Veigné
Histoire de Veigné
Située dans le département d’Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire, Veigné compte 6 568 habitants. Les connaissances sur l’occupation du site de Veigné par l’Homme avant le Moyen Âge reposent sur un ensemble de vestiges archéologiques diffus. Le Paléolithique est représenté par des silex moustériens et un biface acheuléen, principalement récoltés en surface sur les terrasses alluvionnaires, ainsi que par des outils solutréens et magdaléniens. Des haches polies et un polissoir attestent de la présence humaine au Néolithique; de la même période datait un menhir de plusieurs mètres de haut, détruit lors de la construction de la voie ferrée de Joué-lès-Tours à Loches. Deux enceintes, probablement protohistoriques, sont signalées sur le territoire, et un établissement rural de La Tène finale a été mis au jour en 2004 au sud de l’agglomération. Des accumulations de tessons de poteries à la Belle Jonchère marquent la période antique. Plusieurs évocations toponymiques peuvent renvoyer à la même période — Couzières (domaine de Cocer) et Thorigny (domaine de Taurinius) —, et plusieurs voies anciennes sillonnent le territoire: chemin de Tours à Sorigny (chemin blanc), de Veigné à Bléré (chemin des Bœufs) et chemin de Varidaine d’ouest en est.
Le toponyme Vaugourdon pourrait être lié à la domination des Wisigoths sur la Touraine, mais cette origine ne fait pas l’unanimité. L’histoire médiévale de Veigné, attestée par les sources écrites, commence en 843: les chanoines de la basilique Saint-Martin de Tours donnent à l’abbaye Saint-Paul de Cormery, fondée une cinquantaine d’années plus tôt, la villa de Veigné. En 1123, l’existence d’un prieuré dédié à saint Maixent est attestée dans le bourg. Un autre prieuré, situé au nord du territoire paroissial et voué à sainte Apolline, n’a qu’une brève existence et sa chapelle est ruinée. L’église est mentionnée en 1139; elle a sous sa dépendance une chapelle à Montbazon. En 1180, une décision pontificale confirme la possession du prieuré et du bourg de Veigné par les moines de Cormery. Il est probable que l’église et le prieuré Saint-Maixent aient été inclus dans l’aire d’un enclos matérialisé par une palissade ou un fossé, dont le parcellaire du cadastre napoléonien porte encore la trace dans sa partie nord-ouest.
Les troupes du Prince Noir, venant de Bléré par le chemin aux Bœufs, traversent Veigné pour rejoindre la Guyenne, mais leur passage a peu d’impact sur la vie de la paroisse: c’est au-delà de l’Indre que leurs méfaits se font ressentir. Si le rôle historique de Veigné au Moyen Âge demeure réduit, le territoire attire toutefois de nombreux nobles qui y font construire des châteaux, lesquels seront fortement remaniés par la suite. La paroisse n’est pas particulièrement marquée par les guerres de Religion: elle n’est pas un fief protestant et n’accueille ni couvent, ni prieuré important, ni monastère pouvant être pris pour cible. Vers 1550, un ordre de l’officialité de Tours crée la paroisse de Montbazon; pour lui assurer des revenus, onze fermes représentant une surface significative sont soustraites du territoire de Veigné pour constituer la dîme de la nouvelle paroisse.
Le 5 septembre 1619, grâce à la médiation du futur cardinal de Richelieu et du duc de Luynes, Marie de Médicis et son fils Louis XIII se rencontrent au château de Couzières, en Veigné, pour tenter de se réconcilier. Ils y séjournent quelques jours, mais cette entrevue n’aura pas de résultats durables. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués par plusieurs crues majeures de l’Indre — en 1615, 1624 et 1741 — qui emportent de nombreux ponts sur la rivière. Le pont de Veigné, dont le tablier est plus haut, résiste à chaque fois; il est cependant emporté par la crue de 1770, la plus forte jamais enregistrée jusqu’alors et d’une ampleur inégalée depuis pour cette rivière. Cette crue ne fait toutefois aucune victime dans la paroisse, les habitants des secteurs menacés ayant pu se mettre en lieu sûr à temps.
Patrimoine religieux
L’église Saint-Maixent, dont la construction remonte initialement au Moyen Âge, est presque entièrement reconstruite en 1873. De l’édifice originel subsistent la base des murs du chœur et le clocher en forme de mitre, disposition retenue à plusieurs reprises pour des églises de la vallée de l’Indre. Ce dernier élément est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1961. La chapelle Saint-Laurent de Veigné, encore appelée « chapelle Saint-Laurent-des-Bois », isolée au milieu des bois en limite de Chambray-lès-Tours, est un édifice de la fin du Moyen Âge dépendant alors de l’abbaye Notre-Dame de Beaumont-lès-Tours. Largement reconstruite par la suite et plusieurs fois remaniée, sa nef romane abrite une fresque très dégradée représentant le Christ en gloire. La chapelle est inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 1973. Le château de Couzières, situé au flanc du coteau de la rive droite de l’Indre, est une reconstruction d’un édifice antérieur dont subsistent les deux tours d’angle du logis principal; le propriétaire en était alors Hercule de Rohan-Montbazon, grâce à son union avec Marie de Lenoncourt, héritière du château. Plusieurs éléments du logis principal, de ses dépendances et de l’aménagement de son parc sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques depuis 1950. Le manoir de la Belle Jonchère, au sud de la commune, bâti au sommet du vallon du ruisseau de Taffonneau, et le manoir de Beaupré, pourvu d’un comble à la Mansart et agrandi par l’adjonction de deux ailes, complètent ce patrimoine architectural.