Arpajon

Histoire d’Arpajon

Arpajon est une commune de l’Essonne, en région Île-de-France, qui compte environ 11 281 habitants. La ville s’est longtemps appelée Chastres, toponyme issu du latin castrum désignant une place fortifiée. Le nom est attesté dès l’époque mérovingienne sous les formes Castra et Castra vico, puis Castrinse territorium, avant d’évoluer vers Chastres au cours du Moyen Âge. La cité a obtenu son nom actuel en 1720, lorsque Louis VI de la famille d’Arpajon du Rouergue a acheté le marquisat de Châtres et obtenu du régent Philippe d’Orléans le privilège de transférer son patronyme à la ville. La diffusion du nouveau nom fut imposée par la force, les paysans qui continuaient de répondre Châtres étant bastonnés. Pendant la Révolution française, la commune adopta brièvement le nom de Franc-val ou Francval avant de redevenir Arpajon.

Le territoire est occupé depuis l’Antiquité. À l’époque de la Gaule romaine, un castrum était installé au croisement entre la voie reliant Lutèce à Cenabum et la rivière l’Orge, sur le territoire des Parisii. Des vestiges mis au jour en 1960, dont un cimetière gallo-romain, attestent cette occupation antique. Deux monuments mégalithiques subsistent, ainsi qu’une inscription en gaulois découverte en 1947 et conservée au musée de Saint-Germain-en-Laye. En 1006, l’évêque de Paris Renaud de Vendôme confia une première église ruinée aux moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Maur, qui rebâtirent l’édifice et son clocher en le consacrant au pape Clément. Ils y ajoutèrent un cloître, un prieuré et une grange aux dîmes. Un document de 1265 atteste la présence d’un hôtel-Dieu pour l’accueil des voyageurs et des indigents. La ville fortifiée disposait alors de cinq portes. En 1360, durant la guerre de Cent Ans, elle fut assiégée par Édouard III d’Angleterre et l’église, où huit cents personnes s’étaient réfugiées, fut incendiée sans aucun survivant. En 1317, Pierre de Chastres fut inhumé dans l’église paroissiale. En 1470, le roi Louis XI accorda à son chambellan Jean de Graville le privilège de tenir foire, et Louis Malet de Graville fit construire la halle au croisement des routes de Paris à Étampes et de Dourdan à Corbeil. En 1510, les moines, grâce à la générosité des familles Graville et Montagu, entreprirent d’importantes rénovations sur l’église; en 1542 fut créée la subdélégation de Chastres rattachée à la généralité de Paris, et en 1545, la seigneurie devint indépendante. En 1643 fut fondue la cloche nommée Antoinette. Pendant la Fronde, Turenne stationna ses troupes à Chastres pour protéger la cour à Saint-Germain avant de marcher sur Étampes. En 1717, l’hôtel-Dieu fut entièrement reconstruit. En 1720, Louis de Sévérac, marquis d’Arpajon, l’acheta et obtint de Philippe d’Orléans le privilège de donner son nom à la commune; il s’engagea à réduire les impôts seigneuriaux pendant deux ans. C’est de cette famille que sont issues les armes parlantes de la ville. En 1733, il fit abattre l’ancienne porte nord, trop étroite pour les chariots, et érigea à la place les deux pilastres formant l’actuelle porte de Paris. Inhumé dans le chœur de l’église paroissiale, il y reposa après son décès. À la Révolution française, la commune choisit de porter le nom de Francval. Le château fut vendu en 1802 et démoli. En 1800 fut créé le canton d’Arpajon, alors rattaché à l’arrondissement de Corbeil dans le département de Seine-et-Oise. En 1833 fut inauguré un grand hôtel des postes et télégraphes. La deuxième moitié du XIXe siècle vit le percement du boulevard de la Gare, l’inauguration de la gare d’Arpajon en 1865 et la construction de villas de villégiature. En 1868, la commune se dota d’un hôtel de ville à la place du château seigneurial, puis, en 1889, acheta la pagode présentée par le Tonkin lors de l’exposition universelle de Paris. En 1851, les frères Martin, originaires de Limoges, implantèrent une usine de chaussures qui, en 1900, employait quatre cent cinquante adultes et environ cinquante enfants.

Patrimoine religieux

Le patrimoine architectural d’Arpajon témoigne de son histoire prospère et conserve les traces des différentes époques de richesse de la commune. La halle de la place du Marché, longue de trente-cinq mètres et large de dix-huit, fut édifiée en 1470 et est classée au titre des monuments historiques depuis 1921. Le sort de cet édifice fit débat: un conseiller municipal rappela un jour que la majorité du conseil avait été élue sur un programme prévoyant sa démolition, et il fut décidé de soumettre l’idée à un référendum auprès de la population, référendum qui ne fut jamais organisé. La cloche fondue en 1643, classée depuis 1944, sonne en ré. À ces éléments s’ajoutent le lavoir construit en 1748 et agrandi en 1824, la porte de Paris réaménagée en 1730 avec deux pilastres de dix mètres de haut, et une maison médiévale subsistant au numéro 12 de la place du Marché: elle conserve dans sa cour intérieure une tourelle en grès de la même époque et est classée monument historique depuis 1966. L’Hôtel-Dieu, fondé pour abriter les pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, devint un hôpital sous la Révolution avant d’être reconstruit entre 1819 et 1852; il sert aujourd’hui de maison de retraite. À cela s’ajoute la mairie construite en 1868, agrémentée par la place de l’Hôtel-de-Ville de 1776 puis réaménagée en 1868, classée depuis 1944. Plusieurs demeures de notables et de villégiature des XIXe et XXe siècles marquent l’importance de la commune à cette époque, dont celles du 18 place du Marché, du 34 boulevard Aristide-Briand de 1884, du 42 boulevard Aristide-Briand, du 4 rue Henri-Barbusse, du 53 rue de la Libération et du 21 rue Pasteur, ainsi que la villa Charlotte au 5 boulevard Jean-Jaurès, la villa Marie-Louise au 18 avenue Hoche, et la villa La Source au 2 rue Henri-Barbusse, agrémentée d’une pagode tonkinoise rachetée après l’Exposition universelle de 1889. En 1782, Benjamin Franklin installa un paratonnerre sur la flèche de l’église Saint-Clément. En 1806, Napoléon et l’impératrice Joséphine visitèrent la ville et offrirent le maître-autel de l’église paroissiale.

Informations Clés

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Population

11.281 habitants

Région

Île-de-France

Département

Essonne
(91)

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