Piolenc
Histoire de Piolenc
Piolenc est une commune de Vaucluse, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 5 536 habitants. Attestée sous la forme Poiodolen en 998. Connue sous le nom latin de Podiolanum, l’étymologie de Piolenc est attribuée à Odilon. Le nom est composé de Podium, signifiant puy, pieu, le « pio », c’est-à-dire le sommet, et Odolinum, pour Odilon, abbé de Cluny au moment où la seigneurie passe dans le domaine de cette abbaye.
Par la suite, on relève Podioleno , puis Piolene ou Piolen, et depuis 1789: Piolenc.
Les fouilles de la station des Rochers ont mis en évidence un habitat assez important avec des fonds de cabanes, de la poterie et une industrie lithique et osseuse développée. Un abri sous roche a livré une sépulture où avaient été déposées des poteries, des haches et des pointes de flèches. L’histoire de Piolenc pendant la période carolingienne est peu connue. En 843, avec le traité de Verdun, le village, comme le reste de la Provence, la Bourgogne et la Savoie, est rattaché au royaume de Lothaire. Des invasions sarrasines, il ne subsiste guère que la toponymie, avec le quartier des Moricauds. Les premières traces remontent à 994-1002, lorsque le compte Roubaud, frère de Guillaume II et premier comte du Venaissin, cède la moitié de l’oppidum situé au centre du village, à la place de l’actuelle église Saint-Pierre, à l’ordre de Cluny, représenté par Odilon de Mercœur.
Le château fort est rebaptisé « Est castrum quod nominatur Podium Odolinum. », et déclaré prieuré en 1037. En 1016, Benoît VIII en appelle aux évêques de Provence pour défendre les propriétés convoitées par les seigneurs locaux, dont Piolenc. En 1266, le prieur de Piolenc conclut un traité de paréage avec le comte de Toulouse: en échange de sa protection et de la moitié du droit d’albergue du Comte, il lui abandonne la moitié de ses revenus À la fin du, le Prieuré est en phase de déclin, moral et financier. Rattaché à la commende de Saint-Saturnin-du-port, il y est rapporté des disputes entre un moine et le neveu du prieur, ainsi que l’absence de missel et bréviaire.
En 1378, le prieuré de Piolenc est rattaché au collège Saint-Martial d’Avignon, afin que celui-ci, fondé par Jacques de Cozan, puisse dégager les revenus suffisants pour entretenir ses étudiants, et plus tard, à partir de 1382, payer la pension annuelle de 450 florins de son nouveau maitre, le cardinal d’Albano. Sous le règne de Charles IX, le village fut attaqué à plusieurs reprises, et ravagé ou dominé au moins par deux fois lors des guerres de Religion. La première fois par les religionnaires en 1562 lors de batailles menées par le baron des Adrets, et qui donna lieu à la prise du château de Mornas, et au massacre d’une partie de ses habitants. Puis l’année suivante, par le capitaine pontifical Fabrice Serbelloni. Le lignite a été pendant longtemps exploitée sur le territoire de la commune qui compte quatre-vingt-cinq entrées de mines datant du. Pour éviter tout accident, leur accès est interdit par arrêté municipal.
Certaines galeries se développent sur plusieurs kilomètres. Leur hauteur n’excède que peu souvent le mètre et leurs voûtes se sont effondrées en maints endroits. Au, les vignerons du village durent faire prendre un décret par le Conseil de Ville interdisant leur cueillette dans les vignes pendant la floraison. Dépendante du Comtat Venaissin, Piolenc en partage le sort: elle subit la disette de 1789, et comme toutes les communes de l’enclave des Papes, est rattachée à la France en 1791. Le est créé le département de Vaucluse, constitué des districts d’Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d’Apt et d’Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes. Sur la commune furent exploitées, au, deux carrières prolongées par des galeries souterraines creusées dans le sable.
Jean-Pierre Locci, dans son ouvrage L’exploitation des ressources minérales en Vaucluse, a publié deux cartes postales montrant une usine de, et des cavages. Dans ces réseaux, qui s’étalent sur deux à trois étages séparés par 10 centimètres de sable, les galeries sont souvent ovoïdes et directement taillées dans le sable. Il n’y a que quelques rares effondrements. Ce lieu où n’existe aucune protection n’est presque pas dégradé en dépit des visites. La Résistance, avec l’aide d’une patrouille américaine, prit d’assaut le château de Crochans où s’était réfugié un détachement allemand. Après un long engagement les 180 soldats se rendirent avec un important matériel.