Montbert

Histoire de Montbert

Montbert est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 3 305 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée Mons Teberti en 1150. Il s’agit d’une formation toponymique médiévale, basée sur l’ancien français mont « élévation, colline, mont » (issu du latin montem; Mondbèrt selon l’écriture MOGA ou Montebèrt selon l’écriture ELG. En gallo, le nom de la commune se prononce.

La forme bretonne actuelle proposée par l’Office public de la langue bretonne est Monteverzh.

L’analyse des affleurements à Montbert par de nombreux groupes d’études préhistoriques permet aujourd’hui de considérer Montbert comme le plus ancien site connu d’occupation humaine en Loire-Atlantique, alors que les stations paléolithiques sont rares et diffuses dans l’ouest de la France et notamment dans le département. À ce titre, la commune est un haut-lieu dans la région pour les préhistoriens et passionnés de cette période. Plusieurs stations ont pu être mises au jour près de l’Ognon: les stations de l’Ouchette, du Pas-Chalène (en 1878), du Pornard et de la Brenière. Elles ont été le lieu d’extraction et de taille de quartzites par de nombreuses générations dhomo erectus, dhomo néanderthalensis puis dhomo sapiens pendant le paléolithique. Cette industrie paléolithique se trouve dans l’humus ainsi que la couche sablonneuse des basses terrasses, situées entre au-dessus de la rivière. Les outils sont pour la majorité faits à partir d’un grès siliceux, dénommé « quartzite de Montbert » en 1958 par un géologue de la Société Nantaise de Préhistoire. C’est une roche facile à tailler, mais aussi facilement cassable ce qui explique que de nombreux déchets aient pu être trouvés un peu partout à Montbert. Le paléolithique moyen (entre et ) est la période préhistorique où les hommes ont laissé le plus de traces de leur passage dans la commune.

De nombreux bifaces, grattoirs, racloirs, pointes et rabots ont ainsi pu y être inventoriés. Des bifaces acheuléens (datant du paléolithique inférieur) très primitifs ont été découverts sur le site de la Brenière et de la Grambaudière. Les Hommes débitaient ainsi la pierre pour obtenir des éclats, qui étaient ensuite retouchés pour en faire des outils. Ils étaient utilisés pour la chasse, le travail de la peau ou pour d’autres activités de la vie courante. À cette époque c’est l’Homme de Néandertal, ayant vécu jusqu’à qui a passé le plus de temps à Montbert. Il y a très peu de données concernant cette période à Montbert. Le seul élément de l’Antiquité qui puisse être attesté est la trace d’une voie romaine édifiée par les Gallo-romains et traversant la commune. Cette voie romaine d’une longueur de, qui reliait Rezé (Ratiatum) à Saint-Georges-de-Montaigu (Durinum), était une section de la voie de Nantes à Limoges.

Elle servait au transport du minerai d’étain du littoral atlantique jusqu’à Lyon (alors dénommée Lugdunum). Cette voie entrait sur le territoire communal par le Sud au niveau de la Maisonneuve et en sortait près des Ridelières pour rejoindre Le Bignon puis Les Sorinières. Elle peut être aujourd’hui vue depuis le ciel et en certains endroits de la commune. Elle prend la forme d’une longue ligne droite qui s’étire entre les hameaux de la Croix (Montbert) et la Guéraudière (La Planche). Sur cette portion, la chaussée est surélevée d’environ par rapport aux champs environnants. La structure de la voie apparaît par endroits, sous forme d’un empierrement caractéristique de grès rougeâtre, qu’on retrouve sur toute la longueur du tracé identifié. De cette période, on peut également retenir la découverte d’une pince à épiler en tôle de bronze sur le site des Majoires, un ponceau mégalithique entre le bourg et la Bauche-coiffée (mais détruit avec la mise en place du plan d’eau de Chantemerle). Plusieurs enclos quadrangulaires ont existé dans les hameaux de la Sauzaie, de la Gîte, de la Noë, de la Renaudière, de la Grande Lande, de la Gravelle, du Bois-joli ou encore de la Pommeraie.

Ce statut des marches étant mis en place comme un compromis pour mettre fin aux querelles sans fin entre la Bretagne, le Poitou et l’Anjou. Les frontières de ce territoire tampon furent particulièrement fluctuantes au cours du Moyen Âge: ce n’est qu’en 943 qu’une entente entre Alain Barbetorte, comte de Nantes et, comte de Poitiers permit de régler les limites de leurs seigneuries respectives. La haute justice de Montbert relevait en ce temps de la châtellenie de Clisson. En 1148, sous le règne de, viennent s’établir à Geneston une demi-douzaine de moines envoyés par Bernard, évêque de Nantes. Geneston était, à cette époque, un village pourvu d’une chapelle et d’une léproserie placée sous le patronage de sainte Marie-Madeleine. À l’heure où répondait à l’appel de Saint Bernard pour la deuxième croisade, le pape confirmait en 1163 par une bulle, la fondation du monastère de Geneston. À ce monastère est alors affecté l’église de Montbert et ses dépendances, qui existe déjà depuis longtemps. C’est le premier document de l’Histoire témoignant de l’existence de Montbert.

La guerre de Cent Ans (qui dura de 1337 à 1453) eut d’effroyables effets dans la région de Montbert. En 1360, le territoire montbertain se trouve dans la zone occupée par les Anglais en accord avec le comte de Nantes et le duc de Bretagne. Le capitaine anglais Walter Huet établit son poste de commandement au port du Collet, près de Bourgneuf-en-Retz. En 1420, alors que est fait prisonnier par surprise à Champtoceaux, Marguerite de Clisson fait occuper tout le sud de la Loire par des garnisons étrangères qui firent beaucoup de dégâts dans le comté nantais. Montbert est ainsi placé sous l’obédience d’un certain Robin de La Touche, fils du sieur de La Limouzinière, qui en est qualifié « haut justicier sous la suzeraineté des Clisson ». Les raids sur les campagnes se poursuivent au cours de la guerre de Cent ans, qui couvre de ruines et de désolation l’ensemble de la région. En effet, dans le même temps, la guerre de Succession déchire la Bretagne, avec ses incessants changements de position (elle prend part alternativement pour le Roi de France puis pour le Roi d’Angleterre). À partir du, des noms de seigneurs apparaissent dans les actes.

Néanmoins, ils ne résident pas forcément à Montbert. Dans la bulle pontificale d’ en 1163, à la fondation du monastère de Geneston, un Hoaut fait donation de la pierre folle. Les Goheau, seigneurs de Saint-Aignan se retrouvent dans l’histoire de l’abbaye de Geneston comme donateurs en 1216 de la Vieille Foye. En 1398, les seigneurs de Touffou sont propriétaires à Montebert des fermes du Pébrol, des Loges, de la Pintière, du Marchais-giraud et du Butay. En 1420, Robin de la Touche est qualifié seigneur, haut justicier de la paroisse de Montebert sous la suzeraineté du seigneur de Clisson, huile sur bois, Amsterdam, Rijksmuseum. Du jusqu’à la Révolution française, Montbert connaît une période plus calme. Les villageois attachés à leurs traditions ne se sentent pas concernés par les guerres de religion: métairies et fermes recouvrent la paroisse. Cependant, les conflits armés à l’étranger et les guerres civiles qui tiraillent le royaume de France aboutissent à l’accroissement considérable des impôts auxquels n’échappe pas la population locale entraînant une récession globale dans la région.

Des hivers très rigoureux suivis de sécheresse entraînant des périodes de disette et d’épidémies (la peste en particulier) mentionnés par les registres paroissiaux ne font qu’alourdir la situation. Leur périple est l’un des mieux documentés du puisqu’ils réalisèrent alors de nombreux dessins dans la région à une époque où la photographie n’existe pas. À leur passage à Montbert, Doomer peignit une auberge à Montbert Avec la création de la commune comme la plus petite unité administrative française par l’Assemblée constituante en décembre 1789, Jean Deniau fut choisi l’année suivante comme maire, avec pour premier et second officiers municipaux Olivier Hégron et Gilles Pouvreau. Les fonctions de procureur furent confiées au sieur Joseph Augustin Vinet. Un de leurs premiers gestes, au mois de, fut d’exprimer à l’administration le rejet du rattachement de Montbert au district de Machecoul, en raison de la distance considérable entre les deux communes. Plainte et vœu demeurèrent lettre morte tout le temps de la Révolution, et ce jusqu’en 1815, toutes les affaires administratives de la commune, y compris les frais, se traitèrent à Machecoul. Cependant, la commune est réunifiée à Montbert dès 1796.

Cette émancipation rendue éphémère s’inscrit dans le contexte perturbé des guerres de Vendée, dans lesquelles les multiples épisodes de combats impliquant les Genestonnais vont décourager les élus à porter les responsabilités de la commune. Personne ne briguera la succession de la mandature municipale. Des personnalités de Geneston: Jacques Arnaud, Jean Guiberteau et Pierre Ouary vont plaider en 1806, auprès de l’administration départementale, pour une réunification avec Montbert. L’administration acceptera le projet de réunion des deux communes. Le conseil municipal de Montbert-Geneston va délibérer sur l’union définitive de la commune de Geneston à celle de Montbert. Le projet sera ainsi adopté par dix voix contre deux. L’abbé Gestin, qui exerçait son autorité sur la paroisse, s’est rapidement positionné comme réfractaire à la Constitution civile du clergé, ce qui entraîna sa destitution. Par la suite, il resta caché dans le pays durant toute la Révolution.

A cette période, le parti patriote prend ainsi le pouvoir et gère l’administration de la commune. Néanmoins, les Montbertains restent nombreux à être attachés à l’autorité royale et à la religion. Ces derniers rejoignent ainsi l’Armée catholique et royale du Bas-Poitou et du Pays de Retz également appelée Armée du Marais, commandée par le général François Athanase Charette de La Contrie, puis par Pierre Constant de Suzannet. Montbert, comme près de, a payé un lourd tribut avec le passage des « colonnes infernales » pendant la période révolutionnaire. Mais le bruit des armes va encore traverser la commune au mois de mai 1832. À cette date, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, jeune veuve du Duc de Berry fils de Charles X, est fermement décidée à faire reconnaître par la force les droits de son fils Henry (futur Comte de Chambord) au trône de France alors « usurpé » depuis juillet 1830 par Louis-Philippe (de la branche Orléans). Secondée en exil par quelques fidèles nostalgiques elle a mis au point un projet de soulèvement populaire en France, s’appuyant sur deux foyers royalistes régionaux incontestables. La première partie du plan concerne donc le Midi et la prise de contrôle de Marseille le 30 avril 1832.

Mais l’opération, très mal organisée, est un lamentable échec. Le 15 mai, Marie-Caroline réapparaît alors à Saint Hilaire de Loulay, au château de la Preuille, où sont réunis une douzaine des chefs royalistes locaux, pour la deuxième partie de son plan: soulever la « Vendée Militaire ». À partir de cette date, désormais habillée en paysanne et portant perruque sombre, « Petit Pierre » sillonne continuellement et secrètement le secteur pour tenter d’y lancer le mouvement insurrectionnel. Elle passera de fermes en domaines, par les haies et chemins creux glissants, et surtout la nuit pour éviter les nombreuses patrouilles lancées à sa recherche. Le 17 mai la Duchesse de Berry est transférée au château du Mortier (aujourd’hui détruit) à Remouillé puis au domaine de Bellecour à Montbert. Le 18 et 19 mai elle réside au lieu-dit «Chez Marc » à Geneston (Geneston et Montbert forment alors une seule commune). Les premiers combats éclatent sporadiquement dans le secteur à partir du 24 mai, jusqu’au 31. Mais, faute de soutien populaire, la tentative se solde encore par un échec.

Marie-Caroline se réfugie alors à Nantes où elle parvient le 9 juin avant d’y être arrêtée le 7 novembre. Après quelques mois d’emprisonnement au Fort de Blaye en Gironde, elle est exilée définitivement par Louis-Philippe et résidera désormais en Italie et en Autriche où elle finira sa vie en 1870. La seconde moitié du est marquée par la réorganisation territoriale du culte catholique: les paroisses de Geneston et de Montbert jusqu’alors réunies, se reconstruisent. Deux nouvelles églises sont bâties en 1872, respectivement dans les bourgs des deux communes. C’est aussi dans cette période que l’enseignement se développe dans la commune. En 1853, ouvrent les deux premières écoles publiques (garçons et filles). Quatre ans plus tard, la municipalité décide de confier l’école des filles aux Sœurs de Saint-Gildas. L’école des garçons aux Frères de Saint-Gabriel de Saint-Laurent-sur-Sèvre en 1859.

Néanmoins, l’école des garçons redevient une école publique dès 1877. C’est en 1886, qu’est construite l’actuelle mairie et l’actuelle école publique René-Cassin. L’actuelle école privée Saint-Joseph a été construite peu de temps après, en 1891.

Patrimoine religieux

L’église de Montbert est le principal édifice religieux dans la commune. Elle a été construite par l’architecte entre 1870 et 1873 et bénie en 1873 par, l’évêque de Nantes. De style gothique, les soubassements de l’église sont réalisés avec des pierres de granit taillées ainsi que les marches extérieures. Les ouvertures sont réalisées avec des montants de calcaire taillé, l’ensemble des murs est bâti avec de la pierre de pays. La toiture est couverte d’ardoises.

S’il n’y a pas de clocher, c’est que le fond du terrain ne l’aurait pas supporté, et que les fonds monétaires manquaient. En forme de croix latine, avec deux transepts, l’église est orientée ouest-est, le chœur étant à l’ouest. Tout le chœur est ceinturé d’une fresque qui porte les armoiries des Clémansin du Maine et des de Bourmont. La sacristie est ornée de boiseries antiques. Cette église est célèbre dans la région pour ses vitraux rendant hommage aux poilus de la Première Guerre mondiale, à l’initiative de l’abbé Frédéric Thibaud.

Au retour de la guerre, il voulut que soit gardé le souvenir de ceux qui périrent sur les champs de bataille de la Champagne, de l’Oise, de Verdun. Chaque vitrail porte le nom d’une bataille, le portrait des soldats ou encore des épisodes de guerre de la vie du poilu. Pour payer ces vitraux, il fît appel à la générosité des paroissiens. Au total, de soldats endeuillés y participèrent. L’abbé confia ce travail au maître-verrier qui acheva ces vitraux en 1922.

Des vitraux modernes ont été réalisés par le vitrailliste Yves Dehais en 1960. Le territoire de la commune présente également de nombreuses croix et calvaires: la croix Giraud située au Landais , la croix de Baillerie

Informations Clés

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Population

3.305 habitants

Région

Pays de la Loire

Département

Loire-Atlantique
(44)

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