Redon
Histoire de Redon
Redon est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 9 312 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Le nom de Redon est sans rapport avec celui de la tribu des Riedones qui ont laissé leur nom à Rennes. L’étymologie de Redon reste obscure et discutée (comprendre le gallo-roman ROTONDU) et qui a donné le mot français rond.
Hervé Abalain reprend une autre hypothèse formulée anciennement à partir du breton [rodo] « gué », « tire son nom de sa situation sur un gué de l’Oust » (sic). En gallo, la prononciation du nom est attestée sous la forme Er’don en 1954. En breton, le nom est attesté sous la forme Redon, depuis le jusqu’à nos jours et c’est aussi la forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne.
Ses habitants s’appellent les Redonnaises et les Redonnais. Elle est surnommée la « Petite Venise de l’Ouest ».
Le site est occupé depuis le Néolithique. On y retrouvera des pièces de monnaie antiques, des établissements gallo-romains de type villa et une voie romaine reconnue. Découvrant le confluent de la Vilaine et de l’Oust du haut d’une colline, l’archidiacre du diocèse de Vannes et ses disciples constatent tout l’intérêt du lieu: un site protégé des invasions et calme, idéal pour la méditation. Conwoïon obtient de Ratwili, seigneur du lieu, la donation d’un espace suffisant pour installer le monastère. En 832, un modeste ermitage fait de planches et de branches voit le jour. Nominoë, alors gouverneur de Bretagne, soutient cette fondation pour renforcer son pouvoir.
Entre 842 et 853, une première église en pierre est construite remplaçant ainsi la première bâtisse. Il subsiste encore aujourd’hui le cartulaire de cette abbaye qui recense 391 actes en latin. Ce document, propriété de l’archevêché de Rennes, est d’une importance majeure pour les historiens. Une population s’installe peu à peu autour des bâtiments conventuels, le territoire monastique s’agrandit et donne naissance à une paroisse. Après l’an mil, l’église devient trop petite. La construction d’un édifice plus grand est envisagée.
La ville va se développer autour de ce centre religieux jusqu’à former une petite bourgade rurale et industrielle de près de habitants dans les années 1960. Une des industries locales fut la fonderie Pierre Chevalier fondée en 1864. Au Moyen Âge, Redon va bénéficier du commerce maritime grâce à sa situation sur la Vilaine. Il subsiste aujourd’hui d’anciennes maisons d’armateurs et un bassin. Au, est entreprise la construction de l’enceinte fortifiée de la ville, sous l’égide de l’abbé Jean de Tréal. Elle comporte 3 portes, 3 poternes et 13 tours.
De ces remparts, on peut voir aujourd’hui le flanc nord du transept de l’église, la chapelle des Ducs et les remparts au-dessus du quai Saint-Jacques. Les travaux réalisés au centre-ville ont mis au jour d’autres vestiges des remparts, notamment un bastion en face de l’hôtel de ville, deux tours et un autre bastion place de la République ainsi que des éléments de remparts. Redon est l’une des de Bretagne qui envoyaient des députés au Parlement de Bretagne (États du Duché de Bretagne). Les États se réunirent d’ailleurs cinq fois à Redon. En 1449, le duc François obtint du pape Eugène IV l’érection de Redon en évêché par bulle pontificale le; Jacques d’Espinay fut nommé évêque. Le duc aimait Redon, et le fait qu’il voulait y être enterré expliquerait qu’il ait voulu récompenser l’abbaye de ses services.
Mais les protestations des évêques voisins de Rennes, Vannes et Nantes, sur les territoires desquels le nouveau diocèse devait prendre son assise, firent avorter l’initiative. La bulle de suppression fut signée le par le même souverain pontife. Pendant la minorité de la duchesse Anne de Bretagne, la cour ducale s’établit pendant quelque temps à Redon, à la fin de 1488. Le roi d’Angleterre Henri VII conclut avec la jeune duchesse – elle n’a que – le « traité de Redon » aux termes duquel il s’engage à lui apporter une aide militaire si un conflit devait l’opposer à la France. L’histoire évoluera autrement, puisque Anne épousera deux ans plus tard le roi de France, Charles VIII. Autour de l’abbaye, les activités artisanales et commerciales se sont développées.
Dès le, la Vilaine est canalisée, favorisant ainsi le développement portuaire. En effet, les navires de mer peuvent remonter jusqu’à Redon, alors avant-port de Rennes. Accostés au port de Vilaine, soumis alors à la marée, les navires peuvent décharger leurs cargaisons à terre ou bien transborder les marchandises sur des barges et bateaux fluviaux qui remontent ensuite la rivière jusqu’à Rennes. Sur le quai Duguay-Trouin, les demeures d’armateurs ou de négociants témoignent de cette activité maritime florissante. Les greniers à sel, rue du Port, la tour Richelieu , le château du Mail , tous deux situés rue du Plessis, l’hôtel Carmoy rue du Port, ainsi que le monastère des Calvairiennes (XVIIe siècle), rue Saint-Michel et les maisons à pans de bois (, ) de la Grande-Rue complètent le riche patrimoine architectural de la cité. À la Révolution française, trois couvents fonctionnaient encore à Redon: un de l’ordre de Saint-Benoît, un de celui des calvairiennes et un de celui des ursulines.
La première société populaire est fondée à Redon: elle est la seule du district, même si plusieurs habitants des communes du district se sont affiliés à titre individuel. Avec la constitution civile du clergé, les ordres religieux sont supprimés. Les moines et les moniales sont relevés de leurs vœux et peuvent quitter leurs monastères. Sur les neuf bénédictins, seuls trois choisissent de rester dans les ordres. Lorsque les sœurs sont expulsées , elles achètent des maisons et continuent majoritairement de vivre en communauté. Tous (moines et moniales, retournés à la vie civile ou non) perçoivent une pension de l’État et leurs derniers droits sont liquidés par le district le.
Les Chouans menacent Redon en: c’est le général Beysser qui écarte le danger. Plus tard dans l’année, c’est le général Hoche qui à nouveau sauve la ville du pillage. La nouvelle du 9-Thermidor et de la chute de Robespierre est accueillie avec de grandes manifestations de joie; peu après, l’ensemble des administrations sont épurées (vendémiaire an IV) et l’église de Redon est rendue au culte le 8 prairial an III. Mais la commune reste relativement favorable à la Révolution et à ses avancées, comme le montre la fréquentation des fêtes Au cours de la Chouannerie, la ville est prise par les chouans de Louis de Sol de Grisolles le 10 novembre 1799 et reprise quatre jours plus tard par les troupes républicaines du général Gency. En 1833 le conseil municipal de Redon pense ouvrir une école mutuelle.
Aussitôt le curé décide de faire venir trois Frères Lamennais qui, dès 1834, enseignent à. En lien avec la construction du canal de Nantes à Brest, le creusement du bassin à flot débute en 1836. Pendant de nombreuses décennies, il devait être le cœur même de la vie redonnaise par son activité portuaire et par le développement des industries au XIXe siècle. C’est à Redon que le canal de Nantes à Brest coupe la liaison Rance-Vilaine reliant la Manche à l’Océan Atlantique. La Jonction dans les deux cours d’eau se fait par le bassin à flot de Redon. Il fut terminé au milieu du XIXe siècle faisant de la ville le carrefour des voies navigables de l’ouest.
Très peu de temps après, Redon devient également carrefour ferroviaire. La gare fut inaugurée en 1862. Elle est située sur les lignes de Rennes à Redon et de Savenay à Landerneau. Américains de la brigade d’artillerie débarquent à Redon durant la nuit. Ils sont au total 7 000 répartis entre Avessac, Saint-Nicolas-de-Redon et Redon. Tout était planifié en (logements, répartition.).
L’armée américaine choisit Redon pour former une partie de ses troupes au maniement du canon français, On y voit notamment les canons 75 livrés devant la sous-préfecture. Lors de la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande arrive à Redon le (2.ID mot.). La façade de l’hôtel de ville, rapidement pavoisée du grand drapeau frappé de la croix gammée, fera office de Kommandantur (KK508). Sept divisions se succèdent pendant ces quatre longues années d’occupation. Le corps d’armée du général Fahrmbacher prend ses quartiers de mai à novembre 1942, à la suite de l’opération Chariot menée à Saint-Nazaire. Les derniers éléments du 265.ID du général Junck quittent Redon le à, non sans avoir détruit le train de munitions dans les marais de Saint Perreux , incendié l’entreprise Perrin, la gare de marchandises, les entrepôts de Baccarat, le relais de téléphonie longue distance et quelques ponts dont celui de la Digue.
La ville est libérée par le CCB (Combat Command B) de la division blindée de l’armée américaine, commandé par le général Drager le, avant de s’élancer vers Lorient. Au début du, l’activité industrielle soutient fortement l’économie locale. Les industries liées à la mécanique ou au textile y étaient très présentes jusqu’au début des années 1980. La ville embauche de nombreux ouvriers et employés de l’ensemble du pays de Redon, intercommunalité aujourd’hui disparue. L’usine de construction mécanique Garnier y fabrique des machines agricoles depuis la fin. Une crise économique profonde déclenche des troubles sociaux graves à la fin des années 1960 et qui se prolongèrent jusqu’au début des années 1980 se soldant par la fermeture définitive de l’usine Garnier.
Patrimoine religieux
Redon abrite six monuments historiques et une trentaine de bâtiments inventoriés (18 selon la base Mérimée, 31 selon la base Glad). Parmi les six monuments historiques, deux sont classés et quatre sont inscrits. Les deux monuments classés sont Les quatre monuments inscrits sont
Parmi les bâtiments inventoriés, on trouve notamment Près de l’actuelle sous-préfecture et du tribunal se trouvait l’église paroissiale Notre-Dame du Presle, ce nom est dû au domaine à proximité. Elle est fondée à la fin du ou début dans un style roman. Elle mesurait de large et de large mais elle était petite.
Elle est remplacée par l’école des Frères puis en 1887 par l’école publique de garçons et au début des années 1970 par la cité administrative. Dans la nuit du 17 au, un terrible incendie ravage l’ancienne église, en 1870, seule la tour-clocher est épargné, comme les ruines menaçaient de s’effondrer, la Ville fait procéder au nivellement du terrain. La « Mission patrimoine » dirigée par Stéphane Bern a octroyé en 2021 euros pour la restauration des remparts de Redon (reprise des maçonneries du rempart sud et de la courtine).