Le Muy
Histoire du Muy
Le Muy est une commune de Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 9 646 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Modius en 1178, de Modio vers 1200, de Amodio en 1383, lo Muy au, lo Muei. Le nom du Muy était donc utilisé dans la langue courante.
Ernest Nègre émet l’hypothèse d’une fixation toponymique d’un nom commun de la langue d’oc, à savoir muei, mui « mesure de capacité pour les grains et les liquides », il suggère le fait qu’il a pu avoir le sens du terme d’oïl mui « mesure agraire, étendue de terrain ensemencée avec un muid de grain ». Rien n’indique par ailleurs que mui ait eu en ancien français le sens que cet auteur lui prête. En occitan provençal Lo Muei selon la norme classique ou Lou Muei selon la norme mistralienne.
Plusieurs sites du paléolithique ont été identifiés et fouillés sur la commune, en plaine et dans le massif du Rouet. De nombreux oppidums de l’âge du fer parsèment le Rocher de Roquebrune et le massif du Rouet et témoignent de la présence de tribus ligures sur le futur territoire de la commune. L’époque gallo-romaine marque également le territoire par les nombreux vestiges prospectés ou fouillés, de la grande villa à la petite exploitation agricole, de la stèle funéraire à la borne milliaire, tout atteste la présence romaine au début du premier millénaire. Vers l’an 1000 était le castrum de Marsens. Situé à San Luen, au Muy, il comprenait déjà tout le territoire du futur castrum de Modio. La famille de Marsens donne, par différentes chartes, à l’abbaye Saint-Victor de Marseille des terres et une église.
En 1023, un plaid se déroule « in loco quem vocant Modio » (Le Muy). En 1065, on retrouve « Modio » lié à la présence d’un pont « infra pontes ad Modium ». Au, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possède Notre-Dame-de-Lauzade, d’abord église rurale puis église paroissiale, dont elle percevait les revenus. En 1235, le comte de Provence Raymond Béranger (de la famille de Barcelone) obtient la possession de Marsens après échange avec Raymond, évêque de Fréjus. En 1245, mort de Raimond Beranger. Mariage de sa dernière fille et héritière, Beatrix, avec Charles d’Anjou, frère du roi Saint Louis.
En 1252, première description du terroir de Modio dans « l’enquête sur les droits et revenus de Charles d’Anjou en Provence » En 1278, Guillaume de Saint Auban (famille Balb) devient seigneur en partie du Modio après échange avec Charles, comte de Provence (de la famille d’Anjou). En 1363, Foulques de Pontevès était servi par son juge, Étienne Salas, juge de Nice (1363-64). En 1385, confirmation par la reine Marie de la donation à Foulques de Pontevès du quart restant de la seigneurie du Muy. En 1393, reprise de Modio et du castrum de Malcens sur les ennemis (Raimond de Turenne?) par le sénéchal de Provence. En 1430, Monet de Rascas épouse Alayette Balb et devient ainsi co-seigneur du Muy pour trois-quarts.
En 1524, lors de la première invasion de la Provence par les troupes de l’empereur Charles Quint, Le Muy est sur le passage de ces troupes à l’aller comme au retour. En 1526, le marquis de Villeneuve, seigneur de Trans et co-seigneur de la Motte, donne la permission à Guillaume de Rascas co-seigneur du Muy de dériver les eaux de la Nartubie vers un canal pour l’arrosage des terres du Muy. En 1531, pris-faict de sept vitraux figurés pour la nouvelle église du Muy. En 1532, l’église actuelle est en construction sous le vocable de « Notre-Dame-de-la-Lause ». Elle est construite à l’extérieur des remparts. Le portal damont ou portal dhault sert de base au clocher.
Pour terminer sa construction on utilise les pierres de l’ancienne église « Notre Dame de la Lauzade située près du portal dabas ( place Gambetta ) ». En 1536, de la Provence par les troupes conduites par l’empereur Charles Quint. Lors de sa retraite, des Muyois, enfermés dans la tour, essayent de le tuer. Ils ne réussissent qu’à blesser mortellement le poète Garcilaso de la Véga En 1540, Louis de Rascas épouse Anne de Pontevès. À la mort de cette dernière, en 1570, les Rascas sont seuls seigneurs du Muy.
En 1558, quatre miracles se produisent à la chapelle Notre-Dame du Pasme (Notre-Dame de la Roquette) et sont enregistrés par le notaire. En 1565, Antoine de Loubières, seigneur de La Motte et Valbourgès vend le droit de prendre l’eau de la rivière Nartuby pour la conduire au territoire du Muy. En 1588, Jean Baptiste de Rascas, seigneur du Muy, est assassiné par les habitants. En 1592, Le Muy est assiégée, canonnée et prise, pour le compte du roi Henry IV, par le duc de Lesdiguières. L’église est en partie détruite. En 1669, Charles Emmanuel de Simiane, marquis de Pianesse, acquiert la seigneurie du Muy.
En 1689, Jean-Baptiste de Felix, seigneur de la Reynarde, nouveau seigneur du Muy. En 1707, les troupes du duc de Savoie envahissent la Provence. Au Muy, « les portes de l’église ont été rompues et brisées ». Le château est entièrement brulé (archives du service historique de l’armée de terre A1-2043 f° 105). En 1708, la commune ne peut payer les impositions du roi » a cauze du pillement et brullement qui feur fait l’année dernière ». En 1746, invasion de la Provence par les troupes austro-sardes.
Une contribution est payée par les Muyois pour les « huzards et pandoures » de sa Majesté Impériale Royale la reine de Hongrie et de Bohème. En 1793, le château seigneurial est partiellement incendié par des volontaires et des habitants du Muy. En 1851 lors du coup d’état de Louis Napoléon, des Muyois tentent d’investir la mairie. Repoussés par le maire ils se joignent aux insurgés de la colonne Duteil. Parachutage des troupes alliées, dont un Muyois Claude Jacquemet, dans le cadre de l’opération du débarquement en Provence: ANVIL/opération Dragoon. La commune est durement touchée lors des inondations dans le Var en.