Vidauban
Histoire de Vidauban
Vidauban est une commune de Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 12 573 habitants. Attestée sous la forme in castro Vite Albano (« la vigne d’Auban ») en 1014. L’origine du mot Vidauban est Vitis Alba (vigne blanche), c’est-à-dire la clématite ( vidalbo en occitan) que l’on trouve sur les rives de l’Argens. On trouve aussi, dans d’anciens documents, les appellations de Vicus Albanorum et Castrum de Vidalban.
Le nom de Vidauban est d’origine romaine. Quelques ruines, inscriptions et le passage de la voie romaine en attestent. Cette écriture se retrouve plus précisément sur une carte de 1293 sous la forme Vidalban.
Les enceintes fortifiées, situées sur les hauteurs de Sainte-Brigitte, au fort des Mûres, à Châteauneuf, confirment une présence humaine à l’âge de fer. Les vestiges de voie romaine ont été dégagés dans le secteur des Blaïs. D’autres permettent de penser que l’antique cité de Forum Voconii devait se situer entre le hameau actuel des Blaïs et le domaine des termes au Cannet des Maures. Vers la fin du premier millénaire, pour éviter les Sarrasins implantés à la Garde Freinet, les habitants se repliaient alors sur les hauteurs mais temporairement, leur vie s’organisant le long de la route d’Italie bordée d’un dizaine de chapelles. C’est à cette époque que l’existence de Castrum nomine Vite Albano apparaît dans les chartes. C’était une possession de la famille princière des comtes de Marseille.
Par la suite, le « fief très noble de Vidalban » apparaît dans diverses transactions, même s’il demeure dans le patrimoine des vicomtes. Au XIVe siècle, le lieu de Vidauban était déjà formé en communauté. Les habitants possédaient une bonne partie des terres cultivables et leurs biens ne devaient pas être soumis à la « tasque » en grains et vins. En 1390, le fief de Vidauban revient à Raimond de Villeneuve, fils de Giraud, baron des Arcs. Il demeurera dans cette famille pendant plus de. Dans la deuxième partie du XVe siècle, l’histoire de Vidauban est très mal connue.
On sait seulement que le terroir a été momentanément déserté par la population, et que l’ancien village, dans le secteur dit « Derrière le château », a été détruit en 1500. En 1511, un « acte d’habitation » est signé entre Louis de Villeneuve et 17 « manants ». Le seigneur dispose de ses privilèges (justice, impôts…), mais les habitants peuvent se constituer en communauté; ils peuvent aussi élire des administrateurs qui, pendant leur mandat d’un an, s’occupent des affaires communales et des services publics. Ce contrat régira les rapports entre seigneur et habitants jusqu’à la Révolution de 1789. Au début du XVIe siècle, le village se déplace en direction de la route d’Italie, autour de l’église actuelle. L’époque des Villeneuves durera jusqu’en 1698, date à laquelle le comte de Vintimille recevra, de messire de Raity, le fief, terre et seigneurie de Vidauban.
À cette époque-là, Vidauban compte 146 chefs de familles, habitées et 72 non habitées. Lors des derniers soubresauts des princes ligueurs le duc d’Épernon fut battu par le duc de Guise, envoyé par:. En 1707, le village est pillé et brûlé, l’église exceptée, par l’armée de Savoie qui venait de lever le siège de Toulon. De nombreux habitants parviennent à fuir; d’autres, réfugiés dans l’église, y seront massacrés. Le village sera progressivement reconstruit. Une nouvelle invasion aura encore lieu en 1747.
En 1786, l’ancien cimetière, Derrière le Château, est abandonné au profit de celui de l’Aubrède. C’est ainsi que débutent, le, l’estimation, fixation, évaluation et cotisation de toutes les propriétés, droits et revenus appartenant au seigneur, comte de Vintimille. Le 12 frimaire an II des lots sont formés et vendus. 1793 est aussi l’année de la destruction du château. Par la suite, l’ancienne place du château deviendra la place de la Mairie. Lors de la Deuxième République, Vidauban est une commune dont la population est républicaine convaincue: les huit chambrées comptent en 1849.
Par ailleurs, Cavaignac recueille en, Ledru-Rollin 83, et Louis-Napoléon Bonaparte seulement 113. Marquera pourtant le début d’une terrible répression, qui laissera une cinquantaine de morts parmi les de l’armée républicaine, notamment à Lorgues. Après la bataille, c’est le d’infanterie qui occupe le village et impose le retour à l’ordre. 288 Vidaubannais sont poursuivis, et 77 condamnés (dont 39 par contumace): avec les deux morts de la commune, on peut estimer à environ 300 au moins le nombre de Vidaubannais ayant participé à la résistance au coup d’État. Avant 1850, on dénombrait beaucoup de fours à poix sur le territoire communal. La plupart produisait de la poix « navale », substance résineuse et collante.
À la fin du, Vidauban est devenue une commune à vocation semi-industrielle, prospère notamment grâce à l’industrie du liège et des bouchons. Au, Vidauban est sans doute située au sud de la colline de Sainte-Brigitte, dans le secteur dit Derrière le Château. En 1220, Bertrand et Jourdan de Vidauban donnent des biens à l’ordre du Temple, lesquels formeront plus tard la commanderie d’Astros, dépendant de la commanderie du Ruou. La Révolution atteint Vidauban en 1790, avec l’application d’un décret de l’Assemblée nationale demandant le recensement des « biens nationaux », autrement dit des biens des nobles, du clergé et, à Vidauban, de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En effet, les Hospitaliers avaient pris possession du domaine d’Astros, à la suite de la dissolution de l’ordre des Templiers par Philippe le Bel en 1308. Lors de la Première Guerre mondiale, la commune met à la disposition de la militaire l’établissement numéro 12, pour l’assistance aux convalescents militaires (ACM).
Cette structure dispose de 20 lits pour accueillir les blessés du front. Le village de Vidauban est occupé pendant la Seconde Guerre mondiale, d’abord par les Italiens, qui s’y installent en 1942, puis par les Allemands en 1943. Pressentant un débarquement imminent en Provence, beaucoup de Vidaubannais sont mobilisés en 1944 pour le travail obligatoire aux défenses du littoral, au Lavandou et à La Londe. Le village est libéré par les troupes américaines le après-midi, à la suite du débarquement de l’opération « Dragoon » qui a eu lieu la veille sur les côtes varoises.