Mamers
Histoire de Mamers
Mamers est une commune de Sarthe, en Pays de la Loire, qui compte 5 103 habitants. Le nom de Mamers remonte à l’époque gallo-romaine: Villa Mamertii, Mamertius étant le nom d’un particulier. Ce nom est attesté sous les formes Mamertum au; Via Sancti Mammertis en 1045-1065 (S.-Vincent, 607); Memers vers 1060 (Marmoutier, II, 356); B.
de Mammerto en 1067-1078 (S.-Vincent, 599); In mercatu Mammerti (sans date); B. de Mammerz en 1080-1102 (S.-Vincent, 584 et 593); Monachi de Mammertio en 1080 (S.-Vincent, 613); R.
Installée au bord de la Dive, Mamers est capitale du Saosnois depuis le. Le bourg de Mamers — mentionné pour la première fois aux VIe-VIle siècles dans les vies des ermites saint Rigomer et saint Longis — né d’une villa gallo-romaine, établie aux environs de l’actuelle place Carnot. Un temple gallo-romain dédié au dieu Mars aurait existé au niveau de l’actuelle église St Nicolas et détruit par saint Longis. Un prieuré dédié à la Vierge fondé au bord de la Dive (probablement situé à l’emplacement de l’actuel presbytère) par des moines christianisateurs à une époque inconnue, donné à l’abbaye Saint-Laumer de Corbion (aujourd’hui Moutiers-au-Perche) en 878, apparaît alors dans les textes comme un pôle secondaire de commandement où le moine franco-anglais Orderic Vital mentionne, vers 1088, l’existence d’un puissant château.
Robert II Talvas, seigneur de Bellême, fortement responsable des désordres qui ravagent alors la région, le fait restaurer en même temps qu’il édifie, avec de nouvelles forteresses, une ligne de fortifications qui, sur une frontière féodale et seize kilomètres de Saosnes à Saint-Remy-du-Plain (aujourd’hui du-Val), barre les routes qui conduisent vers les possessions des comtes du Maine. Vaincu politiquement et militairement par le roi d’Angleterre, il meurt dans ses prisons vers 1130. Son fils et successeur Guillaume III Talvas, qui ne semble pas avoir perdu le Saosnois, y fonde, dans la première moitié du, une nouvelle localité, Neufchâtel (en-Saosnois), détachée du vieux château de Lurçon et de la paroisse Saint-Maurille aujourd’hui disparue. Animé de motivations religieuses, que confirme sa participation à la croisade aux côtés de Louis VII le Jeune, il établit tout près, à l’orée de la forêt, l’abbaye cistercienne de Perseigne dont on consacre l’église en 1145.
L’échec de ce projet profite à Mamers, bourg castraI et marchand tout proche, où il crée un nouveau quartier (le vicus des Cinq Ans) et augmente les biens du prieuré de Notre-Dame. Après son décès en 1171, le Saosnois, jamais réuni au Comté du Maine, passe dans les mains de Jean 1er, comte d’Alençon, puis, par les mariages, dans celles des familles de Châtellerault, d’Harcourt, d’Alençon – alors qu’il subit la crise des, les combats de la Guerre de Cent Ans et la destruction de Mamers par l’armée du comte de Salisbury. La fin des hostilités autorise la reprise économique et les débuts des reconstructions dont celle de l’église Notre-Dame. Le Saosnois revient alors à Charles IV; duc d’Alençon, qui meurt sans enfant après le désastre de Pavie.