Publier

Histoire de Publier

Publier est une commune de Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 7 646 habitants. La paroisse est mentionnée en 1344 sous la forme Cura de Publier. Le nom proviendrait de l’ancien français pople ou poplier, signifiant « peuplier », du latin populus; il pourrait également venir d’une maison de campagne bâtie sur des coteaux par un Romain nommé Publius. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit Peubli, selon la graphie de Conflans. Enfin, le lieu-dit de Lyaud, village distant de plusieurs kilomètres, est appelé les Moulins d’Amphion, ce qui suppose une influence passée importante de cette localité sur le territoire. Publier se situe sur la rive sud du Léman, entre Évian et Thonon, dans le Chablais savoyard.

La première occupation humaine dans les Alpes daterait du Néolithique. Aucune trace de civilisation aussi ancienne n’a été retrouvée sur la commune, mais un monolithe creusé d’une multitude de petites auges, dit « pierre à cupules », situé près du hameau de la Bennaz et nommé « pierre des gaulois », témoignerait de la présence sur le territoire des Ligures, peuple pré-celtique. Au Moyen Âge, l’abbaye cistercienne Sainte-Marie-d’Aulps possédait de nombreux biens à Publier. La grange dite des Genevrilles était située à proximité de l’actuel hameau d’Amphion; elle occupait l’est du delta de la Dranse et jouxtait le Léman, à l’emplacement de l’actuelle usine d’embouteillage des eaux d’Évian. Son nom évoque le genévrier, Juniperus communis, arbuste des terres calcaires, incultes et pierreuses.

Le comte de Savoie Amédée IV confirma aux moines d’Aulps leur droit de propriété sur ces terres en 1240, puis en 1249. Plus tard, les revenus des Genevrilles furent cédés au chanoine de Genève Hugues d’Allinges, sa vie durant. Les dépendances immobilières comprenaient un bâtiment, la grangia de Genevria, citée en 1249, à proximité duquel le moine d’Aulps Girold construisit la même année un vivier. Il subsiste aujourd’hui des Genevrilles une demeure bourgeoise appelée le Clos d’Aulps, dont l’architecture trahit une transformation importante survenue lorsque l’abbé commendataire d’Aulps Joseph-Emmanuel de Blonay en fit sa résidence.

La grange de Méserier appartenait à la même abbaye d’Aulps. Implantée dans le hameau éponyme, à l’est de la commune de Publier, à quelques kilomètres des Genevrilles, elle est mentionnée dans un grand privilège octroyé à Aulps par le pape Alexandre III en 1181. Un texte ultérieur désigne plusieurs bâtiments, au moins une « grande maison » et une sorte de grenier ou fenil distinct. Le procureur de l’abbé d’Aulps conclut un accord avec Guy Joly, seigneur de Vallon: ce dernier céda les droits qu’il possédait au Biot en échange des propriétés monastiques de Méserier et des Genevrilles, à la réserve, pour cette dernière grange, du domaine direct restant à l’abbé. Méserier fut, semble-t-il, totalement abandonné au seigneur de Vallon, et un lieu-dit l’Abbaye, près de Méserier, évoque toujours la présence des moines d’Aulps.

La station thermale d’Amphion-les-Bains a connu son heure de gloire à l’époque moderne. L’intérêt de ses eaux ferrugineuses fut découvert en 1670; dès 1685, l’observantin Bernard les recommandait pour les rétentions d’urines. En 1786, l’analyse du docteur Tingry de Genève révèle que l’élément prédominant de cette eau est le fer, et qu’elle contient une quantité notable d’acide carbonique libre, de carbonate de chaux, de soude, de magnésie, de chlorure de calcium, d’alumine et de silice. Il précise aussi que l’eau d’Amphion ne s’employait qu’en boisson et n’était pas tolérée par tous les malades, ses propriétés générales étant celles des eaux ferrugineuses fortement gazeuses. Victor-Amédée II s’y rendit trois années de suite et s’y trouva si bien qu’il en fit acheter le fonds: il ordonna à son ingénieur Garella de fermer la fontaine et d’en rendre le séjour aussi commode qu’agréable, décoré de l’inscription « Aquœ Meœ Prosunt Hominibus Infirmis Omnium Nationum », dont l’acrostiche est Amphion. La station fut fréquentée par les princes de Savoie, les rois de Piémont-Sardaigne (qui y séjournèrent au moins six fois entre 1721 et 1780), ainsi que par de grands personnages anglais ou savoyards durant tout le XVIIIe siècle. C’est pourtant pendant cette période faste qu’un événement d’apparence anodine va sceller le sort du thermalisme à Amphion.

Patrimoine religieux

Le jardin votif Anna de Noailles a été élevé par les amis de la poétesse en 1938, sous la forme d’un temple votif signé de l’architecte Emilio Terry, dans le jardin d’Amphion, celui de la villa Bassaraba où Anna de Noailles séjourna pour la dernière fois avant sa mort à Paris en 1933; il est situé en bordure du lac et ouvert au public. Ce petit temple, ou tempietto, de pierre rose à ciel ouvert est constitué de six doubles piliers disposés en cercle autour d’une colonne centrale portant une urne dorée, et réunis par un toit conique semblable à celui d’un temple de l’Amour. L’urne, qui contient le cœur de la poétesse, porte un quatrain, début de son célèbre poème Paradis à Amphion, qu’elle avait composé pour y être gravé: « Étranger qui viendras lorsque je serai morte, / Contempler mon lac genevois, / Laisse que ma ferveur, dès à présent t’exhorte, / À bien aimer ce que je vois. » Au-delà de ce monument, l’ancienne abbaye cistercienne Sainte-Marie-d’Aulps, qui possédait sur le territoire les granges des Genevrilles et de Méserier, a structuré durant tout le Moyen Âge la vie religieuse et économique de la commune; le lieu-dit l’Abbaye, près de Méserier, en conserve aujourd’hui le souvenir.

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Population

7.646 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Haute-Savoie
(74)

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