Orgères (35)
Histoire d’Orgères
Orgères est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 5 471 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Orgiariae en 1148. Le toponyme serait issu du latin hordeum, « orge », suffixé de -aria, soit « lieu planté d’orge ». La commune a pour nom Orjere en gallo, prononcé [ɔrʒər].
La forme bretonne proposée par l’Office public de la langue bretonne est.
Il semble qu’Orgères soit habitée depuis l’époque gauloise: des habitats gaulois ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques préventives menées par l’INRAP en 2012, au sud du bourg. Ces fouilles ont notamment révélé une forge ayant fonctionné aux et siècles de notre ère, probablement durant une cinquantaine d’années, essentiellement comme forge de service destinée à la réparation des outils agricoles. Le saint patron de la paroisse est saint Martin. Selon une tradition hagiographique rapportée par la littérature locale, des fidèles qu’il aurait convertis auraient constitué une colonie pieuse à l’extrémité des landes d’Orgères; l’endroit où se serait trouvée la cellule de saint Martin correspondrait au hameau actuel de « l’Hermitière ». La paroisse semble remonter au siècle. L’église paroissiale a été bâtie et remaniée du au siècle; sa tour, en revanche, date de 1844.
Vers Chanteloup, à l’est de l’ancien manoir de Châtenay, une motte fossoyée haute d’environ 8 m est attestée dès 1397 comme appartenant aux Montgermont. Au siècle, Orgères est intégrée au réseau du télégraphe Chappe: la station n° 509 de la ligne Avranches–Rennes–Nantes est construite entre novembre et au lieu-dit « le Télégraphe » et mise en service en. Elle est abandonnée fin lors de l’arrivée de la télégraphie électrique à Rennes. Il ne subsiste aujourd’hui que les vestiges de la tour ronde en moellon de schiste, en mauvais état au début du siècle. Au début du siècle, la commune est desservie par une ligne de tramway des TIV reliant Rennes au Grand-Fougeray en passant notamment par Chartres, Noyal-sur-Seiche, Pont-Péan, Orgères, Chanteloup, Le Sel, Saulnières, Pancé, Bain et La Dominelais. Construite à partir de 1909 et mise en service en 1910, cette ligne à voie métrique, longue d’environ 64 km, est exploitée jusqu’à sa fermeture en 1937; les tramways y circulaient à une vitesse d’environ 25 km/h.
Comme de nombreuses communes françaises, Orgères est marquée par les deux conflits mondiaux. Le monument aux morts communal porte les noms des soldats morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale; à la suite de recherches menées au début des années 2020, cinq « poilus » originaires de la commune, jusque-là oubliés, ont été ajoutés à la liste et leurs noms gravés sur le monument. Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la nuit du 8 au, un bombardier léger de Havilland Mosquito de la Royal Air Force, engagé dans un raid sur les installations ferroviaires de Rennes, est touché par la DCA allemande et s’écrase à la Cour d’Orgères, entre Orgères et Saint-Erblon. Les deux membres de l’équipage, le Flight Lieutenant Harry Steere et le Flying Officer Kenneth William Gale, sont tués dans le crash et inhumés au cimetière de Saint-Erblon. En 2021, plusieurs voies du nouveau quartier des Prairies reçoivent leur nom (rue Harry-Steere, rue Kenneth-Gale, impasse de l’Avion-Mosquito). La commune inaugure, à la jonction de l’avenue des Prairies et de la rue Harry-Steere, une stèle commémorative en hommage aux deux aviateurs, en présence de leurs familles et de l’Association bretonne du souvenir aérien 39-45.
Dans la seconde moitié du siècle et au début du siècle, la commune connaît une croissance démographique soutenue, accompagnée d’une urbanisation progressive du centre-bourg et de la création de nouveaux quartiers résidentiels. Orgères se dote notamment d’un collège public, le collège Andrée-Récipon, qui ouvre ses portes le et accueille les élèves d’Orgères et de plusieurs communes voisines. À partir de la fin du XX siècle, Orgères connaît une forte croissance démographique liée à sa proximité avec Rennes et à son intégration dans Rennes Métropole. La commune compte 4 729 habitants et sa population a augmenté d’environ 31 % en dix ans. Cette dynamique s’accompagne de plusieurs opérations d’aménagement et de renouvellement urbain. La vie municipale est marquée au début des années 2020 par une série de démissions au sein du conseil municipal.
La presse locale fait état de démissions au conseil d’Orgères entraînant l’organisation de nouvelles élections municipales partielles. À l’issue de ces scrutins, Yannick Cochaud, dont la liste « Orgères, un nouvel élan » s’était déjà présentée aux élections municipales de 2020, est maire de la commune et siège également comme conseiller métropolitain à Rennes Métropole. Dans le domaine de la sécurité et de la tranquillité publique, le conseil municipal du vote le principe du déploiement d’un dispositif de vidéoprotection. Le projet prévoit l’installation de dix caméras sur différents points stratégiques de la commune, pour un coût estimé à 100 000 € HT, financé en partie par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). En 2024, les documents budgétaires municipaux confirment la poursuite de cet investissement, les dix caméras figurant parmi les opérations d’équipement programmées. Dans le cadre de la modification n°2 du plan local d’urbanisme intercommunal de Rennes Métropole, une enquête publique organisée entre 2024 et 2025 a porté, entre autres, sur l’évolution du zonage de la ZAC d’Orgerblon.
Le rapport de la commission d’enquête mentionne une opposition importante d’habitants à l’implantation prévue d’habitations d’accueil des gens du voyage sur ce secteur.
Patrimoine religieux
Le territoire communal conserve plusieurs témoins de l’ancienne organisation seigneuriale d’Orgères. Plusieurs fiefs y sont attestés, dont le manoir de l’Ourme, le manoir de Châtenay, la maison noble de la Guibertière et le manoir du Plessis. Le manoir de Bouharée constitue l’un des ensembles les mieux conservés: il possède notamment une tourelle circulaire d’époque moderne. L’édifice conserve plusieurs éléments notables: chapiteaux sculptés, contreforts médiévaux et mobilier des XVII–XIX siècles.
Le territoire communal compte également plusieurs croix de chemin, dont certaines remontent au XIX siècle, ainsi qu’une tradition locale liée à l’ermitage supposé de saint Martin au lieu-dit l’Hermitière. Un poste de télégraphe Chappe fut installé sur une hauteur d’Orgères à la fin de l’année 1832 et mis en service en. Il appartenait à la ligne Avranches–Rennes–Nantes, elle-même reliée au grand axe Paris–Brest. La station orgéroise assurait la transmission des signaux entre la station précédente de Laillé (La Renarderie) et celle de Noyal avant leur réception à Rennes.
La tour, progressivement envahie par la végétation, n’a subsisté qu’à l’état de vestiges au début du XXI siècle. Un projet de restauration, porté par la commune d’Orgères et le Conservatoire du Patrimoine Orgérois (CPO), vise depuis 2025 à consolider les vestiges, à restituer la silhouette de la station et à mettre en valeur ce patrimoine technique rare en Ille-et-Vilaine. La commune fut desservie au début du XX siècle par la ligne Rennes–Grand-Fougeray des Tramways d’Ille-et-Vilaine (TIV). Cette ligne à voie métrique, mise en service en 1910 et exploitée jusqu’en 1937, constituait un axe important pour les échanges régionaux.
Le château d’Orgères constitue l’un des principaux témoins de l’ancienne seigneurie du lieu. Un premier édifice est attesté dès l’époque moderne: il comprenait un pavillon principal encadré de deux pavillons latéraux, l’ensemble édifié en moellon de schiste avec encadrements en pierre de taille calcaire et couvertures en ardoise. L’édifice ancien fut en grande partie détruit par un incendie au début du XIX siècle.