Bourg-Blanc
Histoire de Bourg-Blanc
Bourg-Blanc est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 3 542 habitants. Borg-Blanc en 1318, Burgus Albus en 1336 et en 1363. Bourg-Blanc est la traduction littérale du breton Bourc’h-wenn. Si Bourc’h ne fait aucun doute quant à sa signification, le mot « bourg » du « burg » germanique, évoquant ainsi l’emplacement d’un lieu fortifié; le sens de Gwenn (blanc) soulève de nombreuses questions car Gwenn en gaélique signifie aussi pur, immaculé, sacré ou voué aux divinités.
Simple lieu-dit de la paroisse de Plouvien à l’origine, Bourg-Blanc devient une trève de Plouvien en 1607, transformée en commune en 1793. La commune a été dénommée Bourgblanc en 1793, Le Bourg-Blanc en 1801 avant de s’appeler tout simplement Bourg-Blanc ensuite.
Le territoire a été habité dès la Préhistoire comme en témoignent de nombreux vestiges préhistoriques et en particulier la chambre funéraire de Coatanéa (vieille de 3 000 ans environ), lieu où des pointes de flèches de « type ogival long » ont aussi été trouvées, ainsi qu’un « poignard triangulaire armoricain à quatre rivets ». Ces objets se trouvent désormais au musée de la Préhistoire finistérienne à Penmarc’h. Au, saint Urfold vint vivre en ermite dans la forêt de Dunan sur le territoire de la commune actuelle de Bourg-Blanc et saint Ivy en fit autant un peu plus tard (la famille noble des Coëtivy reprit son nom). En 1328, Grallo Faber (Grallon Le Fèvre) fonde un hôpital et une chapelle sous le patronage de saint Ivy, qui fut dotée le 21 par un testament d’Hervé de Léon pour l’entretien de 12 lits et d’un chapelain, pour accueillir les pèlerins et les infirmes. Le manoir actuel a été construit en 1864 seulement. En 1497, la seigneurie de Coëtivy (le nom des Coëtivy reprend le nom de saint Ivy qui vécut en ermite à proximité au ) se composait de sept manoirs situés dans les paroisses de Plouvien, Plouguerneau, Plouédern et Guipavas. La famille de Coëtivy était seigneur des fiefs de Coëtivy (paroisse de Plouvien à l’époque, commune de Bourg-Blanc actuellement), du Ménant, de Froutgel, de Runinisi (les trois en Plouguerneau), du Forestic (en Plouédern), de Trégouroy et de Kerhuon (paroisse de Guipavas, commune du Relecq-Kerhuon pour le dernier cité désormais).
Le fief de Coëtivy fut acheté en 1497 par la famille du Juch et passa, par mariage, aux mains de la famille du Chastel en 1501 (mariage de Marie du Juch avec Tanguy V du Chastel). L’historien Arthur de La Borderie en parle en ces termes Le Tiers-état de la trève de Bourg-Blanc envoya deux députés, François Mailloux et François Le Roi, pour la réaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven. Marie Chapalain est née le 1 février 1751 à Bourg-Blanc et son frère Claude Chapalain est né le 8 mai 1753 à Bourg-Blanc également. Marie a caché à Plouguin son frère Claude et Tanguy Jacob, tous deux prêtres réfractaires. Ils furent tous les trois arrêtés sur dénonciation et furent guillotinés à Brest le 24 vendémiaire an III (15 octobre 1794). Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Bourg-Blanc en 1843 En 1896, un document indique que les sœurs de l’Immaculée Conception de Saint-Méen assistaient et soignaient gratuitement les malades de Bourg-Blanc à domicile.
Au hameau de Breignou (Breignoux) existait à la fin du une usine de produits chimiques produisant de l’iode à partir du goémon. Armand de Riverieux, maire de Bourg-Blanc, fit partie des onze maires du canton de Plabennec qui adressèrent en octobre 1902 une protestation au préfet du Finistère à propos de la circulaire interdisant l’usage de la langue bretonne dans les églises. En 1903, il refuse d’accomplir « l’inique besogne » qu’on veut lui imposer et refuse en conséquence de préciser sur le certificat de résidence du curé qu’il doit signer tous les trois mois afin que celui-ci puisse percevoir son traitement si celui-ci enseigne le catéchisme en français. Il écrit aussi qu’il « approuve » les desservants de sa paroisse qui « en faisant le catéchisme en breton ne font que leur devoir ». La décision de construire une école primaire publique de filles est prise en 1906. Les querelles liées à l’application de la Loi de séparation des Églises et de l’État, votée en 1905, ont été particulièrement vives dans le Léon au début du; en voici un exemple qui concerne Bourg-Blanc en 1907, paru dans le journal L’Ouest-Éclair sous le titre « Les crucifix des écoles » Le monument aux morts de Bourg-Blanc porte les noms de 71 personnes mortes pour la France pendant la Première Guerre mondiale; 5 (Jean Marie Balcon, Ambroise Floc’h, Eugène Le Goaziou, François Le Hir, Jean Traon) sont des soldats morts sur le front belge; Jean Fourn et Jean Petton sont morts alors qu’ils étaient prisonniers en Allemagne; tous les autres sont décédés sur le sol français dont Charles Appéré et René Huguen, tous deux décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre et François Gouès, cité à l’Ordre de l’Armée. Joseph Riou, quartier-maître chauffeur à bord du cuirassé Bretagne, est décédé le 3 juillet 1940 lors du naufrage de son bateau pendant la bataille de Mers el-Kébir.
Le 7 août 1944, le Combat Command B, de la division blindée américaine, arrivant de Lesneven qu’ils avaient libéré et après avoir bivouaqué à proximité la nuit précédente, contourna Plabennec, mais dut repousser une contre-attaque allemande à Plouvien et Bourg-Blanc, rencontrant une forte résistance ennemie dans le secteur de Coat Laëron en Milizac où fut détruit un poste de surveillance anti-aérien. Une photo montre une femme tondue à Bourg-Blanc lors de la Libération en 1944. Michel Tréguer, qui a passé son enfance à Bourg-Blanc, a écrit un livre Avec le temps; Chronique d’un village breton sous l’Occupation allemande où il évoque entre autres des faits de collaboration, y compris les amours entre des femmes du village et des soldats allemands. Ce livre polémique suscita une plainte d’une personne citée et à la suite du procès qui s’est ensuivi, tenu à Brest, le livre a été interdit par la justice le 5 pour diffamation dans la mesure où il citait des noms de personnes encore vivantes ou de leurs descendants, le juge estimant que « l’équilibre entre liberté d’expression et respect de la vie privée penchait en faveur du plaignant ».
Patrimoine religieux
Dans la chapelle, on peut reconnaître saint Urfold, mais aussi Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ainsi que saint Jean l’Évangéliste, saint Yves. sainte Marguerite est également reconnaissable à son dragon. Comme les autres chapelles, elle a une fontaine consacrée, à niche gothique. Comme son nom l’indique, la chapelle est sous le patronage de saint Urfold, oncle de saint Hervé, fils de Harvian et Rivanone. Vers 14 ans, saint Hervé vint voir son oncle Urfold qui vivait solitairement entre Plouvien et Plabennec.
Peu après l’arrivée de son neveu, Urfold quitta Plouvien et vint à Bourg-Blanc bâtir un oratoire. Là, il vécut désormais dans la solitude, se consacrant exclusivement à Dieu. Son neveu, saint Hervé, eut par révélation connaissance de la mort de saint Urfold et se mit en route vers l’oratoire de son oncle. Il s’y prosterna pour prier et au cours de son oraison, le sol trembla si fort que tous ceux qui étaient avec lui furent jetés à terre; la terre s’ouvrit et de cette ouverture sortit une odeur suave et odoriférante. Saint Hervé, ayant, par ce miracle, connu et trouvé le tombeau de son oncle l’accommoda de pierres et le lieu devint bientôt le cadre de miracles.
C’est sûrement là l’origine du culte qui est encore rendu à saint Urfold. On peut encore aujourd’hui voir ce tombeau, sarcophage uni percé d’une arcade en voûte. Le jour du pardon, des pèlerins passent et repassent sous l’arcade du tombeau, à genoux, à cause de sa faible hauteur pour implorer la protection du saint et guérir leurs rhumatismes. Cette chapelle « renferme le tombeau de ce saint ermite, qui consiste en un sarcophage uni, sans inscription, mais ayant dans son intérieur une arcade allongée, par laquelle passent et repassent les pèlerins; ce sarcophage, élevé de terre de trois pieds, repose sur la pierre même dont saint Hervé avait recouvert jadis le tombeau de son oncle » écrit Miorac de Kerdanet dans une note à sa réédition du livre d’Albert Le Grand. Le pardon de Saint-Urfold a longtemps été très fréquenté.
La fontaine Saint-Urfold se trouve à proximité. L’ancien ossuaire, désormais dénommé chapelle des Trépassés. Le nom provient de la confrérie des Trépassés qui existait à Bourg-Blanc. Dédiée à saint Éloi, patron des orfèvres et des forgerons, et à saint Herbot, patron des bêtes à cornes, la chapelle est un ancien ossuaire. Le bâtiment est restauré en 1842 et à nouveau en 1990.