Quiberon

Histoire de Quiberon

Quiberon est une commune du Morbihan située en Bretagne, qui compte 4 688 habitants. L’étymologie du toponyme reste discutée. La localité est attestée sous les formes Insula quae vocatur Keberoën et In praefata insula Keberoën en 1037, Keperoen en 1069, Kemberoen en 1072, puis Keberoen aux XIIe et XIIIe siècles. Le nom subit une francisation progressive, devenant Queberon en 1304, Queberoën en 1438, Lisle de Cabarain en 1520, Kiberon au XVIIIe siècle, Quibéron en 1804 et Quiberon en 1942. L’abbé Le Cam rapproche le toponyme du nom de Beg Ruberon, beg désignant en breton un cap, ru pouvant signifier rouge, colline, tertre ou tombe, et beron propriétaire. Selon Hervé Abalain, il dérive du vieux breton Keberoen, formé sur berv signifiant « bouillant, bouillonnant d’écume », qualifié par kib, « bassin, sources, fontaines ». Jean-Yves Le Moing rapproche Keberoen de kib et de erv, qui désigne la langue de terre reliant l’ancienne île au continent. Le nom breton actuel est Kiberen.

Les premières sépultures et squelettes humains retrouvés sur la presqu’île, plus précisément sur l’îlot de Téviec, datent du Mésolithique. Pendant la période du Néolithique armoricain, entre 4500 et 2000 avant notre ère, les hommes ont dressé sur Quiberon et ses alentours des menhirs, des dolmens et des allées couvertes, dont certains sont encore visibles. Le site préhistorique de Beg-er-Vil se trouve à l’extrémité sud de la presqu’île, dans la baie de Port-Maria. Il a été occupé par des chasseurs-cueilleurs du Mésolithique, selon la datation au carbone 14, et constitue le plus ancien habitat côtier de cette période fouillé en France. Un os de clavicule, trouvé en 1985 par l’archéologue Olivier Kayser, a pu être daté en 2022 grâce aux progrès des analyses: il appartient au plus vieil humain retrouvé en Bretagne à ce jour. Les analyses ont par ailleurs prouvé que la chair fraîche avait été volontairement retirée de l’os, pour une raison qui demeure inconnue. De nombreux mégalithes, alors qualifiés à tort de monuments celtiques, ont été détruits, et l’étaient encore vers la fin du XIXe siècle, comme l’indiquait Benjamin Girard en 1889. À la suite de l’invasion de la Gaule par les Romains, l’Armorique et les Vénètes furent asservis. Vers l’an 435, après la conquête de la Grande-Bretagne par les Angles et les Saxons, les Bretons émigrent en Armorique, qui prend peu après le nom de Bretagne, et c’est à cette époque que débute la christianisation du territoire.

Le site de la chapelle Saint-Clément, initialement dédiée à saint Colomban avant que le nom ne soit francisé, fut édifié dans un environnement de dunes; il est le plus ancien témoin de l’implantation chrétienne dans la presqu’île. La première église monacale fut détruite par les Normands. Les cruautés de ces envahisseurs avaient inspiré une telle frayeur aux habitants qu’on dut, longtemps après, rappeler à Redon un prieur d’origine normande dont la simple présence effrayait la population, comme l’écrit Jean-Baptiste Ogée. Quiberon resta une île jusqu’à une époque où, sous l’effet d’un déboisement massif, le sable se déplaça progressivement vers la baie, créant un tombolo entre l’île et le continent. Des chartes du XIe siècle mentionnent l’île de Kerberoën, où chassait le duc de Bretagne Alain III. En 1027, Alain III établit le prieuré de Queberoen en faveur des moines bénédictins de l’abbaye de Redon. La presqu’île aurait alors été un Minihi: durant près de quatre cents ans, Saint-Clément fut la paroisse de l’île de Quiberon. Le prieur du couvent dirigeait alors la paroisse et en percevait les dîmes. L’église du prieuré, consacrée à saint Clément, se trouvait à la pointe de Becconguel, à l’extrémité de la presqu’île; ses ruines y étaient encore visibles. Le prieuré devint plus tard la propriété des moines de Saint-Gildas-de-Rhuys, qui en jouirent jusqu’en 1790. Envahi par les sables, il tomba en ruine au fil du temps. Le prieur, ne résidant plus sur place, conserva le titre de recteur primitif et les deux tiers des dîmes, tandis qu’un vicaire perpétuel disposait du casuel et de la portion congrue. Les fouilles entreprises à partir de 1870 par l’abbé Levenot ont mis au jour des sarcophages mérovingiens et des poteries funéraires.

Patrimoine religieux

Parmi les sites archéologiques de Quiberon figure le site mésolithique de Beg-Er-Vil, qui a fait l’objet de trois campagnes de fouilles menées en lien avec l’Université de Rennes. Diverses sculptures jalonnent la ville, comme celles de la sirène et du pêcheur sur le vieux port de Port-Haliguen. Le plan local d’urbanisme a recensé 193 bâtisses notables. La maison Guillou, située rue Anatole-France, est une œuvre architecturale construite en 1961 par l’architecte Guillou et appartient désormais au patrimoine architectural de la commune. Kermorvan est un petit village situé dans la baie de Quiberon, composé de maisons de capitaine et d’habitations typiques. Pendant tout le XIXe siècle, les capitaines ou maîtres au cabotage ont fait construire ces maisons spécifiques de la presqu’île, dont on dénombre actuellement entre 180 et 190. Elles sont identifiables par leurs lucarnes, au nombre d’une ou deux, surmontées d’un fronton en demi-lune en granit réalisé par un tailleur de pierres. Les maisons de paysans présentent quant à elles des frontons triangulaires. À chaque extrémité du toit, une souche de cheminée est décorée d’une collerette, et le linteau de la porte d’entrée est parfois gravé de la date de construction ou de transformation de l’habitat. Un détail signe l’origine de ces maisons: aux bords du toit, des pierres taillées appelées crossettes débordent du toit et sont parfois sculptées d’un visage. Quelques rares constructions conservent un escalier extérieur, le deurgail ou dorgail en breton vannetais, qui permettait d’accéder au grenier.

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Population

4.688 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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