Grand-Fort-Philippe
Histoire de Grand-Fort-Philippe
Grand-Fort-Philippe est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 4 977 habitants. La commune de Grand-Fort-Philippe doit son nom au fort qui avait été construit au par les troupes espagnoles, qui portait le nom de Philippe II d’Espagne. Un hameau de pêcheurs, baptisé simplement « Fort-Philippe » voit par la suite le jour (voir ci-dessous). Le préfixe « Grand » est apparu au, pour différencier le village du hameau naissant sur l’autre rive du chenal de l’Aa, alentour de la Ville des Smogglers, qui lui prit le nom de « Petit-Fort-Philippe ».
Toutefois, avant l’indépendance de la commune, d’autres appellations furent utilisées pour différencier les deux hameaux, comme « Fort-Philippe-Sud / Nord »; « Fort-Philippe-Plage ».
Malgré sa jeunesse communale, l’emplacement de cette petite ville a été très vite occupé, dès lors que les terres ont avancé vers la mer. Après la bataille de Gravelines de 1558, la ville de Gravelines est estimée trop vulnérable depuis la mer. On construit donc un poste avancé fortifié proche de la mer, par la volonté du roi d’Espagne Philippe II. Une première garnison l’occupe en 1586. En 1635-1638, les Espagnols creusent un canal allant de Gravelines vers la mer du Nord. Et, à l’emplacement dit de la « Flaque aux Espagnols », ils renforcent à l’ouest l’ouvrage fortifié en forme de corne et à l’est un petit bastion, pour protéger l’écluse, l’ensemble prenant le nom de « Fort Saint-Philippe » du nom du roi Philippe II.
L’objectif est double: défendre la ville, développer le port, en détournant l’Aa et en creusant un chenal entre la ville et la mer. Cette dernière idée, fort ancienne, n’a pas été mis en œuvre plus tôt à cause des guerres. L’ouvrage, maintes fois endommagé, rétabli, abandonné, repris, ne sera d’ailleurs vraiment terminé qu’en 1740. Pour ces premiers élus tout est à faire. Les ressources municipales sont les taxes récoltées sur les entrées des marchandises dans le village (octroi), mais le problème le plus grave reste l’insalubrité. En effet, Grand-Fort-Philippe n’a échappé à aucune épidémies de choléra (en 1892 il y a encore 35 décès sur les 80 cas), et il faut attendre 2 à 3 années pour voir l’ouverture de travaux d’assainissement.
C’est à cette époque que l’identité locale de Grand-Fort-Philippe se forge à partir de son patois d’abord, un patois d’origine picarde mâtiné de termes maritimes, qui permet de se différencier des gens del ville (de Gravelines, ville flamande) mais aussi de ses coutumes et de ses pratiques alimentaires tournées vers la conservation du poisson. Pour pallier l’effectif grandissant de l’école publique, l’abbé Haan, curé de la paroisse, convainc quelques personnes charitables d’acheter l’ancienne salle de bal pour en faire deux salles de classe. En septembre 1889, l’école Saint-Paul ouvre ses portes avec à sa direction les Sœurs de Saint Paul de Chartres. Toutes les municipalités qui vont se succéder pendant la première moitié du auront comme objectifs de développer la production de pêche, l’éducation des jeunes Philippois et l’assainissement des rues, malgré les différents malheurs qui s’abattent sur ce bourg: 1888 et 1895, années noires pour les pêcheurs, la Grande Guerre qui fait 138 soldats morts pour la France et la crise des années 1930 qui élimine l’activité maritime des Islandais. Lors d’une terrible tempête, de nombreux bateaux de pêche sont en mer. Au total, 17 hommes seront sauvés par un pêcheur, le patron Wallecome, et le canot de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés commandé par Alfred Brunet.
Cette tempête qui laissera de nombreux orphelins sera appelé Janvier noir par le journal Le Grand Écho du Nord de la France. Après ces trop nombreux naufrages, la population des pêcheurs des Fort Philippe est frappée de plein fouet par le manque de bateau pour survivre. Certains quitteront la côte pour aller travailler dans les mines. Cette multitude de naufrages créera un mouvement de solidarité envers la population. Le département du Nord montrera sa générosité en allouant 5 000 francs à la commune. Pendant la Première Guerre mondiale, Grand-Fort-Philippe est à l’arrière du front qui part de Nieuport, suit le cours de l’Yser vers les monts des Flandres.
En 1916 et 1917, le village placé sous l’autorité du commandement d’étapes (service de l’armée de terre organisant le stationnement et le passage de troupes) de Gravelines, de même que Bourbourg-ville et Bourbourg-Campagne, Saint-Pierre-Brouck, Loon-Plage, Grande Synthe, etc. est le lieu de passage et de cantonnement de troupes, soldats français et belges, de répartition entre les communes concernées de travailleurs agricoles (136 à 143 selon les moments), de décision de fermetures temporaires d’établissements, notamment les cabarets ayant servi à boire aux soldats en dehors des heures règlementaires, etc. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville est prise par les Allemands, après une journée de résistance au lieu-dit « Le Cochon Noir ». Grand-Fort-Philippe est libérée le par les troupes canadiennes. Les gens du Grand-Fort ont toujours fait face avec courage et solidarité à toutes ces tourmentes.