Monts
Histoire de Monts
Monts est une commune d’Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire, qui compte 7 914 habitants. Aucun toponyme communal n’évoque le souvenir d’un site préhistorique précis, mais une hache bipenne en pierre polie, datée de la charnière entre le Néolithique et l’âge du bronze, fut découverte dans une carrière au début du XXe siècle; cet outil, depuis disparu, semble provenir d’un atelier breton. La prospection aérienne et le diagnostic archéologique au sol ont mis en évidence plusieurs enclos protohistoriques, dont certains pourraient être des vestiges de fermes gauloises.
Cinq sites antiques sont attestés sur la commune: trois présentent d’importantes concentrations de céramique, et deux autres conservent des bâtiments qui formaient peut-être une villa. Un autre site, sur la rive gauche de l’Indre, occupe le plateau plutôt que la vallée, tandis qu’un dernier matérialise la limite communale entre Monts et Sorigny. Il est possible que des moulins aient été établis sur l’Indre dès l’Antiquité, ces aménagements ayant pu modifier le cours et le régime de la rivière et accroître les risques de crues.
Le creusement d’un souterrain-refuge sommairement aménagé, à la base du coteau sur la rive gauche de l’Indre (la Fresnaye), serait peut-être consécutif aux invasions barbares du Haut Moyen Âge; il constituerait alors le plus ancien vestige médiéval de la commune. Deux sites de la rive gauche de l’Indre, l’un sur la pente de la vallée, l’autre sur le coteau, remontent à l’époque carolingienne. Des sarcophages, trouvés place Jacques-Drake, au sud de l’église, mais non précisément datés, indiquent sans doute la présence d’un cimetière lié à l’édifice cultuel à la charnière du premier et du deuxième millénaire. L’existence d’une motte castrale sur le site du château de Candé, parfois évoquée, n’est attestée par aucune source documentaire ou archéologique.
Au Moyen Âge, le plateau au sud de l’Indre apparaît partiellement mis en culture, tandis que la partie septentrionale du territoire reste largement dévolue à la forêt, en particulier la partie occidentale de la forêt de Bréchenay. Une charte de l’abbaye de Saint-Julien de 1007 mentionne le don, par Hugues Ier de Châteaudun, archevêque de Tours, de la terre de Rançay à cette abbaye, en vue d’y fonder un prieuré, le seul implanté dans la paroisse; un ou deux moines y demeurèrent jusqu’en 1738, date de sa fermeture, et la chapelle du prieuré fut démolie en 1750. Pendant la guerre de Cent Ans, Monts a probablement subi les exactions de bandes armées installées alentour, comme au château de la Carte à Ballan dans le troisième quart du XIVe siècle, mais les sources manquent pour l’attester précisément.
L’installation des rois de France dans le Val de Loire, de Charles VII à François Ier, est l’occasion pour leurs proches de se constituer un patrimoine foncier dans la région: ainsi, vers la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, le fief de l’Ortière fait partie des nombreuses possessions de Jacques de Beaune, surintendant des finances de François Ier. Comme pour la guerre de Cent Ans, les sources manquent pour évaluer l’impact des guerres de Religion dans la paroisse de Monts; cet impact est peut-être limité, aucun établissement religieux d’envergure (abbaye ou prieuré important) n’y étant installé. Il est toutefois attesté que Gabriel de Lorges, comte de Montgommery et seigneur de la Fresnaye, fut capturé et torturé à mort sur ordre de Catherine de Médicis pour avoir combattu dans les rangs protestants. La famille Brodeau détint le domaine de Candé de 1564 à 1712; vers 1700, Victor Brodeau, secrétaire d’État aux finances de Charles IX, Henri III et Henri IV, envisagea de demander l’érection de Candé en paroisse, mais y renonça face à l’opposition des habitants de Monts.
Patrimoine religieux
L’église Saint-Pierre-aux-Liens date du Moyen Âge, mais il ne subsiste de cette époque que le chevet et une chapelle. Malgré d’importantes réparations effectuées au clocher en 1733, l’édifice fut jugé en mauvais état et, en 1877, la première pierre d’une nouvelle église fut posée, intégrant les parties les plus solides de l’ancienne; les plans étaient conçus par l’abbé Brisacier, architecte diocésain, et les travaux durèrent deux ans. L’élément central est un clocher monumental qui donne au sud sur la place Jacques-Drake, mais qui se révéla fragile et nécessita des réparations dès 1892, prolongées jusque dans les années 1970. Les nouveaux vitraux sortent des ateliers tourangeaux Lobin et Fournier. L’église abrite plusieurs objets protégés au titre des monuments historiques: une représentation du Christ en gloire encadré par les évangélistes, peinture sous la voûte du chœur découverte lors des travaux de 1877-1879 (classée en 1901); un tableau anonyme de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle représentant l’apôtre Pierre délivré de la prison Mamertine (inscrit en 2014); une toile de Léonce Ricau, copie au XIXe siècle d’un tableau du Dominiquin représentant sainte Cécile (inscrite en 2014); un portrait de saint Laurent réalisé par Jules-Claude Ziegler dans le deuxième quart du XIXe siècle (inscrit en 2014). Une fresque moderne représentant le Jugement dernier décore l’arc séparant la nef du chœur. La chapelle de Candé, à l’ouest du parc, fut construite par Santiago Drake del Castillo en 1854-1855, en même temps qu’une école de filles formant une aile en retour et un hospice symétrique; après que l’école servit un temps de logement au directeur de la poudrerie du Ripault, l’ensemble fut désaffecté. La chapelle funéraire de la famille Drake del Castillo abrite les sépultures de plusieurs membres de cette famille.