Guingamp
Histoire de Guingamp
Guingamp est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 7 105 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Wingamp, Guencamp en 1123, Guengamp en 1145, Wengampus en 1151, Wengamp, Guengampus en 1165 et en 1169, Wingamp en 1165 et en 1171, Guengampus, Guingampus en 1235, sans doute issu de gwenn « blanc » ou « béni » au sens figuré, et kamp (latin campus) « champ ». Le sens étymologique serait donc « champ blanc », peut-être « champ ou domaine laissé en friche ». Ce nom est attesté à l’oral et à l’écrit dans quatre communes des Côtes-d’Armor et du Morbihan.
La ville est toute proche de la voie romaine allant à Vorgium, passant notamment à Saint-Adrien et Plésidy. Le Penthièvre fut un temps réduit à un petit comté dit « de Guingamp ». Les fouilles menées par Laurent Beuchet dans le château de Guingamp ont mis en évidence les trois châteaux construits successivement sur le même site. Un premier château, construit vers 1030 sur une motte féodale circulaire, était entouré d’un fossé d’une profondeur de creusé dans le rocher. Les bâtiments étaient en bois, de même que la tour-porte rectangulaire reposant sur six poteaux qui en défendait l’entrée.
Un second château, construit en pierre, est édifié. Son mur d’enceinte est polygonal; les angles en sont renforcés de contreforts, selon un modèle alors très courant dans les domaines des Plantagenêt. Un troisième château est construit au milieu du, de plan carré avec d’imposantes tours circulaires aux quatre angles, adaptées à l’artillerie de l’époque. Ce troisième château est resté inachevé: les tensions existant alors entre le duché de Bretagne et le royaume de France obligent le duc François II de Bretagne à privilégier les châteaux situés à l’est aux marges de son duché, comme Dinan, Fougères ou Nantes. Guingamp est citée pour avoir participé à la Révolte des Bonnets rouges ou Révolte du papier timbré survenue en 1675. Trois émeutiers y furent pendus.
Les Sœurs Augustines de la miséricorde de Jésus arrivent à Guingamp en 1676, s’installant dans un monastère (actuel hôtel de ville); elles prodiguèrent des soins hospitaliers jusqu’en 1944; les 7 dernières religieuses de la communauté, âgées en moyenne de 90 ans, quittent Guingamp en 2020. La ville de Guingamp prit activement part à la Révolution de 1789. Fin 1792, Pierre Boullon, notable, révolutionnaire montagnard, fut élu maire, en remplacement de Pierre Guyomar parti siéger à la Convention. À partir de, deux comités de surveillance se mettent en place en ville. Le fait que deux comités soient mis en place dans une ville aussi modeste atteste d’une opinion très favorable au pouvoir Jacobin et à la nouvelle République, mise en place en. Guingamp, est également chef-lieu de district depuis 1790.
Présidé par Vistorte, ce district comportait 38 communes autour de la ville. Dans chacune fut mis en place un comité de surveillance, mais les archives départementales conservent les documents d’une vingtaine seulement. Les personnages principaux de l’époque de la « Terreur » furent des modérés tels que Charles Hello, Yves-Marie Salpin avocat, membre du district et du comité dit « De la Délivrance », ainsi qu’un « Enragé », Olivier Rupérou. L’historien Hervé le Goff détaille ces faits avec précision dans son ouvrage « Les riches heures de Guingamp, des origines à nos jours ». Les archives sont consultables aux Archives Départementales de Saint-Brieuc, dans la section 100L. À Guingamp, sous la Révolution, aucune exécution n’est à noter.
Par contre, les récoltes sont catastrophiques et l’approvisionnement des marchés s’avère souvent maigre. Pas de guillotine, et aucune chouannerie. En revanche, les Guingampais participent activement aux guerres de Vendée, du côté républicain. Quelques troubles éclatent également en 1794, avec la menace de chouans venus de l’est du département. Guingamp était alors une ville de garnison (le d’infanterie y était basé). Ce régiment participa notamment à la bataille d’Arsimont (Belgique) le, bataille au cours de laquelle son colonel (Louis de Flotte) fut tué.
Le d’infanterie, basé à Guingamp, a compté morts bretons pendant la Première Guerre mondiale; son régiment de réserve, le d’infanterie, en a compté. 387 soldats originaires de Guingamp sont Morts pour la France. 16 ont été distingués de la Légion d’Honneur. Pour avoir hébergé et caché des aviateurs anglais, Georges Le Bonnie, de Lanvollon, fut arrêté le à Guingamp; il fut décapité à Cologne le. Né à Guingamp en 1923, Jean Tallec rejoint le maquis de Pont-Melvez au début de l’année 1944. Alors que son groupe venait d’exécuter des sabotages sur les lignes téléphoniques, il fut arrêté sur dénonciation, en même temps que ses camarades, le.
Incarcéré à la maison d’arrêt de Guingamp, il eut à subir d’horribles tortures. Jugé et condamné à la peine de mort pour attentats et attaques à main armée contre l’occupant, il fut fusillé le au camp de Servel. Membre du maquis de Pont-Melvez, René Forestier né à Guingamp, fut arrêté le sur dénonciation, en même temps que quatre autres résistants. Accusés de sabotage de lignes téléphoniques, ils furent torturés pendant plusieurs jours. René Forestier fut amputé d’une jambe la veille de son exécution. Georges Herviou, né à Guingamp en 1925, rejoint le maquis de Pont-Melvez au début de 1944.
Alors que son groupe venait d’exécuter des sabotages sur les lignes téléphoniques, il fut arrêté, en même temps que ses camarades, sur dénonciation le. Incarcéré à la maison d’arrêt de Guingamp, il subit d’affreuses tortures. Jugé et condamné à la peine de mort pour attentats et attaques à main armée contre l’occupant, il fut fusillé le au camp de Servel. Un groupe de 18 résistants, lesquels tenaient une réunion dans la sacristie de l’église de Guingamp, fut arrêté par les Allemands, emprisonnés à Saint-Brieuc et, après avoir été torturés, 17 d’entre eux furent tués et leurs corps jetés pêle-mêle dans une fosse commune dans le bois de Malaunay en Ploumagoar le. Guingamp est libérée le par les maquisards de Plésidy-Saint-Connan. 97 soldats guingampais sont morts pour la France.
Le monument aux Morts porte les noms de 501 soldats morts pour la Patrie