Souppes-sur-Loing

Histoire de Souppes-sur-Loing

Souppes-sur-Loing est une commune de Seine-et-Marne, en Île-de-France, qui compte 5 114 habitants. Le nom de la localité est mentionné sous les formes Supae vers 1090; Villa mea Supis en 1199; Soupas en 1242; Parochia de Sopis en 1259; Soppes en 1458, soupe au sens de « marécage ». « Le Loing y entretient de nombreux marécages de la consistance d’une soupe ». En effet, le Loing divaguait fréquemment hors de son lit, formant des marécages que les moines de l’abbaye de Cercanceaux se sont employés à assainir.

La vallée du Loing fut l’un des aboutissements de la civilisation danubienne au Néolithique. Plus de trente polissoirs sur les communes de Nemours, Poligny, La Madeleine-sur-Loing, Château-Landon et Souppes sont présents aujourd’hui, témoins de cette première vie sédentaire. Huit de ces polissoirs sont classés Monuments Historiques sur les villes de Souppes et Bagneaux-sur-Loing. Tous les silex taillés trouvés sur les plateaux alentour montrent que le peuplement est encore plus ancien. La présence d’un site d’époque gauloise et de plusieurs sites de villas gallo-romaines connus sur le territoire de la commune montrent la continuité de l’occupation. La tour achetée en 1312 par le chapitre de la Sainte-Chapelle du Palais Royal de Paris transformée en maison d’habitation à la veille de la Révolution, est au centre de la ville.

Les écrits qui la mentionnent, comme l’examen de sa construction, la datent de l’époque gallo-romaine. Le récit de Tournai, doit être lu entre légende et histoire. L’écrit au par Hériman, abbé de Saint-Martin de Tournai appartient bien à l’histoire. Au, un chevalier de Souppes serait allé combattre les Normands sur l’Escaut, mais aujourd’hui les faits sont considérés comme des légendes. Les vestiges architecturaux anciens sont rares dans la ville mais d’autant plus précieux. Les petits chapiteaux et leurs tailloirs qui se trouvent au pied du pignon ouest de l’église sont datés.

Ornés de sculptures archaïques, ce sont ceux du portail de la primitive église Sainte-Marie-de-Souppes qui date de 1090. En 1130, Henri, archevêque de Sens, confirme à l’Abbé Ernaud, abbé de l’abbaye Saint-Florentin de Bonneval près de Chartres, la possession de l’église de Souppes. Un prieuré bénédictin est fondé par Bonneval et est établi autour de Sainte-Marie-de-Souppes. Plus tardivement et jusqu’à la Révolution, il prendra le nom de prieuré Saint-Clair et Saint-Léger. Le portail de Sainte-Marie-de-Souppes devient l’entrée du prieuré. C’est en prolongation de celui-ci que l’église actuelle, beau gothique naissant, classée Monument historique, est construite à la fin.

En septembre 1250, Gilon, archevêque de Sens, considérant que l’église de Souppes était trop vaste, ordonne d’en démolir une partie du côté du prieuré. C’est ce qui explique la reconstruction et le style pur du pignon ouest avec ses deux fenêtres divisées par un meneau formant deux lancettes surmontées d’une rose à quatre redents, à profils simplement chanfreinés. À l’intérieur de cette église classée des, un très beau retable en bois du lui aussi classé et en provenance vraisemblable de l’ancienne abbaye cistercienne Sainte-Marie de Cercanceaux. En effet, à la fin du, quelques moines cisterciens venant de la Cour Dieu en forêt d’Orléans vont venir fonder dans la vallée l’abbaye Sainte-Marie de Cercanceaux qui s’éteindra à la Révolution. C’est aujourd’hui une propriété privée. En ce même, aux autres extrémités de la commune actuelle s’établissent la Seigneurie du Boulay et la Seigneurie de Beaumoulin.

Une autre église est construite au Boulay au donnant naissance à un second prieuré. Cette église en ruines était dédiée à Notre-Dame du Boulay, puis à Saint Fiacre, patron des jardiniers. La Seigneurie du Boulay sera élevée au rang de Marquisat au, en relèveront Souppes, Poligny, Obsonville et autres lieux. La période du Moyen Âge est jalonnée au hasard des textes par les noms de ceux qui sont liés au domaine: Thibaud de Souppes, Aubry de Souppes, Jean de Souppes, Galeran de Souppes. Le pont et plusieurs moulins sont régulièrement cités dans les textes. Avec l’achèvement en 1642 du canal de Briare qui arrive à Montargis, la deuxième moitié du a été la grande époque de la navigation sur la rivière.

En effet, jusqu’au début du, c’est sur la rivière de Loing, elle-même, que s’effectue l’importante navigation qui, remontant de la Loire par les canaux de Briare et d’Orléans, conduit le ravitaillement à Paris. Mais cette navigation était si dangereuse qu’elle était un art. En 1666, durant la traversée de la Prairie de Souppes, les îles tremblaient sous les pas des chevaux montants tellement le passage est bourbeux et difficile comme le disent les textes. Il faudra en venir à la construction du canal du Loing. Il sera terminé sous le règne de Louis XV en 1724 achevant la grande œuvre de la jonction Loire-Seine commencée en 1604 par Henri IV. Pour sa traversée dans Souppes, c’est le « Régiment Royale Marine » qui travaille au percement du canal.

Les militaires campent à Souppes avec leurs familles comme le montrent les actes d’état civil de la paroisse. Sur le port de Souppes vont être taillées puis expédiées les tonnes de pierre nécessaires au développement de Paris, entre autres par Haussmann. Aux États généraux de mai 1789, c’est le curé de Souppes, Anne Alexandre Marie Thibault qui est élu par le bailliage de Nemours pour représenter le clergé. Actif partisan et acteur de la réunion des trois ordres, il est occupé au contrôle des pouvoirs. Quoi qu’il n’ait pas participé au Serment lui-même, David le représente sur son tableau du Serment du jeu de paume à titre symbolique. Il est le premier maire élu de Souppes.

Le premier maire figure donc sur ce tableau. La Révolution se passe sans trop de heurts pour les vies humaines grâce au second maire élu, Thomas Chantrier, et aux élus qui l’entourent. Malgré tout, l’église de Souppes est occupée comme grenier à foin de 1793 à 1795. Celle du Boulay qui avait été reconstruite au est désaffectée et dépouillée. Celle de Sainte-Marie de Cercanceaux sera démolie après 1791, date où elle est vendue comme bien national. La paroisse du Boulay est rattachée à Souppes en 1794.

La culture du chanvre était importante à Souppes. Par crainte d’une épidémie de choléra, on interdit à 60 à de Souppes de faire rouir le chanvre dans la rivière et pourtant Souppes va s’ouvrir à l’ère industrielle dès 1773 avec l’établissement d’une manufacture d’acier: atelier de forgeage qui utilise la force motrice de la rivière. Tous les ateliers ont disparu, seul se voit encore le bief qui, partant de la rivière, conduit aux vannes qui réglaient la chute d’eau activant les deux martinets. À l’abbaye, c’est une papeterie qui va utiliser les bâtiments annexes et la grange aux dîmes qui va se développer dès 1791. Une sucrerie va être construite en 1873, entreprise toujours existante.

L’exploitation de la pierre qui existe depuis des siècles va trouver son apogée. Les deux flancs de la vallée sont exploités. La première carrière, précise située dans la région, est celle de l’Endurcy: elle est exploitée pour la construction du canal et on la trouve sur les cartes de lattré de 1750. Le banc de pierre formé au Ludien, il y a quelque 35 millions d’années, traverse la vallée d’est en ouest et toutes les communes de cette partie du Gâtinais l’ont pour sous-sol. Plusieurs des grandes œuvres de pierre de Paris viennent de celui-ci: l’Arc de Triomphe vient d’une carrière de Château-Landon, la statue de sainte Geneviève et le pont de la Tournelle de Souppes, mais la grande œuvre commune est la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre: Joseph Combe, maître carrier de Souppes reçoit la commande de l’extraction et de l’acheminement de la pierre, il fera travailler tous les carriers de la région dès la fin. On travaillera à cette œuvre jusqu’au milieu.

Le photographe Louis-Émile Durandelle qui va assurer le reportage photographique de la construction du Sacré-Cœur mandaté par les hommes du Vœu National viendra à Souppes pour y photographier les carrières. C’est ainsi que dans la collection de la Bibliothèque Historique de la ville de Paris et dans la collection privée de la famille Combe figurent les carrières de Souppes et l’épure qui était sur le bord du canal. La mission photographique de Durandelle à Souppes s’est faite en 1885. Ces carriers et ces tailleurs de pierre ont développé toute une vie sociale. Dès 1865 est fondée à Souppes. L’Ascension était et est encore aujourd’hui la fête des tailleurs de pierre.

Deux sites d’exploitation sont toujours en activité sur le territoire de la commune. L’ancien cimetière est déplacé en 1843. Il rassemble les fondateurs de la ville: les Frot, les Morisseau, les Roux conduits par les Thibault, les Chantrier, les Chaussy, les Ouvré ou les Combe.

Informations Clés

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Population

5.114 habitants

Région

Île-de-France

Département

Seine-et-Marne
(77)

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