Gévezé
Histoire de Gévezé
Gévezé est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 5 890 habitants. Le nom de la localité est mentionné sous les formes suivantes Une seconde école voudrait que dans le nom Gévezé, on perçoive gevre (chèvre) et seih (bois). Dans son livre de toponymie celtique, François Falc’hun mentionne que, de 950 à 1200 environ, Gévezé s’appelait Gevre-Seiho (le bois de la chèvre ou du chevreuil).
Gévezé signifierait donc le Bois aux biches. Ainsi, le nom de Gévezé proviendrait d’un ancien nom gaulois Gabro-Ceton qui s’est altéré par la suite en Gévezé. L’Office public de la langue bretonne a appelé la commune en breton.
Jean-Yves Le Moing a estimé à 5,3 % le pourcentage de toponymes d’origine bretonne présents sur le territoire de la commune. Le nom s’écrit Jebze (écriture Moga), Jaebezae ou en gallo.
À la suite du débarquement du en Normandie, Leslie Fischer, sergent mitrailleur américain dont le bombardier B 24 a été touché par un chasseur allemand et la DCA allemande de la Belle-Épine à Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine), saute sur Gévezé le. Il tombe près de la ferme du Casnuel où il est recueilli par Justine Rué qui prévient aussitôt le boulanger de Gévezé, Denis Morel. Celui-ci, en compagnie de Roger Rouault un réfugié rennais et de représentant de commerce anglophone, de passage à Gévezé se rend aussitôt à la ferme du Casnuel, pour récupérer l’aviateur. D’après les souvenirs de Leslie Fischer, Roger Rouault va alors convoyer l’aviateur par des chemins détournés depuis la ferme du Casnuel jusqu’au bourg de Gévezé. Il est caché pendant 54 jours rue du Luth, dans la réserve à grain du boulanger Morel, où habitent des réfugiés rennais Roger Rouault et sa femme Yvonne, coiffeuse à Rennes, qui va lui préparer des repas, financés par le boulanger Morel. Au début de sa clandestinité il est promené prudemment la nuit dans la campagne gévezéenne par Roger Rouault et Denis Morel.
À la suite du départ des troupes allemandes stationnées à Gévezé, il commence à sortir en journée. Il précise lui-même dans le film qui lui est consacré, que deux semaines avant l’arrivée des troupes américaines, il est sorti en plein jour de sa cachette. Des photographies ont même été prises pendant ces sorties. Finalement il reste caché pendant 54 jours, moins ses deux semaines de semi liberté. Il est totalement libéré à l’arrivée des troupes américaines le. Il est alors fêté par la population gévezéenne et les nombreux réfugiés présents dans le bourg.
Le lendemain, il se rend à Rennes pour prendre contact avec les autorités américaines. Dirigé aussitôt vers l’Angleterre, et sans pouvoir revenir à Gévezé, il rejoint les États-Unis où il est immédiatement démobilisé. Il va effectuer alors pendant 35 ans, une carrière de facteur à Marlin au Texas. Angèle et Denis Morel, les boulangers de Gévezé, ainsi que de leurs enfants Denis et Jean, et leur fille Léone. Eux-mêmes accompagnés de leurs propres enfants, sont nommés citoyens d’honneur de la ville de Marlin et la semaine où ils viennent est appelée « Semaine Denis et Angèle Morel ». Leslie Fischer revient à Gévezé le, ainsi que le.
En présence de sa veuve, un rond-point, portant le nom de Rond-point de la Libération-Leslie Fischer, est inauguré à Gévezé.