Châteaulin

Histoire de Châteaulin

Châteaulin est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 5 144 habitants. bretonne traditionnelle à quatre côtés du Pays Rouzig La localité est attestée sous les formes suivantes: (Castellinum en 1038?), Castrum Castellin, Castellin et Montaneum qui vocatur Nin au et en 1305. Le nom signifie le « château du Pays de Nin » en français.

Nin est le nom de la butte portant le château, sur laquelle s’était retiré Saint Idunet. C’est également la forme normalisée préconisée par l’Office public de la langue bretonne. En breton, le nom des habitants est Kastelliniz au masculin (singulier: Kastellinad) et Kastellinadezed au féminin (singulier: Kastellinadez).

La ville est la capitale traditionnelle du Pays Rouzig qui doit son nom à la couleur rousse du droguet brun des hommes; c’est un tissu de laine et de lin. Dans la région de Châteaulin, plusieurs monuments mégalithiques ont été découverts. Pellay a étudié en 1928 les alignements du Ménez-Kelc’h (monts du Cercle) situés sur la commune de Cast. Les menhirs qui constituent ces alignements sont des blocs de schiste de 2 à de long alors que le sous-sol est constitué de grès armoricain. Ces blocs ont donc été transportés. Le Ménez-Hom a été prospecté par de nombreux chercheurs: Paul du Châtellier, Maurice Halna du Fretay, E. Flagelle, le commandant Devoir. D’après le docteur Vourch, « le nombre de tombelles et tumuli existants dans le Ménez-Hom est tel que seule l’image de vaste nécropole rend avec exactitude l’impression ressentie ».

Les tombelles sont disséminées du mont Saint-Gildas (près de Châteaulin) jusqu’à la montagne d’Argol. Paul du Chatellier signale un dolmen à Kerluan et un tumulus à au nord-est de Châteaulin. Des vestiges préhistoriques se rencontrent fréquemment dans les communes avoisinantes, comme à Cast ou à Dinéault. À l’époque celtique, les Osismes, peuple très puissant, occupaient à peu près le territoire actuel du Finistère. Les seuls vestiges qu’ils ont laissés dans la région de Châteaulin sont un camp à triple enceinte dans la montagne du Nevet à Locronan (longueur ). Après la victoire de César sur les Vénètes, Publius Crassus, craignant une nouvelle révolte, dota la Bretagne de voies de communication et d’innombrables camps et postes militaires. En raison de la position stratégique de Châteaulin, située entre Carhaix-Plouguer (centre de l’occupation romaine dans la Basse-Bretagne) et les presqu’îles de Crozon et du Cap Sizun, les Romains établirent un poste sur la butte du château. La découverte de tuiles à rebord et de briques témoigne de cette occupation romaine.

Deux voies romaines passaient par Châteaulin Ces voies permirent à l’Armorique de participer à la prospérité générale de l’Empire romain. Vers 485, saint Guénolé édifie son monastère à l’embouchure de l’Aulne. Vers 500, alors qu’il remonte les rives du fleuve nommé Hamn jusqu’à la montagne appelée Nin, il rencontre un saint homme du nom de Idunet. Ce dernier lui fit don des terres qu’il avait reçu du roi Gradlon, à savoir « la trève de Dinan, la trève de Cuhin, Caer, Choc, Lan-lunctat, la moitié de Gumenech ». On sait peu de choses sur Idunet: il aurait vécu dans une grotte en un lieu-dit dénommé « Nin », d’où provient le toponyme Castel-Nin, aujourd’hui Châteaulin. Ce qui est sûr, c’est que, en contrebas de la colline du Vieux-Bourg où s’élève la chapelle Notre-Dame, existait au Moyen Âge un prieuré dédié à saint Idunet et relevant de Landévennec. L’église locale l’honore comme saint et le représente couramment en diacre.

Il était invoqué autrefois pour l’abondance de pommes, on lui donnait en offrandes des barriques de cidre. Il avait sa fontaine, dans laquelle on puisait l’eau pour arroser les pommiers qui ne fructifiaient pas. La date de la fondation du prieuré n’est pas connue, elle se situerait au, dans un cadre de reconquête religieuse. Le rôle joué par les moines à cette époque sur la commune et ses environs demeure inconnu. Au, les moines abandonnent les fonctions curiales au clergé séculier mais conservent les biens et les revenus attachés au prieuré. Le dernier prieur de Châteaulin, dom Pierre Lemoyne, était également prieur de l’abbaye de Landévennec, qui à la fin du ne comptait plus que trois moines. La Révolution de 1789 entraîna la disparition de cette dernière et du prieuré de Châteaulin. La maison prieurale, devenue propriété de M.

Bois, fut vendue à la commune en 1824 pour servir de presbytère. La statue encastrée dans le mur du parking du presbytère est le seul témoignage à Châteaulin du prieuré, qui dépendait de l’abbaye de Landévennec. Elle représente un lion vu de profil et tenant entre les pattes avant un blason aux armes martelées. Une pierre attenante porte l’inscription suivante:. Cette statue se trouvait au sommet du pignon est de l’ancienne maison prieurale. Peu de gens savent que Châteaulin fut dotée d’un château et pourtant, sur les hauteurs de la ville, près du parking de la maison de retraite, subsistent quelques ruines et notamment une tour. La butte qu’enserraient l’Aulne et des étangs constituait un site de défense naturel. Pour se préserver des invasions et garder la voie de pénétration de la ville de l’Aulne, fut construite une motte féodale, constituée d’une butte de terre entourée de fossés.

Un comte de Cornouaille, probablement Budic castellin (de Châteaulin), y construisit un château fort. Lorsque la famille comtale de Cornouaille hérite en 1066 de la couronne ducale avec, la châtellenie de Châteaulin entre dans le domaine ducal. En 1084, le duc Alain Fergent fait don à l’abbaye de Landévennec des écluses, moulins et pêcheries de Châteaulin. À la fin du, pour favoriser l’essor de la ville autour du château-fort, les ducs de Bretagne avaient établi l’institution du « Convenant Franc au Duc »: le serf qui quittait son seigneur ne pouvait être poursuivi s’il se réfugiait à Châteaulin et y demeurait pendant un an et un jour sans en sortir. En 1163, Ruelen, vicomte du Faou enleva, vicomte de Léon et son fils, et s’enferma avec eux dans la forteresse de Châteaulin. Hamon, évêque de Léon, aidé par le duc de Bretagne, fit le siège de la ville et s’en rendit maître. En 1373, le château fut incendié par les Anglais avant leur départ devant l’avancée de l’armée royale de Guesclin. Il ne fut jamais reconstruit; ses ruines servirent de carrière pour la construction de maisons et même lors de l’agrandissement de la chapelle Notre-Dame.

En 1382 la châtellenie de Châteaulin fut concédée par le duc, ainsi que celles de Rosporden et Fouesnant, à Jeanne de Retz (née en 1331, décédée le 16 janvier 1406). En 1689, le château et sa motte furent donnés à Yves Bauguion, prêtre desservant de Notre-Dame pour y installer un hospice. Aujourd’hui, l’hospice a laissé la place à une maison de retraite. Vers 1250, Jean Le Roux, duc de Bretagne, entoure les terres du domaine ducal de Châteaulin d’un mur de 2,5 mètres de hauteur et long de, doublé d’un chemin de 3 mètres de large, dénommé par la suite le « Parc-au-Duc ». Ce vaste territoire, à cheval sur plusieurs paroisses, délimitait un haras sauvage. Ce mur, dont il reste encore quelques tronçons, se compose d’un muret de pierres sèches de environ. Il partait du château fort de Châteaulin et englobait une partie des terres de Cast, de Briec, de Lothey, de Châteaulin et la totalité de la paroisse de Saint-Coulitz. À une époque indéterminée, le parc de Châteaulin est devenu une unité administrative dont Saint-Coulitz fut le centre administratif.

Au cours des siècles, ce mur n’a cessé d’intriguer les paysans de la région. Une légende naquit selon laquelle ce serait le diable qui l’aurait construit en une nuit. Ce mur devint le « mur du Diable » ou moguer an diaoul en breton. Jusqu’au, on franchissait l’Aulne à gué. Il y avait plusieurs gués: à Rodaven, le gué Rodoe-aven (passage de la rivière); au bourg, Rodo-Los-Strat (passage du bas du chemin). Au, un pont bâti de maisons remplace les divers gués qui permettaient jusque-là de franchir l’Aulne et relie les trois petits bourgs: le Vieux-Bourg (sur la butte du château), Loc-Yonnet (sur la rive droite de l’Aulne, autour du prieuré Saint-Idunet) et Lostrat (sur la rive gauche, au pied du château et au débouché du chemin d’Ahès, ancienne voie romaine, venant de Carhaix) existants; la ville, désormais constituée, prend alors le nom de Kastell Nin, le château du pays de Nin. D’une longueur de et d’une largeur de 14, le pont enjambait la rivière en dix arches d’inégales longueurs, grossièrement bâties en pierres schisteuses jointes à l’argile… Les voûtes trop basses s’engorgeaient en période de crue et provoquaient l’inondation des bas quartiers de la ville. Sur sa face amont, il y avait.

Sur cinq d’entre eux étaient construites des maisons. La chaussée du pont était pavée. Des parapets la bordaient de part et d’autre sauf au centre du côté amont. Le tout était habillé de lierres et de broussailles. Il n’est pas certain que ce pont soit l’œuvre des moines de Landévennec, mais ce dont on est sûr, c’est que le prieur de Châteaulin en était propriétaire, ainsi que des habitations. Ce dernier percevait un droit de péage sur les animaux et les marchandises. La perception de ce droit devait servir en partie à l’entretien du pont, mais les prieurs successifs ignorèrent cette obligation. Finalement, le pont est partiellement détruit par une crue, le 25 décembre 1821.

Monsieur Bois, riche propriétaire, le fait alors reconstruire à ses frais, mais à la condition qu’il soit concessionnaire du droit de péage pendant 7 ans. Le Conseil municipal n’est pas très enthousiaste, mais n’ayant pas d’autre solution accepte la proposition. Le 1, Monsieur Bois commence la perception de son droit de péage. Le maire doit faire intervenir une compagnie de voltigeurs pour faire cesser les troubles… Finalement certains cultivateurs abandonnent les foires et marchés et les affaires commerciales de la ville tombent de moitié. En juillet 1824, la population se révolte à nouveau… et le maire décide d’en référer au Ministre. L’affaire fut prise en considération puisque l’État donna pour désintéresser la famille Bois. Jusqu’en 1540, les pêcheries de saumon appartiennent à l’abbaye de Landévennec à qui elles avaient été données à la fin du par le duc de Bretagne, dit Alain Fergent. Au, elle appartenait au roi qui, avec les moulins, les avait afféagés pour la somme de; elles étaient situées à deux cents mètres environ en amont de l’ancien pont, à la hauteur de l’actuelle poste; elles pêchaient (jusqu’à par an).

Au, les pêcheries prospèrent: en temps de carême le saumon frais est expédié jusqu’à Paris. Le saumon figurait sur le sceau de Châteaulin et l’on surnommait les Châteaulinois « Pen Eog », c’est-à-dire « têtes de saumons ». En 1672, Albert Jouvin de Rochefort écrit, parlant de Châteaulin: « Ce bourg est considérable pour deux choses: l’une pour ce qu’il y a des perrières d’ardoise très fine qu’on vient quérir des pays étrangers par mer (.) et l’autre pour la grande pesche des saulmons ». Vers 1780, trois châteaulinois (Montalembert, Vautier, Lelièvre) s’associent pour exploiter des perrières d’ardoise dans la région et engagent une cinquantaine d’ouvriers venus des Ardennes; d’autres ouvriers ardennais travaillent aussi à l’époque dans la carrière de Guily-Graz à Port-Launay; des carrières sont aussi au exploitées à Saint-Coulitz, Saint-Ségal, Lothey, Pleyben, le long de l’Aulne, les ardoises produites servant entre autres à couvrir les constructions de la marine royale dans le port de Brest, mais étant exportées jusqu’en Normandie par voie maritime à partir de Port-Launay (en 1840, par exemple, d’ardoises embarquent à Port-Launay à destination des ports de la rade de Brest et de la Manche. La pêcherie fut détruite en 1816, lors du creusement du canal de Nantes à Brest. L’Itinéraire complet du royaume de France, publié en 1822 pour sa, indique: « Ce qu’on appelle la ville ne renferme guère qu’une centaine de maisons mal alignées et mal bâties. Au moyen d’une digue qui barrait la rivière un peu au-dessus de ce pont, on y voit une ancienne pêcherie de saumons. (.) Il se fait en ce pays un grand commerce d’ardoises qu’on y vient chercher même de pays étrangers ».

La construction du canal de Nantes à Brest, ouvert en 1842, va faciliter le transport des ardoises, qui seront acheminées principalement par cet axe navigable jusqu’en 1914 et provoquer l’ouverture de nouvelles carrières plus en amont à Pont-Coblant en Gouézec, à Châteauneuf-du-Faou, à Saint-Goazec, à Spézet, etc. En 1848, Louis Guizien, entrepreneur de Châteaulin, ouvre une ardoisière à Poulpichon en Saint-Coulitz. En 1874, l’arrondissement de Châteaulin compte d’ardoises en exploitation, occupant en tout. Déjà en 1838, les carrières de Châteaulin, Saint-Coulitz, Lothey et Saint-Ségal sont si multiples qu’elles se touchent « presque l’une à l’autre », mais Camille Vallaux constate en 1905 que ces carrières sont « toutes, sans exception, abandonnées ». Max Radiguet, lors de son voyage à Brest vers 1865 (il prend le vapeur à Port-Launay), écrit qu’à Châteaulin « on voit au bord de l’eau, rangées en longues files (.), les minces plaques de schiste prêtes pour l’exportation ». Ancienne barre ducale, Châteaulin devint après le rattachement du duché au royaume de France en 1532, le siège d’une sénéchaussée royale dont la juridiction s’étendait sur 27 paroisses. L’auditoire et la geôle se trouvaient à l’emplacement actuel du tribunal, rue de l’église. De nombreuses juridictions seigneuriales rendaient leur justice dans la salle basse de l’auditoire.

L’activité judiciaire entraînait la présence de nombreux hommes de loi. L’aumônerie de Kerjean fut fondée par les Templiers qui s’établirent en Bretagne en 1130. Elle dépendait de la commanderie de Quimper, qui elle-même dépendait de celle de La Feuillée. L’aumônerie comprenait une maison charitable, une chapelle dite de Saint-Jean et quelques tenues. Elle était destinée à recevoir les pèlerins. L’établissement était également ouvert aux pauvres et aux malades. C’est là l’origine du village de Kerjean. La chapelle devint le centre d’un pèlerinage important, Saint Jean-Baptiste étant invoqué pour la guérison des maladies de la vue.

Le jour de la fête de Saint-Jean, les paroissiens de Dinéault et de Saint-Coulitz venaient, bannières en tête, assister au pardon. La chapelle était une église gothique avec transept et abside, pavée de « pierres vertes » et dont le campanile n’abritait qu’une seule cloche. Au milieu du la chapelle de Saint-Jean était dans un état de vétusté confinant à l’abandon. Depuis plus d’une siècle les ressources des Chevaliers de Malte ne leur permettaient plus d’entretenir la maison. L’aumônerie et ses dépendances furent cédées au vicaire perpétuel de Châteaulin qui les confia à un prêtre de la paroisse. En 1637, le chapelain de Kerjean fit construire une maison presbytérale. Sous la Révolution, la chapelle servit de magasin de salpêtre. Elle fut vendue comme bien national.

Vers 1836 un incendie la consuma. Ses pierres furent utilisées pour la construction d’une maison au village de Pennarun. Dans les années 1950, il ne subsistait de la maison presbytérale que quatre murs envahis par les herbes. En décembre 1593, pendant les guerres de la Ligue, le comte de Magnane, capitaine du duc de Mercœur, obtint du commandant de Quimper la permission de passer avec ses troupes par Châteaulin. « Après avoir examiné cette place, il s’avança de quelques lieues dans les terres et fit payer aux habitants des campagnes tout ce qu’il prit chez eux suivant le prix qu’on lui demanda. Mais le lendemain il revint sur ses pas, ravagea les environs de la ville, et pilla les habitants qui étaient tous riches, et qui avaient pour la plupart des meubles de prix et des tasses d’argent du poids de trois à quatre marcs; il employa quinze jours à les mettre à contribution, après lesquels, rappelé par le duc de Mercœur, il s’en retourna chargé de butin ». Lors des Guerres de la Ligue, en décembre 1593, après avoir saccagé la ville du Faou, « pendant quinze jours, les paroisses de Châteaulin, Plomodiern, Plounévez, Quéménéven, Locronan, furent en quelque sorte saignées à blanc par une soldatesque effrénée. Les brigands « raflèrent » tout ce qu’ils rencontrèrent, ne laissant après eux « que ce qui était trop chaud ou trop pesant » ».

Ces troupes de soldats brigands étaient commandées par Anne de Sanzay de la Magnane. C’est dans un contexte économique difficile que se déclenche en 1675, la révolte du papier timbré. La population est accablée par la hausse des impôts. De 1664 à 1675, douze nouvelles taxes sont créées pour subvenir aux besoins de. Ce dernier a en effet lancé de grands travaux qu’il faut financer (chantier colossal du château de Versailles, création de somptueux jardins par Le Nôtre…). Les guerres contre l’Espagne ou la Hollande (1672 – 1679) nécessitent de mobiliser des fonds. Il n’y eut pas de protestations au début. Mais en avril 1675, un vent de révolte, né à Bordeaux, se propage rapidement à Nantes, puis à Rennes.

Le mouvement gagne les campagnes de Basse Bretagne, Pontivy, Carhaix, Châteaulin, où les châteaux furent assiégés et pillés. À Nantes, c’est Goulven Salaün, bas-breton des environs de Châteaulin qui donna le signal en sonnant le tocsin à l’horloge de la ville. En Cornouaille, l’annonce de l’arrivée du marquis de La Coste, lieutenant du roi en Basse-Bretagne, chargé d’instaurer la gabelle (impôt sur le sel), fait l’effet d’une provocation (il est surnommé « Le Grand Gabeleur » »). Le matin du 9 juin 1675, le tocsin sonne aux clochers de Châteaulin et des paroisses avoisinantes. Les paysans d’une trentaine de paroisses se soulèvent et marchent vers la ville, armés de fourches, de bâtons ferrés, de fusils et de mousquets. Arrivés dans l’enceinte, sur la place aux bleds [blés], ils s’en prennent au marquis de La Coste, lieutenant du roi pour la Basse-Bretagne, surnommé par la population « le grand gabelleur », venu faire appliquer les nouveaux édits sur le tabac et le papier timbré. Le ton monte et les têtes s’échauffent, les noms d’oiseaux volent et les manifestants réclament la suppression des taxes honnies. de Tréouret a du mal à calmer les esprits, lorsqu’un grand silence s’établit.

Le marquis de La Coste arrive par la Grand Rue avec sa suite. Apostrophé violemment par un sergent qui semble être à la tête du mouvement, le lieutenant du roi pour la Basse-Bretagne lui passe son épée à travers le corps. La population exaspérée tire plusieurs coups de feu, blessant le marquis à l’épaule d’un coup de fusil. Ses hommes parviennent in-extremis à se réfugier avec lui dans une demeure amie, mais la maison est prise d’assaut et les émeutiers extorquent sous la contrainte des promesses de révocation des dits édits de la part du marquis de La Coste, qui parvient à quitter Châteaulin précipitamment pour se réfugier au château de Brest. On ne sait pas exactement le nombre de paysans mobilisés lors de cette révolte qui dura trois mois. D’après une lettre du duc de Chaulnes, cinq ou six cents des plus mutinés veulent rompre les ponts pour empêcher qu’on aille à eux. Cette révolte fut l’une des plus sanglantes de l’histoire de la Bretagne. Mais les villes se désolidarisèrent du mouvement paysan.

Ce sera l’une des faiblesses de la Révolte du papier timbré, également appelée Révolte des Bonnets rouges en référence à la couleur des bonnets que portaient les paysans. En 1692, « le Roi accorda à dom Mathurin Hervé, religieux, prieur de Châteaulin, la permission de faire relever les moulins et fours banaux tombés en ruine et de forcer les vassaux à s’en servir, conformément à l’article 379 de la coutume de Bretagne ». Jean-Baptiste Ogée écrit en 1778 que la ville compte et qu’elle possède « une juridiction royale, une subdélégation, une brigade de maréchaussée, deux postes, l’une aux lettres et l’autre aux chevaux, et un marché par semaine ». Une nuit de l’année 1778, des marchands de vaches qui étaient logés dans la maison, assassinèrent l’aubergiste de Prat-Guivarc’h (sur la route de Quimper à Brest à l’entrée de Châteaulin) et sa femme pour les voler. Les voleurs furent pris, conduits à Quimper et par jugement prévôtal, ils furent condamnés « à être pendus et étranglés jusqu’à ce que mort s’ensuive à une potence qui serait pour cet effet, dressé au lieu ordinaire de la ville, après quoi leurs corps seraient exposés sur le lieu de leur crime ». D’un grain très fin et belle, l’ardoise de Châteaulin (Men glaz, « pierre bleue ») fut utilisée depuis au moins le; transportée jusqu’à Brest par des voiliers (la plupart des carrières se trouvaient alors entre Châteaulin et Port-Launay), elle était expédiée jusqu’en Normandie (pour couvrir par exemple l’église Saint-Maclou à Rouen) et en Angleterre. Les ardoises étaient grossièrement débitées par les carriers « perroyeurs » avant d’être façonnées par les couvreurs En 1780, une cinquantaine de carriers originaires des Ardennes arrivèrent dans la région de Châteaulin et commencèrent à ouvrir des ardoisières plus en amont dans la vallée de l’Aulne, par exemple à Guily Glaz en Saint-Hernin et à Pont-Coblant.

Selon Louis Charpentier, dans une monographie intitulée « De Funnay à Ty Mur. Mémorable aventure d’Escailleurs ardennais qui s’en furent au pays d’Armor, exploiter les pierres d’ardoises », vers 1777 des Ardennais, venant principalement de la région de Fumay, vinrent trouver du travail dans les ardoisières de la vallée de l’Aulne, apportant avec eux l’art de mieux tailler l’ardoise. Dans l’impossibilité de trouver leur lieu réel d’origine, P.-A. Limon les surnomme « Parisiens » dans son livre « Usages et règlements locaux en vigueur dans le Finistère » publié en 1857, et les ardoises bretonnes furent surnommées « parisiennes ». Cette immigration concerna principalement les communes de Port-Launay, Châteaulin, Lopérec, Saint-Coulitz, Pleyben, Lothey, Gouézec, Lennon, Spézet, Motreff, Châteauneuf-du-Faou et Saint-Goazec. Les noms de famille se sont transformés au fil du temps: les Waslet sont devenus Voachelet, Les Lefèvre sont devenus Lefeuvre, les Bouchy Bouché, etc. Pierre Louis Le Gac de Lansalut, seigneur de Kerhervé, sénéchal de Châteaulin, assisté d’un interprète pour traduite du breton en français, convoqua l’assemblée générale du tiers-état de la sénéchaussée de Châteaulin, réunissant représentant les trois villes (Châteaulin, Le Faou, Locronan) et les paroisses rurales, le 1. Celle-ci désigna pour la représenter à Carhaix lors de l’élection des députés du tiers état aux États généraux de 1789 quatre délégués de Châteaulin (Pierre Louis Le Gac de Lansalut, Jean-Marie Le Golias de Rosgrand, Thomas Fénigan, Gilles Cozic de Pennanguer), deux de Hanvec (Urbain de leissegues de Légerville, Yves Nouvel), un de Saint-Thois (Alain du Boishardy) et Jacques de leissegues de Kergadio, procureur du Roi au siège royal de Châteaulin.

Jean-Marie Le Golias de Rosgrand, avocat à Châteaulin, fut élu député du tiers état aux États généraux de 1789 pour les cinq sénéchaussées de Carhaix, Châteauneuf-du-Faou, Châteaulin, Gourin et Quimperlé, puis à l’Assemblée constituante; il fut maire de Châteaulin en 1795, administrateur (entre 1792 et 1797) du district de Châteaulin (créé par la loi du 26 février 1790), et enfin sous-préfet de Châteaulin. Par la loi du 18 juillet 1792, la paroisse de Châteaulin est agrandie, annexant des hameaux qui dépendaient jusque-là de la paroisse de Saint-Ségal (« le Port Launay et dépendances, les villages de Lauvaidic, Tyraden, Tynevez, Coscannec, Krendraon et Kerpleiben »), d’autres de celle de Plomodiern (« les villages de Penhaon, Coatinion, Pemcines, Pénéran et le Moulin-Neuf ») et un distrait de celle de Cast (Cornahoal). Par ailleurs « tous les villages de cette dernière paroisse situés en deçà du grand chemin qui conduit de Châteaulin à Quimper (.) feront partie de la paroisse de Saint-Coulitz, réunie comme succursale à Châteaulin ». En 1793, tout ce qui rappelle le passé doit être détruit. Le calendrier républicain a remplacé le calendrier grégorien. À la demande de la « Société populaire de Châteaulin », présidée par Le Beslond et dont le secrétaire est Thomas Fenigan, laquelle apporte son soutien à la Convention montagnarde et annonce le (25 octobre 1793) que volontaires de la ville sont partis pou écraser les Vendéen, Châteaulin va porter les noms de Cité-sur-Aône, de Montagne-sur-Aône et de Ville-sur-Aône, ce dernier nom étant finalement retenu le. La ville retrouvera son nom quelques années plus tard. Alain Bohan, juge à Châteaulin, député du Finistère lors de l’Assemblée législative, puis lors de la Convention, est exclu de cette dernière après le 31 mai 1793, mais réintégré après le; il fut aussi député du Conseil des Cinq-Cents sous le Directoire.

Située sur la place de l’église, exiguë, elle n’avait que deux pièces, une pour les hommes et une pour les femmes. Selon un rapport de 1817, elle contenait souvent une vingtaine de prisonniers, voire plus. En 1909 un rapport du sous-préfet indique qu’elle manque d’aération, de lumière et souffre de l’humidité. Le 8 janvier 1824, près de se retrouvent à la foire de Châteaulin. À la fin de celle-ci, trois à quatre cents paysans forcent les barrières du péage qui venait d’être établi sur le pont franchissant l’Aulne, dont la reconstruction avait été financée par un particulier, le sieur Bois, moyennant la concession d’un péage pendant sept années. Châteaulin se développe dans les premières décennies du; A. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi la ville en 1843 Au début du la mise en place du réseau ferroviaire et le développement routier permettent l’ouverture de centres d’extraction situés plus à l’est ainsi qu’en plein cœur des Montagnes Noires.

Sous le Second Empire, l’activité dominante de Châteaulin reste l’industrie ardoisière. Elle emploie une centaine de carriers dans les carrières de Lostang, du château, de la Grande Carrière… Mais cette situation ne va malheureusement pas durer. En effet, le canal de Nantes à Brest, qui dans un premier temps a permis à cette industrie de se développer, va lui porter préjudice, puisque l’extraction peut maintenant se faire beaucoup plus en amont, sur Lothey, Châteauneuf… L’agriculture est le second grand employeur, mais la situation des journaliers est précaire, puisque le travail est saisonnier. En ville, on trouve surtout de petits commerces: bouchers, boulangers, pharmaciens, cabaretiers… À ces derniers s’ajoutent les professions liées à la présence du tribunal d’instance: juges, avocats, avoués, greffiers… Ils constituent, avec les docteurs et quelques gros marchands, la bourgeoisie châteaulinoise. Le marché couvert de Châteaulin (dénommé de noos jours « les Halles »), construit selon les plans de l’architecte Jules Boyer, ouvre en 1867. C’est en 1864 que s’effectue la construction de la ligne Nantes / Quimper / Landerneau par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. C’est de cette période que date le viaduc de Kerlobret et la gare que l’on appelle la gare d’Orléans.

Quelques années plus tard, elle est reliée avec la ligne du Réseau breton, en provenance de Carhaix. C’est dans le but de mettre fin à l’isolement du Centre-Bretagne, qui souffrait d’un manque évident de voies de communication, que fut décidée à la fin du la construction d’un réseau de chemin de fer à voie étroite (voie d’un mètre de large). C’est la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest qui prit en charge les travaux qui s’étalèrent de 1886 à 1925, mais par convention du 5 mars 1886, elle en confia l’exploitation à la Société Générale des Chemins de Fer Économiques (S.E.). Ainsi naissait le réseau breton. Le 2 août 1906, la ligne Carhaix / Châteaulin-ville est mise en service entre Pleyben et la gare de Châteaulin-Ville. Mais le raccordement entre Châteaulin ville et la gare d’Orléans (Gare de Châteaulin-Embranchement), ne se fera qu’en 1907, après la construction du viaduc du centre-ville sur l’Aulne, en 1906. La liaison entre les deux gares est inaugurée le 15 décembre 1907. Le train servait au transport de voyageurs et de marchandises, notamment agricoles.

Après la Deuxième Guerre mondiale, âge d’or de la production de plants de pommes de terre, un à trois trains quittaient Châteaulin tous les soirs, remplis de pommes de terre. Dans les années 1960, le dépeuplement des campagnes, le développement de la motorisation individuelle, sont deux des raisons de la dégradation financière du Réseau Breton… Le 10 avril 1967, le trafic voyageur est supprimé ainsi que tout trafic sur la ligne de Camaret. En septembre 1967, c’est la fermeture effective des lignes Carhaix / Châteaulin et Carhaix / Loudéac au trafic des marchandises, marquant la fin du Réseau Breton. Le chemin de fer a ainsi permis le développement économique de la région. Outre la pomme de terre, on expédiait du blé, des bestiaux, de l’ardoise… et on importait houille et engrais marin. Le soir du 3, jour de foire et de pardon à Châteaulin, le corps ensanglanté de Marie-Louise Madec, trente deux ans, est retrouvé dans un fossé sur la vieille route de Pleyben par un cultivateur de retour du pardon, Corentin Le Foll, qui est suspecté dans un premier temps, ses vêtements étant maculés de sang car il a saisi à bras-le-corps le cadavre lorsqu’il l’a trouvé. Les soupçons se portent vite sur Marc Morvan, un soupirant éconduit de la victime, dont il avoue le meurtre de dix coups de couteaux ainsi que le viol nécrophile. Il est condamné à mort le 11 par la Cour d’assises du Finistère et son exécution est prévue sur l’une des places publiques de Châteaulin, mais il est gracié par le président de la République Mac-Mahon.

Il passa 40 ans de sa vie au bagne. « La brutalité des mœurs du pays [de Châteaulin], entretenue par l’usage excessif des boissons fortes, constitue une menace permanente contre la paix publique » affirme un procureur en 1877. Châteaulin fut la ville électrifiée de l’Ouest et la de France après Bellegarde-sur-Valserine, La Roche-sur-Foron et Bourganeuf. L’usine hydroélectrique mise en service le 20 mars 1887 fut construite par la « Société Châteaulinoise d’Éclairage Électrique », dont messieurs Armand Chauvel, Armand Gassis et Gustave Benoist étaient administrateurs, près de l’écluse de Coatigrac’h, sur la rive gauche du Canal de Nantes à Brest, en Saint-Coulitz, ce qui permit à Châteaulin d’être la 4ème ville de France à être électrifiée; quelques exploitations agricoles de Saint-Coulitz en bénéficièrent également. Cette usine est décrite ainsi lors de sa mise en service Le 20 mars 1887, l’usine électrique est inaugurée en grande pompe. auraient assisté à cette grande fête où de nombreuses distractions furent offertes: courses de chevaux sur les routes de Port-Launay et de Quimper, concert par la musique municipale, danses au biniou, allumage des lampes des abonnés, banquet à la halle au blé rassemblant … La fête s’est terminée par un feu d’artifice. Châteaulin fut pendant très longtemps associée au vélo avec le Circuit de l’Aulne, à la pêche au saumon, à la pomme de terre et à la carte postale avec les éditions Jos Le Doaré.

Le viaduc ferroviaire de Châteaulin, un pont curviligne de 165 mètres de long, en pierre de kersantite et granite de Pontivy, est construit en 1905-1906 par Eugène Sanson, ingénieur des Ponts et Chaussées afin de relier la ligne Carhaix-Châteaulin du réseau breton à la gare de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. L’hôtel de ville de Châteaulin, sur la rive droite de l’Aulne, qui a remplacé une ancienne mairie vétuste, est construit entre 1912 et 1925 (les travaux ont été interrompus pendant la Première Guerre mondiale) selon les plans de l’architecte Charles Chaussepied à proximité de l’ancienne halle aux blés construite en 1867 qu’il fallut en partie démolir; dominé par un beffroi, tous les services rayonnent autour du vestibule central. L’entreprise Jos, installée sur les bords de l’Aulne depuis plus de 100 ans, diffuse ses cartes postales sur l’ensemble de la Bretagne. Aujourd’hui, les cartes réalisées par la famille Le Doaré (Jean-Marie Le Doaré puis son fils Jos Le Doaré) sont bien souvent le témoin d’une époque qui n’est pas si vieille et qui pourtant nous paraît bien loin. L’entreprise a su se diversifier avec la vente de cartes de vœux, de cartes messages, de posters, de livres, de bandes dessinée. Le monument aux morts de Châteaulin porte les noms de 129 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Trois d’entre eux au moins (Jean Coatalem, René Donnou, François Tromeur) sont morts sur le front belge lors de la Course à la mer en 1914; quatre d’entre eux au moins (Jean Coathalem, Yves Gendron, Albert Huet, Jean Léostic) sont morts dans les Balkans alors qu’ils faisaient partie de l’Armée française d’Orient; quatre d’entre eux au moins (André Boucher, Jean Denniélou, Pierre Le Roy, Pierre Nédélec) sont disparus en mer; un au moins (Jean Moré) est mort en captivité en Allemagne; la plupart des autres sont décédés sur le sol français. Une bannière en l’honneur de Notre-Dame de Kerluan représente sur une de ses faces la Vierge allaitante et porte l’inscription « Reconnaissance 1914-1918 » et sur son autre face un soldat en uniforme bleu horizon fléchissant un genou devant l’apparition du Sacré-Cœur; elle a été offerte par Marianne Suignard (de Quélennec), en reconnaissance du retour vivant en 1918 de ses trois fils, Yves, Jean et Sébastien Baugion, nés d’un premier mariage et se trouve dans l’église paroissiale Saint-Idunet.

Jean Moulin, le futur chef de la Résistance intérieure française, fut sous-préfet de Châteaulin entre 1930 et 1932, fréquentant des poètes comme Saint-Pol-Roux à Camaret et Max Jacob à Quimper. Châteaulin est occupé par les Allemands le 19. La ville occupe une position stratégique car c’est à l’époque un carrefour ferroviaire permettant entre autres l’accès à la presqu’île de Crozon et l’acheminement des matériaux nécessaires à la construction du Mur de l’Atlantique. Le 29, un avion de nationalité inconnue mitraille la gare et la ville de Châteaulin. Le 14, la gare de Châteaulin, qui est alors un nœud ferroviaire, est mitraillée sans faire de dégâts, ni de victimes. Par contre le mitraillage d’un train de marchandise dans la même gare le 21 provoque la mort de deux civils et fait aussi trois blessés. Un autre mitraillage près de Châteaulin le 1 provoque la mort d’un civil français, père de sept enfants, et blesse deux personnes. Dans la nuit du 9 au 10, trois résistants réfractaires du STO, capturés le 28 à Lopérec et dans le bois de Bodriec en Loqueffret, Jean Cavaloc, né le 5 à Lopérec, réfractaire au STO, est emprisonné puis fusillé après avoir été atrocement torturé dans la cave située sous la chapelle de l’école Saint-Louis de Châteaulin, ainsi que deux autres résistants François Toullec, de Brennilis, 20 ans, et François Salaün, de Loqueffret, 22 ans.

des deux maquis de Saint-Goazec -Spézet et Penarpont Le 10, les Allemands minent le pont de Châteaulin afin de ralentir la progression des troupes alliées et couvrir leur retraite vers la presqu’île de Crozon; avant de quitter la ville, ils mirent le feu à l’école des filles; c’est grâce à l’intervention de Sébastien Duval, qui sectionna les câbles avant la mise à feu, que le pont et la ville furent sauvés. Avec l’aide d’Emile Bénéat, d’Auguste Rouland et sous la protection de Marcel Charlès père et fils, il démina le pont et jeta les explosifs dans le canal. La ville est libérée le 11 par le bataillon « Stalingrad », formé de résistants FTPF du maquis de Saint-Goazec – Spézet, commandé par Auguste Le Guillou, qui créa aussi le maquis de Penarpont. La première compagnie du bataillon « Stalingrad », commandée par Fernand Bouyer, prit aussi part aux combats. Eugène Littoux, un membre de la compagnie du bataillon Stalingrad, a raconté l’histoire du bataillon « Stalingrad ». Dans la vallée de l’Aulne, les groupes de résistants avaient pris des noms de « compagnie » ou « bataillon »: le « bataillon « Normandie » » dans la région de Châteauneuf-du-Faou, la « compagnie « Bayeux » » dans la région de Laz -Trégourez – Coray, les « compagnies « Cartouche » et « Surcouf » » dans le secteur de Leuhan – Cast – Pleyben, les « compagnies « Ténacité », « Victoire » et « Châteaulin » », toutes regroupées au sein du « bataillon « Stalingrad » ». C’est ce bataillon qui occupa Châteaulin le 11 août 1944 après le départ des Allemands.

Le monument aux morts de Châteaulin porte les noms de 22 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les résistants châteaulinois décédés, Robert Alba, Pierre Jaffret, Jean Galès, Marcel Milin, Louis Kernéis, Émile Baley. Le 29, une Fête de la Libération est organisée à Châteaulin. Hervé Mao, qui participa aux combats de la Résistance, notamment à la libération de Châteaulin, dans la « compagnie De Gaulle » au sein du « bataillon Stalingrad », est élu maire en avril 1945 et le resta jusqu’en 1971. Un châteaulinois, Auguste Queffelec est mort des suites de ses blessures pendant la Guerre d’Indochine et un autre, Pierre Grollier, est mort pour la France pendant la Guerre d’Algérie. Pendant la décennie 1950, Châteaulin fut le premier centre français d’expédition de pommes de terre de semence et la gare connût alors un trafic marchandises notable. L’actuel hôtel des postes de Châteaulin est achevé en 1956; le bâtiment, construit selon les plans de l’architecte Edme-Pierre Derrouch, fut inauguré le 22 avril 1956 par Guy Mollet, alors président du Conseil. En raison de la fermeture de la ligne ferroviaire du réseau breton en 1967, le viaduc franchissant l’Aulne est transformé en viaduc routier, à voie unique, dans le sens nord-sud.

L’emprise de l’ancienne voie ferrée est transformée par endroits en sentier de randonnée. La piscine de Rodaven, construite par l’architecte brestois Philippe Bévérina, ouvre en 1972. Elle a fermé en 2020, remplacée par une nouvelle piscine. Les premières courses de vélocipèdes, organisées dans le cadre des Fêtes du pardon, furent organisées le 14 juillet 1889. Coatval créa le « Véloce Club Châteaulinois » en 1893, puis l' »Union vélocipédique bretonne » en 1894. La petite course cycliste de pardon, le « Grand prix de Châteaulin », créée en 1933 (son vainqueur en 1934 est Jean-Marie Goasmat) par Bertrand Côme, est rebaptisé « Circuit de l’ Aulne » en 1935. Les spectateurs venaient de tout le département, voire de plus loin, admirer les grands noms du cyclisme français, mais aussi les grands du cyclisme international (parmi ses vainqueurs Louison Bobet en 1949 et 1953, Rik Van Steenbergen en 1952, Rik Van Looy en 1962 et 1963, Raymond Poulidor en 1967, Jacques Anquetil en 1968, Eddy Merckx en 1966, 1969 et 1975, Bernard Hinault en 1978 et 1979, etc.). Ce qui fut le plus grand critérium de la région a été remplacé en 1999 par « Les Boucles de l’Aulne – Grand Prix Le Télégramme », course professionnelle UCI.

Les championnats de France de cyclisme sur route furent organisés à Châteaulin en 1955 (vainqueur: André Darrigade), en 1959 (Valentin Huot), en 1964 (Jean Stablinski) et en 1986 (Yvon Madiot). Des étapes du Tour de France cycliste Châteaulin-Châteaulin contre-la-montre ont vu la victoire de Charly Gaul en 1958 et de Raymond Poulidor en 1965 et deux étapes en ligne ont eu leur arrivée à Châteaulin en 1965 et 1982.

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Population

5.144 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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