Hettange-Grande

Histoire d’Hettange-Grande

Hettange-Grande est une commune de la Moselle, en région Grand Est, qui compte 7 765 habitants. Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, le nom de Caranusca se perpétuerait dans celui de Garche, ancienne commune voisine, mentionnée sous la forme germanisée Garnische en 1128 et Garsche en 1560, ce qui est phonétiquement plausible. Le nom d’Hettange est attesté sous les formes Hettinga, Chettingen en 1084, Hettingen en 1135, Hetctinga en 1192, Haitanges en 1369, Haistanges en 1386, puis Hetange et Hattange, et enfin Hettange-la-Grande en 1696. Le suffixe -ange est la forme prise par le suffixe germanique -ing (« domaine ») lors de l’avancée du duché de Bar vers 1200; le premier élément est sans doute un anthroponyme, comme dans la plupart des composés en -ange, Ernest Nègre proposant Hetti. La commune se trouve dans l’aire de diffusion de la toponymie germanique en France et appartient au pays thionvillois, à la frontière luxembourgeoise.

La Lorraine appartient à la bordure orientale du Bassin parisien. Le peuplement préhistorique y débute il y a plusieurs millénaires, un peu plus tard pour Hettange-Grande, après le retrait de la mer; jusque-là, la seule présence biologique consistait en mollusques, dont les ammonites, devenues emblème de la ville, fossilisées sur des fonds de grès qui formeront plus tard les falaises du « grès d’Hettange ». Le Paléolithique, première période de la préhistoire, n’a en fait laissé que peu de vestiges, mais la découverte de galets dits « choppers » à Hettange-Grande prouve que les rives de la Kiesel étaient fréquentées dès cette époque.

L’agglomération gallo-romaine, d’une superficie notable, s’étendait sur un coteau en pente douce que traversait, dans toute sa longueur, la voie romaine reliant Metz (Divodurum) à Trèves (Augusta Treveorum). Cette voie était surtout empruntée par les voyageurs et marchands se rendant en Germanie, ce qui faisait d’Hettange-Caranusca un gîte d’étape important, et qui contribua probablement à imposer Mercure, dieu du commerce et protecteur des voyageurs, comme divinité fétiche du lieu. Les propriétés, construites en calcaire et en grès, matériaux de construction les plus courants à l’époque, étaient organisées en lots contigus de part et d’autre de la voie, séparés par des passages étroits appelés ambitus; la largeur moyenne de chaque lot était relativement constante. L’emprise de la chaussée était délimitée par une bordure et un caniveau profond de 30 cm, formé de blocs de calcaire appareillés. Hormis trois fontaines et une exploitation possible de la Kiesel, aucun aménagement permettant l’alimentation en eau n’est connu; deux puits antiques ont en revanche été fouillés, l’un au bord de la voie romaine et l’autre dans un lot privé. Malgré une reconstruction, la ville fut abandonnée au cours du IIIe siècle, lors de l’invasion de l’Empire romain par les Barbares.

Après une période de désertification, les Francs saliens occupent la région. L’habitat se déplace alors vers ce qui est appelé bien plus tard « Le Rocher », colline située tout près de la Kiesel. Après l’annexion de la Lotharingie à l’Empire en 925, Hettange et le pays thionvillois passent progressivement sous la domination du comté de Luxembourg à partir de 963. Commence alors l’époque des seigneurs d’Hettange: ce sont eux qui font construire le château sur le Rocher. La première mention d’une famille noble portant le nom de Hettingen figure dans un acte du XIIe siècle: il s’agit de Thibaldus de Hettingen, cité en 1135. Suivirent toute une série de seigneurs, parmi lesquels Thierry de Hettingen, cité en 1286, Jean de Hettingen, cité en 1401, ou encore Arnold de Hettingen, mentionné en 1405.

Le château et le village sont notamment assiégés par les Messins en 1387-1388, et, dans le même temps, les paysans se révoltent à plusieurs reprises. Après ce que l’on appellera plus tard « Le Temps des Malheurs », Hettange et le nord-ouest mosellan passent sous domination bourguignonne en 1443, aux dépens du Luxembourg, puis, en 1506, sous protectorat espagnol. La population s’élève alors à un certain nombre d’habitants. Les dissensions entre le royaume de France et le royaume d’Espagne se multiplient et le conflit semble alors imminent. Traditionnellement limitée aux dates de 1618 et 1648, la guerre de Trente Ans touche la Lorraine à partir de 1630: Hettange et le village voisin de Soetrich, déjà brûlés, connaissent une nouvelle vague de destructions. Seul vestige de ces époques troublées, la chapelle de Soetrich conserve aujourd’hui de nombreux éléments antérieurs qui survécurent à la guerre de Trente Ans. Dès 1623, les habitants d’Hettange se plaignent du passage incessant des troupes de soldats en guerre sur la grand-route du village.

Patrimoine religieux

La chapelle de Soetrich, qui a survécu en partie à la guerre de Trente Ans et conserve de nombreux éléments antérieurs, demeure le témoin religieux le plus ancien du territoire. Le château seigneurial bâti sur « Le Rocher » par les seigneurs d’Hettange marqua durablement la silhouette du village, et la dévotion à Mercure, divinité gallo-romaine du commerce et protecteur des voyageurs, fit place après la christianisation à un tissu paroissial structuré autour des hameaux d’Hettange et de Soetrich. La célèbre carrière qui a donné son nom au « grès d’Hettange » a fourni la pierre de nombreux bâtiments locaux, dont les édifices religieux, et a constitué un trait identitaire majeur de la commune jusqu’à l’époque contemporaine.

Informations Clés

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Population

7.765 habitants

Région

Grand Est

Département

Moselle
(57)

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