui englobait à l’origine les territoires actuels de Saint-Marc et de Lambézellec, désormais rattachés à Brest, ainsi que ceux du Relecq-Kerhuon, de Gouesnou et bien sûr de Guipavas. La forme normalisée préconisée par l’Office public de la langue bretonne reprend l’étymon breton.
L’occupation antique du territoire est attestée par des monnaies romaines: quatre petits bronzes de Gallien, un petit bronze de Salonine, son épouse, ainsi que des pièces de Postume ont été retrouvés à Keralien en Plabennec, juste au-delà de la limite nord de la commune, et douze petits bronzes de la seconde moitié du IIIe siècle ont été mis au jour en 1862 entre le bourg de Guipavas et l’anse de Kerhuon lors de la construction du viaduc ferroviaire. Selon la tradition hagiographique, Tudogilus, ou saint Thudon, père de saint Gouesnou, de saint Majan et d’une fille nommée Tudona, aurait débarqué à Landéda en provenance de l’île de Bretagne. Il aurait fondé un ermitage en forêt de Bevoez à deux kilomètres de Guipavas en direction de Gouesnou, près du lieu-dit Kervao, sur une colline qui était probablement un ancien lieu de culte druidique en raison de la présence d’une fontaine; ce site porte aujourd’hui le nom de Saint-Thudon. Saint Thudon serait mort en 665 à l’âge de 85 ans, et son fils saint Gouesnou lui aurait succédé. La tradition l’assimile parfois, sans certitude, à saint Ténénan. Trois croix subsistent à l’emplacement de l’ancienne chapelle, dont l’une, datant du Moyen Âge, compte parmi les plus anciennes du Finistère et conserve des ornements celtiques en forme de buste féminin avec le nombril apparent.
Des notes manuscrites de J. Cariou datant de 1860, citées par le chanoine Paul Peyron, décrivent la troménie qui se déroulait alors dans la paroisse: après la cérémonie principale, les processions se mettaient en marche jusqu’à la limite des deux paroisses, indiquée par une croix en pierre subsistant à l’extrémité ouest du village de Kermao, où l’on faisait une station, récitait une prière devant les reliques placées au pied de la croix, donnait les reliques à baiser, puis les processions se séparaient pour regagner leurs paroisses respectives. Les paroissiens de Beuzit-Conogan, paroisse aujourd’hui disparue, exposaient sur le parcours les reliques de saint Conogan. La motte castrale de Bressec’hen, également appelée motte de Goarem ar c’hastel, située près du lieu-dit Coatmeur, correspond probablement à un ancien oppidum gaulois, peut-être réutilisé comme camp romain. Aux IXe et Xe siècles, l’Élorn est une voie d’incursion pour les Vikings, qui remontent jusqu’à Landerneau; des pillards anglais font de même en 1296. Les traces les plus anciennes de l’église paroissiale datent du XIIe siècle; l’édifice de l’époque souffrit pendant la guerre de Succession de Bretagne et fut restauré au XIVe. La paroisse de Guipavas, dont la partie orientale dépendait de la châtellenie de Landerneau, comptait en 1675 dix-sept manoirs et quarante-neuf autres lieux nobles. Le manoir du Vizac appartint au XVe siècle à Henri de Kerliviry, puis aux familles de Kerscao, de Kerjean-Mol et de Kersauson de Goasmelquin, avant de devenir bien national à la Révolution, d’être vendu à Jean-Pierre Laroque, puis acheté en 1830 par l’armateur Biacabe.
Patrimoine religieux
Le territoire de Guipavas conserve de nombreux édifices religieux et croix de chemin. La croix Saint-Thudon, la Croas-Cuzet et la Chapelle-Croix figurent parmi les plus anciennes, et témoignent de la christianisation précoce de la commune. À côté de ce patrimoine cultuel, plusieurs monuments historiques non religieux rappellent que les terres de Guipavas appartenaient à des familles nobles. Subsistent ainsi les manoirs du Vizac, de Kéraudry, de Lestaridec qui appartint à l’amiral Troude, de Kerastel construit par un maire de Guipavas Alphonse Goux, de Beaurepos avec sa Tour du prince russe, dont le nom rappelle que le prince Pierre de Sayn-Wittgenstein et Rosalie Léon en furent propriétaires, ou encore le manoir du Froutven. L’ensemble constitue un patrimoine architectural significatif, dispersé sur le territoire communal. Cette densité de manoirs reflète la division ancienne de la paroisse en plusieurs sections nobles, ainsi que les alliances matrimoniales successives qui ont fait passer ces propriétés d’une famille à l’autre au cours des siècles. La motte castrale de Bressec’hen, près du lieu-dit Coatmeur, complète cette empreinte seigneuriale et rappelle l’utilisation antique puis médiévale d’un site dont la fonction défensive a précédé l’organisation paroissiale moderne. La présence de l’ermitage de saint Thudon en forêt de Bevoez, l’antériorité de la procession reliant Guipavas à Gouesnou et la diffusion des reliques de saint Conogan attestent quant à elles l’enracinement précoce de la dévotion bretonne sur le territoire, dans un cadre paroissial qui englobait autrefois les actuelles communes du Relecq-Kerhuon, de Saint-Marc et de Lambézellec.