Tarare
Histoire de Tarare
Tarare est une commune du Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte environ 10 428 habitants. La ville naît au début du XIe siècle comme prieuré dépendant de l’abbaye de Savigny, peuplé d’artisans tisserands, cordonniers, tanneurs et de petits marchands. La famille De Tarare semble avoir été liée pendant plusieurs siècles à la vie et au développement de la cité. Les épidémies de peste qui frappent la région aux XVe et XVIe siècles déciment la population au point d’obliger le consulat de Lyon à organiser des quêtes d’urgence pour les pestiférés.
C’est dans la seconde moitié du XVIIIe siècle que Tarare prend son essor décisif, grâce à la fabrication de la mousseline, tissu léger dont la production confère à la ville une réputation nationale. Un siècle plus tard, l’industrie tararienne se diversifie dans les peluches, les velours et les textiles teints, participant aux expositions industrielles de Paris (1855) et de Londres (1862).
Le XIXe siècle est aussi celui des tensions sociales. Dans les années 1830-1850, de jeunes ouvrières d’origine rurale travaillent dans un « couvent-usine » encadré par des religieuses, dans des conditions difficiles et sous une forte contrainte de discipline. Malgré l’écrasement de la Commune en 1871, les ouvriers tarariens se mettent en grève dès cette même année. L’industrie textile évolue au fil des décennies: aux fibres naturelles du XIXe siècle succèdent dans les années 1930 la rayonne et les composés en viscose, puis à partir des années 1950 le voile Tergal en polyester. Tarare devient alors la capitale française du rideau, assurant près de 80 % de la production nationale, une spécialisation qui se fête tous les cinq ans depuis 1950 lors de la « Fête des Mousselines ».
Un autre pan de l’histoire industrielle tararienne touche au revêtement de sol: en 1947, la famille Doligez diversifie ses activités vers la plasturgie au sein de la firme Blanchiment et Apprêts de Tarare (BAT). L’entreprise développe une gamme de revêtements plastiques qui débouche sur le produit baptisé Taraflex, en référence à la ville. Rachetée dans les années 1980 par le groupe Gerflor, la marque Taraflex équipe depuis lors les compétitions sportives les plus exigeantes — Jeux olympiques, championnats du monde, tournois ATP et WTA — dans les disciplines du tennis, badminton, volley-ball, basket-ball et handball. Héritière d’une tradition textile plusieurs fois centenaire, Tarare conjugue ainsi l’histoire d’un savoir-faire artisanal et d’une industrie en constante réinvention.