Langres

Histoire de Langres

Langres est une commune de Haute-Marne, en région Grand Est, qui compte 7 697 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes grecques Andomatounon (IIe siècle), latines Andemantunnum (IVe siècle), puis Lincuenenses monita, Linconas et Lingonas à l’époque mérovingienne, Linconis civitas à l’époque carolingienne, Urbs Lingonica au VIIIe siècle, et Lengres en 1255, avant d’aboutir à la forme actuelle Langres en 1401. À l’instar de la plupart des autres peuples gaulois, l’ethnonyme latin des Lingons (Lingonenses) s’est transmis dans le toponyme actuel de leur civitas en Gaule transalpine, l’ancienne Andemantunnum, composée de la particule intensive ande et du mot matu (« ours ») avec le suffixe -unnum, celui de Cernunnos; le sens pourrait être « grand oppidum des ours ». La cité fut rebaptisée Langres sous le règne d’Auguste, lors de la réorganisation de la Gaule, en empruntant le nom du peuple gaulois des Lingons dont elle était la capitale.

Après un bref déclin résultant des invasions barbares, Langres recouvre sa prospérité dès la renaissance carolingienne, en dépit des raids dévastateurs des Normands de 888 à 894. L’influence politique grandissante, malgré la réforme grégorienne, le développement économique et le rayonnement culturel de l’évêché de Langres à la faveur des renaissances médiévales successives, font de la ville une puissante cité du Moyen Âge classique, héritière de la civitas des Lingons. Bénéficiant pleinement de la renaissance du XIIe siècle, le diocèse de Langres devient un duché-pairie, ses évêques étant à la fois ducs et pairs de la couronne de France: en 1179, Hugues III de Bourgogne octroie le titre de comte de Langres à son oncle l’évêque Gauthier; Louis VII y ajoute la pairie, et Philippe Auguste accorde en 1200 le titre de duc aux évêques en confirmant cette pairie.

En qualité de troisième duc et pair ecclésiastique, l’évêque de Langres porte le sceptre royal durant le sacre du roi de France, avec préséance sur son métropolitain, le primat des Gaules. Au cours de la cérémonie, il présente aussi la couronne royale avec les onze autres grands pairs de France au-dessus du chef royal, avant que l’archevêque de Reims ne l’y dépose. À la fois grands vassaux et grands pairs de France, les ducs-évêques de Langres sont parties prenantes dans les affaires générales du royaume comme membres du parlement du roi, et nombre de grands seigneurs leur doivent l’hommage féodal. Une enluminure des Grandes Chroniques de France de Charles VII, par Jean Fouquet (1455-1460), conservée à la Bibliothèque nationale de France, représente l’ancien duc-évêque de Langres Guillaume de Joinville sacrant Louis VIII de France à la cathédrale Notre-Dame de Reims.

Langres devient à la Renaissance un important foyer artistique où s’épanouissent la littérature, la peinture et l’architecture, favorisé par la proximité de la cour et l’importance du diocèse. Plusieurs personnalités marquent la ville à la fin du XVe et au début du XVIe siècle: Jean III d’Amboise, son successeur Jean V d’Amboise et Michel Boudet. L’une des grandes figures et l’un des acteurs majeurs de la Renaissance à Langres est le cardinal de Givry. Connu pour son mécénat artistique, il commande en 1543 des tapisseries sur l’histoire de Saint-Mammès pour décorer la nef de la cathédrale de Langres; huit tentures sont ainsi réalisées en 1544-1545 d’après Jean Cousin et par les lissiers Pierre Blasse et Jacques Langlois, dont trois ont été conservées (une au Louvre et deux à la cathédrale de Langres). Le cardinal commande également un jubé « en forme d’arc triomphal », détruit ultérieurement, dont il ne reste que de rares fragments au musée d’histoire de Langres. Peu après, un autre chantier est en cours à la cathédrale, celui de la chapelle Sainte-Croix, dite chapelle d’Amoncourt, du nom de son commanditaire. Débutée en 1549 à la demande de Jean d’Amoncourt, archidiacre de Langres et grand ami du cardinal de Givry, cette chapelle est, par son décor, l’un des grands témoins de l’architecture Renaissance à Langres: l’ornementation de la voûte à caissons rappelle celle de la galerie François Ier à Fontainebleau, et le décor « en miroir » du carrelage, daté de 1551-1552, s’inspire fortement du château d’Écouen; il est réalisé en faïence émaillée probablement par un atelier rouennais (Geoffroy du Moustier) ou par Masséot Abaquesne selon la tradition, le dessin pouvant être de Jean Cousin. La Renaissance voit également se construire à Langres de beaux édifices civils qui subsistent aujourd’hui. L’imprimerie, qui s’y serait installée à la fin du XVe siècle, est surtout connue par le biais de l’imprimeur Jean Desprez (Jehan des Prey).

Patrimoine religieux

Les remparts de Langres ont été construits sur un linéaire qui couvre l’ancien tracé de la ville, avec sept tours fortifiées, six portes et la porte gallo-romaine rappelant que Langres fut, à l’époque romaine, la capitale du peuple des Lingons; les fortifications, dont une partie de type bastionné, ont été remaniées par le génie militaire. Au XIXe siècle, le système des fortifications s’étend à des forts bâtis à plusieurs kilomètres de la ville, encore visibles dans les forêts environnantes, par exemple du côté de Chauffour. Construite sur ordre de Louis XI, l’une des tours protégeait le sud-est de la ville: c’est la première tour d’artillerie permettant le tir, dotée de deux étages de casemates destinées à recevoir des couleuvrines, avec soutes à poudre et munitions, restaurée en 1842. Une autre tour, conçue pour protéger les accès ouest, est entourée de murs épais et reçoit des canons à différents niveaux; un escalier large s’amorce sur un gros pilier central cylindrique soutenant les quatre voûtes sur croisée d’ogives de la première salle. Une troisième construction, en partie comblée, ne présente plus qu’une basse salle voûtée tandis que la partie supérieure forme un logis de deux étages; sa terrasse, qui pouvait recevoir des canons protégeant la ville côté nord, fut transformée en colombier militaire après la guerre de 1870. La cathédrale Saint-Mammès et la chapelle d’Amoncourt restent les monuments majeurs du diocèse, témoins de la longue histoire de duché-pairie ecclésiastique qui a fait de Langres l’une des cités les plus puissantes du royaume médiéval.

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Population

7.697 habitants

Région

Grand Est

Département

Haute-Marne
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