Penmarch
Histoire de Penmarch
Penmarch est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 5 130 habitants. a voulu faire allusion à ce sens étymologique sur les arêtes du contrefort sud-ouest de la tour du clocher sculptés de crossettes figurant deux chevaux en buste. Le nom de la localité est attesté sous les formes Trebotref vers 1330, Tuortre Nabat en 1349. Penmarc’h est composé du breton ‘, tête et ‘, cheval, d’où sa signification de « tête de cheval ».
Ce nom pourrait faire référence à la forme de sa côte. Autrefois, l’ensemble du pays Bigouden était nommé Cap Caval ou Tête de Cheval, cap étant issu de l’occitan cap, tête lui-même issu du latin caput. Cet usage est attesté pour la première fois en français en 1529, chez Jean Parmentier dans son Journal du voyage.
De 1793 à 1801, le nom officiel de la commune s’est orthographié Peunmarch, est défendue par la mairie depuis 2018. C’est aussi la forme retenue par la Bibliothèque nationale de France, la presse locale, et la mairie elle-même sur son site. La forme usitée en breton est Penmarc’h, avec le signe « c’h ».
Celle-ci est attestée depuis.
Deux tumuli, aujourd’hui presque entièrement disparus se trouvaient à Rosmeur, près de la plage de Pors-Carn. Ils furent fouillés par Armand René du Châtellier en 1861, puis par son fils Paul du Châtellier en 1878: le plus grand culminait alors à pour un diamètre variant de 33 à, le plus petit, fortement écrêté, n’avait plus qu’1,4 mètre de haut pour de diamètre. Ils furent à nouveau fouillés en 1921 par Pierre Favret, Georges A. Le plus grand tumulus « abritait deux sépultures mégalithiques côte à côte (.) dans un cairn de pierrailles de l’ordre de x ». De nos jours, il n’en subsiste pas grand-chose: le petit tumulus, désormais situé dans le parc d’une villa dénommée « Ker Tumulus Rosmeur », se devine à peine; du plus grand tumulus, il ne subsiste qu’un bout d’allée couverte situé dans un jardin privé. Une tête de déesse mère gallo-romaine provenant de ce grand tumulus se trouve au Musée de la Préhistoire finistérienne de Penmarc’h. Paul du Châtellier fouilla aussi le tumulus de la Pointe de La Torche, situé dans la commune voisine de Plomeur., avant 1914; la légende indique à tort « Un menhir à Saint-Jean-Trolimon »).
Les deux menhirs de Kerscaven. Plusieurs autres mégalithes existant à Penmarc’h ont été détruits: un grand dolmen se trouvait à Penanguer, près de Kerity; un menhir de de haut à proximité de la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie, et, non loin de là, un alignement de trois ou quatre rangées de menhirs, démolis vers 1850; un menhir de de haut se trouvait à Kerscaven; un cromlech entourait le moulin à vent de La Madeleine et un tumulus se trouvait à proximité, etc. Entre 1919 et 1922, Bénard Le Pontois organisa des campagnes de fouilles à Penmarc’h, aboutissant à la découverte du menhir couché de Kervédal (à proximité duquel se trouvait un cromlech), de la défense mégalithique de Porz-Tibor, des monuments de Feunteunigou et de Poulguen-Bihan. Le tumulus du Poulguen a été classé monument historique par arrêté du 10 novembre 1921. Il contient un dolmen en « T » avec deux chambres perpendiculaires au couloir d’entrée. Haut de et large de à l’origine, il a été réduit de tous côtés par les carriers, mais a conservé sa couverture de pierres (cairn) et de terre (tumulus). C’est pour abriter le résultat de ces fouilles que fut créé en 1924 à Penmarch le Musée de la Préhistoire finistérienne. Penmarc’h correspond peut-être au cap Kabaïon, découvert par le Grec Pythéas au avant notre ère
Une voie romaine partant de Civitas aquilonia (quartier de Locmaria à Quimper) aboutissait à Kérity en Penmarc’h en passant par Pont-l’Abbé. publiée dans Totius Galliae descriptio, cum parte Angliae, Germaniae, Flandriae, Brabantiae, Italiae, Romam usque en 1561 représentant Penmarc’h comme une île. En 1308-1309, des barques de Saint-Guénolé sont mentionnées cinq fois à Bordeaux, quatre fois à Libourne. En 1395, on recense 116 foyers de pêcheurs à Tréoultré, Coëtcanton, de Pratauron, de Keraulan et de Kercaradec. Sur les portulans de la fin du Moyen Âge, par erreur, Penmarc’h est représenté comme une île faisant partie du chapelet des îles du Ponant entre Groix et Sein. en bas-relief (église Saint-Nonna). Penmarc’h était aux une des villes les plus prospères de Bretagne et sa population avoisinait alors les. C’est qu’à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Penmarc’h, on trouvait à une certaine époque de l’année un banc considérable de morues dont la pêche était fort lucrative.
« Les [sécheries de poisson] les plus importantes [de Basse-Bretagne] étaient celles du Cap-Caval où l’on préparait le « merlu de Penmarck ». Elles firent la richesse de cette ville, grand port de commerce jusqu’au XVIe siècle. (.) Après les merlus, on séchait aussi les congres, les juliennes et les maquereaux. (.) Les sécheries du Cap-Caval appartenaient à la puissante baronnie du Pont et au marquisat de Pont-Croix. (.) Un mémoire de 1709, basé sur un aveu de Pierre du Pont du 29 mars 1480 et un autre aveu d’Hélène de Rohan du 11 novembre 1494 établit que; les seigneurs de Pont-l’Abbé affermaient ces droits aux pêcheurs locaux moyennant la perception de droits. (.) Les sécheries de poisson de Basse-Bretagne, et celles des merlus de Penmarck particulièrement) perdirent leur importance lorsque commença la pêche en Islande et à Terre-Neuve ». La grande rade qui servait de port à Penmarc’h est celle de Kérity, protégée par les îlots rocheux des Étocs et qui formeit un mouillage sûr en eau profonde. Toussaint de Saint-Luc écrit en 1665: « les plus grands vaisseaux peuvent y être en toute marée sur dix brasses d’eau ».
Ce fut le centre principal de l’activité maritime de Penmarc’h aux XVe siècle et XVIe siècle. Jusqu’au milieu du XVe siècle, les marins de Penmarc’h pratiquent un cabotage qui les mène jusqu’en Normandie et en Angleterre, et jusqu’à la frontière espagnole. Grâce à la fin de la Guerre de Cent Ans, Penmarc’h est entre 1450 et 1560 un des tout premiers ports européens, fréquentant Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Libourne, et les ports de Flandre et de Zélande (Arnemuiden et Walcheren principalement). Les navires penmarchais fréquentent aussi les ports picards, anglais, gallois et même irlandais. À partir du début du XVIe siècle, ils vont même jusqu’à Lisbonne, San Lucar (avant-port de Cadix) et Séville. La ville était tellement tournée vers le commerce maritime que les terres environnantes étaient laissées en friche et que l’autorité dut intervenir pour en exiger la culture. René de Rieux, dit Sourdéac, qui fut gouverneur de Brest et marquis d’Ouessant à la fin du XVIe siècle décrit ainsi la prospérité de Penmarc’h à la fin du Moyen Âge Henry Reverdy décrit ainsi l’ancienne prospérité de Penmarc’h
Dans l’église paroissiale Saint-Nonna, le bénitier de la famille Le Coguen, offert lors du baptême d’Urbane Le Coguen le 16 octobre 1620, est orné d’un blason présentant des cupules de glands, ce qui illustre la profession de fabricant de teintures de cette famille (les cupules de glands servaient à fabriquer une teinture verte). Un autre bénitier est orné d’une inscription: Le Flaman, ce qui illustre les relations des marins de Penmarc’h avec la Flandre à cette époque. En 1483, selon Yann Brekilien, de Penmarc’h font escale dans le seul port d’Arnemuiden, et en 1533-1534 270 bateaux, selon Serge Duigou; en voici un extrait traduit du breton Selon Donatien Laurent, la gwerz Penmarc’h (il en existe six versions assez différentes les unes des autres) raconte la destruction en une seule nuit, un 24 novembre, de la flotte d’Audierne, qui rentrait de Bordeaux, à la suite probablement d’une méprise: à la suite d’une tempête, les marins, attirés par le feu allumé dans le clocher de Penmarc’h, virent leurs bateaux se fracasser sur les rochers des Étocs. Les veuves d’Audierne, (au nombre de 147 ou 138, ou 100, selon les versions) allèrent ensevelir leurs morts à Plozévet, chacune portant un drap blanc. Un seul bateau, Ar maout gwenn (Le mouton blanc) aurait échappé au naufrage. L’année de ces naufrages est inconnue, mais plusieurs indices concordants laissent supposer la fin de la Bretagne ducale (fin XVe siècle ou début XVIe siècle). Entre 1520 et 1539, on comptabilise chaque année en moyenne 20 escales de navires de Penmarc’h à Arnemuiden, y déchargeant vin, blé, sel et merlus des sécheries du Cap Caval (à partir de la fin du XVe siècle s’y ajoute le pastel), et chargeant des harengs pour le retour.
D’autres bateaux sont armés par « Loctudy » (en fait l’Île-Tudy car l’agglomération de Loctudy n’existe qu’à partir du XIXe siècle), Pont-l’Abbé, Bénodet (jusqu’au Premier Empire inclus, le terme de « Bénodet » désigne indistinctement les deux rives de l’embouchure de l’Odet, comprenant donc Tugdual (Sainte-Marine, Tugdual est le saint patron de Combrit-Sainte-Marine). « Quand on parle de Penmarc’h à cette époque, il s’agit en fait de l’équivalent d’un quartier maritime qui va de Léchiagat à Pors-Carn. Un maître de bateau de Treffiagat inscrit son bateau à Bordeaux comme étant de Penmarc’h ». Jean Fonteneau, dit Alfonse écrit vers 1544: « Penmarc est un grand peuple et ont force navires, les meilleurs de toute la Basse-Bretagne ». Le nombre des navires de Penmarc’h est alors estimé à environ 300 embarcations de tous tonnages. Le chanoine Moreau a écrit: « Les habitants de Penmarc’h, lors en grand nombre, se glorifiaient de leurs forces, car ils pouvaient bien fournir deux mille cinq cents arquebusiers, comme voulant faire une république à part ». Les maîtres de barque penmarchais armaient des escaffes (barques de faible tonnage), des carvelles (de 60 à 70 tonneaux en général) qui étaient les plus nombreuses, et des caraques (de plus de 100 tonneaux et ayant un équipage d’une vingtaine de marins. Les familles Le Boutin, Le Boucal, Le Paign, Le Parfaict, Le Taro, etc., ont fourni de nombreux maîtres de barque, dénommés encore « marchands-mariniers ».
Les noms attribués les plus fréquemment à leurs bateaux sont Nonna (ou Nonne), Guénolé (ou Guynolé), Marie, Trémeur, Pierre, Magdeleine, c’est-à-dire les noms des saints patrons de la paroisse de Tréoultré et des chapelles avoisinantes. Émile Souvestre écrit même: « Si l’on se rapporte à la tradition du pays, Penmarc’h fut autrefois aussi considérable que Nantes ». Selon Serge Duigou, il faut revoir des chiffres: la population de Penmarc’h aurait atteint environ vers le milieu du XVIe siècle et n’aurait plus été que de environ dans la première moitié du XVIIe siècle (estimations obtenues en multipliant par 27, la durée moyenne de vie à l’époque est de 27 ans, le nombre moyen annuel des naissances); la décadence se serait ensuite poursuivie: le nombre moyen annuel des baptêmes n’était plus que d’une cinquantaine vers 1630. Cependant la ville continua à exporter vers l’Espagne des farines et des poissons secs. À Bordeaux, en 1589-1590, les navires venus d’Audierne sont plus nombreux que ceux venus de Penmarc’h. Penmarc’h est aussi alors supplanté par l’Île-Tudy. Camille Vallaux en a analysé ainsi les causes: « La légende a exagéré l’importance du vieux Penmarc’h et s’est souvent trompée sur les causes de sa ruine. Le territoire du Cap Caval n’a jamais eu de grosse agglomération urbaine, comme le prouve la dispersion des centres de groupement.
Aucune cause physique ne peut expliquer la dévastation de ce coin terrestre. La prospérité du Cap Caval était fondée sur les pêcheurs et les sécheries de « poissons de carême », auxquelles la découverte de Terre-Neuve et surtout les guerres espagnoles du XVIe siècle ont porté un coup dont elles n’ont pas su se relever. Le commerce de Penmarc’h dérivait de la pêche et la flottille penmarchaise sur toutes les côtes de Bretagne les produits de la pêche et autres marchandises ». Mais le coup de grâce fut porté à la cité en 1595 par le célèbre brigand Guy Éder de La Fontenelle, qui avait fait de l’îlot fortifié de l’île Tristan situé en baie de Douarnenez son repaire. Il s’empara de la ville sans trop de difficulté, celle-ci ne possédant pas d’enceinte fortifiée, mais étant uniquement défendue par deux forts environnés de palissades et de retranchements: le fort de Kérity et l’église fortifiée de Tréoultré. Cependant il eut recours à la ruse. En effet, il se permit de rendre une visite de courtoisie, le lendemain du pardon, aux habitants de Penmarc’h, n’étant accompagné que d’une vingtaine d’hommes non armés, et joua même aux quilles avec les Penmarchais. Il gagna ainsi toute leur confiance et eut tout loisir d’inspecter leurs défenses.
Pourtant les habitants auraient dû se méfier de lui en raison des nombreux méfaits et crimes qu’il avait déjà commis par le passé. Il revint quelques mois plus tard mais cette fois-ci accompagné d’une troupe bien plus nombreuse et mieux armée constituée de soldats. Après s’être emparé du fort de Kérity et de l’église fortifiée de Tréoultré, il massacra les habitants qui s’y étaient retranchés avec leurs biens, s’y croyant en sûreté. « Ce fut près du grand autel qu’ils firent une horrible boucherie des habitants qui s’étaient presque tous réfugiés autour de la nef où ils avaient dressé leurs lits ». Ceux qui échappèrent à la tuerie furent faits prisonniers. Il fit un riche butin, les habitants les plus fortunés ayant daigné trouver refuge à Brest, qu’il fit charger dans des navires qui prirent la direction du fort de Douarnenez en Penmarch est sergent féodé dépendant du baron du Pont pour la paroisse de Penmarch. En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Pennemach [Penmarch] de fournir 12 hommes et de payer 78 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». La plupart des naufrages survenus dans les parages de Penmarc’h, certainement très nombreux, n’ont laissé aucune trace dans l’histoire, ni d’épaves indentifiable.
Quelques exceptions toutefois: des canons hollandais trouvés par des plongeurs près de la tourelle du Menhir (en face du phare d’Eckmühl) et dont deux exemplaires ont été sortis des eaux, qui portent l’un la date de 1615 (il se trouve sur l’une des terrasses du château de Brest), l’autre de 1618 (il est exposé devant le vieux phare de Penmarc’h), ont été identifiés comme appartenant au Zeeridder, un escorteur hollandais de 20 canons et 80 hommes d’équipage chargé de la protection des navires marchands, disparu après avoir quitté le port de Bordeaux le 3 novembre 1629. Parmi les autres naufrages et échouages connus, à titre d’exemples car on ne peut pas les citer tous, le 4 décembre 1734 la Marie, de Saint-Brieuc, fit naufrage près de Notre-Dame-de-la-Joie et, le même jour, le Saint-Florent, de Nantes, un bateau de 300 tonneaux, sur la même côte de Penmarc’h: sur les 41 hommes d’équipage, 15 seulement furent sauvés et se réfugièrent chez Yves Calloch, de Saint-Vio (en Tréguennec), qui leur donna tous les secours possibles; le 29 décembre 1734 c’est le Britannia, de Londres, un navire de 70 tonneaux, qui s’échouait à son tour sur la côte de Penmarch. Le 22 novembre 1737 c’est le Jeune Paon, d’Amsterdam, un bateau de 150 tonneaux, qui se brisa sur les Étocs. Le 22 septembre 1740 La Société, de Nantes, 80 tonneaux, se brisa sur la côte de Kérity (un seul survivant parmi les 17 hommes de l’équipage) et le 10 décembre 1740 l’Emmanuel, un navire de 100 tonneaux de Copenhague, se brisa sur la côte de Keryvion en Penmarch. Le 25 janvier 1743 l’ Espérance, de Bréhat, s’échoua à Penmarch et le 31 octobre 1743 Les trois bons amis, un bateau de Rotterdam de 80 tonneaux, se brisa sur la côte de Penmarc’h; le 4 décembre 1743, la Providence, de Bayonne se brisa sur les Étocs (4 marins furent noyés) et le Saint-Jacques, de Landerneau, le même joue au même endroit. Le 23 avril 1746 c’est au tour du Saint-Michel-Archange, de Pont-l’Abbé, 60 tonneaux, de s’échouer sur les Étocs pour éviter des corsaires anglais qui néanmoins le pillèrent. En 1753, à Tréguennec, des bandes de paysans des paroisses de Penmarc’h et de Plonéour pillent l’épave du Phénix, un navire échoué venu d’Irlande. (1783): Penmarc’h et ses environs.
Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1754, le Jeune Brasseur, d’Amsterdam, échoué à Penmarc’h, est pillé systématiquement par les riverains, notamment les trois-quarts d’une cargaison de vin, représentant en tout 651 barriques. La nuit suivante, 50 des 240 barriques sauvées par l’Amirauté de Quimper, et placées sous la garde du procureur terrien local, disparurent. Des perquisitions eurent lieu et cinq hommes furent arrêtés le 14 août 1754 et condamnés le 1 juillet 1755; parmi eux Nicolas Le Garrec et Guy Le Pape (5 ans de bannissement et 50 livres d’amende; Hervé Le Pape, procureur terrien de la paroisse de Plomeur, est condamné à mort, mais la sentence ne fut pas exécutée et il fut libéré sous caution en 1756. En 1770, lors du naufrage du Polly et Nancy, « dix hommes de Penmarch vinrent au secours des marins au péril de leur vie » dirent les naufragés, mais le navire fut ensuite pillé». L’Amirauté de Quimper a recensé 333 échouages de navires entre 1723 et 1791, mais combien d’autres n’ont pas été recensés? La pointe de Penmarc’h, la presqu’île de Crozon, le Raz de Sein et Plozévet détiennent le taux le plus élevé de naufrages. La réorganisation des paroisses en 1791 entraîne l’attribution à Penmarc’h de 9 villages de la partie occidentale de Plomeur, y compris la chapelle de la Madeleine, et l’incorporation de la trève de Saint-Guénolé. Penmarc’h, au territoire jusque-là réduit au voisinage du bourg et à l’agglomération de Kérity et Saint-Pierre s’agrandit donc fortement.
La commune créée en 1792 reprit les limites de la paroisse modifiées l’année précédente. La municipalité de la commune de Penmarc’h est créée le 9 décembre 1792. Le 23 août 1794, à la suite d’un combat contre des bateaux anglais, la frégate Volontaire s’échoue près de la Pointe de la Torche. Son épave a été retrouvée en 2020. Le 18 mars 1811, un convoi de 19 bâtiments, chargés de vivres pour la Marine, acculés par des bateaux anglais en rade de Kérity-Penmarch et en passe d’être brûlés, parvient à se réfugier à Audierne et Bénodet., Isidore Taylor, Alphonse de Cailleux). Aux, l’importance des ruines frappe l’imagination des voyageurs. Jacques Cambry écrit (à tort): « J’ai parlé des ruines de Penmarck, elles annoncent une très-grande population; elles sont pour les habitans du pays les ruines de la ville d’Is ».
Le chevalier de Fréminville les décrit ainsi en 1835: « Vers le soir, je vis se dessiner à l’horizon un amas de ruines que surmontaient de distance en distance les tours massives de quelques grandes églises: c’était la ville de Kérity-Penmarc’h, jadis imposante et florissante, aujourd’hui abandonnée ». Varin, continuateurs de Jean-Baptiste Ogée écrivent en 1853: « Penmarc’h n’offre plus aujourd’hui que des ruines au milieu desquelles il serait difficile de retrouver la rue des Argentiers, la rue des Merciers qui autrefois étaient le centre de cette population industrieuse. Çà et là cependant, on voit encore quelques vieilles maisons, reconnaissables à leurs mâchicoulis et à leurs portes armoriées ». Jean-François Brousmiche écrit pour sa part, après avoir visité Penmarc’h en 1830 ou 1831, laissant lui aussi libre cours à son imagination: « Si l’on en croit les habitants de Kérity-Penamrc’h, la ville florissante dont le hameau faisait partie s’étendait bien au-delà des limites que la mer assigne aujourd’hui; elle en a, disent-ils, envahi une partie. Ils affirment que l’on distingue facilement sur la masse des rochers nommée « Les Étocs » des débris d’habitations; qu’à marée basse on peut encore descendre les marches d’escaliers qui sont entièrement conservées ». Il ajoute: « C’est partout de vastes édifices écroulés, des maisons à ras du sol, des murs de clôture éboulés. (.) Les champs sont clos avec des linteaux de porte, des manteaux, des jambages de cheminées, des pierres ayant servi au revêtement des croisées ». Victor Segalen éprouve la même impression à la fin du dans ce texte datant de 1899
En 1835 est mis en service le premier phare (appelé désormais « vieux phare ») de Penmarc’h. Alfred de Kerillis décrit ainsi Penmarc’h en 1844 Sur son territoire, on voit peu d’héritages» qui soient clôturés, à moins qu’ils ne se trouvent sur le territoire de la vieille cité, où les débris des murailles, des maisons, cernent les portions qui sont labourées. Les portions, surtout des terres rapprochées du rivage, qui n’ont que des dunes pour briser la vague dont sans elles on les verrait couvertes, sont bornées par de simples sillons, par une pierre seulement. Varin, continuateurs de Jean-Baptiste Ogée, sont beaucoup moins optimistes à propos de l’agriculture locale, écrivant: « Les engrais de mer permettent à l’agriculteur de cette commune de récolter (.) quelque blé; mais, faute de renouveler les semences, la qualité de cette céréale va tous les jours en s’affaiblissant. Les engrais domestiques sont employés comme combustible. À l’exception de quelques mûriers verts, on ne voit point d’arbres dans cette commune; les arbres à fruit sont inconnus et il faut aller à plus de quatre lieues chercher les bois de construction. De ce fait, en l’espace d’un demi-siècle, la population triple, et passe de en 1861 à en 1911.
La fin du est marquée par l’édification du phare d’Eckmühl, haut de et dont l’éclairage porte en moyenne à. En avril 1872, un rapport du Conseil général du Finistère indique l’ouverture d’une école de filles à Penmarch. Ce jour-là, le Préfet du Finistère, Gustave Levainville, vient pique-niquer en famille sur le plus haut rocher de Saint-Guénolé: une vague déferlante emporte sa femme, sa fille et fait trois autres victimes de sa famille. Une croix fut scellée dans la roche pour commémorer cette tragédie; les complaintes de l’époque s’emparèrent de ce fait-divers et le rocher concerné prit le nom de Roche des victimes ou Rocher du Préfet. Le 5 avril 1871 une violent coup de vent provoqua un drame de la mer faisant en tout quinze victimes: « Trois chaloupes seraient perdues, deux autres auraient disparu sans qu’on sache ce qu’elles sont devenues. Le Pierre, de Kérity, était monté de huit hommes qui ont tous péri. Sept de ces malheureux étaient pères de famille et laissent entre eux jusqu’à trente enfants qui vont se trouver sans ressources. Une seconde chaloupe, commandée par Bérou, du Guilvinec, compte sept morts.
La troisième, nommée Daniel, jetée sur les sables de La Torche par la tempête, a été sauvée sans que les hommes aient péri ». La gwerz dit (en langue bretonne): « Malloz a raon da Penmarkis, Goulou en noz en ho ilis » (« Malédiction aux gens de Penmarc’h, Qui ont des feus la nuit dans leurs églises »). Nous voyons bien, dans ces deux citations, qu’il s’agit là plus de légendes rapportées et de témoignages de l’imaginaire collectif que d’éléments factuels s’appuyant sur des vérités historiques sourcées ou identifiées clairement par des témoignages fiables. Toutefois Auguste Dupouy évoque dans un livre publié en 1920 un naufrage survenu vers 1885: « Il y a trente-cinq ans de cela, un vapeur chargé de victuailles vint s’échouer, par temps de brume, au beau milieu des Étocs. Malgré le froid (on était en décembre), malgré la douane (d’aucun disent: grâce à elle), on en fit le pillage en règle, sans scaphandrier. Pendant des semaines ce fut dans tout Penmarc’h une débauche d’ananas, de goyave et de prunes confites.
Les coupables furent emprisonnés copieusement. Le même auteur écrit aussi: « En septembre 1918, à la marée d’équinoxe, des sacs de farine américaine vinrent, par milliers, à la côte. Il y avait eu, cet été, des semaines sans pain dans les ports. Hommes, femmes, enfants, vieillards aux jambes flageolantes, mais au regard de rapaces, tout Penmarc’h était sur les roches, avec des crocs, avec des lignes, se démenant dans l’écume et l’embryon. Un douanier ou deux firent mine d’intervenir, de prendre les noms des délinquants. Vaine menace: ils étaient trop. Le 3 octobre 1874, le corps totalement défiguré de Bertrand Bodéré, est retrouvé le matin sur un bas-côté de la route. Son épouse, Marie-Jeanne Bodéré, réputée ivrogne, mère dénaturée, se livrant à la prostitution, etc.
est vite suspectée et une perquisition effectuée à son domicile permet de retrouver une jupe tachée de sang. Elle reconnaît finalement, avec la complicité de son amant Jean Le Goff, avoir fait boire son mari plus que de raison chez un cabaretier du village, puis, sur le chemin du retour vers leur domicile, lui avoir fait manger un gâteau empoisonné au sulfate de cuivre, avant de l’assommer à l’aide d’une grosse pierre, et d’exiger de son amant qu’il en fasse autant. Son plus jeune enfant, âgé d’environ un an, est, de plus, trouvé mort d’inanition, faute de soins, le lendemain du meurtre. Marie-Jeanne Bodéré est condamnée à mort (sa peine fut commuée aux travaux forcés à perpétuité par le président de la République Mac-Mahon) et Jean Le Goff aux travaux forcés à perpétuité. Dans le dossier de demande de grâce concernant Marie-Jeanne Bodéré écrit par les magistrats quimpérois pour le ministère de la Justice, il est écrit que son exécution aurait valeur d’exemple « au milieu de ces populations à demi barbares » car il est temps de faire régner l’ordre et la justice dans cette « contrée sauvage »! Fin, la construction de 67 écoles de hameaux a été autorisée dans le Finistère par deux décrets Alexandre Nicolaï décrit ainsi Penmarch en 1893 « Sans qu’on puisse parler d’école ou de groupe comme à Concarneau ou à Pont-Aven, un grand nombre de peintres de ces écoles ou indépendants s’arrêtent et travaillent à Penmarc’h au ainsi qu’au début du ».
Le 9 janvier 1903, Le Coz, curé de Penmarc’h, fait partie des 31 prêtres du diocèse de Quimper dont les traitements sont retenus par décision du gouvernement Combes « tant qu’ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l’enseignement du catéchisme » car ils utilisaient le breton. Pourtant, en réponse à une enquête menée en 1902 par Dubillard, évêque de Quimper et de Léon, l’abbé Le Coz écrivait: « Le français parlé à Penmarc’h par un nombre restreint d’individus ne s’élève pas au-dessus du langage employé pour les choses usuelles de la vie (.). De plus, si nos marins-pècheurs s’avisaient de faire, à bord de leurs bateaux, les commandements en une autre langue que la langue bretonne, comprise de tous, ce serait une cause de naufrages nombreux ». La tempête se poursuit les jours suivants: le 5, vers 3 heures ½ du matin, les habitants de Saint-Guénolé étaient chassés de leur demeure par l’envahissement des eaux. Une lame de fond emporta une cabane en planches, près du poste de douane, dans laquelle s’était réfugié un jeune marin de 17 ans, Michel Cornec, qui fut noyé. Le journal L’Ouest-Éclair écrit: « Le tiers des terres de la commune de Penmarc’h a été inondé et les infortunés habitants de Saint-Guénolé, Saint-Pierre et Kérity ont eu leurs récoltes complètement perdues. Les digues construites à Kérity et aux environs ont été enlevées et les étangs, desséchés à si grands frais, ne sont plus maintenant qu’une vaste paline de sable et de limon ». En raison de sa situation péninsulaire particulièrement exposée aux tempêtes, plusieurs stations de sauvetage furent créées sur le territoire de la commune de Penmarch: celle de Kérity ouvrit le 25 novembre 1868, son canot étant abrité dans une petite maison-abri, construite par les Ponts et Chaussées, perpendiculaire au rivage; orientée vers le sud, elle disposait d’une petite cale de lancement (enfouie depuis des années sous le sable).
ce dernier se faisant directement donc sur la plage, relativement sans difficultés car le sable est relativement dur. Le premier canot de sauvetage, dénommé Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron (mais l’usage prévalut de le dénommer seulement Comte Foucher), en bois, long de et à dix avirons, fut remplacé en 1900 par un autre canot du même nom qui resta en service jusqu’en 1947, date de la fermeture de cette station de sauvetage. C’est ce second Comte Foucher qui se retourna lors d’une sortie en mer en 1925, l’accident faisant 7 noyés parmi les sauveteurs, mais le canot fut réparé et reprit du service. La station de sauvetage de Saint-Guénolé est créée en 1889: la maison-abri est située à l’est du port; son canot de sauvetage, dénommé Maman Poydenot est financé par le mari de celle-ci, Jean Bernard Paul Poydenot, qui décéda en 1890. C’est un canot en bois, à voile et à dix avirons qui resta en fonctions (il fallait le tirer sur la grève sablonneuse) jusqu’en 1952, alors remplacé par un canot à moteur, le Capitaine de vaisseau Richard, canot à moteur long de, installé dans un nouvel abri situé cette fois à l’ouest du port et équipé d’une rampe de lancement. Le Prince d’Eckmühl, long de, lui succède en 1995 et est amarré au fond du port. La station de sauvetage de Saint-Pierre est fondée en 1901. Le premier canot de sauvetage est baptisé Papa Poydenot, en l’honneur de l’époux de la donatrice, Madame Poydenot.
C’est, comme à Kérity et à Saint-Guénolé, un canot en bois et à dix avirons. En 1913, il est remplacé par le Léon Dufour qui connut deux accidents, l’un le 23 (il se retourna dans les brisants de « La Jument » en se portant au secours de deux bateaux de pêche de Saint-Pierre et perdit alors 8 hommes d’équipage) et en 1929 (son gouvernail se brise alors qu’il se porte au secours du trois-mâts polonais Pomorze). La station de Saint-Pierre ferma en 1944, étant, comme celle de Kérity, moins sollicitée depuis la mise en service en 1927 d’un canot de sauvetage à moteur, le Vice-amiral Duperré dans le port voisin du Guilvinec. La liste des sauvetages effectués est si longue qu’elle ne peut être énumérée de manière exhaustive. Le 10 décembre 1888, le Petit-Louis, un brick-goélette de Saint-Nazaire, se perd sur le rocher du Pellun, à deux milles à l’ouest du phare de penmarch. Le canot de sauvetage de Kérity recueille les 5 homes d’aquipage réfugiés à bord du canot du bord. Dans la nuit du 8 au 9 décembre 1890, le Louise-Jenny, un cargo mixte (à vapeur et à voile) parti de Bordeaux à destination du Havre, se perd dans la brume en face de Penmarc’h et s’échoue sur les Étocs; 21 hommes d’équipage sont secourus par la chaloupe Sainte-Thumette; une cinquantaine d’habitants de Penmarc’h et des environs furent condamnés, souvent surpris en flagrant délit, par le tribunal de Quimper pour avoir volé, les semaines suivantes, vivres et objets divers sur l’épave échouée. En 1892, la station de sauvetage de Kérity reçoit le prix Baron de Joëst pour le double sauvetage des équipages des chaloupes de pêche La Marie le 2 et Cuirassier de Reichshoffen le 5 novembre 1892.
La même station de sauvetage reçoit en 1900 le prix Vice-Amiral Baron Méquet pour le sauvetage des 10 hommes d’équipage du vapeur Saint-Jean le 30 décembre 1899 et le même prix à nouveau en 1903 pour le sauvetage de l’équipage de la chaloupe L’Angélique le 25 et le secours apporté au trois-mâts Breteuil le 7 janvier 1903. Le 30 décembre 1912, les 8 hommes d’équipage du chalutier Notre-Dame-de-Penhors sont sauvés par le canot de sauvetage de Kérity. Le 23 mai 1925, deux bateaux de pêche de Kérity, le Saint-Louis et le Berceau de Saint-Pierre chavirent par mauvais temps près du port. Les canots de sauvetage de Kérity et de Saint-Pierre se portent à leur secours, mais chavirent à leur tour près de la roche La Jument. Ces accidents firent en tout 27 victimes, 12 pêcheurs et 15 canotiers; dix marins furent sauvés par deux bateaux de pêche qui se trouvaient à proximité, le Gérard Samuel et L’Arche d’alliance. Le 9 juin 1926, un petit yacht anglais, le Curlow, monté par trois hommes d’équipage, était en situation critique, désemparé avec sa voile déchirée, alors que le vent soufflait avec force; les marins se croyaient devant Bénodet alors qu’ils étaient à environ deux milles au sud-ouest du phare de la Jument. Ils furent secourus par l’André-Jeanne, bateau de pêche de Kérity-Penmarch, commandé par Larnicol, et conduits au port de Loctudy. Le 29 décembre 1929, un trois-mâts polonais, le Pomorze, long de, en perdition dans le chenal des Étocs, est secouru par les trois canots de sauvetage de Penmarch et celui du Guilvinec qui recueillent son équipage.
Le bateau, pris en remorque par un remorqueur, fut finalement sauvé. En août 1937, un caboteur pinardier en difficulté, le Saint-Marcel, perdit une quinzaine de barriques de vin qui s’échouèrent sur la plage du Steir Poulguen. Un certain nombre de pemmarchais furent ivres-morts ce jour-là, avant que les forces de l’ordre n’intervinssent. Henry Reverdy décrit ainsi la crise sardinière en 1903 Femmes, enfants et même parfois hommes tentent de survivre notamment en fabriquant de la guipure (ou du « picot »). En 1909, Penmarc’h compte 189 bateaux de pêche et 864 pêcheurs, qui pêchent cette année-là de maquereaux, de sardines, de poissons divers, de homards et langoustes; ce désaccord entraîna des incidents, par exemple des pêcheurs du Guuilvinec vinrent saboter des paniers de poissons et des conserveries à Saint-Guénolé et la condamnation des pêcheurs de saint-Guénolé qui avaient enfreint l’interdiction par le tribunal correctionnel de Quimper. Une grève d’une durée d’un mois et demi éclata à Penmarch au printemps 1927, les pêcheurs réclamant la suppression du Comptoir d’achat créé par les usiniers afin de réguler les prix d’achat des sardines; cette grève est ainsi décrite par Ilya Ehrenbourg Dans un article paru le 20 janvier 1933 et intitulé La grande misère des pêcheurs des côtes bretonnes, le journal L’Ouest-Éclair décrit la grande misère des pêcheurs du Guilvinec et de Penmarc’h contraints d’émigrer ou de s’engager dans la Marine nationale et ajoute: « Il faut ajouter aux deux ports précédemment cités ceux de Lesconil, l’Île-Tudy et Sainte-Marine, qui ne sont pas mieux partagés tant s’en faut ».
En 1934, Penmarc’h compte 331 bateaux de pêche (c’est l’année record) dont 157 voiliers et 174 bateaux à moteur (les premiers bateaux à moteur sont apparus en 1924); c’est aussi à partir de 1934 qu’apparaissent les premiers malamoks: Saint-Guénolé en abrite 10 en 1936, 16 en 1939, 24 en 1945; Kérity 6 en 1939, 7 en 1945. En 1934, Penmarc’h compte 10 conserveries: 8 à Saint-Guénolé (Cassegrain, Chancerelle, Griffon, Le Hénaff, Rio Le Gall, Roulland, Tirot, Gracier) et 2 à Kérity (Roussel, Saupiquet), ainsi qu’un chantier naval. Mais la plaque commémorative apposée dans l’église Saint-Nonna est beaucoup plus complète, elle porte 203 noms de soldats et marins originaires de Penmarc’h morts pour la France pendant ce conflit mondial. L’Amérique, un chalutier reconverti en patrouilleur auxiliaire sauta sur une mine déposée par le sous-marin allemand UC-36 (KL Gustav Buch) le 24 mars 1917 devant Penmarch. Le transport américain Covington fut torpillé par un navire allemand le 1 juillet 1918 à 130 milles au large de Penmarch. Plusieurs autres navires ont été coulés devant Penmarch: le Berwind (un bateau civil affrété par l’US Navy et chargé d’approvisionner les Alliés en charbon), le Lake Placid (il transportait de la farine), tous deux coulés par le sous-marin allemand U-88; le War Patrol; le Château Laffite, coulé par le sous-marin allemand U84; etc. (leurs épaves ont été retrouvées). Vincent-Marie Hélias et Michel Le Pape, marins à bord de l’ Inkerman, un chalutier armé de la classe Navarin, venant d’être construit par les Canadiens à Fort William, font partie des victimes de la disparition de l’ Inkerman et du Cerisoles lors de leur traversée du Lac Supérieur alors qu’ils s’apprêtaient à rejoindre la France le 24 novembre 1918.
« Depuis la fin du XIXe siècle des cirques et des manèges ont pris l’habitude de s’installer à proximité de la chapelle au moment du pardon. Le spectacle des Bigoudens et Bigoudènes en costume de fête devant les tréteaux des termajis (forains), les montreurs de lanterne magique, séduira plus d’un peintre ». André Chevrillon décrit ainsi Penmarc’h en 1920 dans la « Revue des Deux Mondes » Le même auteur décrit ainsi le pardon de Notre-Dame-de-la-Joie en 1920 Plus loin André Chevrillon évoque, toujours dans le même article, le début de la déchristianisation des pêcheurs en parlant de ceux qui participent au pardon de Notre-Dame-de-la-Joie Le journal L’Ouest-Éclair écrit le 26 juin 1939 que « les nombreux producteurs de pois des palues de Penmarch, Plomeur, Saint-Jean et Tréguennec, dont la récolte des pois est la principale, sinon la seule, ressource, après l’année désastreuse de 1938, ne pourront guère améliorer leur sort cette année ». Le journal L’Humanité écrivait déjà en 1935: « C’est la misère aussi chez les petits paysans que le Crédit agricole menace de saisies, menace aiguë chez les petits producteurs de pois de Plomeur, Penmarch, Saint-Jean, razziés férocement par le patronat de la conserve ». La Fête des Cormorans existait déjà en 1921, comme en témoigne le long article du journal Le Journal les décrivant cette année-là, ainsi que ces photographies prises la même année par l’agence Rol
Dans son live « D’ouvrier à patron, la vie d’un Bigouden entre 1914 et 2014 », Pierre Boënnec indique que la première reine des Cormorans fut Marie-Jeanne Le Coz, de Saint-Guénolé, et que celle-ci fit le tour de la commune dans une charrette traînée par des bœufs; il décrit aussi son travail de sertisseur à l’usine Roulland (située à Saint-Guénolé), la campagne des petits pois, les conserves de sardines et la vie quotidienne à Penmarc’h à cette époque. En 1960, un nouveau terrain de football, le stade municipal, équipé d’une tribune pouvant contenir 800 spectateurs, fut construit. Paul Lederlin, un industriel du textile en Moselle qui fut aussi sénateur de Corse, possédait une propriété, le château des Goélands, à Saint-Guénolé, et un yacht de luxe qui faisait régulièrement escale à Kérity ou à Saint-Guénolé. Il prêta dans la décennie 1930 de l’argent à plusieurs pêcheurs locaux afin de leur permettre d’acheter un bateau de pêche. qui étaient à bord du Huerta (titre du journal La Dépêche de Brest et de l’Ouest) Le 23 octobre 1937, à la suite de la chute de Gijón, 120 réfugiés républicains espagnols, dont plusieurs officiers de l’armée républicaine, à bord du chalutier Huerta cherchent à gagner un port français, mais est victime de la tempête à proximité de Penmarch. Malgré une mer déchaînée, trois bateaux de Penmarch, le Léon Dufour, le Saint-Thomas et le Cassiopée vont à son secours et ramènent à terre tous les hommes. Les sauveteurs furent félicités et les patrons des trois bateaux furent reçus à la Sorbonne en 1938, pour y être décorés de la médaille d’or de la Société centrale de sauvetage des naufragés.
Le 20 juin 1940, une colonne blindée allemande entra dans Penmarc’h, à 12 h 30. Les occupants s’installèrent dans l’ancienne école de Pénity, au nombre de 200 environ. Très vite les Allemands prirent des mesures de restrictions des libertés essentielles, comme l’interdiction de la circulation motorisée, des rassemblements de plus de trois personnes et le fameux couvre-feu. Bientôt, les vélos, tolérés dans un premier temps, furent également réquisitionnés, sauf ceux des possesseurs d’Ausweis. Les Allemands installent une station radar dans l’ancien phare. En juillet 1940, le maire républicain Jean Jégou, élu de façon tout à fait classique en 1939, démissionna car refusant l’Occupation. Le préfet du Finistère Georges désigna comme successeur le premier adjoint, Yves-Joseph Péron, qui resta en poste jusqu’en octobre 1940, date à laquelle il démissionna également. Joseph Keryvel le remplaça jusqu’en juin 1941, puis il démissionna à son tour.
Le préfet demanda alors au conseil municipal de se réunir pour élire un nouveau maire, et Yves-Joseph Péron fut désigné par le suffrage, mission qu’il accepta « bon gré, mal gré », jusqu’en juin 1943. Il démissionna alors pour raisons professionnelles. Jacques Dessoudres le remplaça jusqu’en octobre 1944, puis Jean-Louis Souron jusqu’à la capitulation allemande, et enfin Thomas Donnard, qui resta en poste vingt ans, jusqu’en 1965! Devant les conditions d’occupation – les Allemands faisant figure d’intrus dans les bars du bourg – la jeunesse autochtone trama une petite attaque à l’encontre de l’occupant qui leur disputait les billards. À la fin de la journée du 3 octobre 1940, à la suite d’une idée de Jos Le Moigne, les jeunes Penmarchais entassèrent de nombreux petits cailloux près de trois bars, les cafés Ambroise, Louis Pape et Gloanec, et constituèrent deux équipes, pour deux lignes d’attaque, avec routes de retraites planifiées. À la nuit tombée, les Allemands qui s’avançaient pour rentrer dans les bars furent accueillis par une pluie de pierres. Simplement équipés d’un poignard, ils répliquèrent comme ils le purent et pourchassèrent sans trop de succès la jeunesse penmarchaise, alourdis par leurs bottes. Seul Pierre Buannic, téméraire, resta caillasser les ennemis un peu trop longtemps.
Un soldat le pourchassa jusque chez M. Seven, et le trouva caché dans le lit de M. Il frappa alors le jeune homme avec le manche de son poignard. Pierre Buannic, en dehors d’une belle peur, en fut quitte pour des bosses, des plaies à la tête et des ecchymoses aux mains, attrapées en se défendant. Résultat: les conditions de vie de la population du bourg se durcirent, le couvre-feu fut avancé et les soldats allemands, tirant leçon de cette mésaventure, s’équipèrent d’un revolver en lieu et place du poignard. Les rencontres entre les jeunes du bourg s’espacèrent alors. La kommandantur locale était installée au château des Goélands. Marin-pêcheur à Saint-Guénolé, François Péron est arrêté à la suite d’une bagarre qui éclata lors d’un contrôle d’identité effectué par une patrouille allemande au café de l’Océan à Saint-Guénolé.
Conduit à la kommandantur, puis à la prison de Quimper, il est traduit devant un tribunal militaire allemand et condamné à mort. Il tente de s’échapper le 10 février 1941, mais se casse une jambe en sautant d’une hauteur de sept mètres et est repris. Il fut fusillé le 25 février 1941 au château de Kériolet. Il fut fait Compagnon de la Libération le 17 août 1941. Le 23 avril 1941, un câble téléphonique allemand fut sectionné à Penmarc’h, presque à la limite communale avec Guilvinec. En représailles, vingt jeunes gens de la commune, pris en otages, durent en assurer la garde tour à tour et Eugène Lorec) de Pont-l’Abbé, deux (Emmanuel Brusq et Jean Simon) d’Audierne, deux (Roger-Marie Paugam et Hervé Tanguy) de Saint-Marc, les autres de Saint-Ségal (Maurice Cam), d’Ergué-Armel (Charles Le Port), de Plouhinec (Robert Normant), de Peumerit (Yves Bevin), de Landivisiau (François Philippe), de Scaër (Jean-Louis Lancien), de Beuzec-Cap-Sizun (Marcel Kergonna), de Lambézellec (Paul Coat), de Plogastel-Saint-Germain (Pierre Plouzennec), de Guerlesquin (Arthur Le Buanec), de Bannalec (Eugène Cadic), de Camaret (Roger Le Signor), de Brest (Roger Le Baut). Les autres étaient originaires de Saint-Grégoire (François-Marie Le Gall), de Sorel-Moussel (William Caron), un étant un immigré espagnol originaire de Madrid (Joseph Moreno), un autre n’est connu que par son pseudonyme (Marcel Guérin) et est d’origine inconnue de même que quatre anonymes. Début mai 1944, le feld marechal Erwin Rommel, inspecteur du mur de l’Atlantique, passe faire des vérifications à Saint-Guénolé.
Sa présence occasionna un acte de résistance consistant en la section d’un câble téléphonique allemand. Curieusement, il n’y eut pas de représailles, comme ce fut le cas en avril 1941. Les troupes allemandes quittèrent Penmarch le 4 août 1944. L’armée allemande tenta de dynamiter l’ancien phare, ce qui échoua partiellement, mais endommagea sa structure., à Saint-Guénolé (Penmarch). Baptiste Dupuis, Compagnon de la Libération, titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 1939-1945, est mort de ses blessures en mer le 24 septembre 1940. François Péron a été fusillé à Kériolet en Concarneau le 25 février 1941; il a été fait Compagnon de la Libération le 17 août 1941. Pierre et Jean-Marie Dupouy, tous deux fils de l’écrivain Auguste Dupouy, membres du réseau Vengeance, furent arrêtés à Rennes le 20 avril 1944 et sont morts en déportation, le premier le 20 avril 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen, le second noyé, alors qu’il se trouvait en cours de rapatriement après avoir été emprisonné au camp de concentration de Neuengamme, sur le Cap Arcona, navire bombardé par erreur par les Alliés.
Lucien Le Lay, Michel Le Gars (tous de Saint-Guénolé) et François Merrien (de Saint-Pierre) moururent aussi en déportation, ainsi que Lucien Larnicol décédé le 20 avril 1945 au camp de Ravensbrück; d’autres revinrent vivants des camps comme les frères Armand et René Carval, Hyacinthe Moguérou, Pierre Pichavant, Pierre Pouliquen, ces deux derniers étant de Pont-l’Abbé (tous étaient des membres du réseau de résistance Vengeance et avaient été dénoncés par Joseph Le Ruyet). Roger Quiniou, né en 1924, est mort pour la France en 1944 sur le front de Crozon; etc. Les différences de mentalité ont longtemps subsisté entre les « paysans » de Penmarc’h et les marins des ports de la commune: par exemple en 1950, on comptait 5 messalisants parmi les 445 habitants de Kérity alors qu’ils étaient encore environ 50 % parmi les paroissiens paysans de Penmarch. « Quotidiennement le retour des 70 bateaux sardiniers, partis pêcher dès l’aube dans la Baie d’Audierne, s’échelonnait en fonction de l’importance de la pêche de chacun. La plupart rentraient vers 10-11 heures (.). La déclaration de pêche se faisait au local de la « Cofica » [« Comptoir financier des conserves alimentaires »] auprès du préposé de la criée qui fixait le prix au kilo et désignait quelles seraient les premières usines réceptrices suivant un tour de répartition accepté par tous ». Le 20 janvier 2014, le chalutier L’Estran, de de long, s’échoue à la sortie du port de Saint-Guénolé alors qu’il partait pour une campagne de pêche. Il ne fut déséchoué que le 30 janvier 2014.
Le 5, le chalutier Alcor, de de long, s’échoue à l’entrée du port de Saint-Guénolé sur la roche de Men Omnes, chargé de de merlus. Il fut déséchoué dans l’après-midi du même jour.
Patrimoine religieux
Le quartier du Poulguen comporte trois croix L’ancien phare de Penmarc’h fonctionnait à partir de 1831 avec de l’huile végétale, puis à partir de 1875 avec de l’huile minérale. Depuis 1995 il accueille le « Centre de découverte maritime », qui reçoit trois à quatre expositions temporaires par an. On trouve aussi une boutique, regroupant de nombreux livres sur les phares. Un bâtiment situé entre le phare actuel et l’ancien accueille un ancien canot de sauvetage de la SNSM, datant de 1901, le Papa Poydenot.
C’est le dernier canot de sauvetage à voiles et à avirons navigable, restauré par l’association du même nom.