Graulhet

Histoire de Graulhet

Graulhet est une commune de Tarn, en Occitanie, qui compte 13 166 habitants. La ville s’appelait Granoillet en 1188 et Granolheto en 961. C’est un diminutif du mot occitan « granolha » (grenouille, en provençal), ce que confirme le Dictionnaire provençal de Frédéric Mistral. Ce mot provient du latin ranucula qui signifie lui aussi grenouille.

Ces batraciens étaient en effet présents en grand nombre aux abords du village, en raison de la présence de lieux humides (ruisseaux et marécages).

L’occupation du site par l’homme est attestée par de nombreuses pièces archéologiques découvertes, datées d’environ 500 à 100. La présence romaine se manifeste entre autres par la présence d’un oppidum gallo-romain. L’éperon rocheux qui surplombe la rivière se voit doté d’un château féodal (qui fut détruit depuis): le castrum de Graulhet, avec une petite bourgade, est mentionnés pour la première fois en 961, dans un testament de, comte de Rouergue. Le village, centré sur le château, est fortifié pour constituer une petite place-forte. En 1166, Graulhet, alors une seigneurie, passe sous le contrôle des comtes de Toulouse. En 1484, la seigneurie passe aux mains de la maison d’Amboise, grâce au mariage de Hugues d’Amboise d’Aubijoux (grand-père de Louis d’Amboise d’Aubijoux), avec Madeleine de Lescun d’Armagnac, fille de Jean.

Au, fidèle à l’Église Catholique de Rome bien qu’en pays Cathare, la ville subit relativement peu de dommages durant la croisade contre les Albigeois et pendant les guerres de Religion, en partie grâce à la politique de Louis d’Amboise d’Aubijoux (1536-1614), seigneur et comte de Graulhet, qui en est aussi lieutenant-général. En 1583, elle devient même le siège temporaire du diocèse, en accueillant l’évêque de Castres qui s’y réfugie. La ville se trouve alors au cœur d’une zone de production et de commerce important du pastel du pays de Cocagne. Elle devient un carrefour local du transit fluvial entre la Garonne, le Tarn et l’Agout grâce à son modeste port. De cette époque sont représentatifs le château de Lézignac et son moulin pastellier, typiques de l’industrie du pastel. Au, le petit-fils de Louis d’Amboise d’Aubijoux, François-Jacques d’Amboise (1606-1656) est l’ami et le protecteur de Molière de 1647 à sa mort, alors que l’artiste commence sa carrière et vient de fuir ses créanciers parisiens.

Son château de Crins accueille à la même époque des troubadours comme Chapelle et Bachaumont, au bord du Dadou. En parallèle, la ville voit se développer les activités d’artisanat autour du tannage, de la cordonnerie, chapellerie et en particulier de la mégisserie: environ le tiers de la population travaille dans ces domaines. En 1895, la ville est enfin raccordée au réseau ferroviaire national, via une ligne à petit écartement exploitée par la Compagnie des chemins de fer à voie étroite et tramways à vapeur du Tarn en direction de Laboutarié. Une seconde ligne à destination de Lavaur est construite en 1903. En 1909-1910, la ville connaît un important conflit social avec une grève dans les mégisseries: depuis 1881, la chambre syndicale des mégissiers a obtenu différents acquis sociaux, au prix d’une dizaine de grèves importantes en huit années. Un nouveau conflit éclate sur fond de revendications salariales et de temps de travail.

Les grévistes sont soutenus par Jean Jaurès, la grève dure, mais le patronat ne lâche rien. De nombreux témoignages de ce conflit nous sont parvenus sous forme de cartes postales que vendaient les grévistes pour subsister. En 1911 Auguste Jaurès sera la présidente du comité des Dames Françaises de la Croix-Rouge. Entre 1914 et 1917, deux hôpitaux seront gérés par la Croix-Rouge, à l’institution Notre-Dame-des-Vignes et à la Ferme de Nabeillou (ferme appartenant à François Morel membre du conseil général). Après la Première Guerre mondiale, l’industrie de la maroquinerie se développe dans le sillage de la mégisserie. Cependant, la crise économique de 1929 touche durement à la fois l’industrie locale (fortement dépendante des échanges de peaux avec l’Australie, l’Argentine et l’Afrique) et la compagnie de chemin de fer.

Cette dernière ferme la dernière liaison en 1937 et les voies sont entièrement démontées.

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Population

13.166 habitants

Région

Occitanie

Département

Tarn
(81)

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