Graveson
Histoire de Graveson
Graveson est une commune de Bouches-du-Rhône, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 4 791 habitants.
Des fouilles, réalisées dans les années 1960 et plus récemment en 1998 et 1999, ont permis de savoir ce qu’était Graveson à cette époque. Des indices (silex, poteries) démontrent que le territoire qu’occupe actuellement la commune de Graveson a été habité dès la préhistoire mais c’est à partir de la protohistoire qu’est constaté un regroupement de populations sur la Montagnette. La plaine était alors marécageuse, parcourue par un ou plusieurs bras secondaires de la Durance et parsemée de quelques buttes alluviales. À la fin de l’âge du bronze au, des hommes ont laissé quelques traces dans le secteur de la Roque au Nord-Est de la Montagnette. Mais c’est au milieu du (soit au cours du premier âge du fer) que des populations se sédentarisent à l’extrémité nord-est de la Montagnette sur le Mourre Pela. Culminant à soixante et onze mètres, le site est bordé au nord par une falaise abrupte qui jouait un rôle défensif évident, sa partie orientale est creusée par des ravines plus ou moins profondes et à l’ouest, des traces de murs sont probablement les vestiges d’une ligne de défense. On retrouve sur le plateau sommital mais aussi sur la pente orientale des cabanes avec des bases en pierre et élévations en torchis. Les îlots d’habitation, en terrasses, étaient bordés de rues caladées (rues pavées de pierres).
On retrouve aussi des habitations en contrebas en arrière des murs d’enceinte que nous décrivons ci-après. Il s’agit d’une intégration du piémont à l’oppidum. En effet, le site devient dans le dernier tiers du un oppidum avec un système défensif constitué par une première enceinte protégeant l’accès à l’est. Cette enceinte a été « détruite pour la création d’une puissante ligne de défense » d’environ d’épaisseur au début du (vers 500-475 au plus tard). Cette deuxième enceinte établie entre deux lames rocheuses libère un accès à l’oppidum de de largeur. Deux bastions, sortes de tours quadrangulaires, complètent le dispositif. Arcelin, la « conception de cette enceinte fortifiée au contact avec la plaine est très novatrice en milieu indigène du premier âge du Fer ». Le Mourre pela a donc été un oppidum, protégé par une enceinte, pendant un siècle environ, des années 570 aux années 470 av.
Le mobilier archéologique retrouvé est très varié: meules, dolia, monnaie, fibules, céramiques, amphores d’origine massaliète et a permis de dater les vestiges des constructions. Il est possible qu’à l’arrière de cette deuxième enceinte et protégé par une portion conservée de la première enceinte il y ait eu un lieu cultuel « pour une divinité localement vénérée, protectrice des enceintes ou liée au milieu aquatique proche » (P. Trente fragments de stèles ont été exhumés dans cette partie basse du site et confortent l’existence de pratiques dévotionnelles. On retrouve le mode de vie habituel des Gaulois du midi de la France. Les hommes cultivaient des céréales dans la plaine. L’orge vêtue, comme partout en Provence à cette époque, était la céréale dominante pour la fabrication de galettes, de bouillie et de bière. On a trouvé aussi des graines d’amidonnier, des graines oléagineuses (la cameline), des pépins de raisins et des bois de figuiers. Pendant toute cette période, les habitants de la Roque utilisaient de la monnaie massaliète, soit des pièces de bronze avec figures de taureau chargeant ou de taureau passant.
Ils ne vivaient pas en autarcie mais entretenaient des relations commerciales favorisées par la localisation de leur oppidum sur des voies de passage. Dans la deuxième moitié du, l’oppidum a été abandonné, on n’y trouve plus aucune trace d’occupation humaine. La deuxième enceinte a été démantelée tout au long du deuxième âge du fer. Au milieu du soit quelques décennies avant la conquête romaine, le site est réoccupé à la fois en bas de vallon et en terrasse. Les habitants construisent dès lors des cabanes aux pièces rectangulaires qui peuvent atteindre et creusent un puits à l’intérieur de la tour de l’ancien système de défense. Les habitants importent et utilisent des céramiques d’Italie et d’Espagne aux dépens de la céramique massaliète, ainsi que des dolia. C’est à ce deuxième âge du Fer qu’appartient la tête de ce jeune homme retrouvée au Mas Vieux et actuellement au musée lapidaire d’Avignon En 121 avant notre ère, ce qui va devenir la Narbonnaise est conquise par les Romains et dès lors il en est terminé de la civilisation gauloise, place à la civilisation gallo-romaine.
La Roque n’échappe pas à la règle. L’oppidum est abandonné rapidement et probablement dans la violence. L’époque gallo-romaine a duré environ six siècles, du. Les vestiges de cette époque, modestes mais retrouvés en grand nombre dans la plaine, montrent que le territoire de Graveson a été le lieu d’une occupation rurale relativement dense et continue en symbiose avec l’histoire de Rome. Sous la République, soit de la conquête (121 av. J.-C.) à l’Empire (dernier tiers du ) les Romains n’ont pas procédé à la mise en valeur systématique des territoires confisqués aux vaincus. De cette époque cependant on retrouve des traces de leur présence: statuettes, monnaies républicaines, céramiques. Avec l’empereur Auguste, vers les années 30 av.
J.-C., s’opère un changement radical par le drainage des terres, la centuriation et la construction de la via Agrippa. Ce furent trois siècles de prospérité grâce à un système d’exploitation mis en place dans le but de nourrir les populations urbaines de l’empire et basé sur les « villae ». Il n’est pas documenté cependant il est certain que la Durançole et ses affluents ont été aménagés ainsi que le fossé des Lônes qui draine le nord du territoire et les eaux de ruissellement de la Montagnette. Sur ce fossé, on peut observer encore à l’heure actuelle un pont de facture romaine sur le chemin des Aréniers. Deuxièmement la centuriation. La première centuriation dans la région date des années 30 av. et a découpé le territoire en lots d’environ 707 m sur 707 m. Ses lots furent distribués aux vétérans de la 6ème légion de la colonie romaine d’Arles créée pour eux par Jules César auxquels était proposée une reconversion vers l’agriculture.
Une deuxième centuriation, bien documentée, fut réalisée en 77 apr. et ordonnée par l’empereur Vespasien. Si la première avait eu pour but l’assignation des terres publiques aux vétérans, la deuxième était un contrôle fiscal des terres pour remettre de l’ordre dans l’appropriation de ces terres publiques et ainsi recouvrer des impôts. Des éléments de cette centuriation ont été retrouvés dans une cave d’Orange sous forme de fragments de marbre dont on a reconnu trois tables, tables A, B et C du cadastre de la colonie romaine d’Orange. La localisation des tables B et C ne pose aucun problème tandis que les archéologues débattent encore pour savoir à quel territoire on doit attribuer la table A. Certains d’entre eux croient reconnaître sur le fragment 7 de cette table A un secteur du territoire de Graveson. D’autres pensent que le territoire de Graveson a été cadastré dans la colonie de Nîmes. Quoi qu’il en soit, que le territoire de Graveson ait appartenu à la colonie d’Orange ou à celle de Nîmes, la carte topographique actuelle montrant l’existence de parcellaires « orthogonés » comme des centuries nous permet de déduire sans risque d’erreur que la plaine a été centuriée.
Les colons ont été les acteurs de la mise en valeur agricole des terres conquises. La plaine de Graveson a contribué ainsi dans les deux premiers siècles du Haut Empire au moins à l’approvisionnement des populations urbaines de l’empire. Les colons ont construit, sur les lots qui leur étaient assignés, des bâtiments uniquement agricoles ou mixtes (agricoles et résidentiels) les villae. Quelle main-d’oeuvre ont-ils employée? Des esclaves ou une population libre? Les grands mas actuels, construits et reconstruits mais qui reprennent le parcellaire du cadastre antique descendent certainement de villae romaines de taille et de luxe modestes tels le mas Vieux, le mas Neuf, le mas de Martin, le mas d’Alby, le mas des Thorades, le mas de la Chapelle, le mas de Fabre, le mas de Belaud, le mas de Pons.On a retrouvé des vestiges de bâtiments (moellons, tuiles, mortiers, enduits peints, colonnes), des traces d’occupation domestique (vaisselle fine, lampes à huile, du petit mobilier en bronze, des monnaies) et des éléments de stockage agricole (amphores, doliae) souvent à proximité des bâtiments actuels. Mais aucune villa n’a été décelée par photos aériennes. Dans certains secteurs la moindre fouille ou le hasard permettent de découvrir des vestiges romains difficiles à dater et difficiles à rattacher à une structure précise.
Deux vestiges importants ont été retrouvés et datés: un sarcophage sur le site de l’église actuelle daté du Haut-Empire et un cippe derrière la cave Magali daté de l’époque julio-claudienne, tous deux exposés au Musée Lapidaire d’Avignon. A la fin du, l’empereur Auguste ordonna la construction d’une voie reliant Arles à Lyon, c’est la via Agrippa du nom du général qui dirigeait les opérations. On voit à l’heure actuelle la voie du en quatre points du territoire: au mas d’Alby, au Grand Contras, à Cadillan et au Sagnon. Au Grand Contras, elle a été dégagée à l’occasion de travaux d’EDF par l’INRAP, mais elle était bien visible sur les photos aériennes. A cet endroit, une voie secondaire se détache de la via Agrippa ou la rejoint. D’intéressants vestiges ont été retrouvés en particulier une zone funéraire et les fondations d’un bâtiment qui d’après les archéologues serait un poste de garde. A Cadillan, carrefour routier entre la via Agrippa et le compendium (voie secondaire) Tarascon-Noves, des fragments de piedroit attestent de la présence d’un grand bâtiment et enfin au Sagnon, la voie est bordée de nécropoles. On peut reconstituer ainsi le paysage.
Des exploitations dispersées, des voies bordées de sépultures ou de zones funéraires le long desquelles les voyageurs trouvent des vicus et à l’emplacement du village actuel: un camp militaire qui devint au fil du temps un lieu de culte. À partir du milieu du, la région subit le contrecoup des premières invasions. On ne retrouve plus de vestiges datés de cette époque et notamment plus de monnaies. Après ce déclin, on assiste à un renouveau particulièrement sous le règne de Constantin (307-336) concrétisé par des découvertes archéologiques telles des monnaies à l’effigie des Constantiniens et des Valentiniens, et des vestiges de constructions. En même temps apparaissent les premiers signes de la christianisation avec des sépultures à inhumation le long de la via Agrippa et la découverte d’un autel sous l’église actuelle ainsi qu’à Bagalance, au nord de la Roque. La fin de la période gallo-romaine n’est pas brutale. Insensiblement, économie, société et culture se transforment, c’est l’Antiquité tardive (fin – début ), qui pour Arles et Avignon est à la fois une période de guerres et de sièges et paradoxalement de prospérité; Wisigoths, Burgondes, Ostrogoths et Francs luttent pour dominer le territoire. C’est finalement en 536 que la Provence tombe aux mains des Francs, date que l’on retient habituellement pour le basculement dans le haut Moyen Âge.
Ces opérations militaires successives du et début n’ont pas pu être sans conséquences négatives sur le territoire rural entre Avignon et Arles. D’ailleurs, on ne retrouve plus aucun vestige autour des anciennes villae; les conquérants se sont-ils appropriés les terres et les bâtiments d’exploitation et d’habitation? Ces terres et bâtiments ont-ils été abandonnés ou simplement sous-exploités par eux ou par les anciens propriétaires? Aucun habitat nouveau ou artefact de cette époque ne nous est parvenu, sauf des tombes, ce qui démontre que des gens habitaient dans les environs et que les routes étaient encore empruntées puisque les tombes se trouvent le long des routes. On a aussi la preuve que la via Agrippa plus ou moins modifiée dans son tracé était encore utilisée. Le territoire de Graveson pendant le Haut Moyen Âge (milieu -fin ) Le Haut Moyen Âge, mérovingien puis carolingien, a livré en Provence très peu de documents écrits et très peu de témoignages archéologiques, le siècle le plus obscur ayant été le qui comme partout disparaît dans l’histoire. A la fin du, la région continue à subir des invasions et des dévastations auxquelles s’ajoutent des épidémies en particulier des épidémies de peste (591 et 599 à Avignon).
S’ensuivent une crise démographique et une crise agricole. Au début du, les Musulmans s’aventurent dans le sillon rhodanien provoquant une réaction de Charles Martel qui les chasse en 736. Dans ce contexte général qu’en est-il du territoire du futur Graveson? Les habitants, s’ils n’ont pas fui vers les villes, ont réoccupé un territoire redevenu marécageux: aucun signe d’une réoccupation de l’ancien oppidum mais des vestiges dans la plaine: via Agrippa, tombes et vestiges d’un habitat regroupé. Le territoire de Graveson reste une zone de passage. À Cadillan une fouille a montré que la via Agrippa était surélevée par rapport au niveau antique pour faire barrage au cours du fossé des Lônes, puis plus au nord elle est abandonnée au profit d’une voie proche de la Montagnette qui serait le chemin Saunier actuel. On la retrouve encore au Sagnon, très dégradée. Des fouilles le long de la via Agrippa ont révélé de nombreuses tombes.
Dans le quartier de Cadillan exhumation de quelques tombes datées de l’Antiquité tardive et/ou du haut Moyen Âge notamment au mas de Pons où l’on a exhumé une tombe datée du dont la tête est dirigée vers l’ouest, habitude des chrétiens. A la Roque, 26 tombes à inhumation forment une modeste nécropole placée ici après l’abandon du site gallo-romain. D’après les éléments apportés par les fouilles et la typologie des tombes, cette nécropole serait restée en usage jusqu’à la fin de la période mérovingienne soit jusqu’au milieu. Elle a pu être en relation avec l’existence d’une chapelle paléochrétienne sur l’emplacement de la chapelle Saint André de Bagalance actuellement à la limite entre Graveson et Barbentane, plutôt qu’avec la via Agrippa. Cette chapelle a servi d’église-Mère avant la création des villages voisins. Enfin au nord de la ZAC du Sagnon, le long de la via Agrippa, deux sites funéraires mêlent des tombes du Bas-Empire et du haut Moyen Âge. Grâce à la datation par le 14C et le type des tombes les archéologues ont daté du haut Moyen Âge 13 tombes à inhumation dans un premier secteur et 44 dans un deuxième secteur toutes orientées est-ouest, la tête à l’ouest. Pendant cette période du haut moyen âge il a semblé exister dans cette zone nord du territoire un habitat paysan, temporaire dans un premier temps puis permanent.
L’habitat le plus ancien, daté du VIIe siècle, correspond à une occupation d’exploitation saisonnière de cette zone marécageuse suivie par une phase d’abandon qui peut correspondre aux incursions musulmanes et aux campagnes menées par Charles Martel pour les chasser. À partir de la fin du -/ s., un habitat regroupé se cristallise sur l’emprise avec des unités domestiques et des espaces dédiés à des activités d’artisanat malgré des inondations récurrentes. Le site, à son abandon définitif, vers les / s., a été l’objet d’une phase de récupération massive des matériaux, il ne reste que quelques assises de fondation (photos). Les premiers siècles du village Autour des années 820-830, Graveson est un domaine agricole, le terme apparaît dans des documents carolingiens sous la forme « Villa Gravessonis » mais non localisée. En tant que village, Graveson (Gravisionis, Gravesionis) apparaît dans les textes à la fin du siècle. En 982, on retrouve l’acte de donation d’une vigne au monastère de Montmajour (fondé en 948). « moi, Adalbert de Graveson, je donne et concède à Dieu et à Saint Pierre de Montmajour ma vigne située sur le territoire de Graveson, pour le salut de mon âme et de celles de mes parents»
Au siècle, les comtes d’Arles et d’Avignon, des Burgondes du royaume de Bourgogne-Provence lointain héritier de l’empire de Charlemagne, ont imposé en Provence la mutation féodale en décidant d’organiser le territoire et les communautés villageoises autour de leur puissance militaire. Graveson comme les villages avoisinants date de cette époque, le futur village est installé sur une butte qui portait une maison fortifiée » le fort » et un lieu de culte. Graveson est alors un modeste castrum féodal. Au siècle, le village que l’on retrouve dans les textes sous l’appellation « le fort », est bâti autour d’un « château », est entouré de remparts (qui ont totalement disparu) et dispose d’une chapelle encore visible dans l’église actuelle. Les Bénédictins de Montmajour ou les Templiers ont construit la chapelle de style roman. On voit encore l’abside voûtée en cul de four ornée d’une série d’arcs avec des chapiteaux à décor floral, les deux absidioles, une coupole octogonale décorée du symbole des quatre évangélistes. À l’extérieur, le chevet qui correspond au chœur est décoré d’arcatures lombardes, peu visibles actuellement. Des chapelles rurales datent également de cette époque et ont été construites selon l’architecture romane: Cadillan, Saint Sépulcre, Saint André de Bagalance pour les plus importantes.
Elles sont toutes les trois très endommagées. La construction de la chapelle de Cadillan (à deux kilomètres environ du village actuel) daterait du siècle donc avant les mentions du village de Graveson, on y a retrouvé une sculpture « Vierge à l’enfant » datée du siècle. La chapelle du Saint Sépulcre est proche du village, (rue du Gué) et a été construite au début du siècle. Saint André de Bagalance au Moyen-Age abrite un ermitage et l’édifice, construit dans un style roman sur un temple païen, était fréquenté par les habitants des villages voisins en particulier ceux de Graveson. Au le village devient une forteresse. Le mur d’une épaisseur d’ et d’une hauteur de est doublé d’un chemin de ronde et entouré par des douves. Des tours sont alors construites tandis que des portes (grandes arches dans la muraille) et des poternes y sont aménagées. Graveson est devenue une ville du Moyen Âge, bâtie pour la guerre.
Il ne reste aujourd’hui que la façade nord du château, située au centre du village, et le grand portail, qui abrite l’Office de Tourisme. Guerres politiques et religieuses ont ruiné le pays mais l’ont enrichi dans un même temps. Depuis le Moyen Âge, la religion a toujours touché, de près ou de loin, Graveson. Au, la ville est sous la coupe des archevêques d’Arles et d’Avignon. Plus tard le comte de Provence va céder ses droits à l’abbaye de Montmajour, fondée au centre du pays d’Arles en 948 par des moines bénédictins. Une grande église fut construite avant le et a été plusieurs fois remaniée et agrandie depuis. Le village ne changera pas beaucoup avant le. Seuls deux quartiers, à l’est et à l’ouest, vont voir le jour, jusqu’à ce que les lois révolutionnaires donnent à la bourgeoisie ce qui appartenait jadis aux nobles et à l’Église.
Jacques Gantelmi, viguier de Forcalquier (1320), Baile de Brignoles (1339) fut seigneur de Graveson et d’Albaron (1349) et Maillane (1349). Il fut le premier enfant et héritier du vice-sénéchal Raymond Gantelmi et de Giraude de Sabran. Il faisait partie d’une vieille famille de chevaliers tarasconnais descendant des anciens châtelains. Chambellan du roi Louis et de la reine Jeanne, il était l’époux de Delphine d’Alais. Il fit son testament, le 18 juillet 1359, à Tarascon dans la maison de feu seigneur Bérenger Gantelmi en présence de sa femme. Ses fils Jacques et Bérenger sont ses héritiers avec substitution pour sa fille Béatrice. Pourtant, son fils Raymond Gantelmi (mort en 1348), damoiseau puis chevalier, devint seigneur de Graveson et châtelain d’Albaron. Il reçut de Charles II confirmation de la jouissance, en tant que châtelain, des châteaux d’Albaron et de Chénerilles donnés à son père.
A la génération suivante, on retrouve Louis Gantelmi, fils de Jacques, qualifié à son. À partir du le village reprend des couleurs. Il va se développer au rythme des multiples activités qui s’y déploient. Le village profite de la révolution industrielle. Expression territoriale et démographique se jumellent, notamment grâce à l’agriculture et à l’irrigation.
C’est l’époque où naissent les grands jardins et les plantations fruitières. Le Graveson d’aujourd’hui est né dans cette période. Au niveau architectural, peu de choses ont changé. La mairie, le cours, le relais des postes (devenu hôtel de charme) datent de cette période. Pour autant, le village n’aura pas échappé aux multiples crises de l’époque. L’agriculture traditionnelle fait place aux chemins de fer, au réseau routier et au commerce. Mais le village reste attaché à sa ruralité. Il préserve ses traditions et en instaure de nouvelles, comme la fête des peintres et des arts.