Ville-d'Avray
Histoire de Ville-d’Avray
Ville-d’Avray est une commune des Hauts-de-Seine, en Île-de-France, qui compte environ 10 694 habitants. Son nom est attesté dès le XIe siècle sous la forme Villa Davren, et il s’agit d’une formation toponymique en ville- au sens ancien de « domaine rural », issu du latin villa. Le second élément, D’Avray, représente un anthroponyme dont l’origine exacte reste débattue parmi les toponymistes. Dès le XIe siècle, des seigneurs de Villa Davren apparaissent dans les actes, leurs possessions relevant du roi, de l’évêque de Paris ou du seigneur de Marly. Le village se forme sur la colline du Monastère, lieu de l’ancienne église et de la maison seigneuriale, sous l’autorité des Célestins de Paris qui y exercent la justice.
L’installation de la Cour royale à Versailles au XVIIe siècle transforme profondément Ville-d’Avray. La forêt de Fausses-Reposes, terrain de chasse pour les rois résidant à Versailles ou à Saint-Cloud — de Louis XIV à Louis-Philippe —, est entretenue et parcourue de routes de chasse. En 1789, la commune est érigée en baronnie sous l’autorité de Marc-Antoine Thierry, premier valet de chambre de Louis XVI, qui s’était porté acquéreur du château de la Brosse dix ans auparavant. Ce seigneur finance la construction de l’église Saint-Nicolas-et-Saint-Marc et ouvre une école en juillet 1783, suivie d’une école de filles en 1787.
En 1815, les généraux Piré et Exelmans y combattent les Prussiens. Lors de la guerre franco-allemande de 1870, un ballon-poste s’envole de Paris assiégé et est abattu dans les lignes prussiennes à Ville-d’Avray. À la fin du XIXe siècle, la commune attire de nombreux artistes: Jean-Baptiste Camille Corot y séjourne fréquemment, tout comme Claude Monet et Paul Huet, séduits par le cadre paysager formé par les étangs et les forêts. De grandes propriétés bourgeoises s’y établissent, dont plusieurs subsistent en partie dans le tissu résidentiel actuel.
Patrimoine religieux
Ville-d’Avray compte plusieurs monuments protégés au titre des monuments historiques, dont deux édifices classés et trois inscrits. Le territoire communal inclut également une partie du domaine national de Saint-Cloud, dont la portion dagovéranienne est partiellement classée depuis plusieurs décennies, avec son parc ouvert au public. La maison du peintre Jean-Baptiste Camille Corot et son jardin ont été conservés à proximité de l’Étang neuf; ce lieu de mémoire, associé à l’un des grands noms de l’École de Barbizon, témoigne du rôle de la commune dans l’histoire de la peinture de paysage française au XIXe siècle. D’autres lieux et monuments sont recensés dans la base Mérimée, attestant de la densité du patrimoine architectural et paysager d’une commune qui a su préserver une part de son identité rurale au sein de la métropole parisienne.