Boujan-sur-Libron

Histoire de Boujan-sur-Libron

Boujan-sur-Libron est une commune de Hérault, en Occitanie, qui compte 3 452 habitants. Le nom est atteste sous les formes: Boiano (937), villa Bojano (972), villa Boiano (990), Bojanum (1163), ecclesiam S. Stephani de Bojano (1177), Bojan (1571), Boujan (1708), Boujan-sur-Libron (décret du ). Domaine gallo-romain: gentilice latin Boius + suffixe -anum.

Le nom Libron est attesté sous les formes: riu Lebrontis (972), justa Libron (1108), ad ripam Libronti (1124), flumen Librontis (1152), Libron (1708). Probablement dérivé d’un radical préceltique *lip.

Les Boujanais, Georges Mary et Maurice Louis, ont découvert trois sites conservant la présence d’un séjour humain à proximité du village Les territoires des Cresses, de Saint-Marcel et de Salaisons sont riches en vestiges de toutes sortes (plus de ): silex en forme de lames, pièces à encoches, outils à forer, burins, percuteurs pour donner forme aux outils, grattoirs pour dépecer le gibier, pierres polies, meules, polissoirs, pointes de flèches, objets en céramique et poteries de formes variées, enclumes, objets de métal de l’époque du bronze et du fer, divers objets de l’époque romaine et des matières colorantes pour cuirs et tissus. On a découvert les restes de de cabanes en forme de fer à cheval avec des foyers. Les êtres humains se regroupaient en tribus dans ces abris, on peut estimer la population d’alors entre et. Cette hypothèse est renforcée par la présence de nombreux ossements humains, quelquefois dans des tombes, mais aussi d’os de chiens, de chevaux, de sangliers et surtout de cerfs qui peuplaient alors les bois de la région, moutons et chèvres, bœufs ainsi que d’abondants coquillages marins (tellines, murex, chénopodes, pectens, cardiums, etc.). Ceux-ci étaient acheminés depuis les côtes et nos ancêtres en semblaient friands.

Circius Domitius Anchobarbus soumet les Volques Tectosages en l’an 120 av. La colonie de Béziers (Urbs Julia Septimanorum Biterensis) est fondée en l’an 35 av. et les terres sont attribuées aux vétérans de la, avant d’être attribuées ou vendues à des colons. Naissent alors les premiers domaines (Fundis) avec leurs habitations (villae). Onze villaes sont répertoriées sur la commune. En 412, les Wisigoths, succédant aux Vandales, Suèves et autres, envahissent la région et installent au pouvoir leur propre aristocratie.

Il s’ensuit l’invasion arabe au début du (719). En 747, ceux-ci n’occupent plus que Narbonne et Carcassonne alors que Béziers, Agde, Maguelone et Nîmes ont déjà proclamé leurs indépendances. En 752, le comte Goth Ansemond livre ces dernières villes à Pépin le Bref qui le récompense en le maintenant dans ses fonctions. C’est ainsi la première union du pays au royaume des Francs. Au, Boujan appartient aux vicomtes de Béziers et Agde. Le comte Raymond Pons et sa femme Gersande donnent au chapitre Saint-Nazaire de Béziers, les fiefs de Boujan et Tampognan ou Campagnan (Monestié, Campariès et Saint-Louis).

Après 1030, Boujan devient la possession des Rainard de Béziers et Villeneuve. L’an 1000 débute par une période de troubles dus à la rivalité entre les seigneurs et le clergé. Climat aggravé par la rivalité opposant le comte de Toulouse (Guillaume III de Toulouse) et le vicomte de Béziers. Le peuple se détourne de l’Église. Dans la seconde moitié du, l’hérésie prend une part considérable dans la région et le Biterrois. L’Église ne tarde pas à réagir.

L’armée de croisés occupe Servian désertée par ses habitants. Le soir même elle met le siège devant Béziers, suivi du massacre que nous connaissons. De nombreux petits seigneurs se soumettent, dont Béranger de Boujan. Après la mort de Simon de Montfort, en 1218 au siège de Toulouse, le pays se soulève à nouveau. La décision de Louis VIII de participer à la croisade et d’occuper le Languedoc met fin à l’insurrection. Louis VIII confie l’administration du pays à ses officiers royaux: bayles, sénéchaux et prévôts.

Le village compte à cette époque (foyers) soit environ. Vers 1296, les habitants du Languedoc commencent à résister à l’Inquisition dont les abus et les massacres exaspèrent tout le monde. Y a-t-il eu des « cathares » à Boujan? La liste des hérétiques de Béziers n’en relève aucun, contrairement à Servian, Corneilhan et Bassan. Au fil du temps, les seigneuries vont se morceler. Au, il n’y a pratiquement plus de village dans le Biterrois appartenant à une seule seigneurie.

Le château de Boujan (rue du Château) est cité au début. Un dénombrement de 1271, nous apprend qu’il appartient au vicomte de Narbonne. En 1230, Boujan dépend administrativement de la sénéchaussée de Carcassonne et se trouve sous l’autorité d’un bayle qui préserve l’autorité du roi et exerce la justice. L’administration de la communauté villageoise est confiée à des prud’hommes depuis le début du, puis un consulat. Les consuls sont élus par l’université des habitants du village (universitas castri de Bojan) composée des chefs de famille. Les consuls vont prendre de plus en plus de pouvoir et au constituer une organisation municipale forte défendant les intérêts des villageois.

Le pays est ravagé successivement par la peste, le Prince Noir, puis par les Grandes Compagnies. Plus de, dont Boujan, disparaissent ainsi dans la tourmente. Le village va se reconstituer en arc de cercle autour du château, puis se fortifier. Deux fossés concentriques sont creusés autour du village (rue Lavisse et Bd. Castelbon) qui se réduit alors au quartier du château, et les remparts sont doublés (c’est l’origine des villages circulaires du Languedoc, aujourd’hui organisés en associations des Circulades dont le but est d’aider à leur rénovation). Les consuls de Béziers inquiets de cette place forte aux portes de leur ville, envoient dix hommes d’armes pour la renforcer, tandis que Boujan s’engage à avoir des gardes aux portes, à assurer le guet, et à nommer un capitaine « suffisant », le tout au frais du village, qui compte (foyers) en 1340.

Sous le règne de François, des communautés protestantes s’établissent dans de nombreuses localités. Ceux-ci s’emparent de Béziers. Après l’édit de paix du, le calme revient provisoirement dans la région. Béziers redevenue catholique manque d’être reprise en 1569 par Claude de Narbonne. À défaut d’y parvenir, il se contente de Boujan, où les soldats sont faits prisonniers et le capitaine s’est fait tuer. En 1575, Boujan est assiégé par le vicomte de Joyeuse.

Aucun document ne nous éclaire sur le déroulement des opérations, mais il est clair que durant cette période trouble, Boujan, aux portes de Béziers, a dû passer plusieurs fois entre les mains des belligérants. Des bandes parcourent la campagne, les routes sont impraticables, les récoltes pillées, ce qui compromet le ravitaillement des villes et villages. La promulgation de l’édit de Nantes, le, par Henri IV mettra fin au désordre. Les calvinistes biterrois ne pouvant exercer leur culte dans leur ville siège d’un évêché, décident de construire leur temple à Boujan en 1601. C’est ainsi que le village qui ne compte pourtant que quatre « hérétiques » en 1605, deviendra le lieu de culte des protestants bitterrois. Après l’abolition de l’édit de Nantes, le, les protestants doivent abjurer leur foi ou fuir.

C’est la première solution que choisissent une dizaine de familles boujannaises. La communauté de Boujan est condamnée à d’amende, pour ne pas avoir envoyé à l’Intendant un état des enfants des nouveaux convertis. Boujan est, au début du, une petite communauté rurale de cent feux (foyers), soit environ. Le village n’a pas d’autre seigneur que le roi: il est administré par des bayles, procureurs et par les consuls. Du moins jusqu’en 1769 où le comte Joseph de Guyon du Bousquet de Saint-Gilles, maréchal de camp des armées du roi, acquiert la seigneurie de Boujan et de Libouriac, qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1787. Ce sera ainsi le dernier seigneur de Boujan, où il est inhumé.

La culture de l’olivier est la principale activité agricole, devant la culture des céréales et de la vigne, et l’élevage (chèvres, moutons et quelques bovins). Deux tiers des habitants de Boujan sont des journaliers ne possédant pas de terre, les autres n’en ont pas assez pour vivre. La communauté possède une place publique, un puits commun, une église paroissiale, deux petites maisons dont l’une sert aux besoins des consuls, l’autre à la régence des enfants, un casal dans le fort (sorte de métairie), un moulin à huile, un four à cuire le pain, deux près en alleu et trois fiefs nobles. En 1767, il y a au village deux maréchaux-ferrants, deux maîtres chirurgiens, un tailleur, un épicier, un tonnelier, un régent maître d’école, une maîtresse d’école et un notaire. L’hôpital de Boujan est cité au début. Il est administré par les consuls de Boujan.

Il occupe une partie du quartier compris entre la rue Jean Moulin et la rue Mozart (ex. On y accueille pauvres, mendiants, enfants abandonnés et soldats blessés qui y sont soignés et nourris. En 1695, l’hôpital en ruine est uni à celui de Béziers. L’hiver 1788 est très rude, les oliviers sont gelés, les semences compromises, le cours du blé augmente et le spectre de la disette se profile. Les premiers troubles ont lieu dans le Biterrois en 1789, le peuple ne supportant plus les charges qui l’accablent. Ainsi va naître la Révolution française.

Les consuls deviennent conseillers municipaux par la loi. L’église du, n’est à cette époque qu’une chapelle wisigothique. Au, Raoul, évêque de Béziers, fais construire sur son emplacement une église dédiée à saint Étienne. Détruite et reconstruite à la fin du, elle fut détruite à nouveau pour laisser place au monument gothique actuel qui. Il ne reste plus de l’église romane qu’un chapiteau et une colonne de marbre de Saint-Pons. Le clocher quant à lui a été parachevé au: la clé de voûte au sommet porte la date de 1666.

L’ancien cimetière se situe jusqu’au entre l’église et l’ancien bureau de poste. Devenu trop exigu, le nouveau cimetière est créé en 1836, sur un terrain appartenant à Anne Caylet, veuve Bois, qui, ironie du sort, y sera la première inhumée. L’emplacement ainsi libéré deviendra la place publique que nous connaissons et la croix qui s’y trouvait sera érigée à l’entrée de l’église en 1879. Au, la viticulture s’implante dans tout le Languedoc et engendre une grande richesse pour la région. De nombreux châteaux dont certains, un peu prétentieux, sont appelés folies du, furent alors édifiés. Certains, tout près de notre village (Libouriac…), témoignent de cette époque de faste.

Petit village viticole du Biterrois, la commune a connu une expansion démographique rapide ces dernières années due à sa proximité avec la ville de Béziers. C’est aujourd’hui un village d’un peu plus de, essentiellement résidentiel.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

3.452 habitants

Région

Occitanie

Département

Hérault
(34)

Trouver une église à Boujan-sur-Libron

Recherche
No data was found