Ugine
Histoire d’Ugine
Ugine est une commune de Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 7 148 habitants. Le toponyme pourrait être une variante du mot « augine », lui-même dérivant de « Auge » avec le suffixe diminutif -ine, qui désigne ainsi un « canal ou bief aménagé pour amener de l’eau à un artifice (fontaine ou bassin) ». Cette approche reprend l’analyse du père Léon Buffet, auteur de la première monographie d’Ugine, qui y voyait le mot bas latin et de son diminutif. La cité ou la paroisse sont mentionnées dès le début du avec une (1038, selon Besson), puis plus tardivement (1216), (1255), (vers 1344), (1392) ou encore Eugine Heugine par la suite.
Puis on trouve Ugines jusqu’en 1952. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit Uzna (graphie de Conflans) ou Ugena (ORB). Composé de l’hydronyme du torrent de Chaise, du mot latin qui désigne un lieu habité.
Il est mentionné en 1375 sous la forme, puis Chèze en 1807. L’église, est mentionnée dans le Régeste genevois , en 1245.
Au centre la voie passant en Tarentaise par les cités: (Aime) X. (Conflans, Albertville) XVI (Saint-Jean-de-la-Porte). Sur cette période, comme le souligne l’auteur de l’Histoire des communes savoyardes les sources et traces sont rares. Aucun vicus n’a été localisé à ce jour. De ces quatre châteaux, l’un dit château princier, au couchant de la ville, fit en 1285, l’objet d’une attaque d’Humbert de La Tour du Pin, dauphin de Viennois, qui ne laissa qu’un monceau de décombres. Ultérieurement redressé, le château fut à nouveau attaqué en 1335 par Hughes de Faucigny.
Il n’en subsiste plus désormais que des ruines sous la dénomination de « tour sarrasine ». Au cours des hostilités entre les dynasties de Savoie et du Dauphiné, Ugine, en tant que ville frontière, a joué un rôle prépondérant de défense, de 1285 à 1355. Le comte de Genève ayant pris le parti du dauphin, provoqua l’incendie d’Ugine en 1307 et ravagea la campagne environnante. La paix de Villard-Benoit conclue en 1314 apporta un répit provisoire. Mais en 1325, les gens du comte de Genève incendièrent Marlens. En 1355, le conflit va enfin s’estomper, grâce à un échange: la Savoie acquiert le Faucigny et cède le Viennois, conformément au traité de Paris (1355) du 5 janvier 1355.
Ugine n’est donc plus une ville frontière et va pouvoir s’installer dans la paix. En 1401, Ugine appartient toujours au comté de Savoie. Toutefois, il est à noter un événement qui va influencer ultérieurement le sort des Uginois: le 5 août 1401, le comte Amédée VIII de Savoie vient d’acheter pour la somme de francs-or le comté de Genevois, voisin de frontière d’Ugine, à la suite de l’extinction de la dynastie des comtes de Genevois. Les comtés de Savoie (capitale Chambéry), et de Genevois (ancienne capitale Annecy) vont fusionner provisoirement en tant que comté de Savoie. Ce territoire nouveau est érigé en duché de Savoie (capitale Chambéry) plus tard, le 19 février 1416. La conséquence directe pour les Savoisiens est que, désormais, ils bénéficieront de l’unité savoisienne pour exercer leurs différentes fonctions sur l’ensemble de cette entité, et notamment à Chambéry ou à Annecy.
En 1440, le duc Amédée VIII de Savoie donne la province de Genevois en apanage à son second fils, Philippe de Savoie (1422-1444) qu’il nomme comte de Genevois. Ugine reste attaché au duché de Savoie. En 1444, à la mort du comte Philippe de Genevois, l’apanage retourne dans le giron du duché de Savoie jusqu’en 1460. En 1460, le duc Louis de Savoie (1413-1465), successeur de son père Amédée VIII, donne le Genevois en apanage à son fils, Janus de Savoie (1440-1491) qu’il nomme comte de Genève. Ugine reste toujours attaché au duché de Savoie. En 1491, à la mort du comte Janus de Genève, le Genevois retourne à nouveau dans le giron du duché de Savoie.
Ugine est toujours attaché au duché de Savoie. La paroisse d’Héry-sur-Ugine appartenait au à l’abbaye de Saint-Michel-de-la-Cluse, dans le Piémont. Après le, les Allemands envahissent la zone libre. Un détachement de l’armée allemande s’installe au vieux phalanstère de l’usine, puis à l’école de Montroux. Jules Bianco est élu pour assumer la présidence du mouvement Uginois de Libération et va immédiatement engager les actions de résistance dans la région uginoise. La première activité consiste à entraver la production des aciéries pour freiner leur participation à l’effort de guerre allemand: la liste des sabotages effectués à l’explosif, sous l’autorité directe de MM.
Buchet et Jabouille, à l’intérieur comme à l’extérieur des usines, est impressionnante. Ces actions aboutirent le à la paralysie totale des installations, malgré l’intervention des troupes allemandes, grâce à la complicité du personnel de l’usine et de la population. Sont fusillés par la SS Polizei Regiment 19, en représailles de l’explosion d’une mine. Les nazis détruisent aussi trois immeubles. Les forces des FFI d’Ugine coordonnées au bataillon du capitaine Bulle harcèlent les troupes allemandes et parviennent à libérer Ugine le. Ugine a payé sa lourde contribution à la libération nationale: soixante deux Uginois furent fusillés, tués au combat ou morts en déportation.
Leur souvenir est évoqué chaque année le au monument aux morts de la municipalité, devant la population uginoise qui n’oublie pas. Les services exceptionnels d’Ugine lui furent reconnus par l’attribution de la croix de guerre 1939-1945, le. Ce nouvel ensemble se place au premier rang des groupes industriels français; c’est le premier groupe européen d’aluminium et le cinquième dans le monde; il occupe également la première place en Europe pour la transformation de l’aluminium et du cuivre et pour la production d’aciers inoxydables. En 1982, c’est dans le contexte des nationalisations, qu’Ugine-Aciers intègre le groupe Sacilor, puis en 1986, Usinor Sacilor et prend le nom d’Ugine-Savoie. En 1971, Héry-sur-Ugine est réunie à la commune d’Ugine. L’usine dUgine, Ugitech, producteur et leader mondial de produits longs en acier inoxydable, fait désormais partie, après Usinor et Arcelor, du groupe allemand Schmolz-Bickenbach, renommé en 2020 Swiss Steel, et emploie salariés dont sur le site d’Ugine.
Areva-Cezus, premier producteur mondial de zirconium du groupe Areva emploie 350 salariés. Timet, premier producteur de titane du groupe Titanium Metal Corporation emploie une centaine de salariés.