La Forêt-Fouesnant
Histoire de La Forêt-Fouesnant
La Forêt-Fouesnant est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 3 463 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme latine Terra silvatica (« terrain boisé ») en 1128, Forest de Fuinant (« forest dans le sens médiéval: forêt réservée ») en 1058. Fouesnant: Un rapprochement avec le breton foen, du latin fenum (foin), demeure très hypothétique. Son premier élément restant obscur, il est difficile de savoir si le toponyme contient le vieux-breton nant (vallée, cours d’eau), ou un suffixe -ant
Une hache à douille quadrangulaire, avec anneau, a été trouvée à La Forêt-Fouesnant. Elle se trouve au Musée départemental breton de Quimper. Un fragment de stèle datant de l’Âge du fer, d’une hauteur de pour un diamètre de, a été trouvé dans un fossé d’enclos délimitant un cimetière à incinération de la même époque à Poulgigou. Le cairn de Kerleven témoigne d’une occupation du territoire dès le Néolithique. Une stèle protohistorique se trouve à Locamand. Des ruines romaines ont été retrouvées au Stang, décrites ainsi par Charles Armand Picquenard en 1906 Charles Armand Picquenard a trouvé sur place de nombreux débris de tuiles romaines et de nombreux pieds de buis commun. La Forêt ou La Forest est une trève de la paroisse de Fouesnant portant alors le nom de « Notre-Dame de Basse-Mer ».
« Elle comprenait jadis cinq fréries dont Le Grand Poirier, Pen Cap Treff, Kerambarder (ou Keranbarber), Ponteix et Danagouliou (ou Dannagouliou) ». Le 23, la chapelle Nostre-Dame du Péniti, Saint-Modé et Saint-Galeton, alors ruinée, est reconstruite par Yves Le Michen, vicaire perpétuel de Locamand, grâce aux aumônes des paroissiens et autres fidèles. « Le lundi de la Pentecôte, jour du Pardon, chaque année les mamans conduisent dévotement leurs jeunes enfants pour qu’ils aient une forte constitution et marchent promptement seuls, pour qu’ils n’aient point de maux de ventre. Jadis les mamans elles-mêmes s’y rendaient pour demander la grâce d’avoir un lait abondant et, à cette fin, jetaient dans la fontaine du Pénity une épingle de leur corsage ». Lors de la création des communes, les paroisses de « La Forest » et « Locamand » sont supprimées, leur territoire est alors rattaché à la commune de Fouesnant. Jacques Cambry décrit ainsi la baie de La Forêt Marie-Guillemette Deleissègue, épouse du citoyen Laurent Mazé, habitant à Locamand, se plaint près du district de Quimper que le 4 thermidor an III (22 juillet 1795), 400 hommes, faisant partie d’une colonne de hommes commandée par le général Meunier, furent logés au bourg de Locamand et commirent de nombreux désordres et ravages à Fouesnant et Locamand, ainsi que plusieurs vols à son détriment. Une école existait avant 1832 au « Haut-Fouesnant » (autre nom que portait à l’époque La Forêt-Fouesnant), qui comptait 42 élèves en 1832, les habitants de ce lieu-dit, plus proche de Concarneau « sentent et reconnaissent le besoin de donner de l’éducation à leurs enfants », avant même celle créée au bourg de Fouesnant en 1832 seulement car la population y était beaucoup plus réticente à l’ouverture d’une école.
La Forêt fut érigée en paroisse le 1 et ne devint commune que par la loi du 24. À cette occasion, la commune s’agrandit de toute sa moitié nord et absorbe à l’est la petite paroisse de Locamand (ou Loc-Amand) elle-même issue d’un prieuré bénédictin attribué en 1069 à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé et vendu en 1623 au collège des Jésuites de Quimper avant d’être confisqué comme bien national lors de la Révolution française et de tomber en ruines. Théophile-Louis Deyrolle a peint Le manoir de Locamand en 1883. En 1872, le conseil général du Finistère examine le vœu des habitants de la section de Forêt en commune séparée de celle de Fouesnant dont elle faisait partie jusque-là En 1893 à La Forêt-Fouesnant des hommes furent privés d’absolution, ayant commis un péché mortel selon le recteur, car ils avaient voté pour les républicains. Au, et pendant les premières décennies du, une centaine de navires par an enlèvent et déchargent leurs marchandises (sable, maërl, bois, grains.) dans le vieux port de Stang al Lestreg; vers 1850, l’importance du trafic commercial nécessite la construction de nouveaux quais en raison principalement de l’essor du dragage du maërl, dénommé localement « grossil », provenant de l’archipel des Glénan. « Les tas de maërl pouvaient atteindre 10 mètres de haut ». Pendant l’hiver « c’était un défilé de charrettes et de chevaux dans le bourg », les agriculteurs venant de loin (par exemple d’Elliant) en faire provision.
La Cale Neuve est construite en 1902 face aux quais de Stang al Lestreg; elle servit à stocker du maërl jusqu’à la décennie 1960. Le géographe et photographe Louis Rousselet fait cette description de La Forêt en 1899 (l’auteur arrive à bicyclette de Fouesnant) Jean Ledan, meunier à Chef-du-Bois à la fin du, fut aussi un rebouteux très réputé, qui soignait aussi les malades en récitant des formules magiques; il fut accusé de sorcellerie par le clergé et fut poursuivi devant le tribunal de Quimper pour exercice illégal de la médecine. En décembre 1902 le commissaire de police de Quimper écrit, parlant du français, que « la majeure partie de la population ne le comprend pas ». En vertu de la loi de séparation des Églises et de l’État, en octobre 1907, les prêtres du presbytère de La Forest (La Forêt) sont expulsés, le même jour que ceux de Fouesnant et de Bénodet, par soixante gendarmes à cheval. 104 soldats originaires de La Forêt-Fouesnant sont inscrits comme morts pour la France sur le monument aux morts de la commune: 7 sont des marins disparus en mer (parmi eux Émile Guillermou), Laurent Jan, etc.); 7 soldats sont morts en Belgique; 1 (Jean Cuzon) en Macédoine dans le cadre de l’expédition de Salonique; la plupart des autres sont décédés sur le sol français: parmi eux François Gléonec et Jean Le Gall ont été décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. La fête des Cerisiers est créée en 1924 par un groupe de commerçants à l’initiative de l’instituteur de la commune. Un séisme est survenu le 20 septembre 1924 à La Forêt-Fouesnant.
Madame Vavasseur, directrice d’école à La Forêt-Fouesnant, accusée de faire évader des prisonniers politiques et arrêtée par la Gestapo, réussit à s’évader lors de son transfèrement à la prison Saint-Charles de Quimper grâce à la complicité des gendarmes de Fouesnant chargés de son transfert. Un aviateur anglais, James Francis John Sheridan, opérateur radio et mitrailleur sur le Beaufort n° L9807 abattu par un Me109 lors d’une attaque du croiseur lourd de la Kriegsmarine Admiral Hipper le 15 est enterré dans le cimetière communal. Le 4, Pierre Berthelom, né à La Forêt-Fouesnant en 1917, alias « Fiston », facteur à Paule, commandant FTPF de la compagnie Pierre Louis Menguy, est blessé lors d’un combat contre les Allemands sur le Pont Daoulas à la limite entre Carhaix et Motreff et décède le lendemain. Le 3, l’explosion accidentelle d’une mine dans un champ d’une ferme de Kerleven fit trois morts originaires de la commune: André Galloudec, Marcel Laurent et Jean Cosquerie. Vingt personnes originaires de La Forêt-Fouesnant sont inscrites comme mortes pour la France pendant la Seconde guerre mondiale sur le monument aux morts de la commune; parmi elles, Jean Girard, décédé au Liban, est mort pendant la Guerre d’Indochine. Vers 1952, la transmission maternelle de la langue bretonne devint nettement minoritaire à La Forêt-Fouesnant. Par décret en date du 25 la commune portera désormais le nom de La Forêt-Fouesnant. Une digue en remblai et enrochement, d’une longueur de 150 mètres, construite pendant la décennie 1970, permet une liaison douce entre le Vieux Port et Port-la-Forêt; elle comporte en son milieu une ouverture en béton assurant le passage de l’eau entre le milieu marin et l’an se du Bourg, qui est surmontée d’une passerelle fixe interdisant le passage des navires.
Un projet de passerelle métallique sur pieux, d’une longueur de 128 mètres et d’une largeur de 4 mètres, pour vélos et piétons, équipée d’une partie mobile permettant le passage occasionnel de navires est lancé en 2016, mais il reçoit en 2020 un avis défavorable de la commissaire enquêtrice, notamment en raison des risques d’inondation que la réalisation de ce projet engendrerait. Par décret du 5, la commune de La Forêt-Fouesnant est érigée en « Station classée de Tourisme », la nouvelle dénomination des stations balnéaires. La baie de La Forêt connaît des proliférations d’algues vertes, notamment depuis les années 2000. Les tonnages enlevés des plages sont importants ( en 2018, en 2019, moins toutefois en 2020).