Ascain
Histoire d’Ascain
Ascain est une commune de Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 4 464 habitants. Son nom basque actuel est Azkaine. D’après la Carte des Sept Provinces Basques éditée en 1863 par le prince Louis-Lucien Bonaparte, le dialecte basque parlé à Ascain est le labourdin. Le toponyme Ascain apparaît pour la première fois en 1125 sous la graphie Escan, reprise ensuite vers 1140 dans le cartulaire de Bayonne puis sous les formes
Scain (1235, cartulaire de Bayonne, feuillets 7 et 29), Ascayn (1302), Scainh et Ascaing (respectivement 1450 et 1552, titres du Labourd, ), Sancta Maria d’Ascaing (1691, collations du diocèse de Bayonne) et Askaine. Selon Jean-Baptiste Orpustan, Ascain vient probablement de haitz gain: « dessus du tertre » ou « hauteur rocheuse ». La maison Olhaberrieta (« lieu de cabane neuve »), située à mi-chemin entre le quartier d’Olhette à Urrugne et le bourg d’Ascain, est mentionnée en 1568.
Le quartier Portua doit son nom à sa situation portuaire sur la Nivelle. Au, il y régnait une intense activité de construction navale, protégée par une tour, devenue de nos jours la maison Dorrea (ou Dorria), près de laquelle Winston Churchill fit une aquarelle) apparaît sous les formes Villa quœ dicitur Asseres (1083 et vers 1140, cartulaire de Bayonne. On a ici affaire à une étymologie prélatine serra (« hauteur non rocheuse, colline allongée »).
Elle offre aux pèlerins une église (Sanctus-Jacobus de Serre) et un hôpital.
La Rhune recèle un nombre important de monuments mégalithiques, qui sont les témoins d’une activité humaine au Néolithique. On trouve en effet des cromlechs et des dolmens datant de l’âge du bronze et de l’âge du fer et reflétant une activité funéraire importante. La tourbière des Trois fontaines est par exemple dominée par la colline de Gorostia, où une nécropole montrant neuf cercles de pierres a été découverte au lieu-dit Aïra-Harri. Dans cette région, une origine romaine ne s’appuie sur aucune source documentée et doit être considérée avec prudence. Mais cela n’exclut pas que des vestiges postérieurs à l’Antiquité romaine aient repris le tracé de voies ayant existé au début de notre ère (mort en 2021), la disparition des voies romaines d’origine est due à l’action des éléments climatiques au cours des qui nous séparent de leur construction. Il faut attendre 1235 pour voir apparaître un Salomon de Scain, caution lors d’une cession de biens à l’Église). C’est au qu’est mentionné un seigneur d’Ascain, Martin Otxoa de Gaztelu, possesseur du palacio de Ascanio. Marié avec Maria Garcia de Narbart, dame d’Agorreta, il a un fils, Juan Martinez de Agorreta Ascanio, dont les armoiries ont été adoptées par le conseil municipal le 26 juin 1988, sous une forme modernisée.
En 1609 Pierre de Lancre, conseiller au Parlement de Bordeaux depuis 1582, intervient dans la province de Labourd, à la tête d’une commission d’enquête constituée par le roi de France et de Navarre Henri IV. Pierre de Lancre commence son enquête à Bayonne au début de juillet 1609, puis se déplace dans plusieurs localités du Labourd, notamment Saint-Pée et Ascain. Plusieurs personnes d’Ascain sont entendues comme témoins. La montagne de la Rhune est citée comme un lieu de sabbat. Le curé d’Ascain, de la maison d’Harguibellea (Arguibel), est en l’église Saint-Esprit de Bayonne, pendu puis brûlé. Grâce à l’intervention de l’évêque de Bayonne, Bertrand d’Eschaud, Pierre de Lancre est rappelé à Bordeaux, sa mission s’interrompant le 1er novembre. Ascain fut occupée durant la guerre de Trente Ans pendant une année, du 23 octobre 1636 au 26 octobre 1637, par des troupes espagnoles, ainsi que les paroisses de Saint-Jean-de-Luz, Ciboure, Biriatou, Hendaye et Urrugne. En 1656, Martin de Chourio (Xurio en basque), notaire à Ascain et syndic général nommé par le du Labourd prend la tête des partisans de la maison de Saint-Pée, et s’oppose à Jean d’Arcangues, procureur du roi au bailliage du Labourd, qui soutient la maison d’Urtubie, en la personne de Salvat de Gamboa.
En représailles des décidées par Jean d’Arcangues, Chourio met son château du à sac. Recherché, il prend la tête d’une armée de, menant une guerre qui ne cesse qu’un an plus tard du fait de sa mort (naturelle) à Ascain. Les événements de 1789 ont leur origine dans la convocation en 1788 des États généraux par Louis XVI, pour la première fois depuis 1614, donnant lieu au début de 1789 à la rédaction dans chaque paroisse du royaume d’un cahier de doléances et à l’élection d’un délégué à l’assemblée du Tiers état du bailliage ou de la sénéchaussée, réunie pour élire deux députés, tandis que la noblesse et le clergé élisent chacun séparément un député. Ascain fait partie du bailliage d’Ustaritz, dont les députés élus sont le curé de Ciboure, le marquis de Caupenne et les frères Garat, avocats à Bordeaux, Dominique et Dominique-Joseph. Les États généraux, réunis le 5 mai à Versailles, deviennent le 9 juillet l’Assemblée nationale constituante et le royaume de France devient de fait une monarchie constitutionnelle. L’Assemblée, après avoir aboli tous les privilèges personnels ou locaux (4 août 1789), crée les départements, districts et communes (celles-ci correspondent aux paroisses traditionnelles). Dans le nouveau découpage territorial mis en place en 1790, la commune d’Ascain fait partie du district d’Ustaritz, un des six du département des Basses-Pyrénées, dont le chef-lieu est d’abord Navarrenx, puis Pau (octobre 1790). Ce district (qui inclut Bayonne) est divisé en douze cantons: Ascain fait partie du canton de Sare, ainsi qu’Ainhoa.
Le territoire de la commune d’Ascain correspond d’abord à celui de la paroisse d’Ascain. Mais quelques décennies plus tard, il sera augmenté d’une partie de celui de la commune de Serres, supprimée le 19. La république est établie le 21 septembre 1792 par la nouvelle assemblée constituante, la Convention, élue à la suite de la journée insurrectionnelle du 10 août, qui a abouti à la chute de Louis XVI. Les élections ont eu lieu en septembre: le département a sept députés à la Convention (dont aucun ne sera guillotiné). Après les victoires de Valmy (20 septembre 1792) et de Jemappes (6 novembre), la République française est confrontée à partir de mars 1793 à une situation militaire et politique difficile, qui aboutit en septembre 1793 à l’établissement, sous la direction des montagnards, du gouvernement révolutionnaire et de la Terreur. Celle-ci dure jusqu’au 27 juillet 1794 (9 thermidor an II), date de la chute de Robespierre. En mars 1794, en raison de la désertion de quarante-sept conscrits d’Itxassou, le Comité de salut public (arrêté du /3 mars 1794) fait arrêter et déporter une partie des habitants (hommes, femmes et enfants) d’Ainhoa, Ascain, Espelette, Itxassou, Sare et Souraïde. Ces communes sont décrétés, ainsi que les autres communes proches de la frontière espagnole, « communes infâmes ».
Cette mesure est ensuite étendue à Biriatou, Cambo, Larressore, Louhossoa, Mendionde et Macaye. Les habitants sont. En réalité, ils sont regroupés dans les églises, puis déportés dans des conditions précaires à Bayonne, Capbreton, Saint-Vincent-de-Tyrosse et Ondres, puis dans diverses localités du Lot, du Lot-et-Garonne, du Gers, des Landes, de la partie béarnaise des Basses-Pyrénées et des Hautes-Pyrénées. Le retour des exilés et le recouvrement de leurs biens sont décidés par une série d’arrêtés pris le 29 septembre et le 1er octobre 1794, poussés dans ce sens par le directoire d’Ustaritz, qui dirige le district: La récupération des biens ne se fait pas sans difficulté, car ils avaient été mis sous séquestre sans être enregistrés et livrés aux pillage: En 1813, durant la guerre anglo-espagnole contre Napoléon Ier, les troupes commandées par le général Wellington entrent en France par la Rhune.
Durant les combats qui concernent également Sare, Bera et Urrugne, sont pointés sur Ascain du haut de la montagne. De ces combats autour de la Rhune, subsistent plusieurs redoutes. Ainsi la redoute d’Esnaur (aujourd’hui inscrit comme monument historique), contrôle à d’altitude l’accès au col de Saint-Ignace qu’elle domine. Le début du est marqué par l’opposition de la population d’Ascain, comme celle de nombreux villages basques, aux inventaires résultant de l’adoption de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Le percepteur devant faire l’inventaire des biens de l’Église se voit une première fois refuser l’entrée du village. Il revient à la charge vers la mi-mars, assisté de gendarmes et d’une compagnie du d’infanterie de Bayonne. Pour pouvoir entrer dans l’église, il fait enfoncer les portes à la hache. La Seconde Guerre mondiale voit le village organiser le passage de la frontière avec l’Espagne des volontaires voulant rejoindre les Forces françaises libres en Afrique ou en Grande-Bretagne.
Charles Minier, maire de la commune du 30 avril 1945 au 12 juin 1946, remettra au cours de son mandat la croix de guerre avec citation au titre de la Résistance à deux des chefs du groupe clandestin à l’origine de cet acte de résistance (le secrétaire de mairie François Bertrand et le vicaire Jean Carrère), également salué par le général de Gaulle lors de sa visite à Ascain en septembre 1947.
Patrimoine religieux
Ascain compte six monuments inscrits à l’inventaire des monuments historiques et un objet inscrit. Un ensemble de neuf cromlechs se dresse au lieu-dit Aïra-Harri; classé monument historique depuis le 13 octobre 1956, il est propriété de la commune. Le pont sur la Nivelle appelé « Pont Romain » (en basque Ur Hertsi), est inscrit depuis le 19 mai 1925. Il date du, c’est-à-dire du dernier siècle de l’Empire romain en Gaule, et en Europe occidentale en général (l’Empire romain d’Occident disparait en 476). Il est accessible à partir de la D918 (ici appelée « route de Saint-Jean-de-Luz ») qui suit la rive droite de la Nivelle, au carrefour avec la « route de Montségur » qui devient le « chemin du Pont Romain », d’abord rue, puis chemin.
Celui-ci, après le franchissement du pont suit le cours du ruisseau Galardiko Erreka jusqu’à la « Route d’Erroteria ». Ce chemin est une voie pavée, dite « voie romaine ». C’est un ouvrage orienté nord-sud d’une quarantaine de mètres de longueur, à trois arches de hauteur inégale (l’arche centrale étant la plus élevée), soutenant une chaussée en dos d’âne. La pile centrale porte sur sa face nord-est une pierre sculptée représentant une tête (visible seulement à marée basse), servant de témoin de hauteur d’eau. Très affaibli par les inondations du 26 août 1983 qui déstabilisent les berges et éprouvent les fondations, il subit un effondrement de la pile centrale lors de la crue de décembre 1994.
Lors de la retraite depuis l’Espagne des troupes françaises en 1813, il est considéré comme un point stratégique important et l’une de ses arches est détruite pour empêcher le passage de l’artillerie de l’armée de Wellington. La maison de Ferdinand Pinney Earle, située à proximité du pont romain, est inscrite aux monuments historiques depuis le 13 janvier 2000. Ferdinand Pinney Earle (1878-1951) est un décorateur de cinéma (Papa longues jambes en 1919, Ben-Hur en 1925), frère du réalisateur William P.S. Installé à Ascain en 1930, il fait construire un édifice de style mexicain, sur un plan en forme de révolver. En 1947, une stèle des évadés de France a été mise en place à la mémoire des résistants qui ont quitté la France pour rejoindre la France libre du général de Gaulle en passant par l’Espagne durant la Seconde Guerre mondiale.
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption, qui conserve des vestiges médiévaux, fut agrandie aux; elle fut inaugurée sous Louis XIII en 1626. En 1605, Bertrand d’Eschaud, évêque de Bayonne, visitant la paroisse d’Ascain, permit. Il s’agit d’un édifice orienté ouest-est, de sur et d’une hauteur intérieure de au niveau de la nef qui est un moulage d’une statue du; l’original en marbre, connu sous le nom de « Vierge de Longchamp », est conservé au Musée de Cluny, à Paris. Des pierres tombales en grès rose de la Rhune recouvrent le sol; la plus ancienne est de 1620. La chapelle de Serres, dédiée à saint Jacques et restaurée, a été au Moyen Âge un relais actif pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.