Donges
Histoire de Donges
Donges est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 8 113 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Dongia en 1104, Dongio en 1070, Dongium au, Dongia en 1104, Dongiacum en 1115. Donges vient du latin dongio (donjon). Donges possède un nom en gallo, la langue d’oïl locale: Donje selon la graphie ABCD ou Donj selon les écritures MOGA et ELG.
La prononciation est la même en gallo et en français La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Donez, attestée depuis 1995.
Le site est occupé depuis le Paléolithique, mais il faut attendre le Néolithique pour trouver des traces d’un peuplement actif. De nombreux sites mégalithiques sont répertoriés sur le territoire de Donges: outre le menhir de la Vacherie, classé monument historique, aujourd’hui au milieu de la raffinerie, subsistent le menhir de Condé (« la dent de Gargantua »), le menhir christianisé de la Garenne (« la pierre qui sonne ») et les vestiges d’une ancienne allée couverte près de la Guesne, sur l’île de Revin. L’extraction du plomb est avérée à l’époque romaine. Des vestiges gallo-romains ont été découverts entre le Tertre et Maca, au pied de la butte de la Grée. Au, on y découvre des monnaies des empereurs gaulois Posthume et Tetricus.
Au, le territoire de Donges est ravagé par les Vikings qui s’établissent durablement dans l’estuaire de la Loire. Ces hommes du Nord sont vaincus par Alain Barbe-Torte qui devient comte de Nantes et duc de Bretagne. Donges est ensuite habitée au moins pour un temps par des populations de langue bretonne. En effet, par l’étude des noms des villages et lieux-dits, la toponymie a permis d’établir de façon assez précise la limite orientale d’expansion des parlers bretons. Cette limite a été déterminée en 1907 par l’universitaire Joseph Loth (1847-1934). La « ligne Loth » part de la Loire à l’est de Donges, pour aboutir à la Manche, à l’est de Roz-sur-Couesnon.
Outre Assac, Canzac et Patignac (la butte des Grands Moulins), noms gallo-romains terminés par le suffixe -acum maintenu et conservé grâce au parler breton, on relève dans de nombreux hameaux et lieux-dits d’autres noms clairement issus du Breton, comme Trélagot et Tréveneuc (l’appellatif toponymique préfixé Tré- signifiant en breton « trève » c’est-à-dire section de paroisse), Kerdavid (l’appellatif Ker signifie « village »), Er, Errun, Hêlé (autrefois Henlès ou Henleix qui signifierait « vieille cour » ou plutôt « vieux manoir »), Revin (de Rivin, « ruines »), Redureau (autrefois Ardureau ou Arduros, de Ardour, « tour en ruines »), Gaverly (autrefois Gavrelic, de Gawr, « chevreuil »), Maca (« champ » en ancien breton), Glazic (nom du marais situé entre Errun et le Pont-du-Gué, de glaz, « vert, couleur des plantes »), les Bossènes (Boceno rappellerait les ravages de la peste), Renrouët (métairie près des marais de Bernaceau, de Ran, « exploitation agricole », et Roue, « roi »). Au, deux tours (mottes féodales) ont été construites en bord de l’estuaire de la Loire, peut-être à l’initiative du comte de Nantes. Sur la rive sud, une première tour est construite au Migron (aujourd’hui en Frossay). Sur la rive nord, une deuxième tour est construite sur un éperon rocheux qui permet de surveiller l’estuaire jusqu’à Mindin. Ce « donjon » est à l’origine du premier bourg de Donges. Aux alentours de 1050, le vicomte de Nantes vient s’installer dans ce donjon de la rive nord de l’estuaire, qui devient le siège d’une vicomté héréditaire.
Le territoire de la vicomté de Donges englobe une quinzaine de paroisses, couvrant les marais de l’estuaire de la Loire, de Saint-Nazaire jusqu’à Cordemais et au Temple-de-Bretagne. Elle est bordée à l’ouest par le domaine ducal de Guérande et la Grande Brière Mottière, au nord par la baronnie de la Roche-Bernard et la baronnie de Pont-Château, à l’est par la baronnie de la Roche-en-Savenay et par les « Régaires » (seigneurie de l’évêque de Nantes autour de Saint-Étienne-de-Montluc), au sud par la Loire et la baronnie de Rais. Vers 1070, le vicomte Frioul de Donges demande aux moines de Marmoutier d’établir un bourg et un prieuré près de son château. Le château sera détruit au milieu du sur ordre de en représailles contre le vicomte de l’époque, Savary de Donges. Les vicomtes s’établissent ensuite au château de Lorieuc ou Lorieux, sur une petite île dans les marais de Crossac. Du 14 au la ville sera occupée par les Blancs.
De 1771 à 1825 sont entrepris des travaux d’assèchement des marais. En 1853 un décret autorise le passage du train. C’est le début de l’industrialisation. En 1917, le port de Donges est construit pour désengorger le port de Saint-Nazaire, envahi par le matériel débarqué par les Américains et les Anglais. Durant les années 1930, on y construisit des raffineries de pétrole. Le bourg a été anéanti durant les bombardements des 24 et 25 juillet 1944 et reconstruit à à l’intérieur des terres.
Seules la gare et la ligne ferroviaire Tours – Saint-Nazaire ont conservé leurs emplacements d’origine La raffinerie de Donges appartenant à Total traite actuellement de tonnes de pétrole brut par an, ce qui en fait la deuxième raffinerie de France. Elle est traversée par la ligne ferroviaire, la gare se trouvant même au milieu de l’emprise de la raffinerie. Un projet de contournement de la raffinerie par le nord sur une nouvelle section de, rapprochant ainsi la ligne du bourg et entrainant la construction d’une nouvelle gare, existe bien. Mais la mise en œuvre de cet aménagement est sans cesse repoussé pour des raisons budgétaires (investissement évalué à ), bien que l’existence des emprises ferroviaires gênent les projets d’expansion du site industriel voulu par Total. Afin de débloquer la situation, la firme pétrolière semblait être disposée au printemps 2015 à participer au financement des travaux de contournement dont le coût est estimé entre d’euros.
Un accord dans ce sens est attendu avant la fin de cette même année. Les procédures administratives et de travaux en vue de l’obtention d’une déclaration d’utilité publique pourrait intervenir en 2017. En le Groupe Total annonce un investissementde 500 millions d’euros pour la création, d’ici 2022, de deux nouvelles unités de fabrication et la déviation de la voie ferrée qui traverse le site. La société Total Raffinage France bénéficie d’une concession de stockage souterrain de propane liquéfié, dite « concession de Donges », prolongée jusqu’au par un décret.