Mornant
Histoire de Mornant
Mornant est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 6 274 habitants. L’étymologie par le participe présent du verbe francoprovençal mòréné « barrer au moyen de murs de pierres », d’origine préceltique, a été proposée par E. Nègre, qui fait de Mornant l’équivalent de « (mur) barrant ». Une autre hypothèse, basée sur les formes anciennes Mornancus en 900 puis Mornantus, est celle d’un nom formé sur le latin maurus, « sombre », et nanto, « vallée où coule une rivière ».
Comme en témoignent certains vestiges, la région de Mornant devait être habitée dès l’époque gauloise et même, peut être, avant puisqu’il faut signaler un ensemble mégalithique situé au milieu d’un champ au hameau de Luet (l’ensemble pourrait remonter à – 3000, mais certains spécialistes doutent du fait qu’il s’agisse d’un dolmen). En revanche, on reste confondu devant le gigantisme des travaux nécessités pour la construction de l’aqueduc du Gier. Construit pendant le règne d’Hadrien (début du après J.-C.), il amenait l’eau du massif du Pilat jusqu’à Fourvière. Il traversait le territoire de Mornant entre les communes de Saint-Maurice-sur-Dargoire et Saint-Laurent-d’Agny sur une longueur de 6,4 kilomètres. C’était dans sa majeure partie un canal à fleur de terre avec franchissement des vallées par cinq ponts. On peut encore aujourd’hui voir les vestiges de trois d’entre eux. Celui sur le Mornantet, le plus important, a fait l’objet d’une mise en valeur; c’est aussi le seul qui soit protégé au titre des Monuments Historiques. Les deux autres permettaient le franchissement du Corsenat et de la Condamine.
Le nom des Arches perpétue le souvenir du pont le plus à l’aval. Mais l’aqueduc aurait dû faire un large crochet de par le sud-est pour contourner la hauteur du Peu. Ses constructeurs ont préféré franchir l’obstacle en ligne droite par un tunnel de 825 mètres de long creusé jusqu’à 20 mètres de profondeur. Pour sa réalisation ils ont creusé des puits à intervalles réguliers de par lesquels ils évacuaient la terre et qui servaient par la suite au contrôle et à l’entretien de l’ouvrage. Le nom de Mornant figure pour la première fois dans le cartulaire (recueil de chartes) de l’abbaye de Savigny en 908. Le mot, d’origine celtique, est composé d’une double racine: mor (hauteur) et nantos (rivière). Cette étymologie trouve sa justification dans l’existence, à un peu moins d’un kilomètre de distance, de deux pointements. Le bourg actuel, à l’ouest, à l’altitude de 370 mètres est en limite du plateau au-dessus de la vallée du Mordancet.
À moins d’un kilomètre plus à l’est se détache de la masse du plateau une butte à l’altitude de 383 mètres. Elle est en position dominante de 70 à 80 mètres en direction de l’est et offre aussi des vues dégagées vers le nord et vers le sud. Il est désormais possible de définir, non plus la situation de la commune par rapport à l’ensemble du plateau, mais le site défensif choisi pour son centre. De fait, une abbaye, dédiée à Saint-Jean-Baptiste existait encore au au lieudit de Montclare, un peu en contrebas de la cote 383. Ses bâtiments auraient été assez importants pour abriter une quinzaine de personnes. Elle aurait été détruite à la fin de ce même lors de combats opposant des candidats au titre impérial et ses ruines auraient été réemployées pour la fortification du bourg autour de l’actuelle église. Les destins opposés des deux buttes auraient été fixés précocement. Le secteur de l’ancienne abbaye est devenu un lieu d’échanges sur un espace assez vaste qui laisse supposer l’importance commerciale du Mornant d’autrefois.
Le souvenir nous en est conservé par la toponymie: le lieudit Marchay n’est qu’une corruption de l’appellation primitive qui était encore écrite Marché dans les registres paroissiaux. Mais le cœur religieux de Mornant battrait désormais là où avait construit la première église à la naissance de la paroisse dès l’an 800, détruite au milieu du, reconstruite vers l’an 910 sous les vocables Pierre et Paul. Elle devait être promue prieuré en passant sous la dépendance de l’abbaye de Savigny qui en resterait propriétaire jusqu’au. Le lieu sacré méritait d’être protégé. Son enceinte fortifiée remonterait-elle aux alentours de l’an 900 également? Sa forme ovale d’environ 270 m sur un axe nord-ouest-sud-est se devine encore dans le tracé des rues et dans le nom de deux d’entre elles: rue des Petits Terreaux et rue des Fossés. On y pénétrait par les portes du nord, du midi et de l’est. A l’intérieur se dressait l’église primitive orientée et le château, modeste bâtisse, qui la joignait au nord-ouest.
Quelques vestiges de ce mur parlent encore à notre imagination dont un pan construit en mœllons mais surtout la Tour de du vingtain, donjon carré de 18,20 mètres de hauteur construit en bel appareil renforcé par des chaînes d’angle et percé sur chaque face de trois niveaux d’archères. Aucun événement marquant n’est venu affecter la vie de la population mornantaise pendant la longue période qui s’écoule du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Sauf à évoquer sa participation à la bataille de Brignais en 1363, en pleine Guerre de Cent Ans. Après la paix de Brétigny (1360), les mercenaires, provisoirement sans emploi, s’organisent en compagnies pour se livrer au pillage. Celle des Tard-venus, sous la conduite de Seguin de Badefol, exerce son contrôle sur la région lyonnaise. Elle se heurte à la résistance d’une armée réunissant tous les grands seigneurs de la contrée grossie de contingents royaux accourus en défense de la ville. Selon la tradition, la milice de Mornant se mobilisa contre les agresseurs en déployant son drapeau et fifres en fête. Fiers de cette attitude pleine de panache, les Mornantais ont décidé de la pérenniser en inscrivant dans leur blason deux fifres d’or en sautoir et en baptisant Fifreloups une garderie pour enfants.
Pour méritoire qu’elle ait été, cette intervention fut impuissante à sauver la ville de Lyon qui ne dut son salut qu’au versement d’une forte rançon empruntée à de riches citoyens. Les défrichements du Moyen Âge ont concerné l’ensemble du territoire communal. Le peuplement s’est opéré sous la forme de hameaux, chaque paysan vivant ainsi au milieu de ses terres. Le pré-inventaire en énumère 44. La nature des sols poreux développés sur le socle cristallin rendait difficile un approvisionnement en eau régulier. Un puits était creusé à l’usage de la collectivité. Ainsi, la population du bourg groupée autour de l’église et du château ne représentait qu’une très faible minorité. Sur la carte d’état-major en début de, le seul développement notoire hors de ce noyau urbain correspond, au sud, à la rue bourgchanain, « au pied de laquelle des relais de chevaux permettaient de prêter renfort aux attelages pour gravir cette rude côte jusqu’au bourg ».
Le travail de la terre visait à assurer l’autonomie alimentaire de la paysannerie. Le pain de seigle était la base de l’alimentation. Par la suite s’y est ajoutée la pomme de terre. La châtaigne venait en renfort de ce régime ainsi que les légumes du jardin comme les courges et les raves. L’huile était produite à partir du colza. On tirait de l’élevage un peu de lait et de fromage et on engraissait un porc. Une particularité cependant distingue la commune: l’exceptionnel développement du vignoble. La culture de la vigne remonte à une longue tradition si l’on en juge par les donations faites au Moyen Âge à l’abbaye de Savigny er à l’église de Mornant: elle est présente quarante-trois fois sur une liste de soixante-six.
Cette autonomie alimentaire impliquait évidemment un équipement en moulins pour obtenir de la farine. Le pré-inventaire en décrit trois. Mais on en localisait encore 8 au début du, tous sur le Mornantet. Les négociants livraient des épices, du vinaigre, des rôtis. Cette autarcie portait aussi sur le domaine vestimentaire car on tissait la laine et le chanvre locaux. Les releveuses étaient les ancêtres de nos sages-femmes et l’on confiait sa santé à des apothicaires et des médecins. Le trafic routier contribuait à faire vivre cabaretiers, voituriers forgerons, bourreliers. Et, bien entendu, autour du château gravitait tout un monde de gens d’armes et d’hommes de lois (notaire, huissier, greffier).
Dans le domaine régulier, il ne faut pas s’étonner de l’effacement progressif de l’abbaye de Savigny. Son déclin s’inscrit dans un mouvement d’ensemble depuis le passage de ces établissements sous le régime de la commende. Du reste, au les vocations pour la vie monastique étaient devenues de plus en plus rares. Le pape Pie VI lui-même devait tirer les conséquences de cette évolution et prononça la dissolution de ce qui avait été si longtemps un grand centre spirituel par une bulle en 1780. Les bâtiments du siège seront vendus en 1784. François de Murard, qui avait pris la tête du prieuré de Mornant en 1686, pour le compte de l’abbaye avait cédé la place en 1707 à la maison de mission des Lazaristes. Cet ordre, fondé à Paris en 1625 par saint Vincent de Paul dans le quartier Saint-Lazare s’était installé à Lyon. A Mornant, il fonda un séminaire qui, à la veille de la Révolution groupait une cinquantaine d’élèves ayant chacun sa chambre.
On y enseignait toutes les classes, depuis la sixième jusqu’à la philosophie. Dans le domaine séculier, comme devait le rappeler en 1789 le député mornantais du Tiers Etat à l’Assemblée constituante, « cet endroit est entouré de trente et quelques paroisses ou bourgs, qui sont de demi-lieue à deux lieues au plus de distance de Mornant […]. Il y a à Mornant un archiprêtré composé de quarante paroisses et de treize annexes qui l’avoisinent ». On ne saurait mieux souligner l’importance du rôle de la centralité dans le destin de la commune. Le député aurait pu ajouter que, par ailleurs, l’Eglise n’avait pas failli localement à sa vocation enseignante. En 1719 avaient été fondées deux écoles à la suite d’une donation de mademoiselle Magdeleine de Murard, une pour les garçons confiée à un laïc, une pour le filles sous la direction des Sœurs du Tiers ordre de Saint François. Les premiers à pâtir des troubles révolutionnaires furent les Lazaristes considérés comme les héritiers des seigneurs. Le 19 juillet 1789, dans une nuit, on rasa les murs du jardin que l’on appelait le Grand jardin (actuelle place de la Liberté), en arrachant les arbres et on transforma celui-ci en place publique.
La tour du vingtain a été découronnée. Sa partie supérieure ne devait être reconsrtruite avec des créneaux qu’en 1863. Les propriétés de l’ordre sont devenues biens nationaux. Elles seront vendues le 25 octobre 1792. Elles comprenaient le château, les halles, divers bâtiments dits de la Grande et de la petite Vaure dans le bourg, l’ensemble du clos des Lazaristes (appelé ensuite clos Montel. Mais l’atmosphère restait à la joie. La Garde nationale mornantaise alla participer à Lyon le 29 mai 1790 à la fête de la Fédération qui devait être célébrée ensuite à Mornant le 14 juillet. La foule assemblée dans l’ex-jardin des Lazaristes assista à une messe célébrée sur un autel de huit mètres de haut.
Serment fut prêté à la loy, à la nation et au roi. « Messieurs de Mornant donnèrent à boire à tous les soldats nationaux et invitèrent les officiers dans la cour de Saint Lazare à dîner en militaires et en frères ». La suite tragique ne se comprend que si l’on fait référence au contexte lyonnais. La ville s’étant dressée contre la dictature montagnarde au début de l’été 1793 est reconquise militairement par les révolutionnaires maîtres de la Convention au début du mois d’octobre. Le fameux décret du 12 octobre la voue à la destruction. Une sanglante répression s’abat sur la population. Elle ne prendra fin qu’après l’exécution de Robespierre le 9 thermidor de l’an II (17 juillet 1794). Cette période correspond à un puissant courant de lutte antireligieuse et Mornant n’est pas épargnée.
Plus de messe à partir du 24 novembre 1793 pour l’ensemble des fidèles si ce n’est dans la clandestinité, le service étant assuré par des prêtres réfractaires chez un particulier. Le clocher est dépouillé de ses trois cloches expédiées à Lyon. Du 4 au 8 décembre l’église elle-même est livrée au pillage de l’argenterie et des vases sacrés. On entreprend la démolition des croix de l’ensemble de la commune. Tout membre du clergé devient suspect. En 1794, trois Lazaristes, anciens professeurs du séminaire, sont guillotinés et un quatrième meurt en prison à la suite des mauvais traitements subis. Quant aux sœurs de Saint-François, elles sont arrêtées, liées sur une charrette et jetées dans les prisons de Lyon en attendant leur exécution. La mort de Robespierre donnera le signal de leur délivrance et elles pourront reprendre leurs fonctions d’enseignantes après 8 mois de détention.
Le peuple mornantais ne doit pas être considéré comme complice malgré l’existence d’une Société populaire des jacobins de Mornant. A preuve l’attitude de cette belle jeune fille qui avait été choisie pour symboliser la déesse Raison lorsque Robespierre avait tenté de promouvoir le culte de l’Etre suprême: elle s’était défigurée en se brûlant le visage sur un réseau de braise pour se soustraire à cette obligation! Plus tard encore, l’arbre de la Liberté sera profané le 16 mai 1795. La population de Mornant a atteint son maximum en 1861 avec 2562 habitants, en nette progression par rapport aux 1920 du début du siècle. Les deux premiers tiers du XIXe correspondent, en effet, à une période de grande prospérité. La culture de la vigne devait connaître alors son plus grand développement allant jusqu’à couvrir 440 ha, soit 28 % du territoire communal. On sort alors du système autarcique pour entrer dans l’économie de marché. « Pour la seule récolte de 1844 on exporta plus de 5 500 hl de vin […] Il s’établit à cette époque un grand marché de raisin pendant les vendanges et qui amenait un grand concours d’acheteurs ».
Le principal marché du vin était constitué par la région minière de Saint-Etienne à quoi s’ajoutait le trafic illégal de l’eau de vie. C’est ici le lieu de souligner une caractéristique de la campagne mornantaise liée à la viticulture: la multiplication des loges au début du, ces bâtiments en pierre au milieu des champs. Le pré-inventaire en explique la multiplication par le nombre des corps de métiers concernés en outre des agriculteurs. Et d’énumérer « les multiples ouvriers en chapellerie ou en soie travaillant à domicile, et aussi tous ceux qui vivaient indirectement de la vigne: ouvriers agricoles, voituriers, tonneliers, cabaretiers, forgerons, commerçants, etc. Chacun possédait un lopin de 1000 à en moyenne […]. On achetait des parcelles éloignées les unes des autres pour répartir les risques climatiques ». Ces loges devaient satisfaire aux besoins routiniers du travail de la vigne. « On y entreposait les outils, mettait au sec les fagots de sarments provenant de la taille de la vigne qui procuraient un bon combustible.
L’eau recueillie du toit dans une citerne ou des tonneaux était indispensable aux traitements ou pour faire tremper les osiers et la paille de seigle nécessaire pour attacher la vigne ». Elles avaient aussi une fonction conviviale et festive car on y invitait le dimanche parents et amis: « c’était l’équivalent du cabanon méditerranéen ». Le développement du vignoble n’explique pas à lui seul la prospérité de la commune. Sans doute, celle-ci reste-t-elle à l’écart de l’axe ferroviaire Saint-Étienne-Lyon, le premier de France (1830), sur lequel se développera l’industrie lourde caractéristique de la Première révolution industrielle. Mais elle s’y rattache par l’amplification d’un mouvement discernable dès la fin. « Vers 1760, il existait déjà des manufactures de drap grossier et de chapeaux ». Au, ces activités légères connaissent un grand essor. Dans le monde des chapeliers qui mettait en œuvre presque exclusivement le poil de lapin, chacun était spécialisé dans une branche particulière.
Certains ouvriers étaient fouleurs c’est-à-dire qu’ils confectionnaient le feutre par immersion dans un bain dit de feutrage, d’autres s’occupaient de la mise en forme; d’autres du rasage du poil, etc. Une entreprise s’occupait de mettre la dernière main aux chapeaux et les expédiait en France et à l’étranger. En 1858, une entreprise occupait 400 ouvriers. L’ensemble de ce secteur mobilisait encore plusieurs centaines de personnes en 1860. Il était pourtant en déclin mais était relayé par le tissage du velours et de la soie dans la mouvance de Lyon: on comptait 200 métiers de canuts en 1858. La broderie à l’aiguille sur tulle noir (destinée notamment aux mantilles espagnoles) occupait la majeure partie de la population du bourg mais essaimait aussi dans les hameaux. Il existait encore à cette époque quelques tuilerie et tanneries familiales. Les transformations progressives du bourg l’ont conforté dans son rôle de centre.
À partir de 1824, le cimetière a été transféré du flanc nord de l’église environ 600 mètres à l’est-nord-est. Il devait être agrandi par la suite. Sa croix centrale date de 1872. La place Saint-Pierre a commencé à prendre forme. La percée de la rue Boiron dans la pente vers le sud, a permis un accès moins abrupt que la raide montée Bourgchanin. Du côté nord, sur le plateau se développent de nouveaux quartiers: le nom de la rue Villeneuve parle de lui-même. L’Église continue à exercer son rôle d’éducatrice. Les religieuses de Saint Charles, qui avaient pris le relais des sœurs de Saint François en 1804 finissent par se fixer rue Serpaton où est construit un grand pensionnat de jeunes filles de 1853 à 1855.
Quant aux garçons, c’est finalement l’abbé Pousset qui va prendre le relais des Lazaristes en se portant acquéreur en 1835 des locaux d’une ancienne demeure des connue sous le nom de clos Thomassin. Il y fonde le collège de la Sainte Famille (c’est aujourd’hui le groupe scolaire Saint-François d’Aquin). Mais le fait le plus symbolique de la primauté du bourg sur l’ensemble de la commune est la construction de la mairie. Son étroite façade présente deux niveaux et un comble coiffé d’un toit brisé en ardoise dans lequel s’inscrit sous la forme d’un oculus un cadran d’horloge décoré de guirlandes. L’ensemble est sommé d’un lanternon avec en amortissement une girouette en forme de drapeau tricolore. L’élégance tient aux détails: au rez-de-chaussée, encadrements en pierre taillée de la porte d’entrée ainsi que des enchants; à l’étage, le balcon est orné de balustres: on y accède par une porte-fenêtre garnie d’un entablement cintré et flanqué de pilastres cannelés. L’ancienne église ne pouvait plus suffire. Plutôt que d’entreprendre une nouvelle construction, comme ce devait être le cas dans beaucoup de communes, on prit le parti d’agrandir l’église Saint-Pierre.
Il est vrai qu’on entrait dans une période de grande prospérité. Ce ne fut pas, néanmoins, sans avoir à régler de nombreux problèmes financiers et techniques et ils ne le furent que grâce à la ténacité de Joseph Venet, nommé curé de la paroisse en 1835. Diverses solutions avaient été envisagées avant qu’on se décidât d’allonger la nef de deux travées par recul de la façade ce qui impliquait la destruction de plusieurs maisons. Il fallut également convaincre la population et le conseil municipal qui n’imaginait pas la possibilité de faire face à une si forte dépense. « Ce ne fut pas sans répugnance que celui-ci accepta le projet dans sa séance du février 1845 et le fit approuver, ensuite, comme la loi l’exigeait alors par la majorité des 16 plus imposés de la commune ». Le travail fut confié en 1845 à Antoine Chenavard, architecte en chef du département du Rhône. Le plan cruciforme restait inchangé mais les croisillons du transept, déjà peu saillants, en paraissent beaucoup plus courts. D’autant que, sur l’arrière, ils ne s’individualisent pas de la masse car le chevet plat est encadré de part et d’autre de la sacristie et d’une annexe.
Bien entendu, la façade dut être déplacée mais elle fut reconstruite en réutilisant ses éléments du XVe et du XVIe siècle. Elle présente un mur pignon renforcé de deux contreforts angulaires. Le portail est surélevé de six degrés. La porte est inscrite dans une embrasure à large voussure moulurée et est encadrée de deux petites arcatures trilobées aveugles que soutiennent des colonnettes engagées. Au-dessus une grande rosace éclaire la tribune. A l’angle sud-est, le clocher, de plan carré, est également resté celui du (la date de 1778 y est inscrite). « Il est éclairé sur chaque face de trois baies cintrées groupées. Son toit est coiffé d’un petit clocheton sommé d’une croix métallique ».On est frappé par le contraste entre la sobriété des lignes architecturales à l’extérieur et la variété des formes à l’intérieur.
Il faut souligner pour commencer la parfaite réussite de l’opération d’agrandissement. Rien ne distingue des anciennes les deux nouvelles travées de la nef. À ce seul titre, on peut comprendre que l’église ait été classée en 1926 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Leur ensemble est flanqué au nord et au sud d’une succession de chapelles non communicantes. Ces travées sont rythmées par des piliers qui supportent les arcs et la voûte d’ogive du vaisseau central ainsi que les arcs en tiers-point des chapelles latérales. L’abside éclairée de cinq grandes baies ogivales à cinq pans reste inchangée. Au-dessus de l’entrée, une large tribune reçoit la lumière de la rosace de la façade. Un triforium, enfin, permet la circulation des deux côtés au-dessus des chapelles.
Le mobilier est d’une richesse exceptionnelle à commencer par le maître-autel en calcaire de Tournus. Mis en place en 1861, il est décoré de sculptures en bois polychrome représentant le Christ en majesté entouré de ses douze apôtres. Il a été réalisé par des marbriers lyonnais sur des dessins de l’architecte Pierre Bossan et classé monument historique en 1979. Dans la chapelle de la Vierge, un grand panneau néo-gothique abrite sa statue avec l’enfant entre saint Joseph et saint Jean l’Evangéliste, toutes sculptures réalisées également sur des dessins de Bossan. De la chapelle Saint-Pierre, réalisée sur le même modèle, on retiendra le groupe de statues représentant le Christ remettant à ce saint les clés de l’Église. Il est encadré par saint Paul et saint André. Les boiseries ont été également traitées avec le même soin. On retiendra surtout la longue série de stalles en chêne du Rhin et en noyer qui entourent le chœur réalisées en 1854, toujours sur des dessins de Bossan et également classées MH en 1979.
Les trois confessionnaux, deux en chêne et un en noyer, ont été traités dans le style néo-gothique, partout à l’honneur à l’époque.De nombreux sculpteurs ont trouvé de l’ouvrage dans cette ornementation. Deux statues représentent la Vierge à l’Enfant, en bois doré ou en bois polychrome. Quant à la cuve des fonts baptismaux en forme de calice, c’est encore Bossan qui en a dessiné les arcatures en relief et les emblèmes des évangélistes avant d’en confier l’exécution à des marbriers lyonnais. Un de leurs éléments, une colonne torsadée, a été transformée postérieurement en porte-cierge. Le Christ en croix date aussi.Dès les premières années, le curé Venet sut trouver des donateurs (dont un préfet et son épouse) et des maîtres verriers de grand talent pour l’ensemble de l’église. Un soin particulier fut apporté aux 6 vitraux de l’abside et à ceux du transept. Le réseau routier demeurait encore pitoyable au début. Le grand changement date des années à partir de 1840.
Il concerne, certes, les liaisons à l’intérieur de la commune, vers le Logis neuf à l’est (1841-43), au sud vers Bellevue (1858-59) mais surtout avec les communes voisines limitrophes comme Chaussan (1851-52) et Rontalon (1874) ou dans la proximité vers Riverie (1858-59). Les croix familières aux habitants du bourg, jalonnaient l’ensemble de la commune, les plus anciennes remontant. Un grand nombre ont fait l’objet de rénovations récentes. Le pré-inventaire dans lequel sont recensées toutes celles du pays en décrit encore 28 en 1997 pour la seule commune de Mornant. Les 2562 Mornantais ne sont plus que 1647 en 1946. Ce recul démographique de près d’un tiers est révélateur de la série de crises que va connaître la commune à partir de 1870. La population avait pourtant encore manifesté sa confiance en l’avenir et à Napoléon III en élisant le candidat officiel (celui proposé par le gouvernement) aux élections législatives de 1863. Rien ne laissait prévoir la chute de l’empire en 1870 et la guerre franco-allemande de 1870-71 qui s’ensuivit.
Des quatorze soldats de la commune qui périrent au combat, six sont morts dans la défense victorieuse de la place-forte de Belfort sous les ordres de Denfert-Rochereau. Une rue au nom de cette ville en perpétue le souvenir. Sa majeure partie en fut détruite et ce qu’il en restait perdit beaucoup de sa valeur, le prix de l’hectare passant en quelques années de 10 000 à 4 000 francs. Les quelques entreprises industrielles comme la tannerie Gobet en 1888 ou les tuileries ne parviennent pas à s’implanter durablement et ne compensent pas le déclin des activités traditionnelles. La population n’est plus que de 2045 en 1891. La desserte ferroviaire de la commune avait été envisagée dès les années 1860, du temps de la grande prospérité. Elle a été réalisée seulement en 1887 en pleine période de crise et seulement sous forme d’une voie étroite. La compagnie FOL (Fourvière Ouest lyonnais) reliait Mornant au funiculaire de Saint-Just, à Lyon en 28 km.
Mais la liaison est restée incomplète car la jonction avec Rive-de-Gier, n’a jamais été achevée. Si, en 1914, tous les travaux importants avaient été réalisés et les rails posés jusqu’à la limite entre les départements (on peut encore voir les piles du viaduc sur le ruisseau du Petit Bozançon), ils n’avaient pas avancé du côté de la Loire. Les travaux ne reprennent pas après la Grande Guerre et le trafic est supprimé en 1936, les rails étant récupérés pour servir à la construction des barrages antichars de la ligne Maginot! Au lieu de relancer l’activité, ces facilités de communication ont sans doute plutôt contribué à accélérer l’exode rural. Les vignerons mornantais ont pu croire un temps la partie gagnée dans la lutte contre le phylloxéra grâce au greffage des plants traditionnels sur des souches américaines. En 1897, les vignes couvraient à nouveau 375 ha. Au tournant du siècle, le centre du bourg prend peu à peu sa physionomie actuelle. Il se débloque à l’ouest par l’ouverture du boulevard des Aqueducs planté d’arbres et agrémenté d’un lavoir.
Côté nord, vers 1902, on commence à dégager les abords de l’église par démolition du château qui tombait en ruine: la place Saint-Pierre finira par être élargie aux dimensions actuelles en 1913. Surtout, de 1902 à 1905 est construit le monumental hôtel des postes relié à la place de la Liberté par démolition d’un pâté de maisons et mis en communication avec le nord par la rue actuellement dénommée du Souvenir. Monumental car il devait à sa création, grâce à ses deux étages, abriter la Justice de paix et l’école de filles. On ne lésina pas sur la dépense qu’il s’agisse des matériaux (la pierre de taille de Beaucaire), ou de l’architecture, avec ses deux ailes coiffées de toits brisés en pavillon couverts d’ardoise. Le corps central, accessible par un large degré de 9 marches, est animé d’une triple arcade en plein cintre portée par des colonnes de pierre. Au premier l’étage, il s’orne d’un cartouche sculpté aux armes de la ville tandis qu’au second étage, un édicule carré abrite le cadran circulaire d’un baromètre. Il fallut cependant vite déchanter car en 1910 le mildiou s’est abattu à la suite de pluies incessantes, anéantissant la récolte de l’année et compromettant gravement celles des années suivantes par les atteintes profondes causées au cépage. Tout aussi imprévue, la guerre contre l’Allemagne et les empires centraux éclate en 1914.
« Presque chaque mois le courrier apporte de la zone des armées un nouveau deuil pour les familles ». Noël Delorme énumère sur quatre pages la liste des 64 poilus mornantais morts au champ d’honneur en ne nous laissant rien ignorer de leur âge, de la date et du lieu de leur sacrifice. La municipalité fit ériger un monument dans le cimetière et le clergé une plaque dans l’église pour perpétuer leur mémoire. La crise économique mondiale des années trente n’a pas favorisé la reprise des affaires. La Seconde Guerre mondiale apporta son lot de privations mais fut vraiment moins meurtrière que la première. La liste de ses victimes vint allonger celle des morts de 1914-18 dans le cimetière. La commune devait cependant être le théâtre d’un événement mémorable en 1944 à la veille de sa libération. En 1751 avaient été réalisés les premiers travaux de la route de Lyon au Languedoc par Saint-Étienne qui porte aujourd’hui, dans la traversée du département du Rhône, le nom de RD 342.
S’il n’a pas encore été jugé utile d’en parler, c’est que son tracé rectiligne qui écorne au sud-est le territoire de la commune avait été choisi précisément pour éviter la partie accidentée du plateau et donc le bourg de Mornant. Le lieu précis de l’affrontement est appelé Pont Rompu. Ce n’est pas le franchissement à proximité du modeste Mornantet qui le caractérise mais bien plutôt le carrefour avec l’actuel D34 qui rejoint la vallée du Rhône à Givors. À la fin du mois d’août 1944, lors de la retraite des troupes allemandes après le débarquement allié en Provence du 15 août, si le flot principal se replie vers le nord en remontant la vallée du Rhône, l’ennemi entend se garder de toute surprise sur son flanc ouest. Les résistants de l’AS (Armée Secrète) décident alors de barrer la route à l’adversaire à ce carrefour précisément. Au cours de cet engagement, une vingtaine d’Allemands ont été tués et une vingtaine d’autres faits prisonniers. En outre fut récupéré un important butin de deux canons-antichars, quatre camions et de nombreuses armes. Sur la stèle érigée en mémoire de l’événement est gravée une inscription à la gloire de l’Armée secrète.
Elle est accompagnée d’une plaque portant les noms de trois victimes. La population de la commune de Mornant est passée de 1647 habitants en 1946 à 6144 en 2019, ce qui représente près d’un quadruplement (3,7 fois) en 73 ans. La densité de 384 habitants au km2 lui confère désormais un statut urbain. Le rythme de cette croissance n’est pas uniforme. Avec un taux annuel de 2,8 %, il a atteint son maximum entre 1975 et 1982. Il s’est depuis régulièrement ralenti et n’est plus que de 1,7 % pour les années 2013-2018. Cette augmentation est due à l’arrivée d’une nouvelle population. Les variations du solde migratoire (différence entre les arrivées et les départs) sont d’ailleurs en correspondance avec le rythme décroissant du peuplement: il est passé de 2,4 % par an entre 1975 et 1983 à 0,2 % de 2008 à 2013.
On observe aujourd’hui sa reprise modérée (1,6 % de 2013 à 2018). L’essentiel des constructions est regroupé sur la rive gauche du Mornantet grâce une orientation favorable au sud-ouest. L’urbanisation de ce versant est aujourd’hui quasi-totale selon un axe nord-ouest-sud-est de part et d’autre du vieux bourg que deux rocades ont permis de contourner: avenues de Verdun et du Pilat du côté est, avenue du Général-de-Gaulle par déviation de la RD30 à l’ouest. Le contraste est saisissant avec le versant exposé au nord-est resté désert. En rive droite du ruisseau, la topographie de plateau a favorisé la construction des deux lotissements de la Pavière et de la Condamine. Car la forme privilégiée d’urbanisation par lotissement a prévalu de manière quasi exclusive dans le passé. Depuis le début du, l’habitat en immeubles collectifs se développe dans le secteur central. Dans la brochure éditée en 2016 sont répertoriées 38 de ces résidences.
Elles sont toutes concentrées entre les deux avenues d’évitement du centre. Il s’agit pour une part de répondre aux exigences légales, l’objectif étant d’atteindre un pourcentage de 20 à 35 % de logements sociaux. Mais cette évolution correspond aussi à une demande spontanée de vie dans des ensembles résidentiels. Situé à 18 km au sud de Lyon, Mornant ne se résigne pas à jouer le rôle de commune-dortoir et entend retenir le maximum d’actifs dans sa proximité. Cette préoccupation n’est pas nouvelle: dès 1977 avait été créée dans le cadre d’un SIVOM la zone d’activités de la Platière à cheval sur les territoires de Mornant et de Saint-Laurent-d’Agny. Le relais est assuré aujourd’hui par la COPAMO (communauté de communes du Pays Mornantais) créée en 1997 et qui a seule compétence en matière de développement économique. Pour établir son siège, elle a fait l’acquisition du domaine de Fournereau. Celui-ci était resté la propriété de son fondateur, Pierre Fournereau, notaire lyonnais établi à Mornant en 1847 dont il était devenu maire de 1865 à 1870.
Le château, parfaitement entretenu se compose, sur deux niveaux, d’un corps central coiffé d’un toit d’ardoises en net retrait par rapport aux deux avant-corps couverts de tuiles qui l’encadrent. Si la communauté en tire un certain prestige, elle n’y abrite qu’une petite partie de ses services. Dans le parc attenant ont été construits des bâtiments modernes et plus fonctionnels dont une curieuse rotonde en forme de hérisson dans laquelle siège son conseil. Le bilan de l’action de la COPAMO établi en 2016 est assez flatteur. La zone d’activités de la Ronze a été aménagée sur la commune de Taluyers mais celle des Platières reste la plus importante. « Elle était à cette date totalement investie avec des entreprises diversifiées employant entre 150 et 3 salariés. Certains artisans depuis 10 ans quittent le village pour venir s’y installer (boulanger, menuisier, plombier). En 2015, l’ensemble des zones d’activités accueillait 1700 emplois dans plus de 150 entreprises.
La crainte de la sécheresse était l’une des plus graves préoccupations des Mornantais au point d’avoir inspiré une complainte au poète local. « Au temps où les hameaux n’étaient desservis que par des puits, ceux-ci étaient plus ou moins abondants et tarissaient parfois, les animaux étaient amenés à des mares où une eau douteuse leur était réservée ». La solution ne pouvait être que collective, au niveau communal. La municipalité s’était déjà préoccupée de résoudre le problème dans les années 1870. Dans sa recherche d’une source pérenne, elle fixa son choix sur celle dite des trois curés située hors de la commune, à la limite de Chaussan, Saint-André-la-Côte et Rontalon. Une fois obtenu l’accord de celle dernière, les travaux, très onéreux, purent commencer en 1876. En deux ans fut réalisée la conduite de 7 km en tuyaux de poterie. L’ambition se limitait à alimenter une fontaine sur la place de la Liberté puis six bornes-fontaines à travers le bourg, des citernes étant interposées de manière à régulariser le débit.
C’est seulement vers 1900 que fut construit le lavoir qui borde l’actuel boulevard des Aqueducs. Pour méritoires qu’ils aient été, ces aménagements répondaient mal aux attentes de la population. « En période de sécheresse, les bornes-fontaines n’étaient ouvertes que quelques heures par jour. Les lavoirs n’avaient leur réserve changée qu’une fois par semaine ». Afin de répondre aux exigences accrues de la population au centre du le problème devait être posé à l’échelle intercommunale. Le syndicat constitué au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale a regroupé 8 communes de part et d’autre de la vallée du bas Garon. Ainsi ont été obtenues des conditions de financement exceptionnelles, les travaux étant subventionnés à 90 % par le ministère de l’agriculture et une avance départementale remboursable en cinquante ans. Les eaux sont captées dans la nappe phréatique du bas Garon, à 1 km en amont de Givors à 152 mètres d’altitude et sont refoulées dans un premier temps à 480 mètres d’altitude jusqu’au réservoir de Saint-Vincent sur la commune de Saint-Laurent-d’Agny.
En dernière étape, elles remplissent le réservoir de Marsolas à 440 mètres en haut de la commune de Mornant. Toutes les habitations ont disposé de l’eau sur l’évier entre 1949 et 1951. Il parait moins nécessaire pour notre sujet de commenter dans le détail la mise en place du système d’épuration de eaux d’égout conclue en 1972 par la création de la station de la Pavière. Mais il s’agit cette fois de la constitution de réserves au service de l’agriculture en cas de sécheresse. Un tel essor démographique imposait à la municipalité le devoir d’accueillir de nombreux élèves. Un important groupe scolaire a été construit avenue de Verdun de 1978 à 1980, regroupant maternelle, primaire et restaurant. Il dut être agrandi en 2003 puis en 2010 pour accueillir près de 500 enfants.
Pour le premier cycle de l’enseignement secondaire a été créée en 1972-73, boulevard des Aqueducs, dans le cadre d’un SIVOM le collège Ronsard (l’illustre poète n’avait-il pas été choisi comme prieur de Mornant par le roi Charles IX en 1576?) Il devait être, lui aussi, l’objet d’agrandissements successifs en 2005, d’autres étant programmés à partir de 2016. A cette date, il accueillait déjà 550 collégiens. De son côté, l’enseignement privé s’est fortement développé. Saint-Thomas d’Aquin, après une importante tranche de travaux, peut recevoir un millier d’élèves de la maternelle au lycée. L’accompagnement culturel n’a pas davantage été négligé. Ce fut d’ailleurs l’occasion de restaurer des bâtiments qui se recommandaient à l’attention par leur qualité architecturale. Ainsi de celui qui abrite aujourd’hui la Maison de Pays. Cette demeure des présente une belle fenêtre à meneaux au-dessus de la porte d’entrée et une sorte de loggia sous le toit.
La municipalité en a fait l’acquisition en 1960. Elle abrite depuis les années 1980 cette association qui l’ouvre au public pour des expositions d’art, d’artisanat, et de patrimoine. À proximité, le Clos Donzel est une construction beaucoup plus importante. Deux tourelles qui dominent la toiture encadrent sa longue façade: l’une fait saillie au sud-ouest l’autre au nord- est engagée dans l’œuvre et sert d’escalier à vis. Son achat date de 1985 et on y a installé la bibliothèque municipale. Du côté sud, elle donne sur le jardin public. Mais les autorités ont ajouté à cet héritage, deux nouveaux espaces. Le Centre culturel, devenu propriété de la COPAMO, a été inauguré en 1994 et a pris le nom de l’illustre acteur Jean Carmet au moment de son décès.
Il est utilisé pour la vie socio-éducative, pour les séances de cinéma, de théâtre et comme salle de conférences. Quant à la salle des Fêtes, elle a reçu le nom de Noël Delorme, maire de 1971 à 1977 et historien de la commune.
Patrimoine religieux
Le mot « Vingtain » vient du nom d’un impôt local, le vingtième, prélevé au Moyen Âge pour l’entretien et la réparation des remparts urbains dans le Lyonnais. L’église actuelle date du, elle remplace une ancienne église présente dès le. Construite en pierre de Tournus dans le style ogival, elle a été agrandie en 1846 par l’architecte Antoine Chenevard. De petites fenêtres correspondent à l’ancien passage vers le château situé en partie sur l’emplacement de la Place Saint-Pierre et démoli en 1910. Elle est classée monument historique.
Le chœur, le transept et premières travées datent du début du ou de la fin. Les stalles du chœur (en chêne du Rhin), les boiseries, le maître autel et les tribunes au-dessus du portail datent de 1854 et sont classées Monument historique. Les clefs de voûte représentent les armoiries des bienfaiteurs de Mornant. On y voit le vestige d’une ancienne porte romane. Sur le pilier du transept nord la coquille Saint-Jacques est un souvenir de pèlerins.
La tribune des pénitents permettait à ceux-ci d’y chanter l’office. La confrérie des Pénitents blancs a été fondée en 1663 et défilait en procession dans le village le Vendredi saint; elle s’est arrêtée en 1890, sous la pression des anti-cléricaux. Le centre-ville est riche de maisons construites du au et restaurées avec soin; elles sont situées pour la plupart à l’intérieur du « vingtain ».