Liffré
Histoire de Liffré
Liffré est une commune d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne, peuplée de 8 507 habitants. Située au nord-est de Rennes, sur l’axe de communication ancien reliant la capitale bretonne à Fougères, la commune se développe en lisière de la grande forêt domaniale de Rennes. Le nom de la commune apparaît sous la forme Liffreyo dès le Moyen Âge et proviendrait du nom germanique Liutfred. En gallo, langue traditionnelle des habitants, la commune se nomme Lifrë. Une forme bretonne, Liverieg-Meur, fut proposée par Théophile Jeusset en 1943, avant que l’Office public de la langue bretonne ne retienne la forme Liverieg.
L’occupation gallo-romaine du territoire est attestée par la découverte, en 1998, au lieu-dit du Carrefour de Verrières en forêt de Rennes, d’un trésor de monnaies de billon attribuées aux Riedones, peuple gaulois de la région rennaise. Au Moyen Âge, les forêts de Rennes, de Liffré et de Chevré ne formaient qu’un seul massif appartenant aux ducs de Bretagne. Au XIIe siècle, le duc Conan III nomma dans chaque partie un forestier de basse extraction chargé de l’administration: Guillaume de Dézerseul reçut la charge de la forêt de Liffré. À la mort du duc, ce forestier profita de la situation pour gagner en autonomie, élevant une motte féodale et transformant ainsi sa fonction en une micro-seigneurie. Le manoir du Dézerseul fut ensuite construit à quelques centaines de mètres au nord, sur la commune actuelle de Gosné, et la motte abandonnée fut reconquise par la forêt. Le site est aujourd’hui bien conservé.
L’historien Amédée Guillotin de Corson signale l’existence de trois prieurés sur le territoire, tous fondés avant la création de la paroisse: le prieuré de Champ Fleury, dépendant de l’abbaye de Savigny, le prieuré du Feu, membre de l’abbaye Saint-Georges de Rennes, et celui de Sérigné, rattaché à l’abbaye de Saint-Sulpice-la-Forêt. Une seconde motte féodale et les vestiges d’une enceinte fortifiée subsistaient encore au XIXe siècle près de l’ancien étang de Verrières: ce site avait été une résidence des comtes de Rennes et des ducs de Bretagne, qui faisaient de la forêt de Rennes leur terrain de chasse de prédilection. La paroisse de Liffré se trouvait ainsi sur le domaine ducal.
Située sur l’axe Rennes – Fougères, Liffré connaît un développement lent mais continu. La paroisse est occupée en 1491, comme l’abbaye de Saint-Sulpice voisine, par les troupes françaises qui menacent Rennes pour contraindre la duchesse Anne au mariage avec le roi de France. La paroisse de Sérigné, fondée au Moyen Âge, est rattachée à celle de Liffré à la fin de la même période. Liffré comptait alors sept chapelles. En 1778, Jean-Baptiste Ogée consigne dans sa description de la Bretagne les caractéristiques de la paroisse.
À la Révolution, Liffré devient chef-lieu de canton et son développement s’accélère grâce à l’exploitation des forges de Sérigné, des carrières de pierre et au travail de la population ouvrière de la forêt. La population se montre favorable aux changements révolutionnaires, surtout après la Terreur. La principale fête révolutionnaire célébrée à Liffré, à partir de 1795, commémorait l’exécution de Louis XVI et s’accompagnait d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie.
La Chouannerie a marqué le territoire. Le 6 mai 1794, une troupe de 600 à 700 royalistes dirigée par Joseph de Puisaye, venant de la forêt de Paimpont, traverse la forêt de Rennes en direction de Liffré. Une colonne républicaine partie de Rennes et commandée par le général Damas tend une embuscade et inflige une défaite aux Chouans, qui auraient laissé une cinquantaine de morts et une quinzaine de prisonniers. La plupart des survivants se dispersent, gagnent la forêt de Sévailles puis rejoignent par petits groupes la forêt du Pertre. Puisaye s’échappe à cheval. La commune compte également François Le Breton, né au village de Fouillard, qui fut vicaire à Balazé entre 1784 et 1788, puis professeur de philosophie à Rennes. Refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé, il devint prêtre réfractaire et émigra en Angleterre puis à Bruxelles. Après le Concordat, il fut successivement curé de La Bouëxière, Châteaubourg, Montfort et Saint-Malo, où il mourut le 20 septembre 1837.
Lors de la Chouannerie de 1832, le 2 juin, une rumeur affirme la présence de Chouans à Liffré: un détachement de gardes nationaux part de Rennes pour les combattre, mais une estafette du maire de Liffré croisée à une lieue de la ville confirme qu’il s’agit d’une fausse alerte. En avril 1840, un incendie criminel se déclare en forêt de Rennes: un garde forestier donne l’alerte à Liffré au moment où s’achèvent les vêpres. Près de 600 travailleurs accourent, guidés par le maire et le curé, munis de branches en forme de grands balais. Lorsqu’arrivent de Rennes la compagnie de pompiers et 400 hommes munis de pelles, le feu, qui a parcouru une dizaine d’hectares d’ajoncs, de bruyères et de fourrés, est déjà maîtrisé.
Patrimoine religieux de Liffré
Sur le plan naturel, Liffré figure parmi les communes du département les plus riches en biodiversité, avec 510 taxons recensés dans ses différents biotopes, pour une moyenne communale départementale plus basse. Le territoire abrite plusieurs espèces à forte valeur patrimoniale et figurant sur la liste rouge du Massif armoricain, témoignant de la qualité écologique des milieux liés à la forêt de Rennes et aux étangs de Sérigné. Depuis les années 1980, la commune mène également une politique de commande artistique: des œuvres ponctuent le centre-ville, et la mairie organise deux fois par an des expositions consacrées à des artistes locaux ou des environs.