Pont-l'Abbé

Histoire de Pont-l’Abbé

Pont-l’Abbé est une commune du Finistère, en région Bretagne, qui compte 8 395 habitants. Dans les actes anciens, la localité apparaît sous des formes latines en 1224 et 1289, puis en français dès 1294 sous la forme Le Pont, et en 1318 sous la forme Le Pont l’Abbe, prononcée « Ponnabatte ». Le quartier en rive gauche de la rivière, trève de Combrit avant 1790, se nomme Lambour en français. Ce toponyme, attesté dès 1350, est composé de deux éléments: lam, qui désigne pour Bernard Tanguy une « lande » (du breton lann), ou pour Albert Deshayes un « lieu sacré, ermitage »; et bourg, mot d’origine germanique sous sa forme bretonne. Le sens de Lambour serait donc « la lande du bourg » ou « l’ermitage du bourg » selon les auteurs. La forme francisée Lanbourg apparaît en 1601. Le toponyme est noté sous différentes graphies en 1350, 1372 et 1426, témoignant d’une évolution graphique progressive.

La présence humaine est attestée à Pont-l’Abbé dès le paléolithique et le néolithique. À Keralio, on a retrouvé de nombreux vestiges d’un ancien village gaulois, sur un emplacement en partie occupé par l’actuel cimetière. En 1898, Paul du Chatellier découvre à Kermaria une stèle de l’âge du fer gravée de motifs géométriques, conservée et exposée au musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. En 2001, une seconde stèle de l’âge du fer, débitée et enfouie dans une fosse, est mise au jour à proximité de l’habitat gaulois de Keralio dans une parcelle nommée « Parc Menhir »; datée d’environ 400 av. J.-C., elle illustre l’abandon des petits cimetières familiaux jusque-là utilisés dans la péninsule bretonne. Une troisième stèle gauloise, cannelée et taillée dans le leucogranite local, est dressée devant l’église ruinée de Lambour. Les Romains occupent ensuite le site de Keralio, ainsi que ceux de Tréougy et de Kernuz; deux voies romaines rayonnent depuis Pont-l’Abbé, l’une vers la pointe de Penmarch en passant par Pont-l’Abbé, l’autre vers la pointe du Raz par Plonéour, Tréogat, Pouldreuzic et Plozévet.

Une tradition attribue au vieux roi Guinvarc’h, dit aussi « Marc’h » (mot breton signifiant « cheval »), un portrait sculpté sur la cheminée du manoir de Pratanroux en Penhars (manoir qui datait en réalité du XVIIIe siècle et n’en subsistait, en l’an III, plus que quelques ruines selon Jacques Cambry), le représentant couronné, barbu, et montrant ses oreilles pointues qui évoquaient celles des chevaux. Le souverain les cachait sous sa coiffure et avait fait interdire à son barbier d’en parler; mais celui-ci confia le secret à la terre, au pied d’une touffe de sureaux, et un sonneur de biniou utilisa l’année suivante l’une des tiges pour refaire l’anche de son instrument: le secret se répandit alors dans tout le pays. Furieux, le roi serait allé cacher sa honte dans l’île Chevalier, à Pont-l’Abbé, où subsistent quelques vestiges de son château.

La seigneurie de Pont-l’Abbé fut l’une des plus puissantes seigneuries de Cornouaille. Elle occupait le centre d’une châtellenie ducale qui dut être créée en même temps que le fief d’Abbas Tudi. En 1294, lors de la convocation de l’ost ducal à Ploërmel, le sire du Pont reconnut devoir deux chevaliers pour son fief de Pont-l’Abbé, ce qui faisait de celui-ci le premier de Cornouaille avec ceux de Rostrenen et de Fouesnant. Le sire du Pont fut chargé à plusieurs reprises de l’organisation de la montre générale des nobles de Cornouaille, et il lui arriva aussi de porter le diadème du duc lors du couronnement. En 1038 ou 1058 apparaît un certain Eudon, chapelain de Saint-Tudy, témoin du testament du comte de Cornouaille Alain Canhiart. Ce titre figure dans l’acte de restitution de droits d’églises où paraît le premier seigneur connu de Pont-l’Abbé, en 1223, dans le cartulaire de Quimper. Tout laisse penser qu’à ce chapelain ont succédé les Abbas Tudi mentionnés dans plusieurs actes des cartulaires de Landévennec et de Quimperlé, qui ont eux-mêmes précédé les seigneurs de Pont-l’Abbé dont le patronyme est, dès 1223, du Pont. Leurs armoiries primitives, attestées par l’armorial de Bayeux vers 1360 et par le minu de rachat de la seigneurie en 1480, étaient « d’or au lion de gueules armé, lampassé et couronné d’azur ».

Patrimoine religieux

Le territoire de Pont-l’Abbé conserve la mémoire de plusieurs édifices religieux médiévaux, notamment l’église ruinée de Lambour, devant laquelle se dresse l’une des stèles gauloises mises au jour sur la commune, et le souvenir des chapelains de Saint-Tudy, qui apparaissent dès le XIe siècle dans les sources et précèdent les seigneurs de Pont-l’Abbé dans la documentation locale. La paroisse, située au centre du Pays bigouden, est aussi marquée par la présence ancienne d’une châtellenie ducale qui en faisait l’une des seigneuries de premier rang de la Cornouaille bretonne.

Informations Clés

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Population

8.395 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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