Arbois
Histoire d’Arbois
Arbois est une commune de Jura, en Bourgogne-Franche-Comté, qui compte 3 193 habitants. Dans certaines régions comme les Vosges, le terme arbois est utilisé pour désigner le cytise, une plante commune des zones montagneuses. Ces différentes interprétations sous-entendent une convergence autour de la terre et de la végétation de la région.
L’histoire d’Arbois débute bien avant les premiers récits écrits, avec des traces d’occupation humaine remontant au Paléolithique. Les plus anciennes traces d’occupation dans la région d’Arbois datent du Paléolithique final, soit environ 12300 à 9700 av. Des fouilles menées à la ZAC de l’Ethole ont permis de découvrir des outils lithiques, principalement en silex, utilisés par les chasseurs-cueilleurs de cette époque pour capturer les grands herbivores comme les aurochs et les cerfs. Au cours du Mésolithique, Arbois devient un site d’intérêt pour des groupes de chasseurs-cueilleurs qui établissent des campements temporaires dans la vallée de la Cuisance. Le site de l’Ethole présente des traces d’occupation avec des foyers, des outils de chasse sophistiqués tels que des pointes de flèches, et des restes d’animaux. Lors des fouilles, il est relevé que plusieurs campements sont localisés sur la zone de l’Ethole.
avec une deuxième phase d’occupation datée de. Selon Frédéric Seara, conservateur régional d’archéologie à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Grand Est, on peut imaginer des groupes d’une quinzaine d’individus qui s’installaient pour la chasse. Ils chassaient dans les environs aurochs, sangliers et chevreuils. À partir du Néolithique (5000 – 2200 av. J.-C.), la région voit l’émergence des premières pratiques agricoles. Les habitants commencent à cultiver la terre et à élever des animaux.
Des vestiges de céramiques et des structures domestiques ont été retrouvés, témoignant d’une vie sédentaire. L’Âge du Bronze (2200 – 800 av. J.-C.) est marqué par l’émergence de petites communautés sédentaires. Des structures d’habitat, dont des greniers sur pilotis, ainsi que des artefacts en cuivre, ont été découverts à Arbois, suggérant une organisation sociale plus complexe. Les rites funéraires de cette époque sont également bien documentés avec des tumulus dans la forêt des Moidons. Bien que l’Antiquité d’Arbois soit moins bien documentée que d’autres périodes, des fouilles archéologiques ont révélé des preuves de l’influence romaine sur la région.
Des monnaies romaines et des fragments de céramique sigillée (une poterie gallo-romaine caractérisée par son vernis rouge brillant) ont été découverts, témoignant de la présence romaine dans la région. Ces artefacts indiquent qu’Arbois faisait partie des réseaux commerciaux romains, notamment grâce à sa situation près des routes reliant Lyon à d’autres parties de la Gaule romaine. Les vins d’Arbois, réputés pour leur qualité, étaient déjà connus des Romains, ce qui montre que la viticulture dans la région remonte à l’époque romaine. Des amphores utilisées pour le transport du vin ont également été retrouvées, confirmant l’importance du vin dans le commerce local et régional à cette époque. Ces découvertes suggèrent qu’Arbois, bien qu’étant une petite localité à l’époque, jouissait d’une certaine prospérité grâce à son agriculture et à sa connexion aux grandes voies commerciales de l’Empire romain, comme la Via Agrippa, qui reliait Lyon à Boulogne-sur-Mer en passant par des villes importantes de la Gaule. Jusqu’en 1260, Arbois fut une villa, ou bourg sans défense.
À partir de cette date, la ville commença à s’entourer de remparts percés de cinq portes, leur construction s’étendant sur environ dix ans. Ces fortifications témoignent de l’importance croissante de la ville au sein du Comté de Bourgogne. La ville d’Arbois a été assiégée à plusieurs reprises, notamment au cours de la guerre de Cent Ans et lors des conflits entre la France et le Saint-Empire romain germanique pour le contrôle de la Franche-Comté. Au total, sept sièges ont marqué son histoire entre 1364 et 1674. Le premier siège important d’Arbois eut lieu en 1364, lorsque des routiers (mercenaires itinérants) tentèrent de s’emparer de la ville. Cependant, leur attaque échoua, et Arbois parvint à repousser ces envahisseurs.
L’histoire d’Arbois est étroitement liée aux grands bouleversements politiques du Comté de Bourgogne. À partir du, le comté fut tour à tour intégré dans des alliances germanique et française, notamment par des mariages royaux. L’union du comté et du duché de Bourgogne dura plus de, jusqu’à la mort de Charles le Téméraire. Les luttes entre la France et les Habsbourg pour le contrôle de la Franche-Comté culminèrent à la fin du, marquant des décennies de conflits pour la ville d’Arbois le capitaine Jean (ou Joseph) Morel, dit Capitaine Prince, défenseur de la ville, à la demande d’Antoine d’Aumont, fils de Jean VI d’ Aumont, qui faisait partie de l’État-major du maréchal de Biron. Ils reprochaient à Morel sa faible défense de leur château d’Étrabonne qui avait été pris par Louis de Beauvau de Tremblecourt peu avant.