Gérardmer
Histoire de Gérardmer
Gérardmer est une commune de Vosges, en Grand Est, qui compte 7 833 habitants. Le toponyme est attesté sous les formes Anciennes dénominations allemandes: Gerhardsee, Gerhardmeer, Gerdsee/Gertsee, Geroldsee, See (der) signifiant « lac » en allemand moderne. Les formes anciennes antérieures à celle de 1565 montrent que le premier élément Gérard- représente en réalité le nom de personne ‘, variante populaire de ‘ ou Illeville-sur-Montfort et sa mare d’Illemare.
Les habitants de la vallée, lorsqu’ils désignent les lacs, disent bien
Jadis, certains érudits ont cru reconnaître dans Gérardmer le nom de personne Gérard qu’ils ont identifié comme étant (dit Gérard d’Alsace), relation souvent faite par les Gérômois eux-mêmes. La première mention de ce domaine habité apparait dans un document écrit officiel en 1285 du duc créant une « ville neuve » sur le territoire des « lieux-dits de Géramer et Longe-mer », sous la forme Geramer et non pas Gerarmer. Les historiens lorrains, déjà depuis la fin du, n’accordent que peu de crédit à cette interprétation. En effet, l’acte de est signé presque 240 ans après que a accédé au titre de duc de Lorraine. Ensuite, comme le montrent les formes anciennes régulièrement attestées du toponyme Gérardmer, il s’agit d’un ancien Giraumer, altéré en Girarmer (Girard forme populaire de Gérard) seulement à partir. Par ailleurs, si, en l’absence de documents écrits, certains érudits locaux ont tout de même fait écho à l’opinion commune et ont maintenu cette relation entre de Lorraine et la toponymie gérômoise. Il reste que les sources archéologiques et écrites sont nettement insuffisantes, comme le montre Christophe Masutti dans une synthèse générale. Tout au plus, et sans pouvoir l’affirmer avec certitude, la référence au patronyme Gérard pourrait relever de l’influence du patronage de saint Gérard (Gérard de Toul), étant donné le double patronage historiquement attesté de la ville à saint Gérard et saint Barthélémy (le second a prévalu dans un passé récent), c’est une « légende » qui attribuerait à Gérard d’Alsace la construction, sur le territoire de Gérardmer, d’un château, d’une tour ou bien d’un simple relais de chasse.
Or, non seulement aucune source ne peut corroborer cette interprétation mais elle proviendrait en réalité d’un article écrit par le docteur J.-B. Jacquot en 1826, la première fois où serait mentionnée dans l’historiographie locale l’existence supposée d’une construction ducale à Gérardmer. La source documentaire en serait un extrait d’une chronique manuscrite de Dom Ruinart en 1696, imprimée en 1724 (extrait reproduit, identifié et commenté par Christophe Masutti, construit par René II Duc de Lorraine en 1474, entre Docelles et Cheniménil. Enfin, plus généralement, l’altération d’un toponyme devenu opaque est souvent motivée par l’attitude qui consiste à vouloir rattacher tout ou partie du nom à un évènement ou à un personnage. Les premiers habitants qui vinrent s’installer à Gérardmer, ne vivaient que des produits de la chasse et de la pêche. Ils se fixèrent sur la rive orientale du lac, au bord de la Jamagne. Des vestiges d’anciennes constructions qui remontent à l’an 1500 l’attestent. La première mention de Gérardmer remonterait donc à 1285 dans un acte de cession de terres de, duc de Lorraine, à Conrad Wernher, sire de Hadstatt, harnaché de gueules, le chevalier tenant une oriflamme d’or; le tout posé sur un tertre de sinople, au-dessus d’un lac.
Créé en souvenir que Gérardmer fut créée par Gérard d’Alsace. Une ère nouvelle débute avec l’arrivée du chemin de fer dont le tronçon Granges Gérardmer a été terminé en juin 1878. Le tourisme s’ouvre alors notamment aux Parisiens et aux bourgeois fortunés de Lorraine. L’annexion de l’ Alsace-Lorraine par l’Allemagne résultant du traité de Francfort de 1871 provoque l’arrivée d’industriels alsaciens qui participent à l’essor de l’industrie textile. Historiquement, les premières structures en France à accueillir des touristes et à se charger de l’organisation du tourisme sont l’Union syndicale de la ville de Pau, créée en 1859, et devenue Syndicat d’initiative en 1903 et. le « Comité des promenades de la ville de Gérardmer », créé en juillet 1875, devenu office de tourisme. Le chemin de fer arrive à Gérardmer en 1878 avec la création de la gare de Gérardmer, terminus d’une ligne formant un embranchement à Laveline-devant-Bruyères sur la ligne d’Arches à Saint-Dié. S’y rajoutent bientôt deux lignes de chemin de fer secondaire
Proche de la frontière depuis l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Allemands en 1871, Gérardmer devient une ville de garnison française à partir de 1905; une caserne est construite (quartier Kléber) pour y loger le 152e régiment d’infanterie. Après la Première Guerre mondiale est créée la commune de Xonrupt-Longemer en 1919, par détachement de Gérardmer. À la fin de la guerre, en novembre 1944, la ville, comme de nombreuses localités environnantes est partie intégrante du Schutzwall West allemand qui s’appuie sur le relief du massif vosgien. La ville est dès lors la cible de tirs d’artillerie alliés et subit la politique de la terre brûlée des Allemands. Ainsi dès le soir du 2 novembre, de violents tirs sur le Bas-du-Xetté sont effectués. Trois maisons sont touchées et rendues inhabitables. Émile Duguet a été reconnu Juste parmi les nations, dirigeait le home pour enfants « La Maison Joyeuse » de Gérardmer. Il y hébergea Hélène Fuchs et sa fille Mireille, dont la famille juive a été déportée par les Nazis, Pierre Wolff et quatre membres de la famille Haenel.
Le major allemand Grauer est condamné à de travaux forcés pour sa participation à la destruction de Gérardmer en novembre 1944. En 1949, la cour d’appel de Metz renvoie devant le tribunal spécial des criminels de guerre à Paris les quatre généraux responsables de la destruction de Gérardmer: Erich Petersen, Otto Schiel, Hermann Balck et Heinrich Wiese. Hermann Balck et Heinrich Wiese sont alors en fuite, leurs jugements sont donc prévus par contumace. En janvier 1950, ces deux derniers sont détenus par les Américains qui refusent leurs extraditions. Dès le début du procès, les deux présents, Erich Petersen et Otto Schiel, nient leurs responsabilités quant à la déportation des habitants de Gérardmer. Balck est condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés, et vingt ans d’interdiction de séjour; Petersen, Schiel et Wiese sont acquittés. La majorité des bâtiments du ont ainsi été détruits. Concernant les hôtels, seul un de l’époque subsiste encore de nos jours, fondé en 1860.
La gare de style Belle Époque survit aux incendies mais est détruite dans les années 1960 pour laisser place à un bâtiment moderne, reconverti en 1988 en office du tourisme. Cette gare était desservie, jusque dans les, par des trains directs saisonniers Paris – Gérardmer. Désormais, des autocars relient la ville à Remiremont et Épinal, en correspondance avec les TER et les TGV. Un projet de réouverture de la ligne a fait l’objet d’une étude en 2008; il est notamment défendu par l’association « Train Gérardmer Vologne Vosges », mais le problème du financement reste posé.
Patrimoine religieux
Gérardmer compte deux monuments historiques