Orry-la-Ville

Histoire d’Orry-la-Ville

Orry-la-Ville est une commune de Oise, en Hauts-de-France, qui compte 3 455 habitants. Dans les chartes médiévales, l’on trouve de nombreuses déclinaisons de deux versions de base du toponyme, en fonction de la langue employée pour la rédaction du document La version actuelle est préfigurée dès 1293 avec Orium-ville. Le surnom la Ville fut apparemment introduit pour faciliter la distinction d’avec le château d’Orry, éloigné du bourg et situé vraisemblablement sur le territoire de la commune limitrophe de La Chapelle-en-Serval.

Cette paroisse ne fut détachée d’Orry qu’au. Montgrésin signifie « montagne de grès » (voir ci-dessous).

Orry-la-Ville existe depuis l’époque gallo-romaine, et la fondation du village semble liée aux gisements de grès d’excellente qualité à Montgrésin, exploité en carrière. L’organisation spatiale du village, qui repose sur le regroupement de maisons autour de cours avec un puits au centre, reflète encore la trame urbaine en échiquier des villes romaines. Au début du, le comté de Senlis fait son apparition, dans le domaine duquel est situé Orry. À la suite de l’élection de Hugues Capet comme roi des Francs en 987, le comté de Senlis rentre dans le domaine royal. Pendant tout le, Orry appartient au domaine royal. La première mention concrète du bourg figure dans une charte de 1097 concernant le don de deux parts du moulin d’Orry au prieuré Saint-Martin-des-Champs (voir Lieux et monuments). Orry passe pour être l’une des paroisses les plus anciennes du diocèse de Senlis. Elle a vraisemblablement été fondée quelques années ou décennies avant l’intégration d’Orry dans le domaine royal, considérant la période de construction de l’église, pouvant être située au grâce à des constats archéologiques.

Un lieu de culte avait déjà existé auparavant sous la forme de la chapelle Saint-Rieul près du cimetière, dont l’implantation en pleins champs entre le bourg et Montgrésin fut justement motivée par la localisation de la chapelle. On ne sait pas quand la chapelle Saint-Rieul a disparu, mais ce fut en tout cas avant le début du quand un document parle du lieu où s’était jadis trouvé le sanctuaire. Par une charte de janvier 1137, Louis le Gros donne la terre de Commelles, rachetée au préalable de Guillaume de Mello, à l’abbaye naissante de Chaalis. C’est l’origine de la grange cistercienne de Commelles, qui est établie vers 1151, et deviendra un troisième pôle d’activités sur l’actuelle commune d’Orry-la-Ville, en plus du bourg et du hameau de Montgrésin. À la même époque, probablement après la mort de son époux en 1137, la reine Adélaïde de Savoie donne la maison royale d’Orry à l’abbaye bénédictine Saint-Remy de Senlis. Cet acte de générosité permet le redressement de l’abbaye. Pas toute la commune actuelle n’appartient au domaine royal et respectivement à l’abbaye Saint-Remy. L’église est rattachée au prieuré clunisien de Saint-Nicolas-d’Acy, qui nomme les curés.

L’église du village voisin de Géni dépend quant à elle de l’abbaye Saint-Remy. Comme Géni se dépeuple successivement pendant la première moitié du, la paroisse est rattachée à celle d’Orry en 1246, et l’abbesse de Saint-Remy obtient ainsi certains droits sur Orry. Ainsi, elle nomme le curé une fois sur trois. À la suite du rattachement de la paroisse voisine de Géni, dépendant de Saint-Remy, à celle d’Orry en 1246, l’abbesse de Saint-Remy nomme désormais le curé d’Orry une fois sur trois. Le chapitre Notre-Dame de Senlis et la famille de Gonesse possédaient des terres et se partageaient la propriété du moulin d’Orry dès le. En 1208, Renaud de Gonesse, chevalier, est pour la première fois mentionné comme Renaud de Montgrésin. Une petite seigneurie est constituée à Montgrésin, probablement à la suite d’un échange de terres avec le chapitre en 1188. Le chapitre se sépare de ses terres au nord de la Thève en faveur de celles entre la Thève et le village.

L’hôtel seigneurial se trouve impasse Saint-Louis, et des vestiges de ses fondations subsistent dans le jardin d’une des maisons, construite à la fin du avec les pierres du manoir démoli. Entre-temps, la famille des Bouteiller de Senlis, très liée à la cour royale, est également propriétaire de terres à Orry, puisque Guy III le Bouteiller les donne au chapitre Notre-Dame vers 1185. Par contre, il n’est plus question de l’abbaye Saint-Remy, qui pourtant n’est dissoute qu’en 1634. Elle a dû procéder à un échange de biens avec les Bouteiller, qui sont très généreux avec les établissements religieux de la région. Le chapitre Notre-Dame devient le propriétaire terrien le plus important à Orry, devant l’abbaye de Chaalis, et elle prend également la fonction d’un seigneur local, détenant la haute, moyenne et basse justice sur le village et ses terres. Ceci en reste ainsi jusqu’à la Révolution française. Au cours du, la famille de Montgrésin, en dépit de la fondation récente de sa seigneurie, vend à plusieurs reprises des terres à l’abbaye de Chaalis: en 1208, 1228, 1233 et 1270. À Commelles, elle exploite une tuilerie avec une gamme de production variée, des fours à chaux, un four à verre ainsi que les carrières de grès.

En 1280, Jean de Montgrésin vend des terres à Renaud de Nanteuil, évêque de Beauvais, qui vient de racheter le château de Thiers-sur-Thève. L’on ignore le destin de la famille pendant le siècle qui suit, mais en 1396, Jehan de Montgrésin, dit le Borgne, vend tout ce qui reste encore de sa seigneurie à Pierre II d’Orgemont, évêque de Paris et frère d’Amaury d’Orgemont, seigneur de Chantilly. Ce dernier entreprend immédiatement des travaux de remise en état de l’étang du moulin d’Orry, fait construire une chaussée, et donne suite aux réclamations du chapitre Notre-Dame, copropriétaire du moulin: De toute évidence, la famille de Montgrésin n’avait plus entretenu correctement son domaine. Le manoir ou « château » de Montgrésin est convertie en ferme. L’histoire du bourg d’Orry pour la même période n’est également connue qu’à travers des contrats de vente et des actes de donation, souvent en faveur du chapitre Notre-Dame ou de l’abbaye de Chaalis, et par des documents juridiques relatifs à des litiges concernant des droits de pâturage et d’autres problèmes de la vie quotidienne. L’on peut penser qu’Orry est un village prospère, comme toute la région, bénéficiant de la proximité avec les lieux de pouvoir du royaume. Elle permit à nombre d’habitants d’accéder à des fonctions officielles importantes. À partir de 1223 toutefois, l’intérêt du roi Louis VIII s’oriente davantage vers l’expansion du royaume au sud de la France, et son fils Louis IX sera pendant longtemps le dernier roi à s’intéresser au Valois.

Les familles issues de la région perdent successivement leur influence à la cour, et celle des Bouteiller de Senlis en est une bonne illustration. La prospérité diminue lentement, jusqu’à la crise agricole de 1305/17 motivée par un changement climatique durable, occasionnant une famine. Des épidémies de peste touchent la région entre 1323/44 ainsi qu’entre 1348/50. Puis surviennent les instabilités constantes de la guerre de Cent Ans, qui se manifeste dans la région avec l’installation des Anglais à Creil en 1358. La rive gauche de l’Oise, dont Orry, reste française, mais l’augmentation des taxes et impôts rend la vie dure. Une conséquence immédiate est la Grande Jacquerie en 1358, qui part de la ville proche de Saint-Leu-d’Esserent. Orry n’est pas la scène de batailles ou combats durant la guerre de Cent Ans, mais subit des pillages et des épidémies de peste à maintes reprises, et souffre de la crise permanente, de sorte que le nombre d’habitants diminue d’un tiers jusqu’en 1420. Mais comparé à d’autres contrées, le Sud de l’Oise est un havre de paix.

Le duc de Huntingdon, commandant militaire des Anglais et neveu du roi Henri IV, se sent attaché à la région, du fait que son ancêtre Simon de Senlis, de la famille des Bouteiller, en était originaire. Huntingdon permet donc des trêves aux moments des semailles et récoltes, lève des impôts raisonnables et tente de maintenir l’ordre. De ce fait, les habitants préfèrent la protection des Anglais aux troupes françaises reconquérant la France aux côtés de Jeanne d’Arc. Cependant, les conséquences de la guerre mettront jusqu’à la fin du siècle pour s’effacer. Avec la population diminuée, nombre de champs restent en friche, et les carrières de Montgrésin ne sont plus exploitées. Les églises et châteaux détruits sont progressivement reconstruits, mais la plupart des villes et villages pillés ne retrouveront plus la splendeur, la beauté et l’importance qu’ils avaient. Les maisons construites au sont en pierre, alors que les maisons médiévales étaient probablement à colombages pour leur majeure partie. Nombre de maisons au centre-bourg ancien conservent des caves en anse de panier.

Bien que les traces de l’architecture de cette époque se soient pratiquement perdues sur les façades, à la suite des multiples remaniements, l’épaisseur des murs extérieurs et quelques autres caractéristiques permettent de dater plusieurs maisons d’Orry du également. Elles sont orientées de sorte qu’aucune façade ne donne directement sur le nord et souvent organisées autour de cours communes avec un puits au centre. En opposition aux villages habituels de la région, ces maisons sont à étage, ce qui permet de confirmer le caractère d’Orry comme bourg rural, avec un artisanat bien développé. Le centre est densément construit et les jardins sont situés en dehors du village. La qualité des pierres utilisées, parfois du liais de Senlis réservée généralement aux bâtiments nobles, ainsi que l’appareil de moellons taillés, sont révélateurs de la prospérité des habitants. Depuis 1515, les carrières de Montgrésin fonctionnent de nouveau, et depuis 1520, les fours à chaux également: la vie économique a repris. Dès le milieu du, l’abbaye de Chaalis loue au moins une partie de son domaine de Commelles. Le rare nombre de contrats conservés ne permet pas de dire quels sont encore les fours, carrières, terres et bois que l’abbaye continue d’exploiter directement avec des moines convers, puis avec des ouvriers.

Autant est-il que la ferme de Commelles avec étables, cour, grange, colombier, bergeries, prés, terres labourables etc. est louée pour une durée de neuf ans en 1551 à Sébastien Ganneron, laboureur, qui habite à la grange de Vaulerent. Ce bail n’exclut que le logis abbatial de Commelles. Au milieu du siècle suivant, des bois sont désormais inclus dans le bail, mais l’on voit que l’abbaye continue de pêcher les étangs une fois par an. Elle se réserve l’usage d’une chambre et d’une écurie pour en disposer quand bon lui semble, ce qui indique qu’elle ne dispose plus de personnel permanent sur place. Dans les années 1660, le Grand Condé, seigneur de Chantilly, poursuit l’agrandissement de son domaine et veut devenir l’unique propriétaire de la forêt. Sachant que l’abbaye de Chaalis ne peut vendre, il acquiert la seigneurie de Longperrier et la propose à l’abbaye en échange de ses parcelles de forêt autour de Commelles. Au bout d’un an de négociations, l’affaire est finalement conclue.

L’état des lieux qui s’ensuit parle d’un état déplorable de la ferme de Commelles, et parle d’une grande cour presque remplie de ruines. La maison elle-même, qui existe toujours, n’a plus portes ni fenêtres, et les poutres sont à moitié pourries. Les parcelles de forêt sont également mal entretenues; il n’y a que des taillis de huit ans maximum. Les étangs sont à moitié remplis de terre. Le prince de Condé installe aussitôt une faisanderie à Commelles, et met en affermage les étangs, la Thève, les carrières, terres et prés. Les baux se renouvellent tous les neuf ans et passent de père en fils, parfois jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. L’état des lieux de 1736 montre que tout le domaine de Commelles est désormais en bon état. En l’absence d’études scientifiques sur l’histoire du bourg d’Orry-la-Ville à l’époque moderne, il n’est pour le moment pas possible de présenter un résumé succinct de son histoire, et les nombreux événements ayant marqué le quotidien des habitants ne peuvent être évoqués.

Le présent chapitre demeure donc incomplet. Le domaine de Commelles est vendu comme bien national par les administrateurs du district de Senlis en février 1795. Ce quadruplement signifie une séparation des flux grandes lignes et banlieue, et apporte pour la commune des trains sans arrêts jusqu’à Paris, avec une réduction significative du temps de voyage. Les premières extensions urbaines en sont la conséquence, avec la construction de quelques villas, et le nombre d’habitants est passé de 790 en 1855 à 850 en 1892. Dans les anciennes carrières de Montgrésin se sont installées des champignonnières, et à Montgrésin également, vingt-cinq sources alimentent des cressonnières d’une superficie de de bassins. Ces deux dernières activités subsistent jusqu’à la fin du, fait exceptionnel pour la région.

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Population

3.455 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Oise
(60)

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