Pézenas

Histoire de Pézenas

Pézenas est une commune de l’Hérault, en région Occitanie, qui compte 7 788 habitants. La plus ancienne occupation du territoire remonte au VIe siècle avant notre ère: un important oppidum, en relation avec la cité grecque d’Arles, a été découvert au nord-ouest de la ville. Pline l’Ancien (23-79) cite l’oppidum latinum dans son Histoire naturelle pour la qualité de ses laines et les vertus blanchissantes des eaux de la Peyne. La crise de l’Empire plongea ensuite la ville dans une obscurité totale jusqu’aux temps féodaux. Le moment précis de la christianisation de Pézenas est difficile à établir: on sait seulement que la région piscénoise releva successivement des comtés d’Agde, lieu de l’évêché, puis de Béziers, Carcassonne, Albi et Nîmes. Située au centre du Bas-Languedoc, entre Béziers et Montpellier, la ville s’est imposée à la croisée des routes commerciales reliant le bassin méditerranéen à l’arrière-pays occitan.

L’église Saint-Pierre, mentionnée en 1189, prieuré de l’abbaye de la Chaise-Dieu, aujourd’hui disparue, était le centre de gravité de la cité. En 1605, ses ruines furent utilisées pour la construction de la seconde enceinte fortifiée de la ville. La date du château bâti sur la butte qui domine la ville n’est pas connue avec précision, mais sa construction date vraisemblablement du Moyen Âge classique. En 1262, la famille Salvignac, installée à Montpellier, vendit au roi Louis IX les seigneuries de Pézenas et de Tourbes pour une somme tournoise. Pézenas devint ainsi ville royale, son souverain exerçant au sein du château le droit de justice et garantissant le bon déroulement des foires. L’octroi de celles-ci, première décision de protection royale, fut à l’origine de la fortune de la cité: axées sur le commerce de la laine et du drap, elles attiraient les marchands, dont Jacques Cœur, qui créa à Pézenas un comptoir après son installation à Montpellier en 1442.

Restée fidèle au futur Charles VII pendant la guerre de Cent Ans, la ville fut épargnée et récompensée pour cette fidélité: le futur roi lui accorda le droit d’établir un grenier à sel et le privilège d’ajouter à ses armes un franc quartier d’or au dauphin d’azur. La puissance de la ville s’accrut grâce à son ouverture sur le monde marchand du Languedoc et au-delà, vers la Catalogne, la Provence, la Ligurie, la Toscane et Lyon au nord. À cette puissance économique s’ajouta une dimension politique: en 1456 se tinrent pour la première fois à Pézenas les États de Languedoc, qui garantissaient une autonomie de la province; l’importance politique de la ville se prolongea pendant plus de deux siècles. Entre 1131 et 1140, une commanderie du Temple fut implantée à Pézenas, isolée par un enclos fortifié, ses bâtiments répartis autour d’un cloître. En 1312, elle fut affectée aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem de la Langue de Provence.

Avec l’arrivée et la présence des Montmorency comme gouverneurs du Languedoc pendant un siècle, l’influence de Pézenas continua de croître. Anne de Montmorency, puissant connétable de France, fut promu gouverneur en 1526 pour avoir soutenu militairement et politiquement le roi François Ier, en particulier lors de la négociation du traité de Madrid permettant la libération du roi, fait prisonnier lors de la bataille de Pavie en 1525. Trente-sept ans plus tard, en 1563, son fils Henri Ier de Montmorency lui succéda et fit construire le château de la Grange des Prés, aux portes de Pézenas, nouveau lieu de pouvoir militaire et diplomatique, doté d’un jardin à l’italienne. Rallié à Henri de Navarre, il fut promu connétable de France après l’avènement d’Henri IV; il se retira en 1612 dans son château de la Grange des Prés et décéda deux ans plus tard à 80 ans, après être resté cinquante et un ans gouverneur du Languedoc. Son fils, Henri II de Montmorency, lui succéda: la charge de gouverneur du Languedoc lui avait été reconnue dès le jour de son baptême, donnée par Henri IV, son parrain. Le roi Louis XIII le nomma amiral à 17 ans, puis, en 1619, il devint chevalier du Saint-Esprit.

Patrimoine religieux

La ville ancienne dispose d’un secteur sauvegardé, l’un des plus anciens de France, créé par le ministère des Affaires culturelles, et qui compte plus de trente immeubles inscrits ou classés monuments historiques. En juin 2016, quelques jours avant la loi portant sur la création des sites patrimoniaux, le secteur sauvegardé a été fortement élargi. Les toits et les ferronneries présentent un intérêt particulier, et le cours Jean-Jaurès, anciennement cours Molière, restauré en 2012, longe les façades bâties sur les anciens remparts médiévaux. Au plan religieux, l’ancienne église Saint-Pierre, mentionnée dès 1189 comme prieuré de la Chaise-Dieu, reste le repère historique du tissu paroissial; ses ruines furent utilisées en 1605 pour bâtir la seconde enceinte. La présence ancienne d’une commanderie templière, fondée entre 1131 et 1140, puis transférée en 1312 aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de la Langue de Provence, et celle des Montmorency, gouverneurs du Languedoc, ont structuré durant plusieurs siècles la vie religieuse de la cité, où se développa également un riche patrimoine d’hôtels particuliers et d’édifices de culte protégés au titre des monuments historiques.

Informations Clés

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Population

7.788 habitants

Région

Occitanie

Département

Hérault
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