Histoire de Lure

Lure est une commune de Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 7 918 habitants. Les premières mentions de la localité figurent dans un document relatif au concile d’Aix-la-Chapelle en 817, sous la forme Luterhaa. Le nom de la ville est également cité dans les traités de Verdun (843) et de Meerssen (870). Le toponyme est ensuite attesté sous différentes formes médiévales: Luterhaa en 959, puis successivement Luthra ou Lutra, Ludra en 1289, Ludrensem, Luder en 1374, Luthre, Liura, Lura, Liure, Luyre, et enfin Lure en 1408, nom actuel de la ville. La forme germanique Luders apparaît en 1157. L’évolution phonétique est la suivante: Lutra > Ludra > Luthra > Lu(i)ra, avec lénition de l’intervocalique [t] caractéristique de l’évolution des dialectes d’oïl. Toutefois, si les formes les plus anciennes du type Luterhaa sont justes, l’origine du nom reste obscure.

La plupart des étymologies proposées suggèrent un lien avec l’eau et la nature aquifère de la région, riche en étangs et marécages. L’explication par le latin lutra (« loutre ») avec [u] bref n’est pas retenue, ce terme ayant donné leurre (masculin) en ancien français, tandis qu’une forme secondaire lutria a donné loire. Même si l’animal est typique de la région, cette hypothèse n’est pas vérifiable phonétiquement et est douteuse sémantiquement: en toponymie, l’usage d’un nom d’animal pris absolument est rare, voire inexistant, un suffixe ou un autre appellatif étant généralement juxtaposé.

Aucune découverte archéologique préhistorique n’a été faite sur le territoire même de la commune, mais la présence d’hommes préhistoriques est attestée en Haute-Saône, notamment au Magny-Vernois, village proche de Lure, où des silex travaillés ont été déterrés dans les années 1980 par un habitant qui bêchait son potager; à la suite de cette découverte, des prospections furent menées. Des traces d’activités humaines du Magdalénien ont été mises au jour sur une terrasse de la rive gauche de la Reigne, et de nombreuses pointes à dos courbe datées de l’Épipaléolithique ont été découvertes dans le marais du lieu-dit l’Athée. À Lure même, une implantation, ne serait-ce que temporaire, est envisageable, du fait que la Reigne, qui s’écoule des étangs de la Font, et sa résurgence ne sont jamais asséchées ni gelées, et constituent donc un point d’eau permanent que les Celtes auraient fréquenté.

Après la conquête de César, le territoire de Lure fait partie de la cité des Séquanes, dont le chef-lieu était Vesontio (Besançon), ou de celle des Lingons, dont le chef-lieu était Andemantunnum (Langres); ces deux cités appartiennent à la province de Belgique, dont la capitale était Durocorturum (Reims). En 380, après la réorganisation de l’empire par Théodose, ces deux cités appartiennent à la province de Grande Séquanaise (Besançon), dans le diocèse des Gaules (Trèves). Vers 440, les Burgondes, abandonnant Worms en raison de l’invasion hunnique, sont établis comme fédérés de l’Empire dans la zone Nevers-Langres-Constance-Arles; en 476, à la fin de l’Empire romain d’Occident, leur territoire devient le royaume des Burgondes (regnum Burgundionum), origine du nom de la Bourgogne (Burgundiae). En 451, les Huns parviennent dans la région de Lure, réduisant en cendres quelques bourgs environnants, notamment Luxeuil. En dehors de cela, on sait peu de choses sur Lure aux époques gauloise et romaine.

Les premières traces antiques de la région remontent à l’époque romaine, comme en témoignent des fouilles menées aux thermes de Luxeuil-les-Bains. Un certain Perreciot, qui les a visitées en 1771, avait trouvé des tuiles romaines et quelques fragments. Il signala également quelques restes de voies romaines sur le territoire; si la voie la plus importante reliait Luxeuil à Mandeure, il aurait existé quatre voies à caractère secondaire menant à Lure en provenance de Besançon, Mandeure, Corre et Vesoul, ce qui valide l’hypothèse de l’existence d’une agglomération romaine sur le site de Lure. Cette occupation a été confirmée par des fouilles effectuées entre 1970 et 1984, qui ont mis en évidence les structures d’une importante pars rustica au lieu-dit Saint-Quentin, à la périphérie sud-ouest de la ville. À Saint-Quentin également, des morceaux de céramique ont été découverts lors des campagnes de fouilles de 1979 à 1981, derniers vestiges d’un atelier gallo-romain. Sur le site de Lure même, deux personnes dégagèrent en 1896, sous quarante centimètres de terre, une mosaïque gallo-romaine du IIe ou IIIe siècle parfaitement conservée, avec les fondations de murs formant les pièces d’un bâtiment; il fut d’abord supposé qu’elle ornait une salle de bain, le sol reposant sur des hypocaustes, et elle représentait une femme vêtue à droite et un homme nu à gauche.

Patrimoine religieux

L’urbanisme de Lure est récent: les constructions les plus anciennes ne remontent qu’au XVIIIe siècle, du fait de l’histoire mouvementée de la ville et notamment de l’incendie de 1720. Il subsiste pourtant de nombreuses spécificités dans l’architecture luronne. Les anciens bâtiments du centre-ville s’élèvent sur plusieurs étages, avec des murs en grès des Vosges sciés ou taillés selon les époques, qui leur donnent un aspect rose et nervuré; les bâtiments rénovés sont enduits, contrairement aux techniques de construction traditionnelles du nord-est de la Haute-Saône où le grès reste apparent, et arborent souvent les armoiries de Lure à leurs frontons. Les toitures à deux pans, avec ou sans biseau, sont en principe couvertes de tuiles et traversées par plus d’une cheminée. Les maisons de maître présentent souvent des couvertures d’ardoise, qui correspondent à des charpentes plus complexes avec brisis; une ample avancée d’environ un mètre y assure une meilleure conservation des murs et des fondations à l’abri des intempéries. Les arêtes des murs porteurs comportent des pierres d’angle en grès ou en roche sédimentaire. La brique rouge est aussi présente comme ornement, en remplissage des murs à colombages, en encadrement de fenêtres et dans la réalisation de voûtes. Les fenêtres sont habituellement protégées par des volets rustiques ou des persiennes; des œils-de-bœuf se trouvent sous la flèche, et les maisons anciennes se caractérisent par leur volumétrie reconnaissable, avec une base d’un ou deux étages et une avancée finissant en pointe. Dans les lieux plus éloignés du centre-ville, les fermes répondent au modèle franc-comtois, à base simple, carrée ou rectangulaire.

Informations Clés

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Population

7.918 habitants

Région

Bourgogne-Franche-Comté

Département

Haute-Saône
(70)

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