Moûtiers (73)

Histoire de Moûtiers

Moûtiers est une commune de Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 3 475 habitants. Moûtiers trouve l’origine de son toponyme dans le nom de ‘, d’où vient le terme monastère. La première mention de la cité, selon l’abbé Joseph-Antoine Besson, en 1096 sous la forme Manasterium. Selon le toponymiste Ernest Nègre ou encore le site de Henry Suter, cette dernière aurait une origine préceltique de sens inconnu.

La première mention de Darantasia remonte à fin du, notamment sur lItinéraire d’Antonin » ou encore la carte de Peutinger. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit Moutchér (graphie de Conflans) ou Mo(n)tiérs (ORB).

Au centre la voie passant en Tarentaise par les cités: (Aime) X. (Conflans, Albertville) XVI (Saint-Jean-de-la-Porte). Les premières installations dans la vallée remonteraient au Néolithique. Une hache-spatule, découverte sur le territoire communal, mais sans autre précision de lieu, prouverait une occupation humaine datant du Bronze moyen. Durant l’Antiquité, la Tarentaise est occupée par les Ceutrons. Jules César négocie avec les Ceutrons son passage avec ses armées sur leur territoire. À la suite de la conquête romaine des Alpes, le pays des Ceutrons est placé sous une autorité militaire, puis les Romains établissent la province des Alpes grées, avec puis (aujourd’hui Aime), comme capitale. succède à comme capitale, vers la fin.

La Grande-Rue semble correspondre au decumanus et la rue Cardinale au cardo maximus. La tradition raconte que saint Honorat vient, au commencement du, dans le bourg de Centron. Une lettre du pape saint Léon datée de 451 permet d’affirmer qu’il y avait un évêque à Darantasia pour le diocèse de Tarentaise qui correspondait au territoire de la civitas Ceutronum. À Darantasia, son disciple, Jacques d’Assyrie, moine de Lérins, évangélise la Tarentaise et bâtit une église qu’il dédia à saint Pierre et il y fit édifier un château fort. Il devint le premier évêque de Tarentaise. Dans la liste des évêques de Tarentaise de Duchesne, en 1907, le premier évêque est Sanctius ou Sanctus. Celui-ci assiste au concile d’Épaone, en 517 et reconstruit la cathédrale Saint-Pierre consacrée par saint Avit, archevêque de Vienne, avant 525. Extrait du Procès-verbal du vote en faveur de l’annexion à la France par la commune de Moûtiers (11 octobre 1792): « L’an 1792, le onze d’octobre, l’an IV de la Liberté et le de l’Égalité, sur les dix heures du matin, à Moûtiers, dans l’église métroplolitaine de Saint-Pierre, la Nation française venant d’occuper par la force des armes tout le territoire du duché de Savoie, et cette même nation invitant à forme de manifeste de messieurs les députés de la Convention Nationale du 6 courant, que chaque communauté forme des assemblées primaires pour l’élection d’un député chargé d’exprimer son vœu dans une assemblée générale de toutes les communes pour l’organisation d’un nouveau gouvernement, vu que l’ancien doit cesser, la communauté de Moûtiers rière laquelle ledit manifeste a été lu, publié et affiché aux lieux et à la manière accoutumée, en ayant ouï la lecture et considéré qu’il est urgent de prendre des déterminations qui préviendront les effets funestes de l’anarchie et dissiperont la perplexité où sont les citoyens, a fait avertir par le son de la cloche, tant hier que ce matin, et par les avis qu’elle a fait communiquer, il y aurait une assemblée générale de tous les habitants.et sur la proposition du choix du gouvernement, tous les citoyens assemblés ont unanimement délibéré et par acclamation qu’ils désiraient former partie intégrante de l’Empire français avec lequel ils voulaient être pour toujours unis.Les citoyens ont député par acclamation et unanimement M.

Joseph Abondance, médecin et en cas qu’il soit empêché, ils ont député M. Michel Grumery et, à son défaut, M. » (Archives municipales de la ville de Moûtiers). « Le 28 pluviôse de l’an II de la République, le Conseil général de la commune de Moutiers assemblé sous la présidence du citoyen Jean-Pierre Bérard l’aîné, considérant que si l’instruction publique est le besoin de tous, elle l’est plus particulièrement dans ces contrées où l’habitant est aussi peu éclairé que simple et crédule; que le décret de la Convention sur la lecture publique des lois est exécuté, mais que l’on voit avec douleur ces assemblées civiques fort peu nombreuses; que ce défaut d’assiduité ne peut provenir d’une insouciance criminelle ou d’une indolence marquée; arrête, sur la motion d’un membre, et ouï l’agent national provisoire: Art. Tous les habitants de cette commune sont invités au nom de la patrie, au nom du Bien public et de leurs propres intérêts à assister assidument à la lecture des lois et décrets qui se fait régulièrement dans la cy-devant église de Saint-Pierre, aujourd’hui Temple de la Raison, tous les décadis, à 2 heures après midy. Cette invitation se publiera par affiches et au son de la caisse. Il est fait inhibition et défense à tous cabaretiers, aubergistes, vendeurs de vin, eau-de-vie et liqueurs et teneurs de jeux de donner à boire et laisser jouer chez eux pendant les heures de ladite lecture qui s’annonce par le son de la cloche, sous peine d’être regardés comme ennemis de la chose publique et dénoncés comme tels.»(Archives municipales. Par ordre du représentant du peuple, Antoine-Louis Albitte, le Robespierre savoyard, la commune de Moutiers est renommée Mont-Salins, à compter du 25 vendémiaire, an II de la République française (16 octobre 1793).

Le représentant du peuple Gauthier abroge cette obligation le 3 janvier 1796, en arrêtant que « les communes reprendront leurs anciennes dénominations, nonobstant tous arrêtés contraires, jusqu’à ce qu’elles aient été autorisées par décret. Elles sont néanmoins tenues d’en supprimer autant que faire se pourra, tout ce qui a quelque rapport au fanatisme et à la féodalité ». Le 10 fructidor, an II, on y trouvait: 8 prêtres, 11 nobles, 2 capucins, 2 religieuses, 2 filles, 20 paysans, tous suspects. Le 22 brumaire an III, on voit figurer sur les registres d’écrou: Le laboureur Martinet, de Petit-Cœur, accusé d’avoir tenu des propos inciviques en payant à boire à un militaire. Michel Hugues, accusé d’avoir refusé des assignats. La veuve Cognié, accusée du recel d’une cloche pesant 2 quintaux. « Le 2° thermidor de l’an III, un membre du Conseil donne connaissance que depuis quelques jours on a élevé une croix dans le cimetière qui est au lieu des Salines, ce qui est une infraction à la loi du 23 ventôse dernier. Le Conseil, considérant que la loi susvisée prohibe tout signe extérieur de culte, arrête, ouï le Procureur de la commune, que ladite croix sera enlevée par les soins du citoyen Blanche.

Le Conseil arrête que les citoyens Crud et Dumas sont députés pour assister aux exercices du culte chaque fois que les citoyens s’assembleront, afin de surveiller ledit exercice conformément à la loi ». (Registre communal.N° VII, folios 389-390). La première école des mines créée à l’hôtel des Monnaies de Paris disparaît en 1791 dans la tourmente révolutionnaire, mais est reconstituée par un arrêté du Comité de salut public le 13 messidor an II (1794), est installée à Peisey-Nancroix après l’arrêté des consuls du 23 pluviôse an X (1802). L’école prend le nom d’École pratique des Mines du Mont-Blanc. En raison de l’inconfort de Peisey, inhabitable une partie de l’année, dépourvu de tout chemin carrossable, l’administration de l’école est installée dans les locaux de l’ancien grand séminaire de Moutiers. L’invasion sarde de 1814 interrompt le fonctionnement de l’école. Après les événements de 1814, avec le même personnel, l’école est définitivement reconstituée à Paris, par l’ordonnance du 6 décembre 1816 et établie à l’hôtel de Vendôme, longeant le jardin du Luxembourg, emplacement qu’elle occupe encore aujourd’hui sous le nom d’École nationale supérieure des mines de Paris. Pour des raisons militaires de protection de la frontière, on a entrepris la construction de la ligne de chemin de fer entre Saint-Pierre-d’Albigny et Bourg-Saint-Maurice après l’accord de Triple Alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, en 1880.

Le train arrive à Moûtiers en 1893. Il dessert Bourg-Saint-Maurice en 1913. Les projets de prolongement de la ligne sous le col du Petit-Saint-Bernard vers la vallée d’Aoste n’ont jamais dépassé le stade des études. Les contraintes topographies ont nécessité de construire un tunnel hélicoïdal à la sortie de la gare de Moûtiers, en direction de Centron, pour reprendre une différence de niveau d’environ. Les sections de la Saulcette, Beauregard et la Grande-Saulcette sont retirées de la commune de Moûtiers pour être attachées à celle de Saint-Marcel, en. Depuis le Moyen Âge, on produit du sel à Moûtiers. Sous la Renaissance, le duc Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580) organise la production industrielle des salines de Moûtiers. Au, les établissements industriels des Salines Royales produisent plus de de sel dans l’année, dans cinq bâtiments de graduation situés entre l’Isère et le Doron.

Le chevalier Charles-François de Buttet (1738-1797), Inspecteur général des Salines de Tarentaise, est nommé en 1770 directeur des Salines Royales de Moûtiers par le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne, à qui il soumet le projet d’un nouveau procédé de cristallisation du sel. Le système de son invention consistait à filtrer les eaux salines au travers de fagots de branchage, en ralentissant le courant et ensuite à les faire couler lentement sur de longues cordes de chanvre disposées dans des bâtiments industriels. Il suffisait au dernier stade de racler les cordes pour en extraire le sel. Ce procédé permet une large augmentation de la production de sel en Savoie. Mais, à la suite de l’Annexion de la Savoie de 1860, les activités des Salines commencent à péricliter en raison, d’une part de la perte du monopole de la vente de sel, d’autre part, de la concurrence de la production de sel du Midi de la France. Les Salines Royales de Moûtiers se sont arrêtées en 1866 et il n’en subsiste plus aujourd’hui que des vestiges de bâtiments en ruine. En 1989, la municipalité donne le nom du chevalier de Buttet au pont qui se trouve à proximité du quartier des Salines Royales. La vieille cité archiépiscopale ne s’attendait pas à jouer sa partition dans l’aventure de la houille blanche.

De fait, cette séquence n’aura été qu’une assez brève parenthèse dans sa longue histoire. Il s’agit d’abord, en 1932, de l’équipement d’une centrale hydroélectrique installée en rive gauche de l’Isère. La prise d’eau se situe sur la rivière à l’aval de la centrale de Pomblière. Elle fonctionne toujours sous une moyenne chute de et avec un débit de. Sa puissance installée est de et elle peut produire en année moyenne. La création en 1938 d’une aciérie, calée entre la voie ferrée et la montagne en dessous de Hautecour et étagée sur cinq niveaux devait imprimer une marque beaucoup plus visible dans le paysage urbain jusqu’à sa fermeture en 1982. L’initiative est venue de la SECEMAEU (Société d’électrochimie, d’électrométallurgie et des aciéries électriques d’Ugine). Il s’agissait de satisfaire à la forte demande du marché en acier inoxydable, c’est-à-dire allié au nickel et au chrome.

Sa fabrication supposait la maîtrise d’une cuisine très complexe. Il faut, dans un premier temps, réduire la chromite, qui est un minerai d’oxyde de chrome, de son oxygène: on obtient alors du ferrochrome, seul susceptible de s’allier, dans un deuxième temps, à l’acier et au nickel dans l’aciérie proprement dite. Le procédé en usage à l’époque faisait intervenir du coke, de la silice et de la chaux dans sa fabrication. L’approvisionnement de l’usine supposait un recours important au chemin de fer, en particulier pour la chromite, en provenance de mines lointaines: il relayait le bateau depuis le port de Caronte, près de Marseille. Seule la silice était disponible sur place: elle était livrée par camion par Claraz-Aynard, exploitant de la vaste carrière de quartzite qui éventrait la rive gauche de l’Isère à l’aval de Pomblière. Autres marques dans le paysage: les décharges des laitiers, ces résidus de la fabrication, sur les bas-côtés des routes de Pomblière, de Brides-les-Bains et des Belleville savoyardes. Si l’on ajoute la pollution par les fumées, il faut admettre que la « cuve » de Moûtiers supportait assez mal ces nuisances. On s’en accommodait car l’usine était un important pourvoyeur d’emplois: au premier janvier 1974 l’effectif se montait à contre 200 en 1939.

Grâce aux services d’autocars étaient recrutés de nombreux ouvriers-paysans qui voyaient avantage au système des trois huit. Il en venait du Berceau tarin autour d’Aime, de la vallée des Belleville et de celle du Doron de Bozel. En cette période des Trente Glorieuses, la situation inspirait cependant de graves inquiétudes. Paradoxalement, car jamais les perspectives n’avaient été aussi prometteuses. La production française d’acier inoxydable avait été multipliée par 20 en. Pour faire face à la demande, la SECEMAEU avait construit à l’Ardoise (Gard), sur les bords du Rhône, dans les années 1960, une réplique de l’usine savoyarde dont la production, à la veille de nouveaux investissements, était quatre fois supérieure et idéalement placée pour faire face à la concurrence. C’est au point qu’on pouvait s’interroger sur l’utilité de Moûtiers. Son avenir semblait devoir être dans la satisfaction de commandes « sur mesure » pour des qualités d’aciers spécifiques et demandées en faible quantité.

Mais il y avait plus grave encore. Grâce à de nouvelles techniques, l’élaboration complexe du ferrochrome avait été fortement simplifiée et il était facile d’imaginer que les pays producteurs de chromite trouveraient avantage à la valoriser en intégrant sa fabrication. À l’Ardoise même, deux des trois unités de ferrochrome avaient cessé de fonctionner. À Moûtiers, l’obsolescence condamnait à la fermeture à brève échéance. Les bâtiments de l’usine ont été rasés pour faire place au centre d’organisation des Jeux Olympiques d’Albertville de 1992.

Patrimoine religieux

La ville était le centre de l’évêché, puis de l’archevêché de Tarentaise. Ce diocèse est, depuis 1966, uni, avec celui de la Maurienne, à l’archidiocèse de Chambéry donnant naissance à l’archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise. De ce passé religieux, la cité a gardé un patrimoine riche

D’autres lieux sont symboliques de la ville La commune possède deux espaces verts: le parc de la Mairie et le jardin de l’Évêché.

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Population

3.475 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Savoie
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