Auxonne

Histoire d’Auxonne

Auxonne est une commune de Côte-d’Or, en région Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 7 602 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Assona en 630, Aussona entre 1170 et 1174, Ausona en 1191, Ausone en 1229, puis Ausonnia, Axonia, Aussonna, Aussonia et Auzona en 1237, Auxona en 1266, Aussona en 1290, Assone en 1301, Auxonne en 1360, Auxone en 1361, Auxone oultre Soone en 1362, Aussonne en 1402 et La ville d’Axonne en 1490. L’étymologie hésite entre un hydronyme pré-celtique *as suivi du suffixe gaulois -ona, qui aurait désigné le ruisseau, le au- initial provenant de l’attraction des noms de lieux Auxon et Aussonce, et l’interprétation ad Saône, c’est-à-dire « ville sur la Saône ». La graphie actuelle est issue d’une habitude des copistes du Moyen Âge consistant à remplacer la suite de lettres us par une croix après voyelle et en fin de mot, abréviation qui ne modifiait pas la prononciation. Il en va de même pour Auxerre, dont le « x » se prononce « ss ». Dans l’usage actuel, la prononciation d’Auxonne est sujette à débat: les habitants oscillent eux-mêmes entre la prononciation traditionnelle « ss » et la prononciation « ks » fréquemment adoptée par les non-originaires de la ville et par les enfants.

Auxonne n’apparaît réellement dans l’histoire écrite qu’à la fin de l’Antiquité tardive. Le site, bien protégé par la Saône — fleuve paisible, nourricier et protecteur — et par les marécages qui occupaient autrefois le quartier des Granges, a néanmoins livré quelques traces d’occupation humaine. Les objets découverts dans les dragages de la rivière n’ont pas permis de fixer le rôle joué par le passage de la Saône aux diverses époques de la préhistoire, mais ils témoignent d’une présence humaine ancienne, depuis le Néolithique jusqu’aux périodes celtique et gallo-romaine; les quantités d’objets retrouvés attestent une bourgade à cet emplacement. L’historien local Pierre Camp a émis l’hypothèse qu’à l’époque du Bas-Empire un castrum se trouvait dans le voisinage de l’église actuelle. Le territoire appartenait alors aux Séquanes, peuple celte qui laissa son nom à la Séquanie, région bien plus étendue que la Franche-Comté actuelle, bornée par le Rhin, le Rhône, la Saône et les monts du Jura. La Séquanie devint, après la conquête de la Gaule par César, une province romaine appelée Provincia Maxima Sequanorum. À la limite occidentale de la Séquanie, la Saône formait une frontière naturelle séparant les Séquanes des Éduens et des Lingons. Avant l’arrivée du peuple burgonde dans la seconde moitié du Ve siècle, à la fin du IIIe siècle sous Constance Chlore, la région littorale, de Chalon-sur-Saône jusqu’au-delà de Gray, fut repeuplée par des colons germaniques: la rive droite par des Attuariens et la rive gauche par des Chamaves ou Amaves. Ces derniers donnèrent leur nom au pagus Amavorum, pagus Amaous ou pagus Amous, territoire dans lequel se développa par la suite la bourgade auxonnaise et dont le hameau de Saint-Vivant en Amaous garde le souvenir. Ce pagus Amaous apparaît nommé pour la première fois en 721, mais son existence est certainement plus ancienne. Après la période romaine, les terres de la Séquanie, dont le pagus Amaous, furent incluses dans le royaume burgonde de 444 à 534, puis dans la Bourgogne mérovingienne de 534 à 751 et enfin dans l’empire carolingien.

C’est à l’époque mérovingienne que certains historiens ont vu pour la première fois la mention du nom d’Auxonne dans les textes. La Chronique ecclésiastique de l’abbaye de Bèze, écrite par un moine de cette abbaye nommé Jean, fait mention d’une villa nommée en latin Assona. Selon la chronique, ce lieu fit l’objet en 630 d’une donation par Amalgaire, duc mérovingien à l’époque de Dagobert, à l’obscur monastère de Dornatiacum — disparu dès 658 — pour sa fille Adalsinda. L’abbé Bougaud, ainsi que Joseph Garnier et Alphonse Roserot, ont identifié cette villa Assona à Auxonne. Cette identification est néanmoins contestée par les historiens locaux Lucien Millot et Pierre Camp. Lucien Millot fait observer que les événements mentionnés dans cette chronique, écrite entre les Xe et XIe siècles, sont rapportés quatre siècles après les faits, distance historique qui invite à la prudence. Pierre Camp note qu’un inventaire ultérieur à cette donation, dressé à l’initiative de l’abbé Waldalenus et approuvé par un diplôme royal de Clotaire III daté de 664, ne mentionne pas le transfert de propriété et passe sous silence les noms d’Assona et des villages compris dans la donation de Brégille. Les deux historiens en concluent que la Chronique de Bèze ne fournit aucune indication permettant d’attester l’existence d’une villa Assona identifiable comme Auxonne.

Patrimoine religieux

L’église Notre-Dame d’Auxonne fut édifiée tout au long du XIIIe siècle, avec d’abord la nef vers 1200, puis le chœur, l’abside et les absidioles entre 1200 et 1250. Les portes datent du début du XIVe siècle, et les chapelles latérales s’ajoutèrent par la suite. Des indulgences accordées en 1428 permirent d’importants travaux de consolidation et l’achèvement des dernières chapelles latérales. Sous l’Ancien Régime, l’édifice était desservi par une « familiarité », communauté de prêtres locaux propre au centre-sud de la France, qui assurait collectivement le service paroissial. En 1516, sous la direction de maître Loys, architecte de l’église Saint-Michel de Dijon, débuta la construction du portail surmonté de deux tours d’inégale hauteur, le principal maître d’œuvre étant Antoine de Rupt, lui aussi formé à Dijon. En 1527, le Jacquemart, aujourd’hui disparu, fut installé dans sa tour, marquant l’achèvement du chantier. D’importantes réparations eurent lieu à la veille de la Révolution. Pendant la période révolutionnaire, le mobilier de l’église fut retiré et plusieurs statues détruites. En 1858, une campagne de réfection fut organisée par la municipalité et exécutée par Phal Blando, architecte de la ville, comprenant deux portails latéraux et la mise en place du clocher pyramidal et octogonal légèrement vrillé, dit clocher tors, dont la flèche d’ardoise dépasse en hauteur celle qui l’avait précédé. À l’extérieur figurent des gargouilles et des statues, notamment celles des prophètes; à l’intérieur, plusieurs éléments mobiliers méritent d’être signalés. Le barrage à aiguilles sur la petite Saône, construit en 1840, fonctionna durant 170 ans avant d’être remplacé par un barrage moderne gonflable à volets mécaniques.

Informations Clés

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Population

7.602 habitants

Région

Bourgogne-Franche-Comté

Département

Côte-d'Or
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