Cabourg
Histoire de Cabourg
Cabourg est une commune de Calvados, en Normandie, qui compte 3 583 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes latinisées Cathburgum en 1066 – 1079; Cadburgus et Cathburgus en 1077 et la forme normande Cadburg en 1082. Il s’agit d’une formation toponymique médiévale dont l’origine précise reste à déterminer. Ernest Nègre explique Cabourg par le nom de femme Hadeburgis pris absolument.
Enfin pour Louis Guinet, il s’agit vraisemblablement d’un nom de lieu basé sur le vieux saxon *burg que François de Beaurepaire considère comme vieil anglais en Normandie, c’est-à-dire burg, burh « bourg ». Il est précédé d’un élément indéterminé, peut-être le celtique cad « combat » ou un nom de personne saxon Cada, car il se rapproche manifestement des noms de lieux britanniques du type Cadbury et Cadborough qui sont aussi d’anciens Cadburg, Cadbuhr. L’hypothèse saxonne est renforcée par l’existence avérée aussi bien par les textes d’époque que par l’archéologie moderne, d’établissements saxons aux -s dans le Bessin et la campagne de Caen, ainsi que par l’existence de plusieurs lieux-dits Cabourg, Cabourt, Cabour en Normandie, mais pas ailleurs.
Selon François de Beaurepaire, les types toponymiques en -bourg auraient pu se diffuser postérieurement, lors de l’arrivée de colons anglo-scandinaves au (cf. Remarque: la suggestion d’Ernest Nègre reste la moins forte, autant d’un point de vue phonétique (on voit mal en effet comment Hadeburg- serait devenu Cathburg- / Cadburg-, avec passage de [h] à [c] inexplicable en Normandie) que d’un point de vue structurel (les anthroponymes, notamment féminins, employés absolument sont extrêmement rares dans la toponymie normande, en particulier ceux d’une époque aussi reculée).
En 1793, on recense à Cabourg seulement. Le village se développe alors principalement à proximité de la Dives, au nord de la confluence avec la Divette. L’habitat s’organise autour de deux axes: l’un parallèle au fleuve et l’autre au sud de la route de Caen à Dives, l’église se trouvant légèrement isolée au sud-ouest. Les dunes au nord de la commune ne sont pas peuplées. Au, la population augmente régulièrement jusqu’à atteindre en 1866. Henri Durand-Morimbau (père d’Henri des Houx), homme d’affaires et avocat parisien, décide dans les années 1850 de créer une station balnéaire à proximité du petit village de pêcheurs.
Pour ce faire, il fonde une Société thermale. Doté d’un capital de de francs par actions au porteur, de chacune, l’organisme achète les terrains riverains de la mer constitués de dunes et d’herbages. On confie à l’architecte Robinet le soin de tracer un plan d’urbanisme. Celui-ci choisit un plan radio-concentrique rappelant celui des théâtres gréco-romains: les avenues convergent vers une place centrale sur laquelle est érigée un casino composant la scène. La première pierre du casino, en réalité construit en bois, est solennellement posée le et des centaines d’arbres sont plantés le long des avenues nouvellement tracées. La nouvelle station balnéaire est alors inaugurée sous le nom de Cabourg-les-Bains.
Mais les ressources financières viennent rapidement à manquer et la station souffre de son absence de desserte par les chemins de fer. En 1861, un grand hôtel est construit en bordure du rivage. Il est détruit puis reconstruit en 1907 par les architectes Lucien Viraut et Émile Mauclerc. Le casino en bois est remplacé en 1867 par un nouveau bâtiment en pierre plus fonctionnel. En 1879, une ligne de chemin de fer est ouverte entre la gare de Dives-Cabourg et celle de Mézidon, permettant ainsi des liaisons au départ de Paris; elle est prolongée jusqu’à Trouville-Deauville en 1882-1884. En 1881, une ligne entre Caen et Dozulé-Putot s’embranche sur la ligne Mézidon – Dives, améliorant ainsi la liaison entre la station balnéaire et la préfecture.
En 1891-1892, la première ligne des chemins de fer du Calvados est ouverte entre Caen et Dives; trois haltes sont prévues sur le territoire communal: Bas-Cabourg, Cabourg Pépinière, Cabourg (au bout de l’avenue de la Mer). Après une légère baisse démographique dans les années 1870, la population cabourgeaise s’accroît rapidement quand le village devient une cité balnéaire à la mode. De 1881 à 1936, la population double (de à ), avant d’atteindre son maximum en 1946 avec recensés. De nombreux équipements sont construits pour faire face à l’essor de la station Après un fort déclin démographique dans les années 1950, la population repart à la hausse dans les années 1970 en raison de la politique de relance touristique et de promotion immobilière de Bruno Coquatrix élu maire en 1971; en 1999, le nombre d’habitants dépasse son seuil historique de 1946.
Patrimoine religieux
Selon le ministère de la Culture, le casino et le Grand-Hôtel constituent « l’un des ensembles balnéaires les plus cohérents et les mieux conservés de la Belle Époque ». Cabourg, comme sa voisine Deauville et d’autres villes proches du littoral de Normandie situées à proximité de Paris, présente beaucoup de superbes habitations privées. Ainsi, sur les grandes artères de la ville (l’avenue de la Mer par exemple), ou dans les plus petites ruelles, on peut admirer de très belles, et souvent très grandes, demeures ou villas.