Wasselonne

Histoire de Wasselonne

Wasselonne est une commune du département du Bas-Rhin, en région Grand Est, qui compte 5 774 habitants. Le toponyme est attesté sous les formes Wazzeleneheim en 754, Wazelnheim en 1221 et Wasslenheim en 1851; les linguistes y reconnaissent l’anthroponyme germanique Wezil. En alsacien, le village porte le nom de Wàssle, et en allemand Wasselnheim ou Wasslenheim. Le suffixe -le est courant en alsacien pour remplacer le -heim allemand, comme à Marlenheim, dont le nom alsacien est Màrle. La forme Wasselonne, sans doute récente, est une francisation du nom germanique d’origine. La commune est mentionnée pour la première fois dans un document de 754 sous le nom de Wazzeleneheim, par Adala, descendante des ducs d’Alsace. La découverte d’armes et de monnaies laisse présumer que le site fut habité dès l’époque celtique.

Des recherches archéologiques effectuées en 1990 au lieu-dit Wiedbield ont mis au jour des vestiges d’occupation humaine remontant au Néolithique, au Rubané, au Poinçonné, à la civilisation de Michelberg, à la période de Hallstatt, ainsi qu’aux ères gallo-romaine et mérovingienne. Le peuplement humain de Wasselonne serait ainsi très ancien. Du mobilier retrouvé dans une glaisière atteste d’une occupation permanente à l’Âge du bronze et à l’Âge du fer. Des pièces de bronze retrouvées par l’archéologue Horrer montrent que Wasselonne était d’abord celtique. À l’époque mérovingienne, la localité prospéra grâce à sa proximité avec Kirchheim, où une vaste résidence royale était établie; aux siècles suivants, elle était certainement très peuplée. En 1308, la moitié du ban communal fut incluse dans une transaction entre l’empereur Henri VII et les évêques de Strasbourg pour les faire renoncer à leurs prétentions sur Mulhouse.

Au début du XIVe siècle, le château de Wasselonne était présenté comme l’une des forteresses les plus importantes de la Basse Alsace; il était le siège du bailliage. Les pierres utilisées pour sa construction provenaient des carrières de grès rose du Kronthal, identiques à celles employées pour la cathédrale de Strasbourg. En décembre 1524, peu après les premiers frémissements de la Réforme à Strasbourg, les responsables du bourg demandèrent au Magistrat un prédicateur évangélique. Andreas Keller-Cellarius en fut le premier pasteur à partir de 1525, et Wasselonne adhéra à la Réforme. L’évêque de Londres Edmund Grindal, qui devint en 1576 primat d’Angleterre, se réfugia à Wasselonne en mai 1554 pour échapper aux persécutions de la reine Mary Ire; il y demeura jusqu’en 1559. Pendant la Guerre des évêques (1592-1604), qui mit l’Alsace rurale à feu et à sang, la cité fut occupée par les troupes du cardinal de Lorraine, et le 8 juillet 1592, la place forte fut abandonnée par les Strasbourgeois. À l’issue de la guerre de Trente Ans, l’Alsace exsangue fut rattachée à la France de Louis XIV. Pendant la guerre de Hollande (1672-1678), le château fit l’objet d’un litige entre le maréchal de Turenne et les Brandebourg; en 1674, la ville fut prise par les troupes françaises avant d’être expulsée le 30 octobre par les troupes brandebourgeoises, qui détruisirent partiellement les lieux après un bombardement de trois jours. Ces ruines ne furent jamais reconstruites. Entre 1811 et 1919, Wasselonne fut le deuxième centre de tannage du Bas-Rhin, juste après Strasbourg, avant d’être dépassée par Barr.

Patrimoine religieux

Au Moyen Âge, Wasselonne était défendue par un château fort flanqué de vingt-sept tours, l’un des plus importants de Basse Alsace. Il n’en reste que la porte d’entrée surmontée d’une tour carrée, l’ancienne demeure du bailli, quelques pans de murs d’enceinte ainsi que la base d’une tour ronde. La porte d’entrée, flanquée de deux tourelles rondes, fut surélevée en 1789 par une tour carrée afin de remplacer la tour de guet du centre du château, détruite en 1674. La partie inférieure abritait le logement du gardien et des cellules pour prisonniers. Une meurtrière au-dessus de la voûte de la porte est fermée par une pierre de taille cylindrique pivotante. Sous la porte, un cadre comportait les armoiries du seigneur local, qui furent martelées lors de la Révolution française. Dans le lieu de culte resté protestant, place du Général-Leclerc, est conservée l’ancienne chaire de style rocaille, en bois de chêne; au-dessus de l’abat-voix figurent les deux tables de la Loi rappelant les dix commandements, et sous la chaire un pélican sculpté symbolise le sacrifice du Christ. L’ancien autel protestant de l’église simultanée est désormais placé dans la chapelle à l’entrée de l’église; réalisé en 1820, il est décoré aux quatre angles par les têtes des évangélistes et sur les côtés par une patène avec des hosties, des épis de blé et une coupe avec des rameaux de vigne, qui rappellent la communion de la sainte cène. Sur la face avant, sur une Bible ouverte, figure l’inscription « Herr, dein Evangelium bleibt in Ewigkeit » – « Seigneur, ton Évangile demeure à jamais ». Les vitraux de la nef représentent l’apôtre Pierre avec la Bible et la clef, et l’apôtre Paul avec la Bible et l’épée tranchante de la Parole de Dieu.

Informations Clés

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Population

5.774 habitants

Région

Grand Est

Département

Bas-Rhin
(67)

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