Fourmies
Histoire de Fourmies
Fourmies est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France, qui compte 11 456 habitants. Le nom de la localité est attesté très tôt sous des formes variées: Formeias en 1091 dans un titre de Saint-André du Cateau, Formies en 1107 dans le cartulaire de l’abbaye de Liessies, Furmies en 1114 dans un acte de Raoul, archevêque de Cambrai, Formiis en 1167 toujours dans le cartulaire de Liessies, Fourmies en 1186 dans les annales du Hainaut, Formies en 1349 dans le pouillé de Cambrai, Fromyes dans des documents topographiques, puis Fourmies en 1711 sur une pierre tombale du lieu, et de nouveau Fourmies en 1793 et en 1801. Le toponyme paraît dérivé d’un nom de personne germanique.
Des traces d’occupation gallo-romaine ont été mises au jour à Fourmies, sans qu’il soit possible d’en donner une localisation précise. La commune appartient à un secteur historique marqué par la présence des grandes abbayes de l’Avesnois et de l’évêché de Cambrai, dont les actes constituent les premières mentions du lieu. La cité s’inscrit ainsi dans un maillage paroissial et seigneurial dense, à la frontière entre les terres de l’Empire et celles du royaume de France, ce qui explique la fréquence des actes ecclésiastiques médiévaux dans lesquels son nom apparaît. Au cours de l’époque moderne, l’histoire locale demeure étroitement liée à celle du Hainaut puis du Cambrésis, dans une région pendant longtemps disputée et soumise aux aléas des frontières mouvantes du nord du royaume.
L’événement qui a marqué le plus profondément la mémoire fourmisienne est la Fusillade de Fourmies, le 1er mai 1891, dont le retentissement national est considérable et qui inscrit la commune au rang des hauts lieux de l’histoire ouvrière française. Cet événement intervient dans le contexte du développement spectaculaire des filatures, qui font de Fourmies un centre majeur du textile dans le nord du pays. Le développement des filatures bouleverse la sociologie de la commune et façonne durablement son urbanisme, avec l’implantation d’établissements industriels d’envergure, dont l’usine Prouvost-Masurel, en activité de 1874 à 1978. La cheminée de cette usine textile est aujourd’hui considérée par le conseil général comme un beffroi du travail, marqueur paysager du passé industriel local. Fourmies traverse ensuite les deux guerres mondiales et la période contemporaine en gardant la trace des reconversions économiques successives. La transition entre l’ère textile et l’époque actuelle a conduit la commune à valoriser ce patrimoine industriel et social, en transformant d’anciens lieux de production en équipements culturels accessibles à tous.
Patrimoine religieux
La commune comporte deux musées, l’Écomusée de l’Avesnois à Fourmies, dont fait partie de manière distincte le musée du textile et de la vie sociale de la ville. Installé dans une ancienne filature, la filature Prouvost-Masurel située au lieu-dit En dessous des moulins, qui a fonctionné de 1874 à 1978, le musée fourmisien rassemble les éléments les plus significatifs de l’industrie textile. Il est organisé en deux sections: l’une consacrée au textile, depuis la laine brute du mouton jusqu’au produit fini et à son entretien, l’autre dédiée à la vie sociale de la région au début du XXe siècle. De nombreuses machines maintenues en activité font découvrir l’évolution de l’industrie; la reconstitution d’un estaminet, d’un intérieur ouvrier, d’une salle de classe et d’une rue avec ses magasins permet de comprendre le quotidien des hommes, des femmes et des enfants employés à la filature. Le musée du textile et de la vie sociale a été fondé par Pierre Camusat et Marie-Thérèse Martin. Si la documentation patrimoniale insiste avant tout sur ce passé industriel, la vie paroissiale fourmisienne s’inscrit dans le sillage des grandes abbayes de l’Avesnois, en particulier celle de Liessies, dont les cartulaires conservent les premières mentions écrites du lieu, et dans la tradition de l’évêché de Cambrai, dont relevait la commune. Cette double tutelle ecclésiastique structurait la vie religieuse locale, dont les édifices accompagnaient les rythmes de la vie paroissiale et des grandes étapes industrielles, faisant de l’église un repère central pour les générations d’ouvriers et de familles qui ont fait l’histoire de Fourmies. Les premières attestations écrites du nom Formeias, en 1091, dans un titre de l’abbaye Saint-André du Cateau, et les mentions répétées dans le cartulaire de l’abbaye de Liessies au XIIe siècle, signalent l’ancienneté de l’inscription paroissiale dans ce maillage abbatial et épiscopal. La pierre tombale de 1711 portant le nom Fourmies en témoigne aussi, prolongeant la mémoire des familles installées sur ce territoire avant l’essor industriel. La Fusillade du 1er mai 1891, qui frappa l’imagination nationale, demeure étroitement associée à la mémoire ouvrière et chrétienne du lieu, où les rituels paroissiaux scandaient le quotidien des familles de tisserands et de fileuses, dans une cité dont le développement industriel rapide n’a pas effacé la dimension religieuse héritée du Moyen Âge.