Cusset
Histoire de Cusset
Cusset se situe dans le département de l’Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes, et compte environ 12 909 habitants. La commune est mitoyenne de Vichy, dont elle a longtemps été la voisine de premier rang dans la montagne bourbonnaise. Son nom est attesté sous les formes in Cuciaco ou in Cutiaco en 886, Cucciaco en 1373, puis sous les variantes Cuci, Cucy, Cussy, Cussetum, Cussoy ou Cuciacum. Le toponyme appartient à la catégorie des formations gallo-romanes en -acum, suffixe qui désigne le lieu ou la propriété de quelqu’un, ici précédé d’un anthroponyme, peut-être le nom de personne romain Cutius.
Le second élément du toponyme dérive de vaux, ancienne forme de val employée au féminin au Moyen Âge dans le sens de vallée, d’où une signification globale de « mauvaise vallée », c’est-à-dire d’une vallée à la terre médiocre. Les habitants de la commune sont appelés les Cussetois ou les Cussétois, d’après la forme moderne du toponyme. Selon l’Atlas sonore des langues régionales publié par le CNRS en 2022, Vichy est la deuxième plus grande ville du Croissant linguistique, espace de transition entre langue d’oïl et langue d’oc auquel Cusset appartient également. Avant l’agglomération actuelle, un site celtique précédait et dominait la ville. L’oppidum de Viermeux, oppidum arverne destiné à surveiller l’entrée septentrionale de la Limagne, est composé de deux plateaux dont l’un abritait plusieurs centaines de familles, qui l’abandonnèrent au cours des premiers siècles de notre ère. Cet oppidum est l’un des plus importants de la région Auvergne, devant Corent ou Gergovie. Il est en outre le premier murus gallicus attesté en 2004, type de fortification gauloise associant troncs d’arbres et terre. Localisé sur des terrains privés, il n’est ni accessible au public ni signalé, et a fait l’objet d’une opération de sauvetage en 2007.
De la période gallo-romaine ont été découverts des vestiges d’aqueducs et d’hypocaustes, attestant la présence d’une villa. Sur le site même de la ville actuelle, des fouilles ont mis au jour, place Victor-Hugo, les vestiges de thermes gallo-romains. En 774, Cusset n’était qu’une simple métairie de l’abbaye Saint-Martin de Nevers. Charlemagne y établit une communauté de filles, qui devient ensuite un monastère. Au Moyen Âge, un château situé dans la vallée maudite, dans le quartier des Malavaux, était habité par des Templiers. Sous Louis XI, Jean Doyat fait de Cusset, selon la formule de l’époque, la place la plus importante de la Basse-Auvergne. Cette importance se traduit par le rôle administratif acquis par la commune: en 1789, sa population atteint un effectif notable, et de 1790 à 1800, Cusset devient chef-lieu de district. Elle est préférée à Billy et Saint-Gérand pour devenir le siège du tribunal. Elle perd toutefois le statut de chef-lieu d’arrondissement au profit de Lapalisse, mais conserve sa fonction judiciaire. Elle est également un centre d’enseignement par la création d’un collège.
À une date où Vichy commence à dépasser Cusset en population, Cusset a longtemps joué le rôle de grande ville de la région, avec ses commerçants, ses artisans et ses foires attirant la montagne bourbonnaise tout entière. Sa situation de porte d’entrée vers la montagne lui a été favorable. La fin du XIXe siècle voit la découverte de la source du Printemps, l’une des dernières attestées dans la commune, située au faubourg de la Barge, près du terminus du tramway. Captée et minéralisée, cette source agissait selon les ouvrages d’époque sur l’estomac et les bronches, signe de l’ancrage de Cusset dans la culture thermale qui faisait alors la renommée de Vichy. Le centre-ville se déserte progressivement et une voie rectiligne, le boulevard de l’Hôtel-de-Ville, est créée entre la place Victor-Hugo et la rue de la République. Cusset aurait pu devenir un faubourg de Vichy, en raison de l’essor de cette dernière et du transfert progressif des foires et marchés. La commune a continué d’exploiter plusieurs carrières, dont la plus importante, celle des Malavaux, est ouverte depuis 1913 et appartient au groupe Lafarge depuis 1998; les matériaux extraits, du tuf rhyolitique, sont utilisés pour le ballast et les techniques routières. Cusset exploite également les carrières de la contrée de Razeure et de la Châtaigneraie, et l’urbanisation s’est développée à l’ouest, en direction de Vichy, dans la cité de Presles, gagnant le quartier de Puy-Besseau avec la construction d’un lycée à filières professionnelles. Deux femmes ont été condamnées pour sorcellerie à Cusset, événement attesté par les archives judiciaires, et les collines aux alentours de Vichy et Cusset ont été couvertes de vignes jusque dans les années 1950-1960, formant ce que l’on appelle l’ancien vignoble vichyssois.
Patrimoine religieux
Cusset conserve plusieurs bâtiments notables et de nombreux vestiges de la période médiévale. Sept édifices de la ville sont protégés au titre des monuments historiques, dont deux classés et cinq inscrits. La maison à pans de bois, située à l’angle des rues de la Constitution et Saturnin-Arloing, fut édifiée par un Premier élu de Cusset, M. Chatard, délégué aux États d’Auvergne, et a abrité de 1976 à 2017 l’office de tourisme de la ville. Une autre maison ancienne de la rue Saturnin-Arloing, l’un des rares exemples d’architecture de la Renaissance à Cusset, présente une porte de tourelle d’escalier encadrée de colonnes cannelées supportant un fronton triangulaire, surmontée d’une fenêtre moulurée flanquée de caryatides. La maison dite de Louis XI, place Victor-Hugo, et la maison Seive, avenue Gilbert-Roux, complètent cet ensemble protégé. Une ancienne maison du bailliage, rue du Censeur, et une porte en ogive rue du Général-Foy témoignent encore de la trame urbaine médiévale.