Commercy
Histoire de Commercy
Commercy est une commune de Meuse, en Grand Est, qui compte 5 319 habitants. Commercy, signifie très certainement « cum marchia », « réunion de frontières », ou bien « lieu de rencontre de plusieurs états ».
L’emplacement où est située Commercy a été occupé dès le paléolithique ancien (côte de Bussy). L’existence de la ville n’est pas attestée avant le. À une époque où la cour est itinérante, les palais sont nombreux. Centre de fisc impérial, Commercy dispose d’un palais où s’arrête l’empereur carolingien Louis le Pieux vers 830. À la même époque, Brunon de Cologne dépose les reliques de saint Pantaléon dans l’église de Commercy. Le prieuré masculin Notre-Dame-du-Breuil aurait également été fondé à cette époque.
Son existence est attestée en 1090. Le seigneur de Commercy est à la fois le vassal de l’évêque de Metz, et donc de l’empereur, et des comtes de Champagne. À la suite du mariage de l’une des filles du comte de Sarrebruck avec Simon II de Commercy, la seigneurie de Commercy est rattachée au comté de Sarrebruck en 1247. En 1324, Jean de Sarrebruck octroie à la ville sa charte d’affranchissement, long document dont est extraite la devise de Commercy: « Qui mesure, dure ». Robert de Sarrebruck, qui hérite de son père Amé de Sarrebruck en 1414, sera sans doute le seigneur le plus célèbre de Commercy au Moyen Âge. Proche de Robert de Baudricourt, il défend la cause Armagnaque en Lorraine et sera adoubé chevalier au sacre de Charles VII.
À sa mort en 1341, la seigneurie de Commercy revient à son fils cadet Jean II. Il édifie un château, le Château-Haut. Les seigneurs du Château-Haut, descendants en ligne directe de Jean II jusqu’en 1525, prennent le titre de damoiseau. Son petit-fils Jean IV, comte de Sarrebruck, fait usage de son droit d’édifier un donjon à Commercy et, en 1345, bâtit le Château-Bas à quelques centaines de mètres de celui de Jean II. Le Château-Bas reste possession des comtes de Sarrebruck jusqu’en 1444, date à laquelle il est revendu. La division entre la seigneurie du Château-Bas et celle du Château-Haut perdure jusqu’au.
En 1544, Charles Quint tente une incursion en France et, après avoir mis dans Verdun une forte garnison allemande, s’empare, après quatre jours de siège, de Commercy:. En 1653, ce sont les Français qui font le siège de Commercy, après celui de Saint-Mihiel. En 1650, le cardinal de Retz reçoit en héritage la seigneurie du Château-Haut où il s’installe à partir de 1662. Endetté, il vend en 1665 ses droits de suzeraineté à Anne de Lorraine, princesse de Lillebonne et à son époux le duc de Lillebonne. À partir de 1670, la France, qui a annexé les Trois-Évêchés, revendique la seigneurie de Commercy.
L’armée française occupe la Lorraine jusqu’en 1697. Peu après la fin de l’occupation française, la princesse de Lillebonne fait don de ses droits sur Commercy à son fils Charles-François, qui, à son tour, les transmet au duc Léopold en 1702. Cette passation, contestée par la France, est confirmée en 1707 par la chambre royale de Metz. Léopold accorde l’usufruit de la seigneurie de Commercy à Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont. Ce dernier réalise d’importants travaux qui donnent à la ville son aspect actuel (avenue des Tilleuls, place du Fer-à-Cheval.). Il fait notamment détruire le Château-Haut afin d’en construire un nouveau à sa place.
En 1722, le duc de Lorraine Léopold acquiert la seigneurie du Château-Bas au terme d’un échange. Les deux seigneuries de Commercy sont alors finalement réunies. Léopold en cède l’usufruit à Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont, mais celui-ci décède quelques mois plus tard. La seigneurie retourne donc au duc de Lorraine. De 1723 à 1790, la ville accueille le bailliage de Commercy, une ancienne entité administrative du duché puis de la province de Lorraine, qui existe alors conjointement avec la principauté du même nom. Après la renonciation du duc François III à la Lorraine (en échange du grand-duché de Toscane), sa mère, la duchesse douairière Élisabeth-Charlotte d’Orléans, reçoit la principauté de Commercy à titre viager afin de pouvoir rester en Lorraine sans être soumise à l’autorité du nouveau duc, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV.
À sa mort le, la principauté de Commercy est réintégrée dans les possessions de Stanislas qui l’embellit. Commercy a pendant de nombreuses années été une ville de garnison, jusqu’à la dissolution en 2013 du régiment d’artillerie qui y était basé depuis sa création en 1964. Au cours des, il y a également eu un bataillon du régiment d’infanterie, le régiment de hussards (1889-1901, 1907-1912), le régiment de hussards (1890-1897), le régiment de dragons (1913-1914), le régiment d’infanterie (1914), le régiment de dragons (1919), le régiment d’artillerie (1947-1954), et le régiment de dragons (1956).
La ville a également accueilli le centre de sélection 6 pour le service militaire. Puis, une partie des jeunes Meusiens y faisaient leur Journée d’appel de préparation à la défense (JAPD). L’existence de la rue des Juifs et de l’impasse des juifs atteste d’une population juive installée de longue date dans la ville (celle-ci est mentionnée dans un document de 1324). Cette petite rue sinueuse est l’une des plus anciennes de la ville, située à l’ombre du clocher de l’église et sous la protection des seigneurs du château, dont le plus célèbre est le roi Stanislas, particulièrement favorable aux Juifs. Il s’agissait d’une petite communauté assez pauvre se consacrant au négoce (marchands de bestiaux et de chevaux). La rue des Juifs se poursuivait jusqu’au passage Carnot, dont elle a été séparée, et en partie détruite, lors du percement de la « rue Neuve » (l’actuelle avenue Stanislas) en 1715.
La maison Renaissance au 1 de l’actuelle « Rue des Juifs », traditionnellement appelée « maison des juifs » est une ancienne synagogue transformée en maison d’habitation après la Première Guerre mondiale. On remarque deux fenêtres représentant les tables de la Loi, ainsi que l’escalier extérieur menant à la galerie des dames. Henry Schumann a également retrouvé des traces d’un mikvé (bain rituel) dans le sous-sol. Dans le livre de René Barbaud Ces Meusiens d’avant nous, dans le chapitre intitulé « La rue des juifs de Commercy », on parle d’un juif prénommé Roboam habitant cette rue, qui se rend régulièrement à « la maison de prières » de son rabbin. Il ne s’agissait sans doute pas d’une synagogue comme on peut en voir dans les grandes villes, mais plutôt d’une simple maison d’habitation aménagée en synagogue. Il n’y a pas de cimetière juif à Commercy; les Juifs étaient enterrés dans une autre ville de la région.
Durant la Seconde Guerre mondiale sous l’occupation allemande, les Juifs de Commercy, dès, doivent porter avant l’heure un carré de tissu jaune cousu dans le dos (l’étoile jaune ne fait son apparition en Zone occupée le ). Ils sont décimés par les nazis. Le 17 novembre 2018 dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, plusieurs centaines de manifestants bloquent tous les accès de la ville. L’une de leur première décision collective est de construire une cabane sur la place Charles-de-Gaulle. Baptisé « Chalet de la solidarité », cette construction est un point de ralliement pour le mouvement.
Patrimoine religieux
Dans la ville, neuf monuments sont répertoriés aux monuments historiques, cinq sont classés et quatre sont inscrits à l’inventaire supplémentaire. Le monument aux morts de la guerre 1914-1918 à Commercy. La sculpture de Gaston Broquet représente un groupe de mitrailleurs sortant d’une tranchée face à l’ennemi et transportant leur mitrailleuse. La chapelle est dédiée à Jeanne-d’Arc.
Elle montre l’importance de l’héroïne dans la région. La statue de Jeanne d’Arc y a été placée par la société gymnastique, en 1933-34. L’église et le terrain d’alentour paraissent avoir été anciennement le seul lieu destiné à la sépulture des habitants chrétiens de Commercy (les riches à l’intérieur de l’église, et les pauvres à l’extérieur). Ce cimetière s’étendait davantage vers le château; ce fut Robert (860-923) qui le réduisit pour ses fortifications.
Au fur et à mesure de leur création, les bénédictins, les chanoines, les capucins, les religieuses et l’hôpital eurent leur cimetière particulier. L’actuel cimetière Saint-Sébastien fondé en 1600 se trouvait alors au milieu des champs et était primitivement réservé aux malades de la peste. Ce ne fut qu’en 1771 que, pour se conformer à l’édit du roi, le cimetière de Saint-Sébastien devint le lieu unique et exclusif de sépulture de toute la ville. Le cimetière Saint-Sébastien était, en 1789, divisé en trois parties.
La première et la plus grande servait aux catholiques, la seconde aux enfants morts sans baptême, et la troisième aux schismatiques. La Révolution (en 1789) fit disparaître ces différentes enceintes. En 1840, le cimetière a été agrandi et embelli, d’utiles allées y ont été établies.